Pancol,Katherine - La valse lente des tortues

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Elle attendit longtemps, puis elle se redressa, s’appuya sur les mains, les genoux, se releva. Happa l’air. Aspira profondément. Constata que du sang coulait de sa bouche, de sa main gauche. Buta contre le colis resté à terre. Le ramassa. Le dessus du paquet était lacéré. Sa première pensée fut : Antoine m’a sauvée. Si je n’avais pas porté ce colis sur mon cœur, ce colis contenant les restes de mon mari, la chaussure de jogging à la semelle épaisse, je serais morte. Elle songea au rôle protecteur des reliques au Moyen Âge. On gardait sur soi, enfermés dans un médaillon ou une bourse en cuir, un bout de robe de sainte Agnès, une lamelle de semelle de saint Benoît et on était protégé. Elle posa ses lèvres sur le papier d’emballage et remercia saint Antoine.

Elle palpa son ventre, sa poitrine, son cou. Elle n’avait pas été blessée. Soudain, elle sentit une douleur cuisante dans la main gauche : il lui avait entaillé le dessus de la main qui saignait abondamment.

Elle avait si peur que ses jambes se dérobaient. Elle alla se réfugier derrière un gros arbre qui la dissimulait et, appuyée contre l’écorce humide et rêche, tenta de reprendre son souffle. Sa première pensée fut pour Zoé. Surtout ne rien lui dire, ne rien lui dire. Elle ne supporterait pas de savoir sa mère en danger. C’est un hasard, ce n’est pas moi qui étais visée, c’est un fou, ce n’est pas moi qu’il voulait tuer, ce n’est pas moi, c’est un fou, qui pourrait m’en vouloir au point de me tuer, ce n’est pas moi, c’est un fou. Les mots se heurtaient dans sa tête. Elle appuya sur ses genoux, vérifia qu’elle tenait debout et se dirigea vers la grande porte en bois verni qui marquait l’entrée de son immeuble.

Sur la table de l’entrée, Zoé avait laissé un mot : « Maman chérie, je suis à la cave avec Paul, un voisin. Je crois bien que je me suis fait un copain. »

Joséphine alla dans sa chambre et referma la porte. À bout de souffle. Elle enleva son manteau, le jeta sur le lit, ôta son pull, sa jupe, découvrit une traînée de sang sur la manche du manteau, deux longues déchirures verticales sur le pan gauche, le roula en boule, alla chercher un grand sac-poubelle, y enfouit tous ses vêtements et jeta le sac au fond de sa penderie. Elle s’en débarrasserait plus tard. Elle inspecta ses bras, ses jambes, ses cuisses. Il n’y avait aucune trace de blessure. Elle alla prendre une douche. En passant devant la grande glace fixée au-dessus du lavabo, elle porta la main à son front et s’aperçut dans le miroir. Livide. En sueur. Les yeux hagards. Elle toucha ses cheveux, chercha son chapeau. Elle l’avait perdu. Il avait dû rouler à terre. Elle fut submergée par les larmes. Devait-elle aller le rechercher afin de faire disparaître tout indice qui permettrait de l’identifier ? Elle ne s’en sentit pas le courage.

Il l’avait frappée. En pleine poitrine. Avec un couteau. Une lame fine. J’aurais pu mourir. Elle avait lu dans un journal qu’il y avait une quarantaine de serial killers en liberté en Europe. Elle s’était demandé combien il y en avait en France. Pourtant, les mots orduriers qu’il avait prononcés semblaient démontrer qu’il avait un compte à régler. « Tu la ramèneras plus, tu prendras plus tes grands airs de pétasse, tu vas la fermer, connasse, tu vas la fermer ! » Ils résonnaient, lancinants. Il a dû me prendre pour une autre. J’ai payé pour quelqu’un d’autre. Il fallait absolument qu’elle se dise ça, sinon la vie deviendrait impossible. Il lui faudrait se méfier de tout le monde. Elle aurait peur tout le temps.

Elle prit une douche, se lava les cheveux, les sécha, enfila un tee-shirt, un jean, se maquilla pour dissimuler d’éventuelles marques, mit un soupçon de rouge à lèvres, s’examina dans la glace en se forçant à sourire. Il ne s’est rien passé, Zoé ne doit rien savoir, prendre l’air gai, faire comme si de rien n’était. Elle ne pourrait en parler à personne. Obligée de vivre avec ce secret. Ou le dire à Shirley. Je peux tout dire à Shirley. Cette pensée la rasséréna. Elle souffla bruyamment, expulsant la tension, l’angoisse qui lui écrasait la poitrine. Avaler une dose d’arnica pour ne pas avoir de bleus. Dans l’armoire à pharmacie, elle prit un petit tube, le déboucha, versa la dose sous la langue, la laissa fondre. Peut-être alerter la police ? Les prévenir qu’un meurtrier rôdait ? Oui mais… Zoé le saurait. Ne rien dire à Zoé. Elle ouvrit la trappe de la baignoire, y cacha le colis d’Antoine.

Personne n’irait fouiller là.

Dans le salon, elle se servit un grand verre de whisky et partit rejoindre Zoé à la cave.

— Maman, je te présente Paul…

Un garçon de l’âge de Zoé, maigre comme un héron, une huppe de cheveux blonds crêpelés, le torse moulé dans un tee-shirt noir, s’inclina devant Joséphine. Zoé guettait le regard approbateur de sa mère.

— Bonjour, Paul. Tu habites dans l’immeuble ? demanda Joséphine d’une voix blanche.

— Au troisième. Je m’appelle Merson. Paul Merson. J’ai un an de plus que Zoé.

Il semblait important, à ses yeux, de préciser qu’il était plus âgé que cette gamine qui le contemplait, les yeux mangés de dévotion.

— Et vous vous êtes rencontrés comment ?

Elle faisait un effort pour parler comme si elle n’entendait pas les coups secs et hachés de son cœur.

— J’ai entendu du bruit dans la cave, ça faisait boum-boum, je suis descendue et j’ai trouvé Paul qui jouait de la batterie. Regarde, maman, il a aménagé sa cave en studio de musique.

Zoé invita sa mère à jeter un œil dans le studio de Paul. Il avait installé une batterie acoustique, une grosse caisse, une caisse claire, trois toms, un Charleston et deux cymbales. Un tabouret à vis noir complétait l’ensemble et des baguettes reposaient sur la caisse claire. Sur une chaise, étaient rangées des partitions. Une ampoule se balançait au plafond, dispersant une lumière hésitante.

— Très bien, commenta Joséphine en se retenant pour ne pas éternuer, la poussière lui chatouillait les narines. Très beau matériel. Du vrai professionnel.

Elle disait n’importe quoi. Elle n’y connaissait rien.

— Normal. C’est une Tama Swingstar. Je l’ai eue pour Noël dernier et à Noël prochain, je vais avoir une Ride Giantbeat de chez Paiste.

Elle l’écoutait, impressionnée par la précision de ses réponses.

— Et la cave, tu l’as insonorisée ?

— Ben oui… Faut bien parce que ça fait du boucan quand je joue. Je répète ici et je vais jouer chez un copain qui a une maison à Colombes. Chez lui, on peut jouer sans gêner personne. Ici, les gens y râlent… Surtout le type d’à côté.

Il montra du menton la cave jouxtant la sienne.

— Peut-être que tu n’as pas assez insonorisé…, suggéra Zoé en regardant les murs de la cave recouverts d’un épais isolant blanc.

— Faut pas exagérer ! C’est une cave. On vit pas dans sa cave. Papa dit qu’il a fait le maximum, mais que ce mec est un râleur professionnel. Jamais content. D’ailleurs, à chaque réunion de copropriétaires, il s’engueule avec quelqu’un.

— Il a peut-être de bonnes raisons…

— Papa dit que non. Que c’est un emmerdeur. Il s’énerve pour un oui, pour un non. Si une voiture est garée sur un passage piéton, il devient hystérique ! Nous, on le connaît bien, ça fait dix ans qu’on habite ici, alors vous savez…

Il dodelina de la tête comme un adulte à qui on ne la fait pas. Il était plus grand que Zoé, mais il restait encore des traces d’enfance sur son visage et ses épaules étroites n’avaient pas encore pris l’ampleur de celles d’un homme.

— Merde ! le voilà ! aux abris ! murmura Paul.

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