Bernard Minier - Glacé

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Glacé: краткое содержание, описание и аннотация

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Prix du meilleur roman francophone au Festival Polar de Cognac 2011
Prix de l’Embouchure 2012 Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée.
Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ?
Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

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Il ferma les yeux. Quand il les rouvrit, le vertige avait cessé. Qu’est-ce qu’il avait, bon sang ?

Il se releva et fila dans la salle de bains. Il sortit un des cachets de Xavier. Sa gorge était en feu, l’eau fraîche lui fit du bien pendant une demi-seconde puis la sensation de brûlure revint. Il massa ses globes oculaires et regagna le salon. Il sortit sur le balcon respirer un peu. Il jeta un coup d’œil aux lumières de la ville et il songea à la façon dont les villes modernes, avec leurs éclairages irréels et leur bruit permanent, transforment leurs habitants en insomniaques et en fantômes somnolents lorsque le jour se lève.

Puis sa pensée revint encore une fois à Alice. Il revit la chambre sous les toits, le mobilier orange et jaune, les murs violets et la moquette blanche. Les photos et les cartes postales, les CD et les affaires scolaires, les vêtements et les livres. Un journal… Il manquait un journal… Servaz était de plus en plus persuadé qu’une adolescente comme Alice ne pouvait pas ne pas en avoir tenu un.

Il y avait forcément un journal quelque part

Il repensa à Gaspard Ferrand, prof de lettres, globe-trotter, yogi… Il le compara instinctivement à son père. Prof de lettres lui aussi, de latin et de grec. Un homme brillant, secret, excentrique — colérique aussi parfois. Genus irritabile vatum : « La race irritable des poètes ».

Servaz savait très bien qu’une telle pensée allait en entraîner une autre, mais il était déjà trop tard pour endiguer le flot et il laissa le souvenir l’envahir, s’emparer de lui avec une précision cauchemardesque.

Les faits. Rien que les faits.

Les faits étaient les suivants : par une tiède soirée de juillet, le jeune Martin Servaz, dix ans, était en train de jouer dans la cour de la maison familiale quand les phares d’une voiture s’étaient approchés sur la longue route droite. La maison des Servaz était une ancienne ferme isolée, à trois kilomètres du village le plus proche. 10 heures du soir. Une douce semi-obscurité régnait, dans les champs voisins la stridulation des grillons serait bientôt remplacée par le bruit des grenouilles, un bruit sourd de tonnerre roulait à l’horizon des montagnes et des étoiles de plus en plus nettes apparaissaient dans le ciel encore pâle. Puis il y avait eu, dans le silence du soir, l’imperceptible chuintement de cette voiture au loin, approchant sur la route. Le chuintement était devenu un bruit de moteur et la voiture avait ralenti. Elle avait tourné ses phares vers la maison et remonté lentement le chemin, secouée par les cahots. Ses pneus avaient crissé sur le gravier lorsqu’elle avait franchi le portail et freiné dans la cour. Un coup de vent avait fait bruire les peupliers au moment où les deux hommes en étaient descendus. Il distinguait mal leur visage à cause de l’obscurité qui commençait à tomber sous les arbres, mais il avait entendu distinctement la voix de l’un d’eux dire :

— Salut petit, tes parents sont là ?

Au même moment, la porte de la maison s’était ouverte et sa mère s’était encadrée dans la lumière sur le seuil. L’homme qui avait parlé s’était alors approché de sa mère en s’excusant pour le dérangement et en s’exprimant d’une voix rapide tandis que le second posait une main amicale sur son épaule. Il y avait quelque chose dans cette main qui avait immédiatement déplu au jeune Servaz. Comme une infime perturbation dans la paix de cette soirée. Comme une sourde menace que le jeune garçon était seul à percevoir, bien que l’autre homme s’exprimât avec amabilité et qu’il vît sa mère sourire. En levant la tête, il avait aperçu son père, sourcils froncés, à la fenêtre de son bureau, au premier étage, là où il corrigeait les copies de ses élèves. Il avait eu envie de crier à sa mère de faire attention, de ne pas les laisser pénétrer dans la maison — mais on lui avait appris la politesse et aussi à se taire quand les adultes parlaient.

Il avait entendu sa mère dire : « Entrez. »

Puis l’homme derrière lui l’avait doucement poussé en avant, ses gros doigts brûlant son épaule à travers le fin tissu de sa chemisette, et il avait trouvé ce geste moins amical qu’autoritaire. Encore aujourd’hui, il se souvenait que chacun de leurs pas sur le gravier résonnait dans sa tête comme un avertissement. Il se souvenait de l’odeur forte d’eau de toilette et de sueur derrière lui. Il se souvenait que la stridulation des grillons lui avait paru gagner en intensité et retentir elle aussi comme une alarme. Même son cœur puisait comme un tam-tam maléfique. C’était au moment où ils arrivaient en haut du perron que l’homme avait plaqué quelque chose sur sa bouche et sur son nez. Un bout de tissu humide. En un instant un trait de feu avait brûlé sa gorge et ses poumons et il avait vu des points blancs danser devant ses yeux avant de sombrer dans un trou noir.

Lorsqu’il avait repris conscience, il se trouvait dans le cagibi sous l’escalier, nauséeux et hébété, et la voix suppliante de sa mère à travers la porte l’avait inondé de peur. En entendant les voix grondantes des deux hommes la menacer, la rassurer et se moquer d’elle tour à tour, sa peur était devenue incontrôlable et il s’était mis à trembler. Il se demandait où était passé son père. D’instinct, il avait su ce qu’étaient ces hommes : des êtres pas tout à fait humains, des méchants de cinéma, des créatures malfaisantes, des super-vilains de bande dessinée : le Bricoleur et le Bouffon vert… Il avait deviné que son père devait être ligoté quelque part, impuissant, comme souvent le héros dans les bandes dessinées, sans quoi il serait déjà intervenu pour les sauver. Bien des années plus tard, il s’était dit que ni Sénèque ni Marc Aurèle n’avaient été d’un grand secours à son père au moment de raisonner les deux visiteurs. Mais peut-on raisonner deux loups affamés ? Ce n’était pas de viande, cependant, que ces loups avaient faim ; c’était une autre chair qu’ils convoitaient. Si le jeune Martin avait eu une montre, il aurait pu constater qu’il était minuit vingt quand il avait repris connaissance et qu’il devait encore s’écouler près de cinq heures avant que l’horreur ne cesse, cinq heures au cours desquelles sa mère avait hurlé, sangloté, hoqueté, juré et supplié presque sans discontinuer. Et tandis que les hurlements maternels se muaient petit à petit en sanglots, en hoquets puis en murmures inintelligibles, tandis que la morve lui coulait du nez en une traînée visqueuse et que l’urine coulait chaude entre ses cuisses, tandis que les premiers bruits de l’aube franchissaient la porte du cagibi — un coq s’égosillant prématurément, un chien aboyant au loin, une voiture passant sur la route à cent mètres de là — et qu’une vague clarté grise filtrait au ras du sol, progressivement le silence s’était fait dans la maison — un silence total, définitif et bizarrement rassurant.

Servaz était dans la police depuis trois ans lorsqu’il avait réussi à se procurer le rapport d’autopsie, quinze ans après les faits. Avec le recul, il savait qu’il avait commis là une erreur des plus funestes. Il avait cru que les années lui donneraient la force nécessaire. Il s’était trompé. Il avait découvert avec une indicible horreur et en détail ce que sa mère avait subi cette nuit-là. Après quoi le jeune policier avait refermé le rapport, s’était précipité aux toilettes et avait vomi son déjeuner.

Les faits. Rien que les faits.

Les faits étaient les suivants : son père avait survécu — mais il avait quand même passé deux mois à l’hôpital pendant lesquels le jeune Martin avait été placé chez sa tante. À sa sortie d’hôpital, son père avait repris son métier de professeur. Mais il était très vite apparu qu’il n’était plus apte à l’exercer : il s’était plusieurs fois présenté ivre, barbu et échevelé devant ses élèves, qu’il avait en outre copieusement insultés. L’administration l’avait finalement mis en congé illimité et son père en avait profité pour s’enfoncer davantage. Le jeune Martin avait de nouveau été placé chez sa tante… Les faits, rien que les faits… Deux semaines après avoir rencontré à l’université celle qui deviendrait sa femme six mois plus tard, alors que l’été approchait, Servaz était retourné voir son père. En descendant de voiture, il avait jeté un bref coup d’œil à la maison. Sur le côté, l’ancienne grange tombait en ruine ; le corps d’habitation lui-même semblait inhabité, la moitié au moins des volets étaient clos. Servaz avait frappé à la vitre de la porte d’entrée. Pas de réponse. Il l’avait ouverte. « Papa ? » Seul le silence lui avait répondu. Le vieux devait encore une fois être étendu ivre mort quelque part. Après avoir jeté sa veste et sa besace sur un meuble et s’être servi un verre d’eau dans la cuisine, il avait, sa soif étanchée, grimpé l’escalier, sachant que son père devait se trouver dans son bureau, probablement en train de cuver. Le jeune Martin avait raison : il s’y trouvait — dans son bureau. Une musique assourdie montait à travers la porte close, qu’il avait reconnue aussitôt : Gustav Mahler, le compositeur préféré de son père.

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