Orson Card - L'exode

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L'exode: краткое содержание, описание и аннотация

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Pour Nafai et ses compagnons, la page de Basilica est définitivement tournée. Quittant, sous la contrainte des événements, la quiétude de la cité des femmes, ils doivent à présent affronter le rude désert d’Harmonie. Commence alors pour eux un voyage de plusieurs années qui doit les mener jusqu’aux vaisseaux stellaires, synonymes de retour vers la Terre. Au cours de leur exode, jalousie et rancœur font leur apparition au sein de la communauté et le groupe menace de se désintégrer. En dépit des doutes et des difficultés qui jaillissent, Nafai continue de placer sa confiance et sa foi en Surâme. Mais que peut faire même le plus puissant des ordinateurs dieux lorsque la haine s’installe dans le cœur des hommes ?

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Volemak ne pouvait retenir les larmes qui ruisselaient sur ses joues. Le souvenir de son rêve était si vif, si puissant qu’en le racontant il le revivait, et la joie qu’il ressentait était irrépressible, même après une journée de labeur au jardin, même si la poussière du désert se mêlait à sa sueur. Il avait encore le goût du fruit dans la bouche, l’expression de son épouse et de leurs fils dans les yeux. Il ressentait encore l’ardent désir qui l’avait saisi de faire goûter cette joie aussi à Elemak et Mebbekew.

« Je songeai alors à Elemak et à Mebbekew, mes deux fils aînés, et je les cherchai, désireux de leur faire goûter les fruits à eux aussi. Et ils étaient là, en amont de la rivière tout comme Rasa, Issib et Nafai. Comme tout à l’heure, je les hélai, je leur fis des signes, mais ils refusèrent de venir. Je me mis à crier pour leur parler des fruits, mais ils n’avaient pas l’air de m’entendre, bien que j’eusse l’impression qu’ils jouaient la comédie. Enfin, ils se détournèrent sans même feindre de m’écouter, et moi j’étais là, ce fruit parfait à la main, ce goût dans la bouche, ce parfum aux narines, sachant que l’allégresse les envahirait comme moi s’ils acceptaient seulement de venir le goûter, et impuissant pourtant à les faire venir. »

Ses premières larmes avaient été de joie ; amères à présent, elles coulaient pour Elemak et Mebbekew. Mais il n’y avait rien de plus à dire ; il continua donc le récit de son rêve.

« Alors seulement, quand mes deux aînés eurent refusé de s’approcher de l’arbre, je m’aperçus que nous n’étions pas seuls dans cette immense prairie. Vous savez comment cela se passe dans les songes – il n’y a personne et soudain, on est entouré de milliers de gens. À vrai dire, il ne s’agissait pas seulement de gens, mais aussi d’êtres différents, dont certains volaient et d’autres couraient au ras du sol, mais je savais pourtant que c’étaient aussi des gens, vous me comprenez ? Beaucoup avaient vu l’arbre ; je me dis qu’ils m’avaient peut-être entendu parler de loin à Elya et Meb des fruits, de leur goût, etc., et qu’ils voulaient s’en approcher à leur tour. Mais l’arbre se trouvait beaucoup plus loin maintenant, et j’eus l’impression que ces gens ne le voyaient pas, qu’ils en connaissaient seulement la direction générale. Je songeai alors : Comment vont-ils y parvenir s’ils ne le voient pas ?

« J’avisai à cet instant une sorte de clôture de fer le long de la rivière, bordant un petit sentier étroit qui suivait la berge : c’était manifestement le seul chemin possible pour atteindre l’arbre. Et les gens qui le cherchaient agrippèrent la rampe métallique et empruntèrent le sentier, en s’accrochant à la clôture quand le sol devenait glissant pour ne point tomber à l’eau, ils se hâtaient ; mais le brouillard se leva, un brouillard lourd, épais qui montait de la rivière ; ceux qui ne tenaient pas la rambarde se perdirent, certains tombèrent dans la rivière et se noyèrent, et d’autres s’éloignèrent au milieu de la brume, s’égarèrent dans le champ et ne purent trouver l’arbre.

« Mais ceux qui tenaient la rampe parvinrent à continuer leur chemin dans le brouillard et sortirent enfin à la lumière, assez près de l’arbre pour le voir de leurs yeux.

Ils se précipitèrent alors et se pressèrent autour de nous, Rasa, Issib, Nafai et moi ; ils tendirent les bras pour cueillir des fruits, et ceux qui n’atteignaient pas assez haut, nous en cueillîmes pour eux, et quand il ne resta plus de fruits accessibles d’en bas, Nafai et Issib grimpèrent dans l’arbre…

— J’ai grimpé…» fit Issib dans un souffle. Tous l’entendirent mais personne ne dit mot ; chacun savait ou devinait ses sentiments alors qu’il s’imaginait escaladant un arbre en compagnie de Nafai.

« Ils grimpèrent dans l’arbre et en redescendirent les bras chargés de fruits qu’ils distribuèrent, poursuivit Volemak. Et à l’expression des gens qui nous entouraient, je vis qu’ils goûtaient ce que j’avais goûté, qu’ils ressentaient ce que j’avais ressenti. Mais je remarquai alors qu’après avoir mangé, nombre d’entre eux se mettaient à jeter des coups d’œil furtifs autour d’eux, comme honteux d’avoir consommé de ces fruits et craignant d’être vus. Je ne pouvais croire à cette réaction, mais à ce moment, je tournai la tête dans la direction où beaucoup regardaient et là, de l’autre côté de la rivière, je vis un immense édifice, semblable à ceux de Basilica mais beaucoup plus grand ; il était percé de cent fenêtres, et à travers chacune d’elles, on distinguait des gens riches, des gens extravagants, élégants et beaux, qui riaient, qui buvaient et chantaient, comme on le fait à Dollville et à Peintrailleville, mais à une échelle bien supérieure. Ils riaient, certes, ils étaient très gais, mais moi, je savais qu’ils se mentaient à eux-mêmes et que le vin seul leur faisait croire qu’ils s’amusaient – ou plutôt, je dirais qu’ils s’amusaient en effet, mais que le vin leur faisait croire qu’il était important de se divertir, alors que moi, sur l’autre rive, je tenais entre mes mains le fruit qui pouvait leur prodiguer cette allégresse qu’ils feignaient de ressentir. C’était terriblement triste. Je m’aperçus alors que beaucoup des gens qui m’entouraient, des gens qui avaient, eux, mangé des fruits, regardaient ceux de l’immense bâtiment avec envie. Ils désiraient visiblement les rejoindre, rejeter les fruits de l’arbre et se fondre aux fêtards qui riaient si fort et chantaient si joyeusement. »

Volemak ne mentionna pas qu’un instant, lui aussi avait vaguement ressenti l’aiguillon de la jalousie : à voir ces gens rire et jouer de l’autre côté de la rivière, il s’était soudain senti vieux de ne pas participer à la fête ; il s’était rappelé que dans sa jeunesse, il avait eu des amis pour rire avec lui ; il avait aimé des femmes qui donnaient leurs baisers par jeu, et les caresser, c’était comme rouler dans de l’herbe épaisse et de la mousse fraîche ; lui aussi, il avait ri en ce temps-là et chanté des chansons avec ses amis, et bu du vin, et c’était bien réel, ah oui, bien réel ! Réel, certes, mais hors de portée aussi, parce que la première fois était toujours la meilleure et ce qu’il refaisait ensuite n’était jamais aussi bon ; et puis un jour, tout lui avait glissé des doigts, hors d’atteinte, pour basculer dans le souvenir, et il avait su alors que la vieillesse était là, cet âge où les joies de la jeunesse sont désormais inaccessibles. Certains de ses amis s’étaient acharnés, se persuadant qu’en eux la jeunesse ne se flétrissait pas – mais ils se fanaient tous, évidemment, et se transformaient en mannequins peinturlurés, en vieilles marionnettes usées, en caricatures de jeunesse.

Volemak enviait donc les habitants de l’édifice, se rappelait avoir été l’un d’eux, ou du moins l’avoir souhaité – car faisait-on jamais partie de cette fugace communauté de plaisir, qui s’évaporait puis se reformait sans cesse en une seule nuit et mille fois au cours d’une semaine ? Elle n’existait jamais tout à fait, cette famille de fêtards ; non, elle semblait seulement toujours sur le point d’être, toujours au bord de la réalité, et puis elle reculait, inaccessible.

Mais c’est ici, près de cet arbre, songea Volemak, que se trouve la réalité. Ici, avec le goût de ces fruits dans la bouche, nous ne participons pas d’une illusion, mais de la vie même, tous, épouses et maris, parents et enfants, qui faisons partie de ce grand voyage vers l’avenir qui emporte nos gènes et nos rêves, nos corps et nos souvenirs, de génération en génération, pour l’éternité. Nous créons quelque chose qui nous survivra : voilà ce qu’est ce fruit, ce qu’est la vie ; et ce qu’ils font sur l’autre rive, cette recherche insensée de toutes les sensations que peut éprouver le corps, ce refus frénétique de la douleur ou de la difficulté, c’est manquer le but premier de la vie. La nouveauté n’est jamais nouvelle deux fois, alors que ce qui est vrai reste encore vrai la fois suivante ; plus vrai, même, car cette vérité, on l’a mise à l’épreuve, on l’a goûtée, et elle est toujours mûre, toujours présente…

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