Fortuné du - Double-Blanc

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– Bon! mais vous viendrez nous voir et je vous promets que vous ne vous ennuierez pas. Je compte faire de Trégunc le plus gai des châteaux. Nous recevrons beaucoup… Nous chasserons à courre dans la forêt de Clohars… Il y a une garnison de cavalerie à Pontivy… Nous inviterons les officiers… il s’en trouvera peut-être qui ont connu M. de Cornuel… n’a-t-il pas commandé un régiment de dragons?

– Oh! il y a si longtemps de cela qu’on ne se souvient plus de lui dans l’armée, répondit la veuve.

Puis à Hervé:

– Vous offrirai-je une tasse de thé, monsieur le baron?

Elle ne manquait jamais de l’appeler par son titre, à l’imitation de Bernage qui baronisait volontiers son futur gendre, et cette fois, elle appuya sur le mot, comme si elle eût voulu rappeler à Solange que la châtelaine de Scaër ne devait pas mener en province la vie d’une cocotte parisienne.

Hervé saisit l’intention et marqua un bon point à la dame, car il n’était pas disposé à accepter intégralement le programme de Mlle de Bernage et il espérait en restreindre l’exécution.

L’allusion au dolmen de Trévic l’avait d’ailleurs un peu troublé, et il se promettait de ne jamais y conduire sa femme.

Il remercia Mme de Cornuel et il dit à la jeune fille:

– Vous me rassurez, mademoiselle. Je m’imaginais que vous vous accoutumeriez difficilement à la Bretagne et je crains encore un peu que vous ne vous illusionniez sur les charmes d’un séjour prolongé à Trégunc. Moi je m’y plais, parce que j’y ai été élevé, mais vous qui n’avez fait qu’y passer et qui avez toujours habité Paris…

– Pardon!… j’ai été sept ans en nourrice et en sevrage, dans une ferme de la Brie… dix ans à Versailles, au pensionnat de la respectable Mme Verdun… j’en ai maintenant dix-neuf… comptez!

– Mais, depuis deux ans que vous allez dans le monde…

– Dans le monde où on s’ennuie, interrompit Solange. Mon père ne voit que des gens sérieux… deux ou trois bals par hiver… cinq ou six fois au spectacle… à l’Opéra, aux Français, ou à l’Opéra-Comique… les autres théâtres, à ce qu’il paraît, ne sont pas convenables et on ne me les permet pas… quelques visites à des amies de pension qui sont mariées et qui me les rendent, quand elles en ont le temps… et puis, c’est tout… Je serai moins isolée à Trégunc que dans cet hôtel… tenez! nous sommes en plein carnaval… et aujourd’hui, dimanche gras, si vous n’étiez pas venu, je n’aurais vu personne. Quand je pense qu’il y a des femmes qui, depuis deux mois, dansent tous les soirs!…

– Vous aimez le bal tant que cela?

– Ce n’est pas le bal que j’aime, c’est le mouvement, c’est le bruit, c’est l’imprévu. J’aimerais encore mieux la chasse, les chevaux, les expéditions périlleuses. Je voudrais m’embarquer pendant une tempête et faire un peu naufrage.

– Si je vous disais que nous avons les mêmes goûts?

– Vrai?… bien vrai?

– J’étais né pour être marin… j’ai manqué à ma vocation… mais avec vous, j’irais volontiers au bout du monde.

– Oh! alors, je serai la plus heureuse des femmes, s’écria Solange en battant des mains.

– Non… c’est moi qui serai le plus heureux des hommes, dit gaiement Hervé.

– Nous voyagerons tout l’été… en Laponie… en Islande… dans des pays où personne ne va… pas en Suisse, par exemple, à moins que ce ne soit pour faire l’ascension du Mont-Blanc; à l’automne, quand nous serons rentrés, nous forcerons des loups… il doit y avoir des loups dans votre forêt de Clohars… et l’hiver, à Paris, nous irons partout… aux petits théâtres… aux cafés-concerts… au bal de l’Opéra… J’ai tourmenté mon père pour qu’il m’y menât… il n’a jamais voulu. Je me demande pourquoi. Une de mes amies de la pension Verdun y va avec son mari… vous y allez, vous…

– Comment! vous savez…

– Je ne sais rien du tout, mais j’imagine que vous ne vous en privez pas plus que les autres jeunes gens de votre âge.

– Mademoiselle, vous me donnez le courage de faire des aveux. J’y étais cette nuit, au bal de l’Opéra… et je m’y suis ennuyé mortellement.

– Parce que vous êtes blasé sur ce plaisir-là. Moi pas, et je vous réponds que je m’y amuserai quand vous m’y conduirez. En attendant, racontez-moi ce que vous y avez fait.

– Rien. Je m’étonnais de m’y voir et je n’y serais pas resté une demi-heure, si je n’y avais pas rencontré…

– Qui donc?

– Vous ne le devineriez jamais, si je ne vous le disais pas. Un gars de mon pays, un pauvre diable qui gardait les chèvres de ma ferme de Lanriec et qui est venu échouer à Paris, où il meurt de faim. Je ne le reconnaissais pas, mais il m’a reconnu et il m’a abordé. Je lui ai donné de quoi manger et je lui ai promis de le reprendre à mon service, quand nous serons au château.

– Vous avez bien fait.

– J’étais sûr que vous ne me désapprouveriez pas et je suis sûr aussi que vous vous intéresserez à lui, quand vous connaîtrez son histoire. C’est un véritable roman… et un roman d’amour.

– Dites-la moi, je vous en prie.

– Non, mademoiselle. Je veux vous laisser le plaisir de la lui demander quand vous le verrez… et puis, Dieu sait comment elle finira… attendez le dénouement.

En dépit des mines de la gouvernante un peu scandalisée de la tournure que prenait cette causerie entre fiancés, Solange aurait volontiers insisté, mais, à ce moment, entra le valet de pied, apportant sur un plat d’argent une carte de visite. Elle la prit et après y avoir jeté les yeux, elle la passa à Mme de Cornuel, en lui demandant:

– Connaissez-vous ce nom-là?

– «Marquesa de Mazatlan», lut la gouvernante; non… pas du tout.

– Au-dessus du nom, il y a des armes. M. de Scaër les connaît peut-être.

– Des armes timbrées d’une couronne de marquise, répondit Hervé, après avoir regardé. Non, je ne les connais pas.

– Enfin, demanda la gouvernante au valet de pied, que veut cette dame?…

– Elle vient quêter au profit d’une œuvre de charité.

– Quelque intrigante, sans doute.

– Je ne crois pas, madame. Elle attend à la grille dans un coupé très bien attelé et je sais qu’elle a son hôtel avenue de Villiers. Je la vois passer très souvent et je connais son cocher.

– C’est différent, dit Mme de Cornuel qui avait beaucoup de considération pour les gens riches. Il me semble, ma chère Solange, que vous pouvez la recevoir.

– Je ne demande pas mieux, s’écria la jeune fille. Une marquise espagnole, ici…, c’est inattendu et j’adore l’inattendu.

Sur un signe de Mme de Cornuel, le valet de pied sortit à reculons et, dès qu’il eut disparu, Hervé se mit à dire en riant:

– J’ai le pressentiment que cette Espagnole est une affreuse duègne.

– Je l’espère bien, répliqua gaiement Mlle de Bernage. Si elle était jeune et jolie, je ne la recevrais pas volontiers pendant que vous êtes là. Sachez, monsieur, que je suis très jalouse.

– Je ne vous donnerai jamais sujet de l’être, mademoiselle. Je viens de faire mes preuves à l’Opéra… en refusant d’aller souper en mauvaise compagnie avec des amis qui ne se piquent pas de vertu… et je vous jure que je n’ai eu aucun mérite à me priver de ce divertissement, car depuis que j’ai le bonheur de vous connaître, toutes les femmes me semblent laides.

– Prenez garde, dit malicieusement Solange; la marquise est peut-être charmante et, avant que le coq ait chanté trois fois, il pourrait bien vous arriver de changer de sentiment… Mais je vous avertis que, si elle vous plaît, je m’en apercevrais tout de suite.

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