Greg Bear - L'échelle de Darwin

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Au fond d’une caverne des Alpes suisses, trois corps préservés par le froid depuis plus de dix mille ans : une famille préhistorique, néandertalienne, dont l’enfant semble curieusement moderne…
Découverte en Géorgie d’un charnier récent qui ne doit rien à la révolution ni à la guerre… Toutes les femmes étaient enceintes. Et le secret d’État pèse sur cette affaire.
Kaye Lang, généticienne de talent et peut-être de génie, découvre que la partie silencieuse de nos gènes recèle d’anciens virus susceptibles de s’éveiller. Et plus encore qu’une surprenante machinerie, enfouie dans nos gènes depuis des millions d’années, vient de s’enclencher.
Alors qu’une maladie terrifiante, le syndrome de SHEVA, se met à frapper les femmes.
L’humanité est-elle menacée, ou bien se prépare-t-elle à un nouveau bond sur l’échelle de Darwin, la voie de l’évolution ?

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Enfin la contingence a pour inconvénient manifeste d’être imprévisible et d’entrer difficilement dans un schéma bien ordonné, ce qui a longtemps conduit à la considérer avec méfiance comme la réintroduction d’une intervention extérieure, éventuellement divine ; mais elle a l’imparable avantage d’introduire la complexité nécessaire dans le système explicatif qui renonce du coup à être prédictif et normatif.

Ce qu’il y a de fascinant sur deux siècles au moins, c’est que des oppositions comparables s’observent même si les rationalisations ou explications changent : gradualisme contre saltationisme, déluges et cataclysmes contre uniformitarisme, avec d’étonnants retournements idéologiques : Cuvier défend l’idée des déluges pour préserver celle de créations successives, mais Lyell s’y oppose au nom de la constance des desseins divins. Lamarck soutient contre Cuvier le transformisme qui évite l’affront au Créateur que serait la disparition pure et simple d’espèces alors que leur transformation poursuit la création dans le sens d’un Progrès, à travers la grande Chaîne des Êtres jusqu’au plus parfait de tous, l’Homme. Darwin admet l’uniformitarisme géologique de Lyell parce qu’il n’aime pas le cataclysmisme qui lui semble, non sans raison, empreint de souvenirs bibliques, et en cela il fonde avec Lyell une sorte de dogme paléontologique qui rendra difficile à la fin du XX esiècle l’acceptation des extinctions massives d’espèces à la suite de catastrophes telluriques ou cosmiques. Du côté de la génétique, les controverses à portée idéologique ne sont pas moins vives. On ne les détaillera pas ici.

Mais à ne retenir que l’ossature des positions contemporaines, il est surprenant de voir, jusque dans les congrès spécialisés, combien elles reproduisent (les arguments théologiques en moins dans le milieu scientifique) et avec certes infiniment plus d’indices et de subtilité, des thèses pluriséculaires sous-jacentes. Le lamarckisme a subsisté en France, sous une forme ou sous une autre, étonnamment longtemps, jusqu’aux années 1950 au moins, soit par nationalisme, soit parce qu’il est imprégné de catholicisme, soit parce qu’il est progressiste (et planificateur), ou encore parce qu’il apparaît comme un précurseur du lyssenkisme stalinien ; il n’a pas tout à fait rendu son dernier soupir. Et plus récemment, durant les années 1990, la controverse sur la soudaineté de l’extinction des dinosaures qui n’est pas tout à fait close a fait ressurgir de vieilles querelles entre uniformitaristes et catastrophistes, alors qu’il y a de la place pour les deux interprétations. Les convictions idéologiques ont la vie dure surtout dans des sciences éminemment spéculatives. On mesure ici l’importance de Darwin et Wallace, au-delà même de la qualité de leurs travaux : ils rompent sans retour avec la théologie et le créationnisme.

Dans leurs spéculations fictionnelles, Greg Bear et Greg Egan appuient avec bon sens là où ça fait mal, du côté de l’apparition soudaine d’espèces bien constituées en rupture apparente avec leurs prédécesseurs immédiats. Considérons Bear d’abord.

Dans le cas de l’origine de l’homme moderne, il opère une synthèse audacieuse entre les thèses du saltationisme et du transformisme lamarckien. Il y a mutation et il y a transformation d’une espèce d’hommes en une autre. Et pour ce faire il utilise ce qui demeure une énigme du génome.

Jusqu’à quatre-vingts pour cent des gènes sont réputés silencieux ou « inutiles » en ce qu’ils ne codent pour aucune protéine. Les gènes composés d’ADN « utiles », lorsqu’ils s’expriment, produisent des séquences d’ARN messager qui amènent l’usine cellulaire à fabriquer des protéines. Mais les gènes « inutiles » (en dehors de ceux qui contrôlent la syntaxe génétique encore incomplètement élucidée) demeurent apparemment silencieux. L’hypothèse aujourd’hui généralement admise veut que ces séquences d’ADN correspondent soit à des gènes archaïques désactivés soit même à des virus anciens et neutralisés qui se seraient insérés autrefois dans la double hélice. La question se pose donc de savoir ce qui se passerait si on en débarrassait le génome : peut-être rien, peut-être une catastrophe. Greg Bear spécule que l’évolution ne laisse rien subsister d’inutile, en tout cas pas à cette échelle. Ces gènes inutiles ont pour lui une fonction : ils accumulent des mutations favorables qui ne se manifestent pas aussitôt mais demeurent en quelque sorte en réserve. Lorsque l’espèce, en l’occurrence humaine, est soumise à un stress excessif, ces mutations latentes se combinent et donnent naissance à une nouvelle espèce mieux adaptée aux conditions stressantes. C’est la fin des glaciations qui entraîne de la sorte le passage du Néandertalien à l’homme moderne [47] Depuis la rédaction du roman de Greg Bear, des analyses du génome mitochondrial de Néandertaliens semblent bien avoir montré que cette espèce ne pouvait pas être l’ancêtre direct de l’homme moderne mais plutôt une espèce cousine. Toutefois la complexité du mécanisme imaginé par l’auteur peut lui permettre de contourner cette «difficulté». . Et ce sont dans le présent du roman de Bear les stress sociaux, surpopulation et agressivité corrélative, qui déclenchent le passage à l’échelon suivant de l’échelle de Darwin. Bear n’est pas très disert sur la façon dont les mutations positives se produisent, se sélectionnent et s’accumulent avant même d’être directement soumises à la pression du milieu à travers des phénotypes. Une telle évolution non-phylétique évoque les mutations systémiques de Goldschmidt (1930-1940), les « gènes-sauteurs » (ou transposons) de Barbara McClintock (prix Nobel 1983) qui réorganisent le patrimoine génétique en réponse à un stress [48] Mais sans que cette réorganisation ait pour but de faire face à ce stress, contrairement à ce qui se passe dans le roman de Bear. , et l’évolution quantique de Simpson (1944). Elle pourrait aussi trouver un sérieux appui dans la théorie synergique de l’évolution de Denis Buican (1980), qui concilie mutationnisme et darwinisme et introduit différentes formes de sélection à plusieurs niveaux d’intégration du vivant (génétique, cellulaire, individuel et social) [49] Voir Denis Buican, Darwin et le darwinisme (PUF, 1987) et La Présélection génotypique et le modèle évolutif (La Pensée et les hommes, Bruxelles, 1980). . Il n’est pas certain que Bear connaisse cette dernière.

Mais il imagine un déclenchement très original de la mutation. Le génome excité par le stress produit un rétrovirus (de type ARN) qui « informe » les organismes de la même espèce de la nécessité de l’activation des mutations dormantes. Ce rétrovirus provoque une « maladie » qui entraîne un profond réaménagement génétique en deux temps. On consultera le roman sur les détails.

En imaginant qu’une espèce procède immédiatement d’une précédente, Bear fait appel au transformisme de Lamarck. Chose curieuse, il en a déjà fait usage de façon explicite dans un autre roman, Héritage [50] Le Livre de Poche n°7234. Dans ma préface à ce roman, j’aborde également les questions de l’origine de la vie et des débuts de l’évolution. . Il y décrit une planète où l’évolution s’est effectuée selon un schéma exclusivement lamarckien par adaptations successives d’êtres quasiment immortels.

Il est à remarquer que les néo-humains de L’Échelle de Darwin puis des Enfants de Darwin ne sont pas les mutants classiques disposant de pouvoirs parapsychiques plus ou moins extravagants. Ils sont simplement plus sociaux, plus conviviaux, que leurs prédécesseurs. Alors que l’ Homo sapiens sapiens est extraordinairement expansionniste, prédateur et agressif, ce qui était un facteur de survie dans un monde où sa population globale était réduite et clairsemée mais est devenu contre-productif dès lors que sa surpopulation menace sa cohabitation, son environnement et sa survie, l’ Homo post sapiens (qu’on pourrait appeler l’ Homo sentiens ) répond à ce stress en étant naturellement doux et sociable et en constituant des dèmes, groupes de solidarité intégrale, physiologique, d’une vingtaine de sujets, groupes entre lesquels les relations sont coopératives. Leurs modes de communication, phéromones et taches colorées changeantes [51] Ces taches rappellent celles de certains calmars et celles des caméléons. Un exemple d’évolution convergente! sur le visage, les empêchent pratiquement de se mentir entre eux. Loin d’être des surhommes nietzschéens, ce sont des êtres sursocialisés, au moins relativement à leurs ancêtres. Il demeure toutefois difficile de comprendre comment des gènes « intelligents » ont pu prendre connaissance des conditions rencontrées par les phénotypes et choisir, dans la bibliothèque de mutations latentes disponibles, les plus convenables. Dans sa postface aux Enfants de Darwin, Greg Bear après avoir précisé qu’il n’est pas « partisan du hasard néodarwinien » et qu’il n’a pas « opté pour une vision intégriste ou créationniste de nos origines » livre son opinion : « La vie sur Terre est constituée de plusieurs strates de réseaux neuronaux, qui interagissent afin de résoudre des problèmes et ainsi d’accéder à des ressources et de poursuivre leur existence. Toutes les créatures vivantes résolvent des problèmes posés par leur environnement, et toutes se sont adaptées afin de pouvoir résoudre de tels problèmes avec un succès raisonnable. L’esprit humain n’est qu’une variété parmi d’autres de ce processus naturel, et pas nécessairement la plus subtile ni la plus sophistiquée. » On n’est guère loin de l’hypothèse « Gaïa » proposée par James Lovelock et on comprend les affinités de Bear avec le progressisme lamarckien.

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