Pancol,Katherine - La valse lente des tortues

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Ses doigts effleurèrent la mèche de cheveux. Mon pauvre Antoine, tu n’étais pas fait pour ce monde-là, mais pour un monde feutré, léger, un monde d’opérette où l’on peut bomber le torse en toute impunité, un monde où tes rodomontades auraient effrayé les crocodiles. Ils n’ont fait qu’une bouchée de toi. Pas seulement les reptiles immergés dans les marécages. Tous les crocodiles de la vie qui ouvrent leurs mâchoires pour nous dévorer. Le monde est rempli de ces sales bêtes.

C’est tout ce qu’il restait d’Antoine Cortès : une boîte en carton qu’elle tenait sur ses genoux. En fait, elle avait toujours tenu son mari sur ses genoux. Elle lui avait donné l’illusion d’être le chef, mais avait toujours été responsable.

— Et pour vous, ma petite dame, ce sera quoi ?

Le garçon, planté devant elle, attendait.

— Un Coca light, s’il vous plaît.

Le garçon repartit d’un pas élastique. Il fallait qu’elle fasse de l’exercice. Elle s’empâtait. Elle avait choisi cet appartement pour aller courir dans les allées du bois de Boulogne. Elle se redressa, rentra le ventre et se promit de rester droite pendant de longues minutes afin de se muscler.

Des passants flânaient sur le trottoir. D’autres les dépassaient en les bousculant. Ils ne s’excusaient pas. Un couple de jeunes marchait, enlacés. Le garçon avait passé son bras sur l’épaule de la fille qui tenait des livres contre sa poitrine. Il lui murmurait quelque chose à l’oreille et elle l’écoutait.

Quel va être le sujet de mon prochain roman ? Le situer aujourd’hui ou dans mon cher XII e siècle ? Lui, au moins, je le connais. Je connais la sensibilité de cette époque, les codes amoureux, les règles de la vie en société. Qu’est-ce que je sais de la vie d’aujourd’hui ? Pas grand-chose. J’apprends, en ce moment. J’apprends les rapports avec les autres, les rapports avec l’argent, j’apprends tout. Hortense en sait plus que moi. Zoé est encore une enfant même si elle change à vue d’œil. Elle rêve de ressembler à sa sœur. Moi aussi, quand j’étais enfant, ma sœur était mon modèle.

J’idolâtrais Iris. Elle était mon maître à penser. Aujourd’hui, elle dérive dans la pénombre d’une chambre de clinique. Ses grands yeux bleus abritent un regard devenu désert. Elle m’effleure d’un œil tandis que l’autre s’échappe dans un vague ennui. Elle m’écoute à peine. Une fois, alors que je l’engageais à faire un effort avec le personnel, si attentionné envers elle, elle m’a répondu : « Comment veux-tu que j’arrive à vivre avec les autres quand je n’arrive pas à vivre avec moi-même ? » – et sa main était retombée, inerte, sur la couverture.

Philippe venait la voir. Il payait les notes des médecins, il payait la note de la clinique, il payait le loyer de leur appartement à Paris, il payait le salaire de Carmen. Chaque jour, Carmen, duègne fidèle et entêtée, faisait des bouquets pour Iris qu’elle lui apportait après une heure et demie de transports en commun et deux changements d’autobus. Iris, incommodée par l’odeur des fleurs, les renvoyait et elles fanaient devant sa porte. Carmen achetait des petits gâteaux au thé chez Mariage Frères, installait la couverture en cachemire rose sur le lit blanc, disposait un livre à portée de main, vaporisait un parfum d’intérieur léger et attendait. Iris dormait. Carmen repartait vers dix-huit heures sur la pointe des pieds. Elle revenait le lendemain, chargée de nouvelles offrandes. Joséphine souffrait du dévouement silencieux de Carmen et du silence d’Iris.

— Fais-lui un signe, dis-lui quelques mots… Elle vient chaque jour et tu ne la regardes pas. Ce n’est pas gentil.

— Je n’ai pas à être gentille, Joséphine, je suis malade. Et puis elle me fatigue avec son amour. Laisse-moi tranquille !

Quand elle n’était pas désabusée, quand elle reprenait un peu de vie et de couleurs, elle pouvait se montrer très méchante. La dernière fois que Joséphine était allée lui rendre visite, le ton, au début neutre, anodin, était monté très vite.

— Je n’ai eu qu’un seul talent, avait déclaré Iris en se contemplant dans un petit miroir de poche qui se trouvait en permanence sur sa table de chevet, j’ai été jolie. Très jolie. Et même ça, c’est en train de m’échapper ! Tu as vu cette ride, là ? Elle n’existait pas hier soir. Et demain, il y en aura une autre et une autre et une autre…

Elle avait reposé le miroir en le faisant claquer sur le dessus de la table en Formica et avait lissé ses cheveux noirs coupés en un carré net et court. Une coiffure qui la rajeunissait de dix ans.

— J’ai quarante-sept ans et j’ai tout raté. Ma vie de femme, ma vie de mère, ma vie tout court… Et tu voudrais que j’aie envie de me réveiller ? Pour quoi faire ? Je préfère dormir.

— Mais Alexandre ? avait soufflé Joséphine, sans croire elle-même à l’argument qu’elle avançait.

— Ne te fais pas plus bête que tu ne l’es, Jo, tu sais très bien que je n’ai jamais été une mère pour lui. J’ai été une apparition, une connaissance, je ne pourrais même pas dire une copine : je m’ennuyais en sa compagnie et je le soupçonne aussi de s’être ennuyé avec moi. Il est plus proche de toi, sa tante, que de moi, sa mère, alors…

La question qui brûlait les lèvres de Joséphine et qu’elle n’osait pas poser concernait Philippe. Tu n’as pas peur qu’il refasse sa vie avec une autre ? Tu n’as pas peur de te retrouver toute seule ? Cela aurait été trop brutal.

— Essaie alors de devenir un être humain bien…, avait-elle conclu. Il n’est jamais trop tard pour devenir quelqu’un de bien.

— Qu’est-ce que tu peux être chiante, Joséphine ! On dirait une bonne sœur égarée dans un bordel qui essaie de sauver les âmes perdues ! Tu viens jusqu’ici me donner des leçons. La prochaine fois, épargne-toi le déplacement et reste chez toi. Il paraît que tu as déménagé ? Dans un bel appartement, dans un beau quartier. C’est notre chère mère qui me l’a appris. Entre parenthèses, elle meurt d’envie d’aller te rendre visite, mais refuse de t’appeler la première.

Elle avait eu un faible sourire, un sourire méprisant. Ses grands yeux bleus, qui prenaient toute la place dans son visage depuis qu’elle était malade, s’étaient assombris d’une humeur jalouse, méchante.

— Tu as de l’argent, maintenant. Beaucoup d’argent. Grâce à moi. C’est moi qui ai fait le succès de ton livre, ne l’oublie jamais. Sans moi, tu aurais été incapable de trouver un éditeur, incapable de répondre à un journaliste, de te mettre en scène, de te faire scalper en direct pour attirer l’attention sur toi ! Alors épargne-moi tes sermons et profite de cet argent. Qu’il serve au moins à l’une de nous deux !

— Tu es injuste, Iris.

Elle s’était redressée. Une mèche de cheveux noirs échappés du carré parfait pendait devant ses yeux. Elle avait crié, pointant son doigt vers Joséphine :

— On avait passé un pacte ! Je te donnais tout l’argent et tu me laissais la gloire ! Moi, j’ai respecté notre marché. Pas toi ! Toi, tu as voulu les deux : l’argent ET la gloire !

— Tu sais très bien que ce n’est pas vrai. Je ne voulais rien du tout, Iris, rien du tout. Je ne voulais pas écrire le livre, je ne voulais pas l’argent du livre, je voulais juste pouvoir élever Hortense et Zoé de manière décente.

— Ose me dire que tu n’as pas télécommandé cette petite peste d’Hortense pour aller me dénoncer en direct à la télévision ! « Ce n’est pas ma tante qui a écrit le livre, c’est ma mère… » Ose le dire ! Ah ! Ça t’a bien arrangée qu’elle vienne tout déballer ! Tu t’es drapée dans ta dignité et tu as tout récupéré, tu as même eu ma peau. Si je suis là, aujourd’hui, dans ce lit à crever à petit feu, c’est de ta faute, Joséphine, de ta faute !

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