Pancol,Katherine - La valse lente des tortues

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— Iris… Je t’en prie…

— Et ça te suffit pas ? Tu viens me narguer ! Qu’est-ce qu’il te faut encore ? Mon mari ? Mon fils ? Mais prends-les, Joséphine, prends-les !

— Tu ne peux pas penser ce que tu dis. C’est impossible. On s’est tellement aimées toutes les deux, en tout cas, moi, je t’ai aimée et je t’aime encore.

— Tu me dégoûtes, Jo. J’ai été ta plus fidèle alliée. J’ai toujours été là, toujours payé pour toi, toujours veillé sur toi. La seule fois où je te demande de faire quelque chose pour moi, tu me trahis. Parce que tu t’es bien vengée ! Tu m’as déshonorée ! Pourquoi crois-tu que je reste enfermée dans cette clinique à somnoler, abrutie de somnifères ? Parce que je n’ai pas le choix ! Si je sors, tout le monde me montrera du doigt. Je préfère crever ici. Et ce jour-là, tu auras ma mort sur la conscience et on verra bien comment tu feras pour vivre. Parce que je te lâcherai pas ! Je viendrai te tirer par les pieds la nuit, tes petits pieds chauds enlacés aux grands pieds froids de mon mari que tu guignes en secret. Tu crois que je le sais pas ? Tu crois que j’entends pas les trémolos dans sa voix quand il parle de toi ? Je ne suis pas totalement abrutie. J’entends son attirance. Je t’empêcherai de dormir, je t’empêcherai de tremper tes lèvres dans les coupes de champagne qu’il te tendra et, quand il posera ses lèvres sur ton épaule, je te mordrai, Joséphine !

Ses bras décharnés dépassaient de sa robe de chambre, ses mâchoires crispées roulaient deux petites boules dures sous la peau, ses yeux brûlaient de la haine la plus féroce que jamais femme jalouse jeta sur une rivale. Ce fut cette jalousie, cette haine de fauve qui glaça Joséphine. Elle murmura, comme si elle se faisait un aveu à elle-même :

— Mais tu me hais, Iris…

— Enfin, tu comprends ! Enfin, on ne va plus être obligées de jouer la comédie des sœurs qui s’aiment !

Elle criait en secouant violemment la tête. Puis baissant la voix, ses yeux brûlants plantés dans ceux de sa sœur, elle lui fit signe de partir.

— Va-t’en !

— Mais Iris…

— Je ne veux plus te voir. Pas la peine de revenir ! Bon débarras !

Elle appuya sur la sonnette pour appeler l’infirmière et se laissa tomber sur ses oreillers, les mains plaquées sur les oreilles, sourde à toute tentative de Joséphine pour relancer le dialogue et faire la paix.

C’était trois semaines auparavant.

Elle n’en avait parlé à personne. Ni à Luca, ni à Zoé, ni à Hortense, ni même à Shirley qui n’avait jamais aimé Iris. Joséphine n’avait pas besoin qu’on fasse le procès de sa sœur dont elle connaissait les qualités et les défauts.

Elle m’en veut, elle m’en veut d’avoir pris la première place, celle qui lui revenait de droit. Ce n’est pas moi qui ai poussé Hortense à tout révéler au grand jour, ce n’est pas moi qui ai rompu le contrat. Mais comment faire accepter la vérité à Iris ? Elle était trop meurtrie pour l’entendre. Elle accusait Joséphine d’avoir détruit sa vie. Il est plus facile d’accuser les autres que de se remettre en cause. C’est Iris qui avait eu l’idée de faire écrire un roman à Joséphine qu’elle signerait, elle qui l’avait appâtée en lui donnant tout l’argent du livre – elle avait tout manigancé. Joséphine s’était laissé manœuvrer. Elle était faible face à sa sœur. Mais où réside précisément la limite entre la faiblesse et la lâcheté ? La faiblesse et la duplicité ? N’avait-elle pas été heureuse quand Hortense avait déclaré à la télévision que le vrai auteur d’ Une si humble reine était sa mère et non sa tante ? J’ai été bouleversée, c’est vrai, mais plus par la démarche d’Hortense qui, à sa façon, me disait qu’elle m’aimait, qu’elle m’estimait que par le fait d’être réhabilitée en tant qu’écrivain. Je me fiche de ce roman. Je me fiche de cet argent. Je me fiche de ce succès. Je voudrais que tout redevienne comme avant. Qu’Iris m’aime, qu’on parte en vacances toutes les deux, qu’elle soit la plus jolie, la plus brillante, la plus élégante, je voudrais qu’on s’écrie en chœur « Cric et Croc croquèrent le Grand Cruc qui croyait les croquer », comme quand on était petites. Je voudrais redevenir celle qui compte pour du beurre. Je ne suis pas à l’aise dans mes nouveaux habits de femme qui réussit.

C’est alors qu’elle aperçut son reflet dans la glace du café.

D’abord, elle ne se reconnut pas.

C’était Joséphine Cortès, cette femme-là ?

Cette femme élégante, dans ce beau manteau beige à larges revers de velours brun glacé ? Cette belle femme aux cheveux de castor brillants, à la bouche bien dessinée, aux yeux remplis d’une lumière étonnée ? C’était elle ? Le chapeau à soufflets joufflus crânait et signait la nouvelle Joséphine. Elle lança un regard à cette parfaite étrangère. Enchantée de faire votre connaissance. Que vous êtes jolie ! Que vous semblez belle et libre ! Je voudrais tellement vous ressembler, je veux dire, être à l’intérieur aussi belle et lumineuse que le reflet qui danse sur la glace. Là, à vous regarder, j’ai l’impression étrange d’être double : vous et moi. Et pourtant nous ne faisons qu’une.

Elle regarda le verre de Coca posé devant elle. Elle n’y avait pas touché. Les glaçons avaient fondu formant une buée sur les parois du verre. Elle hésita à y imprimer la marque de ses doigts. Pourquoi ai-je commandé un Coca ? Je déteste le Coca. Je déteste les bulles qui remontent dans le nez en mille fourmis rouges. Je ne sais jamais quoi commander dans un café, alors je dis Coca comme tout le monde ou café. Coca, café, Coca, café.

Elle leva la tête vers l’horloge de la brasserie : sept heures et demie ! Luca n’était pas venu. Elle sortit son portable de son sac, composa son numéro, tomba sur son répondeur qui énonçait « Giambelli » en détachant les syllabes et laissa un message. Ils ne se verraient pas ce soir.

Cela valait peut-être mieux. Chaque fois qu’elle revivait cette scène terrible avec sa sœur, elle sentait le désespoir l’envahir et ses forces la déserter. Elle n’avait plus envie de rien. Envie d’aller s’asseoir sur le trottoir et de regarder passer des inconnus, les parfaits étrangers de la rue. Dès qu’on aime quelqu’un, faut-il obligatoirement souffrir ? Est-ce la rançon à payer ? Elle ne savait qu’aimer. Elle ne savait pas se faire aimer. C’était deux choses bien différentes.

— Vous ne buvez pas votre Coca, ma petite dame ? demanda le garçon en faisant rebondir son plateau sur ses cuisses. Il a mauvais goût ? C’est pas un bon cru ? Vous voulez que je vous le change ?

Joséphine sourit faiblement et secoua la tête.

Joséphine décida de ne plus attendre. Elle irait rejoindre Zoé et dînerait avec elle. En partant, elle lui avait laissé un repas froid sur la table de la cuisine, un blanc de poulet avec une salade de haricots verts, un petit-suisse aux fruits, et un mot : « Je suis au cinéma avec Luca, je serai de retour vers vingt-deux heures. Je viendrai te faire un baiser avant que tu t’endormes, je t’aime, ma beauté, mon amour, Maman. » Elle n’aimait pas la laisser seule le soir, mais Luca avait insisté pour la voir. « Il faut que je vous parle, Joséphine, c’est important. » Joséphine fronça les sourcils. Il avait prononcé ces mots-là, elle avait oublié.

Elle composa le numéro de la maison. Annonça à Zoé que finalement, elle rentrait dîner, puis fit signe au garçon de lui apporter la note.

— Elle est sous la soucoupe, ma petite dame. Décidément vous n’avez pas l’air dans votre assiette !

Elle lui laissa un généreux pourboire et sortit.

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