Bernard Minier - Glacé

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Glacé: краткое содержание, описание и аннотация

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Prix du meilleur roman francophone au Festival Polar de Cognac 2011
Prix de l’Embouchure 2012 Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée.
Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ?
Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

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Il commençait à entrevoir un schéma, une structure possible .

Selon lui, ces hommes avaient une passion commune : la montagne, la nature, les randonnées et les bivouacs. Mais aussi une autre, plus secrète et plus sinistre. Isolés au fond de ces vallées, bénéficiant d’une impunité totale, exaltés par les sommets grandioses qu’ils tutoyaient, ils avaient fini par se croire intouchables. Il comprit qu’il s’approchait de la source — celle d’où tout le reste découlait. Au fil des ans, ils étaient devenus une sorte de minisecte, vivant en vase clos dans ce coin des Pyrénées où le bruit du monde n’arrivait qu’à travers la télé et les journaux, isolés non seulement géographiquement mais psychologiquement du reste de la population, et même de leurs conjoints — d’où ces divorces et ces haines recuites.

Jusqu’à ce que la réalité les rattrape.

Jusqu’au premier sang.

Là, la bande s’était égaillée, apeurée, comme un vol d’étourneaux. Et elle était apparue pour ce qu’elle était : de pauvres types terrifiés, des lâches, des minables. Brutalement chus de leur piédestal.

Désormais, les montagnes n’étaient plus les témoins grandioses de leurs crimes impunis, mais le théâtre de leur châtiment. Qui était le justicier ? De quoi avait-il l’air ? Où se cachait-il ?

Gilles Grimm.

Serge Perrault.

Gilbert Mourrenx — et Roland Chaperon.

Le « club » de Saint-Martin.

Une question le tourmentait. Quelle était la nature exacte de leurs crimes ? Car, pour Servaz, il ne faisait plus de doute que Ziegler avait raison : le chantage exercé sur cette fille ne représentait que la partie émergée d’un iceberg dont il redoutait à présent de découvrir toute la sinistre nature. En même temps, il sentait quelque part un obstacle, un détail qui n’entrait pas dans le schéma. Trop simple, trop évident, se dit-il. Il y avait un écran qu’ils ne voyaient pas — derrière se cachait la vérité.

Servaz s’approcha du soupirail qui donnait sur le jardin obscur. Dehors, il faisait nuit noire.

Le ou les justiciers étaient là. Dans la nuit. Prêts à frapper. Cherchant sans doute comme eux à retrouver Chaperon. Où le maire se planquait-il ? Loin d’ici — ou tout près ?

Soudain, une autre question le frappa. Le club des salauds se réduisait-il aux quatre hommes présents sur la photo ou comptait-il d’autres membres ?

Espérandieu trouva la baby-sitter dans le salon en rentrant chez lui. Elle se leva à regret, visiblement absorbée par un épisode de Dr House. À moins qu’elle n’eût espéré se faire plus d’argent. Une étudiante en première année de droit qui portait un prénom exotique comme Barbara, Marina ou peut-être Olga, se souvint-il. Ludmilla ? Stella ? Vanessa ? Il renonça à l’appeler par son prénom et lui régla les deux heures de présence. Il trouva aussi un mot de Charlène maintenu par un magnet sur le frigo : Vernissage. Je rentrerai tard. Bisous. Il sortit un cheese-burger du congélateur, le mit dans le micro-ondes, puis brancha son ordinateur portable sur le plan de travail. Il constata qu’il avait plusieurs mails dans sa messagerie. L’un d’eux émanait de Kleim162. Le mail s’intitulait « Re : Diverses questions au sujet de L. » Espérandieu ferma la porte de la cuisine, mit de la musique (The Last Shadow Puppets chantant The Âge of the Understatement ), tira une chaise et commença sa lecture :

« Salut Vince.

Voici les premiers résultats de mon enquête. Pas de scoop mais quelques petites choses qui dessinent une image d’Éric Lombard un tantinet différente de celle qu’a de lui le grand public. Il n’y a pas si longtemps, lors d’un forum entre milliardaires à Davos, notre homme a fait sienne la définition de la mondialisation de Percy Barnevik, l’ancien président suédois d’ABB : “Je définis la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possible en matière de droit du travail et de conventions sociales.” Ce qui est le credo de la plupart des dirigeants de multinationale.

« Pour comprendre les pressions de plus en plus fortes qu’elles exercent sur les États, il faut savoir qu’il y avait au début des années 1980 environ 7 000 multinationales dans le monde, qu’elles étaient 37 000 en 1990 et plus de 70 000 contrôlant 800 000 filiales et 70 % des flux commerciaux quinze ans plus tard. Et ce mouvement ne cesse de s’accélérer. Résultat, il ne s’est jamais créé autant de richesses et ces richesses n’ont jamais été aussi inégalement réparties : le P-DG de Disney gagne 300 000 fois le salaire d’un ouvrier haïtien fabriquant des T-shirts pour sa société. Les treize membres du directoire d’AIR, dont Éric Lombard fait partie, ont touché l’année dernière dix millions d’euros d’appointements, soit deux fois le salaire cumulé des six mille ouvriers d’une usine du groupe en Asie. »

Espérandieu fronça les sourcils. Est-ce que Kleim162 allait lui refaire toute l’histoire du libéralisme ? Il savait que son contact éprouvait une défiance viscérale envers la police, les politiques et les multinationales, qu’il n’était pas seulement journaliste mais aussi membre de Greenpeace et de Human Rights Watch — et qu’il était à Gênes et à Seattle lors des contre-sommets altermondialistes en marge des réunions du G8. À Gênes, en 2001, il avait vu les carabiniers italiens faire irruption dans l’école Diaz transformée en dortoir pour les manifestants et matraquer avec une brutalité inouïe hommes et femmes jusqu’à ce que les murs et le sol soient couverts de sang. Après quoi ils avaient fini par appeler les ambulances. Bilan : 1 mort, 600 blessés et 281 personnes arrêtées.

« Éric Lombard a fait ses premières armes chez l’équipementier sportif du groupe familial : une marque bien connue de tous les gamins grâce aux nombreux champions qui la portent. Il a réussi à doubler les bénéfices de la branche en cinq ans. Comment ? En développant un véritable “art” de la sous-traitance. Les chaussures, les T-shirts, les shorts et autres équipements sportifs étaient déjà fabriqués en Inde, en Indonésie et au Bangladesh par des femmes et des enfants. Éric Lombard s’est rendu là-bas et il a modifié les accords passés. Désormais, pour obtenir la licence de fabrication, le fournisseur doit remplir des conditions draconiennes : pas de grèves, une qualité irréprochable et des coûts de production si bas qu’il ne peut verser à ses ouvriers que des salaires de misère. Et pour maintenir la pression, la licence est révisée chaque mois. Un truc déjà utilisé par la concurrence. Depuis le début de cette politique, la branche n’a jamais été aussi prospère. »

Espérandieu baissa les yeux. Il regarda son T-shirt sur lequel était inscrit : « JE SUIS À CÔTÉ D’UN CON », avec une flèche dirigée vers la gauche.

« Un autre exemple ? En 1996, la branche pharmacie du groupe a racheté la firme américaine qui avait mis au point l’éflornithine, le seul médicament connu contre la trypanosomiase africaine, plus connue sous le nom de maladie du sommeil. Laquelle touche aujourd’hui 450 000 personnes en Afrique et conduit sans traitement à une encéphalite, au coma et à la mort. Le groupe Lombard a aussitôt abandonné la fabrication de ce médicament. Motif ? Pas assez rentable. Certes, cette maladie concerne des centaines de milliers de personnes — mais qui sont sans véritable pouvoir d’achat. Et lorsque, à cause de l’urgence humanitaire, des pays comme le Brésil, l’Afrique du Sud ou la Thaïlande ont décidé de fabriquer par eux-mêmes des traitements contre le sida ou la méningite en passant outre les brevets détenus par les grandes compagnies pharmaceutiques, Lombard s’est associé à ces mêmes compagnies pour attaquer ces pays devant l’Organisation mondiale du commerce. À cette époque, le vieux Lombard était déjà mourant : c’était Éric qui, à vingt-quatre ans, avait pris les rênes du groupe. Alors, est-ce que tu commences à voir notre bel aventurier et chéri des médias d’un autre œil ? »

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