Fortuné du - Double-Blanc

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Hervé de Scaër, tout gentilhomme qu’il était, aurait fait œuvre d’honnête homme en avertissant la police, mais il n’y songeait guère. Il ne pensait qu’à expliquer cette aventure bizarre. Il supposait que le monsieur volé avait choisi le bal de l’Opéra pour y rencontrer l’homme qui lui avait demandé un rendez-vous. Un filou était survenu, l’avait dévalisé sans le connaître et s’était débarrassé de l’agenda avec d’autant moins de regrets qu’à la dimension et au poids de cet agenda, il avait jugé qu’il n’y trouverait ni or, ni billets de banque.

Il est vrai que, plus tard, il avait essayé de le reprendre de force en cherchant à attaquer Hervé sur la place Vendôme.

Et Hervé se demanda tout à coup si ce voleur n’était pas justement l’auteur de la lettre qui, rencontrant l’autre au bal de l’Opéra, où il était venu, lui, affublé d’une fausse barbe, avait trouvé joli de fouiller dans la poche de ce monsieur où il comptait pêcher la traite de trois cent mille francs, ce qui l’aurait dispensé de rendre en échange la pièce qui mettait le capitaliste à sa merci. Mais le volé avait crié: Au voleur! et le voleur, serré de près, avait pris ses précautions pour que, si on l’arrêtait, on ne saisît sur lui aucune preuve du vol.

Et il s’ensuivait que, maintenant, Hervé possédait en partie un secret qui assurément l’intéressait moins que le sort mystérieux d’Héva Nesbitt, mais qui ne laissait pas de le préoccuper.

L’inconnu a toujours de l’attrait pour un jeune homme qui a l’imagination vive, et ce Breton se promettait bien de découvrir ce que signifiaient les hiéroglyphes de l’agenda: chiffres, plans et dessins. Il en était déjà à se figurer qu’ils indiquaient des places où on avait enfoui des trésors très probablement mal acquis, car tout cela sentait le crime et la lettre donnait un corps à ce soupçon.

Cette date du 24 octobre 1860, rappelée comme une menace, devait être celle d’un meurtre ou tout au moins d’un vol. Et l’allusion aux dix ans qui allaient expirer avant la fin de 1870 était assez claire. Aux termes du Code, l’action criminelle se prescrit par dix ans. L’heure de la prescription approchait et le chanteur n’avait plus que huit mois pour exploiter le coupable qui n’aurait plus rien à redouter quand le temps fixé par la loi serait écoulé.

Le premier mouvement est toujours le bon et c’est pour cela qu’il n’y faut pas céder, disait Talleyrand. Hervé finit par suivre le conseil de ce diplomate célèbre. Il se dit d’abord qu’il devait laisser à la justice le soin d’éclaircir cette affaire, qui avait changé de face. Il ne s’agissait plus d’un vulgaire vol à la tire, et maintenant Hervé pouvait bien prendre la peine de déposer au parquet ou à la préfecture de police le carnet suspect et la lettre accusatrice.

Mais il ne tarda guère à envisager les désagréments que lui attirerait cette démarche. Il arriverait de deux choses l’une: ou on ne prendrait pas au sérieux les suppositions qu’il échafaudait, et dans ce cas il se serait donné une peine inutile; ou, au contraire, on ouvrirait une instruction, et alors on commencerait par lui demander des explications. Il serait obligé de parler d’Alain Kernoul et de dire pourquoi il l’avait mené à la buvette. On le confronterait avec le gars aux biques. On s’informerait de ses antécédents; on surveillerait sa conduite présente. Les magistrats ne se gênent pas pour appeler un témoin. Et une fois pris dans l’engrenage judiciaire, Hervé n’aurait plus de loisirs. Déplaisante perspective pour un fiancé, et plus déplaisante encore pour un homme hanté par le souvenir d’une ancienne passion.

Tandis que s’il gardait pour lui seul l’espèce de secret que le hasard lui avait livré, il resterait le maître d’en user comme il voudrait, sans déranger son existence.

Toutes réflexions faites, il prit le parti de ne parler de sa trouvaille à personne, pas même à Alain qui n’aurait pu lui être d’aucune utilité, car le gars n’était pas assez Parisien pour l’aider à découvrir les rues auxquelles se rapportaient les indications écrites sur le carnet, et il ne savait probablement pas ce que c’était que le chantage.

Une fois résolu à se taire et à faire son enquête tout seul, Hervé se sentit soulagé. Il avait en horreur l’indécision et pour qu’il eût délibéré si longtemps, il fallait que le cas fût particulièrement épineux. Maintenant que son dessein était arrêté dans sa tête, il n’avait plus qu’à l’exécuter et il n’était pas homme à en changer. La persévérance est une vertu bretonne.

Il ne lui restait plus qu’à prendre un repos bien gagné, car il était à l’âge où le sommeil ne perd jamais ses droits et il avait bonne envie de dormir.

Il serra précieusement dans son secrétaire l’agenda mystérieux et l’épître du domino blanc, – ses armes pour entrer en campagne. Puis, cela fait, il acheva de se déshabiller, non sans inspecter les poches de ses autres vêtements, à seule fin de s’assurer qu’on n’y avait rien fourré à son insu.

Il en était venu à se prendre pour une boîte aux lettres et il y avait bien de quoi, après ce qui lui était arrivé au bal de l’Opéra.

Mais il ne trouva que les louis qu’il avait emportés et il se mit au lit en songeant à l’emploi de sa journée du lendemain: une réponse à écrire et à adresser, poste restante, aux initiales indiquées par la blonde inconnue, et une visite à faire boulevard Malesherbes, à M. de Bernage et à sa fille. Il y allait régulièrement prendre le thé à cinq heures et assez souvent on le retenait à dîner. Le matin, il déjeunait au restaurant, presque toujours avec Ernest Pibrac, après quoi il s’établissait au cercle, à moins que le temps ne permît la promenade au bois de Boulogne.

C’était, dans toute la force du terme, la vie désœuvrée, et cette vie-là laisse beaucoup de place à l’imprévu.

Le dernier des Scaër n’en avait pas fini avec les incidents inattendus.

Il s’endormit pourtant comme si rien n’eût menacé sa tranquillité et il ne fit pas de mauvais rêves.

Il revit en songe la fée du dolmen et même Héva Nesbitt, mais il revit aussi Solange de Bernage, radieuse de beauté, qui souriait en lui montrant du doigt le vieux manoir de Trégunc, et les fantômes du passé s’évanouirent.

II. On peut, sans être très vieux, se rappeler les promenades du bœuf gras…

On peut, sans être très vieux, se rappeler les promenades du bœuf gras.

Celle du carnaval de 1870 fut la dernière et, favorisée par un temps superbe, elle charma les Parisiens, les mêmes qui, quatre mois plus tard, criaient: à Berlin! et qui, au commencement de l’année suivante, mangeaient du cheval sous le feu des canons prussiens.

L’après-midi du Dimanche gras, vers quatre heures, la foule inondait les boulevards.

On attendait le cortège.

Il y avait des curieux à toutes les fenêtres et des sonneurs de trompe à toutes les encoignures occupées par des cabarets. Aux fanfares des cuivres répondaient les mugissements des cornets à bouquin. C’était à se boucher les oreilles et les gens paisibles avaient beaucoup de peine à se tirer de cette cohue.

Vu d’en haut, le tableau était amusant.

Hervé, qui était venu très tard déjeuner chez Tortoni, dans le salon du premier étage, s’était accoudé, pour fumer son cigare, à une fenêtre où se pressaient d’autres habitués du célèbre café qui fait l’angle de la rue Taitbout.

Pibrac y avait déjeuné aussi, quoi qu’il se fût abominablement grisé au Grand-Quinze, mais il ne paraissait pas encore très bien remis des excès de ce souper auquel son ami Scaër avait refusé de prendre part, et il parlait fort peu, contre son habitude.

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