Fortuné du - Double-Blanc

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Il ne se souvenait déjà plus que d’une romanesque aventure de sa jeunesse, et assurément il ne s’en souviendrait pas toujours, car il avait fallu pour la lui rappeler le hasard d’une rencontre et il était très possible que cette rencontre n’eût pas de suites.

Cinq heures sonnaient à l’église Saint-Augustin, lorsque le gentilhomme breton arriva devant la grille monumentale de l’hôtel de Bernage. Elle était ouverte, en prévision de visites attendues, et un valet de pied en livrée se tenait sur le perron.

Hervé le connaissait bien cet hôtel où depuis quelques mois il venait à peu près tous les jours, et cependant, chaque fois qu’il y entrait, il l’admirait comme s’il ne l’avait jamais vu.

C’était un véritable palais et un palais mieux distribué que bien des résidences souveraines et plus artistiquement meublé.

Rien n’y choquait l’œil, quoique tout y fût d’une richesse inouïe.

Pas d’ornements criards, pas de luxe banal. Et un cachet d’originalité jusque dans les plus petits détails.

Le vestibule avait grand air avec son pavé de marbre blanc, traversé par une large bande de tapis de Perse qui recouvrait entièrement les marches de l’escalier éclairé par de grandes torchères en onyx et lambrissé d’immenses glaces.

En suivant dans ce royal escalier le valet de pied qui le conduisait, Hervé pensait aux vieilles dalles de granit qu’il fallait franchir pour monter au premier étage de son manoir de Trégunc, et il savait gré à Mlle de Bernage de ne pas répugner à habiter, après la noce, ce logis breton, aussi incommode que vénérable.

La salle à manger qu’il entrevit en passant ne ressemblait guère à l’immense réfectoire seigneurial où le vieux baron de Scaër ne lui permettait de se mettre à table qu’après avoir entendu, debout, le bénédicité récité par son chapelain.

Elle n’avait que deux fenêtres, cette salle à manger originale, mais deux fenêtres profondes, tout enfeuillées de verdure et de fleurs. Le plafond était à poutrelles de hêtre relevées par des nervures dorées. Les murs étaient tendus de cuir de Cordoue avec des arabesques de couleur. Sur les crédences en style de la Renaissance se dressaient des figures de sirènes, et les chaises en bois sculpté avaient des dossiers surmontés de têtes de femmes dans le goût Henri II.

Et quand Hervé traversa le grand salon, où des panneaux en glaces alternaient avec des tentures de lampas blanc, où des statues de marbre posées sur des socles d’ébène coudoyaient des tableaux de maîtres placés sur des chevalets dorés, où de vastes fauteuils-duchesse entouraient majestueusement la cheminée, Hervé revit par la pensée les sévères boiseries de chêne, les meubles vermoulus et les portraits d’ancêtres de la grande galerie où son père recevait les châtelains des environs.

Il est vrai qu’à Trégunc les ancêtres étaient authentiques, et que M. de Bernage, fils de ses œuvres, n’avait pas d’ancêtres.

Ses petits-enfants en auraient, puisqu’ils descendraient des Scaër, et il n’en demandait pas plus, en attendant mieux.

Pour ses réceptions de cinq heures, Mlle de Bernage s’établissait dans un petit salon qui faisait suite au grand: une merveille d’élégance confortable, ce boudoir, en forme de rotonde, avec des rideaux en satin de Chine et une cheminée habillée et décorée comme une pagode.

Solange s’y tenait, assise sur un canapé-divan, fermé à chaque bout par un accoudoir et chargé de coussins de toutes couleurs.

Assez loin d’elle, debout devant une table en véritable laque, une personne grassouillette surveillait le samovar de cuivre où chauffait l’eau qui allait servir à la confection du thé.

Cette personne, un peu mûre, était de son état dame de compagnie – une profession assez mal définie qu’on peut exercer de plus d’une façon.

Mlle de Bernage, qui, tout enfant, avait perdu sa mère, ne pouvait pas se passer de chaperon depuis qu’elle était entrée dans le monde, et dès sa sortie du pensionnat, où elle était restée jusqu’à dix-sept ans, son père avait placé près d’elle Mme de Cornuel, veuve, disait-il, d’un officier supérieur et suffisamment distinguée de manières et de ton.

M. de Bernage, qui la connaissait de longue date, appréciait fort ses mérites et avait en elle une confiance absolue.

Solange la goûtait moins, mais elle vivait en bonne intelligence avec cette espèce de gouvernante qui ne la gouvernait guère, car elle ne la contredisait jamais et elle parlait fort peu, quoiqu’elle parlât fort bien, quand il lui plaisait de parler.

Solange lisait et elle ne leva pas les yeux lorsque son prétendu écarta la portière du petit salon.

Le valet de pied s’était retiré sans l’annoncer et l’épaisseur des tapis amortissait si bien le bruit des pas que ni la jeune fille ni la veuve ne s’étaient aperçues que M. de Scaër était là, retenant son haleine, afin de ne pas éveiller l’attention de sa fiancée qu’il prenait plaisir à contempler, sans qu’elle s’en doutât.

On juge mieux de la beauté d’une femme quand elle ne sait pas qu’on la regarde, et jamais Solange ne lui avait paru si belle.

Elle était pâle et brune comme la nuit; elle avait de grands yeux noirs et des sourcils arqués, le profil sévère d’une statue grecque, la taille élancée et les formes juvéniles d’une nymphe sculptée par Jean Goujon.

Et sa pose alanguie ajoutait à sa beauté ce charme délicat que les italiens appellent la morbidezza.

Elle tenait un livre, mais ce livre ne paraissait pas l’intéresser beaucoup, car elle venait de le poser sur ses genoux. Évidemment, sa pensée était ailleurs. À quoi songeait-elle? Hervé jugea qu’il était temps de s’annoncer.

Au léger bruit qu’il fit en s’approchant, elle tourna la tête et s’écria en rougissant un peu:

– Ah! vous m’avez fait peur! Est-ce qu’il y a longtemps que vous êtes là?

– Je viens d’arriver, mademoiselle, et je vous admirais…

– Sans m’avertir que vous me regardiez. Ce n’est pas de jeu, cela. Si j’avais su, j’aurais pris des attitudes. Je suis sûre que vous m’avez trouvée laide.

Et sans laisser à Hervé le temps de protester, Solange reprit gaiement:

– Pour vous punir, je devrais vous cacher que vous m’avez surprise rêvant manoirs à tourelles, landes fleuries, pierres druidiques et autres curiosités bretonnes.

– Quoi! mademoiselle, dit Hervé, vous pensiez à mon pauvre pays!

– Oui, monsieur, et il me semblait le voir tel que je l’ai vu, l’an dernier, par un ciel pâle qui lui allait à merveille… comme les nuances grises vont aux femmes sentimentales. Et dans le paysage que j’évoquais, vous figuriez en costume de chasse, comme vous étiez le jour où mon père et moi nous vous avons rencontré au bas de l’avenue du château. Vous en souvenez-vous?

– Si je m’en souviens!… Vous aviez une robe bleue à pois blancs.

– Et vous une peau de bique… mais vous la portiez si bien!… j’espère que vous la mettrez pour courir les landes avec moi… Je me ferai faire un costume breton… celui des femmes de Pont-Labbé… c’est le plus joli… et nous nous ferons photographier tous les deux, la main dans la main, au pied de cet énorme dolmen que vous nous avez montré de loin. Vous n’avez pas voulu nous y mener, mais je prétends y aller en pèlerinage dès que nous serons installés à Trégunc. Nous y conduirons Mme de Cornuel, ajouta malicieusement Solange en regardant la dame de compagnie. Je suis sûre qu’elle raffole des monuments druidiques.

– À mon âge, ma chère enfant, répondit en souriant la gouvernante, on ne raffole plus de rien. Quand vous serez mariée, vous irez fort bien sans moi visiter les curiosités bretonnes. Je crois même que je vous gênerais pour les admirer, et votre père sait bien que je n’ai pas le projet de quitter Paris.

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