Jean-Christophe Grangé - Le Serment des limbes

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Quand on traque le Diable en personne,jusqu'où faut-il aller ? Quand Mathieu Durey, flic à la brigade criminelle de Paris apprend que Luc, son meilleur ami, flic lui aussi, a tenté de se suicider, il n'a de cesse de comprendre ce geste. Il découvre que Luc travaillait en secret sur une série de meurtres aux quatre coins de l'Europe, dont les auteurs orchestrent la décomposition des corps des victimes et s'appuient sur la symbolique satanique. Les meurtriers ont un point en commun : ils ont tous, des années plus tôt, frôlé la mort et vécu une « Near Death Experience ». Peu à peu, une vérité stupéfiante se révèle : ces tueurs sont des « miraculés du Diable » et agissent pour lui. Mathieu saura-t-il préserver sa vie, ses choix, dans cette enquête qui le confronte à la réalité du Diable ?
« D'une noirceur absolue. Et ce n'est pas fini. »
Lire
« Construction au cordeau et écriture fluide : de la communauté africaine de Paris aux ors du Vatican, le romancier tient en haleine. […] Grangé peut tout se permettre […]. Son enthousiasme, son savoir-faire, sa puissance romanesque, son imagination de grand schizophrène le placent au niveau d'un Thomas Harris. »
Christine Ferniot,
. « Jean-Grangé mène son roman sur un fil tendu entre le rationnel et le fantastique […] et parvient même à susciter un frisson métaphysique… »
Gérard Meudal,
.

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Je m’approchai de la glace. Mon visage évoquait une lande tourmentée, une forêt secouée de vent — un paysage à la Turner. Une tête de fanatique, avec des yeux clairs enfoncés et des boucles brunes fissurant le front. Je passai ma figure sous l’eau, méditant encore l’étrange coïncidence de la soirée. Le coma de Luc et la visite de ma mère.

Dans la cuisine, je me servis une tasse de thé vert — le Thermos était prêt depuis le matin. Puis je plaçai au micro-ondes un bol du riz que je cuisinais le week-end pour toute la semaine. En matière d’ascétisme, j’avais opté pour la tendance zen. Je détestais les odeurs organiques — ni viandes, ni fruits, ni cuisson. Tout mon appartement baignait dans les fumées d’encens que je brûlais en permanence. Mais surtout, le riz me permettait de manger avec des baguettes de bois. Je ne supportais ni le bruit ni le contact des couverts en métal. Pour cette raison, je n’étais pas vraiment client des restaurants ni des dîners en ville.

Ce soir, impossible de manger. Au bout de deux bouchées, je balançai le contenu du bol à la poubelle et me servis un café, provenant d’un deuxième Thermos.

Mon appartement se distribuait en un salon, une chambre, un bureau. Le triptyque classique du célibataire parisien. Tout était blanc, sauf les sols, en parquet noir, et le plafond du salon aux poutres apparentes. Sans allumer, je passai directement dans ma chambre et m’allongeai, laissant libre cours à mes pensées.

Luc, bien sûr.

Mais plutôt que de réfléchir à son état — une impasse — ou à la raison de son acte — une autre impasse —, je choisis un souvenir. Un de ceux qui reflétaient l’un des traits les plus étranges de mon ami.

Sa passion pour le diable.

Octobre 1989.

Vingt-deux ans, Institut Catholique de Paris.

Après quatre années à la Sorbonne, je venais d’achever une maîtrise — « Le dépassement du manichéisme chez Saint-Augustin » — et continuais sur ma lancée. J’étais en route pour m’inscrire à l’Institut. Je visais un doctorat canonique en théologie. Le sujet de ma thèse, « La formation du christianisme à travers les premiers auteurs chrétiens latins », allait me permettre de vivre plusieurs années auprès de mes auteurs préférés : Tertullien, Minucius Felix, Cyprien…

À cette époque, j’observais déjà les trois vœux monastiques : obéissance, pauvreté, chasteté. Autant dire que je ne coûtais pas grand-chose à mes parents. Mon père désapprouvait mon attitude. « La consommation, c’est la religion de l’homme moderne ! » clamait-il, citant sans doute Jacques Séguéla. Mais ma rigueur forçait son respect. Quant à ma mère, elle faisait mine de comprendre ma vocation qui flattait, en définitive, son snobisme. Dans les années quatre-vingt, il était plus original d’annoncer que son fils préparait le séminaire plutôt qu’il partageait son temps entre les Bains-Douches et la cocaïne.

Mais ils se trompaient. Je ne vivais pas dans la tristesse, ni l’austérité. Ma foi était fondée sur l’allégresse. Je vivais dans un monde de lumière, une nef immense, où des milliers de cierges scintillaient en permanence.

Je me passionnais pour mes auteurs latins. Ils étaient le reflet du grand virage du monde occidental. Je voulais décrire ce bouleversement, ce choc absolu provoqué par la pensée chrétienne, située aux antipodes de tout ce qui s’était dit ou écrit auparavant. La venue du Christ sur terre était un miracle spirituel mais aussi une révolution philosophique. Une transmutation physique — l’incarnation de Jésus — et une transmutation du Verbe. La voix, la pensée humaines ne seraient plus jamais les mêmes…

J’imaginais la stupéfaction des Hébreux face à Son message. Un peuple élu qui attendait un messie puissant, belliqueux, sur un char ardent, et qui découvrait un être de compassion, pour qui la seule force était l’amour, qui prétendait que chaque défaite est une victoire et que tous les hommes sont des élus. Je songeai aussi aux Grecs, aux Romains qui avaient créé des dieux à leur image, avec leurs propres contradictions, et qui voyaient soudain un dieu invisible prendre l’image de l’homme. Un dieu qui n’écrasait plus les humains, mais qui descendait au contraire parmi eux pour les hisser au-dessus de toute contradiction.

C’était ce grand tournant que je voulais décrire. Ces temps bénis où le christianisme était une argile en formation, un continent en marche, dont les premiers écrivains chrétiens avaient été à la fois le ressort et le reflet, la vitalité et la garantie. Après les Évangiles, après les épîtres et les lettres des apôtres, les auteurs séculiers prenaient le relais, mesurant, développant, commentant le matériau infini qui leur avait été livré.

Je traversais la cour de l’Institut quand on me tapa sur l’épaule. Je me retournai. Luc Soubeyras se tenait devant moi. Figure laiteuse sous sa tignasse rousse ; silhouette grêle, noyée dans un duffle-coat, étranglée par une écharpe. Je demandai, stupéfait :

— Qu’est-ce que tu fous ici ?

Il baissa les yeux sur le dossier d’inscription qu’il tenait entre ses mains.

— Comme toi, je suppose.

— Tu prépares une thèse ?

Il réajusta ses lunettes sans répondre. Je partis d’un rire incrédule :

— Où t’étais pendant tout ce temps ? On s’est pas vus depuis quand ? Le bac ?

— Tu étais retourné à tes origines bourgeoises.

— Tu parles. Je n’ai pas cessé de t’appeler. Qu’est-ce que tu faisais ?

— J’ai suivi mon cursus ici, à l’Institut catholique.

— Théologie ?

Il claqua des talons et se mit au garde-à-vous :

Yes, sir ! Et une maîtrise de Lettres classiques en prime.

— On a donc suivi la même route.

— Tu en doutais ?

Je ne répondis pas. Les derniers temps, à Saint-Michel, Luc avait changé. Plus que jamais sarcastique, sa familiarité avec la foi s’était transformée en moquerie, en ironie perpétuelle. Je ne donnais plus cher de sa vocation. Il demanda, après m’avoir offert une Gauloise et s’en être allumé une :

— Sur quoi, ta thèse ?

— La naissance de la littérature chrétienne. Tertullien, Cyprien…

Il émit un sifflement admiratif.

— Et toi ?

— Je vais voir. Le diable, peut-être.

— Le diable ?

— En tant que force triomphante du siècle, oui.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

Luc se glissa entre plusieurs groupes d’étudiants et se dirigea vers les jardins, au fond de la cour.

— Depuis un moment, je m’intéresse aux forces négatives.

— Quelles forces négatives ?

— À ton avis, pourquoi le Christ est-il venu sur terre ?

Je ne répondis pas. L’interrogation était trop grossière.

— Il est venu pour nous sauver, continua-t-il. Pour racheter nos péchés.

— Et alors ?

— Le mal était donc déjà là. Bien avant le Christ. En somme, il a toujours été là. Il a toujours précédé Dieu.

Je balayai la réflexion d’un geste. Je n’avais pas suivi quatre années de théologie pour revenir à de tels raisonnements primaires. Je répliquai :

— Où est la nouveauté ? La Genèse commence avec le serpent et…

— Je ne te parle pas de la tentation. Je te parle de la force en nous qui répond à la tentation. Qui la légitime.

Les pelouses étaient parsemées de feuilles mortes. Petits points bistre ou ocre, taches de rousseur de l’automne. Je coupai court à son discours :

— Depuis Saint-Augustin, on sait que le mal n’a pas de réalité ontologique.

— Dans son œuvre, Augustin utilise le mot « diable » 2 300 fois. Sans compter les synonymes…

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