Bernard Minier - Glacé

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Glacé: краткое содержание, описание и аннотация

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Prix du meilleur roman francophone au Festival Polar de Cognac 2011
Prix de l’Embouchure 2012 Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée.
Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ?
Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

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Et il avait tort : il ne cuvait pas. Il ne lisait pas non plus un de ses auteurs latins favoris. Il gisait, immobile, dans son fauteuil, les yeux grands ouverts et vitreux, une écume blanche aux lèvres. Poison.

Comme Sénèque, comme Socrate. Deux mois plus tard, Servaz passait le concours d’officier de police.

À 22 heures, Diane éteignit la lumière de son bureau. Elle emporta un travail qu’elle voulait terminer avant de se coucher et remonta dans sa chambre du quatrième étage. Il y faisait toujours aussi froid et elle passa son peignoir par-dessus ses vêtements avant de s’asseoir à la tête du lit et d’attaquer sa lecture. En consultant ses notes, elle revit son premier patient du jour : un petit homme de soixante-quatre ans à l’air inoffensif et à la voix aiguë et éraillée comme si on lui avait limé les cordes vocales. Un ancien prof de philo. Il l’avait saluée avec une politesse extrême quand elle était entrée. Elle s’était entretenue avec lui dans un salon équipé de tables et de fauteuils scellés dans le sol. Il y avait une télé grand écran enfermée dans une coque de Plexiglas et tous les angles et arêtes du mobilier étaient caparaçonnés de plastique. Personne d’autre dans le salon, mais un aide-soignant montait la garde depuis le seuil de la pièce.

— Victor, comment vous vous sentez aujourd’hui ? avait-elle demandé.

Comme un putain de sac de merde

— Que voulez-vous dire ?

Comme un gros étron, un excrément, une crotte, un gros cigare, un caca, un

— Victor, pourquoi êtes-vous si grossier ?

Je me sens comme ce qui vous sort des fesses, doc, quand vous allez à la

— Vous ne voulez pas me répondre ?

Je me sens comme

Elle s’était dit que jamais plus elle ne lui demanderait comment il se sentait. Victor avait tué sa femme, son beau-frère et sa belle-sœur à coups de hache. D’après son dossier, sa femme et sa belle famille le traitaient comme un moins-que-rien et se moquaient de lui en permanence. Dans sa vie « normale », Victor avait été quelqu’un d’une grande éducation et d’une grande culture. Au cours de sa précédente hospitalisation, il s’était jeté sur une infirmière qui avait eu le malheur de rire devant lui. Heureusement, il ne pesait que cinquante kilos.

Elle avait beau essayer de se concentrer sur son cas, elle n’y parvenait pas complètement. Quelque chose d’autre rôdait à la lisière de sa conscience. Elle était pressée de terminer ce travail pour revenir à ce qui se passait à l’Institut. Elle ne savait pas ce qu’elle allait trouver mais elle était bien décidée à pousser ses investigations plus loin. Et, désormais, elle savait par où commencer. L’idée lui était venue après avoir surpris Xavier sortant de son bureau.

En ouvrant le dossier suivant, elle revit aussitôt le patient en question. Un homme de quarante ans au regard fiévreux, aux joues creuses mangées par la barbe et aux cheveux sales. Un ancien chercheur spécialisé dans la faune marine, d’origine hongroise. Qui parlait un excellent français avec un fort accent slave. György.

— Nous sommes reliés aux grands fonds, lui avait-il dit d’emblée. Vous ne le savez pas encore, docteur, mais nous n’existons pas vraiment, nous n’existons qu’à l’état de pensées, nous sommes des émanations de l’esprit des créatures abyssales, celles qui vivent au fond des océans par plus de deux mille mètres de profondeur. C’est le royaume des ténèbres éternelles, la lumière du jour n’arrive jamais en bas. Il y fait noir tout le temps. (En entendant ce mot, elle avait senti passer sur elle l’aile glacée de la peur.) Et froid, très très froid. Et la pression : elle y est colossale. Elle augmente d’une atmosphère tous les dix mètres. Insupportable sauf pour ces créatures. Elles ressemblent à des monstres, vous savez. Comme nous. Elles ont des yeux énormes, des mâchoires pleines de dents acérées et des organes lumineux tout le long du corps. Ce sont soit des charognards, des nécrophages, qui se nourrissent des cadavres tombés des couches supérieures de l’océan, soit d’affreux prédateurs capables de ne faire qu’une seule bouchée de leurs proies. En bas, tout n’est que ténèbres et cruauté. Comme ici. Il y a le poisson-vipère ou Chauliodus sloani , dont la tête ressemble à un crâne hérissé de dents longues comme des couteaux et transparentes comme du verre et dont le corps de serpent est hérissé de points lumineux. Il y a le Linophryne lucifer et le Photostomias guernei , plus laids et effrayants que des piranhas. Il y a les pycnogonides , qui ressemblent à des araignées, et les haches d’argent, qui ont l’air de poissons morts et qui sont pourtant vivantes. Ces créatures ne voient jamais la lumière du jour, elles ne remontent jamais vers la surface. Comme nous, docteur. Ne voyez-vous pas l’analogie ? C’est parce qu’ici nous n’existons pas vraiment, contrairement à vous. Nous sommes sécrétés par l’esprit de ces créatures. Chaque fois qu’au fond l’une d’elles meurt, ici l’un de nous meurt aussi.

Ses yeux s’étaient voilés tandis qu’il parlait, comme s’il était parti là-bas, au fond des ténèbres océaniques. Ce discours absurde avait glacé Diane par sa cauchemardesque beauté. Elle avait eu du mal à évacuer les images qu’il avait enfantées.

Tout, à l’Institut, fonctionnait par antinomies, s’était-elle dit. Beauté/cruauté. Silence/hurlements. Solitude/promiscuité. Peur/curiosité. Depuis qu’elle était ici, elle ne cessait d’être agitée par des sentiments contradictoires.

Elle referma la chemise concernant le patient nommé György et elle se concentra sur autre chose. Elle avait repensé toute la soirée au traitement que Xavier infligeait à certains de ses patients. Cette camisole chimique. Et à la visite clandestine qu’il avait effectuée dans son bureau. Dimitri, le gérant de la pharmacie, avait-il raconté à Xavier qu’elle s’intéressait d’un peu trop près à sa façon de soigner les malades ? Peu probable. Elle avait senti dans les propos de Dimitri une sourde hostilité à l’égard du psychiatre. Il ne fallait pas oublier qu’il n’était arrivé que depuis quelques mois, en remplacement de l’homme qui avait fondé cet endroit. Avait-il des problèmes relationnels avec le personnel ?

Elle fouilla dans son bloc jusqu’au moment où elle retrouva le nom des trois mystérieux produits commandés par Xavier. Pas plus que la première fois ces noms ne lui parurent familiers.

Elle ouvrit son ordinateur portable et lança Google.

Entra les deux premiers mots-clefs de sa recherche…

Diane sursauta en découvrant que l’Hypnosal était l’une des formes commerciales du thiopental sodique, un anesthésique qui faisait partie des trois produits administrés aux condamnés à mort par injection létale aux États-Unis, aussi employé dans les euthanasies aux Pays-Bas ! Une autre forme commercialisée portait un nom bien connu : Penthotal. Il avait été utilisé un temps en narcoanalyse. La narcoanalyse consistait à injecter un anesthésique pour aider le patient analysé à faire ressurgir de prétendus souvenirs réprimés. Une technique depuis longtemps abandonnée et critiquée, l’existence de traumatismes inconsciemment refoulés n’ayant jamais été scientifiquement prouvée.

À quoi jouait Xavier ?

La deuxième entrée la laissa encore plus perplexe. La xylazine était aussi un anesthésique — mais vétérinaire . Diane se demanda si elle avait loupé quelque chose et elle poursuivit ses investigations dans les différentes entrées fournies par le moteur de recherche, mais elle ne trouva pas d’autres applications connues. Elle se sentait de plus en plus perplexe. Que venait faire un produit vétérinaire dans la pharmacie de l’Institut ?

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