Pancol,Katherine - La valse lente des tortues
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Elle poussa la porte en verre et chercha une table libre. Elle en vit une et s’y installa. Personne ne la regardait et elle se sentit soulagée. Peut-être était-elle en train de devenir une vraie Parisienne ? Elle porta la main au chapeau en tricot vert amande qu’elle avait acheté la semaine précédente, songea un instant à l’enlever puis choisit de le garder. Si elle l’enlevait, elle serait décoiffée et n’oserait pas se repeigner. Cela ne se faisait pas de se coiffer en public. C’était un principe de sa mère. Elle sourit. Elle avait beau ne plus voir sa mère, elle la portait toujours en elle. Le chapeau vert amande à soufflets en laine tricotée ressemblait à trois pneus joufflus et se terminait par une galette plate en velours côtelé, piquée d’une petite tige en flanelle rêche comme celle qui termine le classique béret. Elle avait aperçu ce couvre-chef dans la vitrine d’une boutique, rue des Francs-Bourgeois dans le Marais. Elle était entrée, avait demandé le prix et l’avait essayé. Il lui donnait un air fripon de femme désinvolte au nez retroussé. Il ombrait ses yeux marron d’une lueur dorée, gommait ses joues rondes, allégeait sa silhouette. Avec ce chapeau, elle se créait une personnalité. La veille, elle était allée voir le professeur principal de Zoé, madame Berthier, pour parler de la scolarité de sa fille cadette, de son changement d’établissement, de sa faculté d’adaptation. À la fin de l’entretien, madame Berthier avait enfilé son manteau et posé sur sa tête le chapeau vert amande à trois soufflets joufflus.
— J’ai le même, avait dit Joséphine. Je ne l’ai pas mis parce que je n’osais pas.
— Vous devriez ! En plus, il tient chaud et il ne ressemble à rien de ce qu’on voit d’habitude. On le repère de loin !
— Vous l’avez acheté rue des Francs-Bourgeois ?
— Oui. Dans une toute petite boutique.
— Moi aussi. Quelle coïncidence !
Le fait de partager le même couvre-chef les avait plus rapprochées que leur longue conversation au sujet de Zoé. Elles étaient sorties ensemble du collège, et, tout en parlant, avaient pris la même direction.
— Vous venez de Courbevoie, m’a dit Zoé ?
— J’y ai vécu presque quinze ans. J’aimais bien. Même s’il y avait des problèmes…
— Ici, ce ne sont pas les enfants qui posent problème, ce sont les parents !
Joséphine l’avait regardée, étonnée.
— Ils croient tous avoir enfanté un génie et nous reprochent de ne pas détecter le Pythagore ou le Chateaubriand qui dort en eux. Ils les abrutissent de leçons particulières, de cours de piano, de tennis, de vacances à l’étranger dans des collèges huppés et les gamins, épuisés, dorment en classe ou vous répondent comme si vous étiez leur larbin…
— Vraiment ?
— Et quand vous tentez de rappeler aux parents que ce ne sont encore que des enfants, ils vous prennent de haut et vous affirment que les autres peut-être mais le leur, sûrement pas ! Mozart avait sept ans lorsqu’il écrivit sa Petite Musique de nuit – une ritournelle assommante entre nous – et leur progéniture, c’est du Mozart ! Pas plus tard qu’hier, j’ai eu une prise de bec avec un père, un banquier bardé de diplômes et de décorations, qui se plaignait que son fils n’ait que quatorze de moyenne. Tiens ! Il est dans le même groupe que Zoé… Je lui ai fait remarquer que c’était déjà bien, il m’a regardée comme si je l’avais insulté. Son fils ! La chair de sa chair ! Seulement quatorze de moyenne ! J’ai senti le napalm dans son haleine. Vous savez, c’est dangereux d’être prof aujourd’hui et ce n’est pas tant les enfants que je redoute, que les parents !
Elle avait éclaté de rire en donnant une claque sur son chapeau afin que le vent ne l’emporte pas.
Arrivées devant l’immeuble de Joséphine, elles avaient dû se séparer.
— J’habite un peu plus loin, avait dit madame Berthier en montrant une rue sur la gauche. Je veillerai sur Zoé, promis !
Elle avait fait quelques pas puis s’était retournée.
— Et demain, mettez votre chapeau ! Comme ça, on se reconnaîtra, même de loin. On ne peut pas le manquer !
C’est sûr, pensa Joséphine : il se dressait tel un cobra en dehors de son panier ; elle s’attendait à ce que le son d’une flûte résonne et qu’il se mette à onduler. Elle avait ri, avait fait signe que promis, elle sortirait avec son bibi à soufflets dès le lendemain. Elle verrait bien si Luca l’apprécierait.
Ils se voyaient régulièrement depuis un an et se vouvoyaient toujours. Deux mois auparavant, à la rentrée de septembre, ils avaient essayé de se tutoyer, mais c’était trop tard. C’était comme s’ils avaient introduit deux inconnus dans leur intimité. Deux personnes qui se disaient « tu » et qu’ils ne connaissaient pas. Ils avaient repris le vouvoiement qui, s’il surprenait, leur convenait tout à fait. Leur manière de vivre à deux leur convenait aussi : chacun chez soi, une indépendance pointilleuse. Luca écrivait un ouvrage d’érudition pour un éditeur universitaire : une histoire des larmes du Moyen Âge à nos jours. Il passait la plupart de son temps en bibliothèque. À trente-neuf ans, il vivait comme un étudiant, habitait un studio à Asnières, une bouteille de Coca et un morceau de pâté se morfondaient dans son frigo, il ne possédait ni voiture ni télévision et portait, quel que soit le temps, un duffle-coat bleu marine qui lui servait de seconde maison. Il transportait dans ses larges poches tout ce dont il avait besoin dans la journée. Il avait un frère jumeau, Vittorio, qui le tourmentait. Joséphine n’avait qu’à observer la ride entre ses yeux pour savoir si les nouvelles du frère étaient bonnes ou mauvaises. Quand le sillon se creusait, l’orage s’annonçait. Elle ne posait pas de questions. Ces jours-là, Luca restait muet, sombre. Il prenait sa main, la plaçait dans sa poche de duffle-coat avec les clés, les stylos, les carnets, les bonbons pour la gorge, les tickets de métro, le portable, les paquets de Kleenex, le portefeuille en vieux cuir rouge. Elle avait appris à reconnaître chaque objet du bout des doigts. Elle parvenait même à identifier la marque des sachets de bonbons. Ils se voyaient le soir, quand Zoé dormait chez une amie ou en fin de semaine, quand elle partait rejoindre son cousin Alexandre à Londres.
Un vendredi sur deux, Joséphine conduisait Zoé à la gare du Nord. Philippe et Alexandre, son fils, venaient la chercher à Saint Pancras. Philippe avait offert à Zoé un abonnement sur l’Eurostar et Zoé partait, impatiente de retrouver sa chambre dans l’appartement de son oncle à Notting Hill.
— Parce que tu as ta propre chambre là-bas ? s’était exclamée Joséphine.
— J’ai même une penderie avec plein de vêtements pour pas que je trimbale de valise ! Il pense à tout, il est trop bien, Philippe, comme tonton !
Joséphine reconnaissait dans cette attention la délicatesse et la générosité de son beau-frère. Chaque fois qu’elle avait un problème, qu’elle hésitait devant une décision à prendre, elle appelait Philippe.
Il répondait toujours je suis là, Jo, tu peux tout me demander, tu le sais bien. Elle entendait son ton bienveillant, elle était aussitôt rassurée. Elle se serait bien attardée dans la chaleur de cette voix, dans la tendresse qu’elle devinait derrière le léger changement d’intonation qui suivait son « Allô, Philippe, c’est Jo », mais un avertissement montait en elle attention, danger ! C’est le mari de ta sœur ! Garde tes distances, Joséphine !
Antoine, son mari, le père de ses deux filles, était mort six mois auparavant. Au Kenya. Il y dirigeait un élevage de crocodiles pour le compte d’un homme d’affaires chinois, monsieur Wei, avec lequel il s’était associé. Ses affaires périclitaient, il s’était mis à boire, avait entamé un étrange dialogue avec les reptiles qui le narguaient en refusant de se reproduire, déchiquetaient leurs grillages de protection, et dévoraient les employés. Il passait ses nuits à déchiffrer les yeux jaunes des crocodiles qui flottaient sur les étangs. Il voulait leur parler, s’en faire des amis. Une nuit, il s’était immergé dans l’eau et avait été happé par l’un d’eux. C’est Mylène qui lui avait raconté la fin tragique d’Antoine. Mylène, la maîtresse d’Antoine, celle qu’il avait choisie pour l’accompagner dans son aventure au Kenya. Celle pour qui il l’avait quittée. Non ! Il ne m’a pas quittée pour elle, il m’a quittée parce qu’il n’en pouvait plus de ne pas avoir de travail, de traîner toute la journée, de dépendre de mon salaire pour vivre. Mylène a été un prétexte. Un échafaudage pour se reconstruire.
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