Pancol,Katherine - La valse lente des tortues
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Joséphine n’avait pas eu le courage de dire à Zoé que son père était mort. Elle lui avait expliqué qu’il était parti explorer d’autres parcs à crocodiles en pleine jungle, sans portable, qu’il ne tarderait pas à donner des nouvelles. Zoé hochait la tête et répondait : « Alors maintenant, je n’ai plus que toi, maman, faudrait pas qu’il t’arrive quelque chose », et elle touchait du bois pour éloigner ce malheur. « Mais non, il ne m’arrivera rien, je suis invincible comme la reine Aliénor d’Aquitaine qui a vécu jusqu’à soixante-dix-huit ans sans faiblir ni gémir ! » Zoé réfléchissait un instant et reprenait, pratique : « Mais s’il t’arrivait quelque chose, maman, je ferais quoi ? Je pourrai jamais retrouver papa toute seule, moi ! » Joséphine avait songé à lui envoyer des cartes postales signées « Papa », mais répugnait à devenir faussaire. Un jour ou l’autre, il faudrait bien lui dire la vérité. Ce n’était jamais le bon moment. Et d’ailleurs, y avait-il un moment idéal pour annoncer à une adolescente de treize ans et demi que son père était mort dans la gueule d’un crocodile ? Hortense l’avait appris. Elle avait pleuré, agressé Joséphine, puis avait décrété que c’était mieux comme ça, son père souffrait trop de ne pas réussir sa vie. Hortense n’aimait pas les émotions, elle trouvait que c’était une perte de temps, d’énergie, une complaisance suspecte qui ne menait qu’à l’apitoiement. Elle avait un seul but dans la vie : réussir, et personne, personne ne pourrait l’en détourner. Elle aimait son père, certes, mais elle ne pouvait rien pour lui. Chacun est responsable de son destin, il avait perdu la main, il en avait payé le prix.
Déverser des torrents de larmes sur lui ne l’aurait pas ressuscité.
C’était en juin dernier.
Il semblait à Joséphine qu’une éternité était passée.
Son bac en poche, mention « Très bien », Hortense était partie étudier en Angleterre. Parfois, elle rejoignait Zoé chez Philippe et passait le samedi avec eux mais, la plupart du temps, elle arrivait en coup de vent, embrassait sa petite sœur et repartait aussitôt. Elle s’était inscrite au Saint Martins College à Londres et travaillait d’arrache-pied. « C’est la meilleure école de stylisme du monde, assurait-elle à sa mère. Je sais, ça coûte cher mais on a les moyens, maintenant, non ? Tu verras, tu ne regretteras pas ton investissement. Je vais devenir une styliste mondialement connue. » Hortense n’en doutait pas. Joséphine non plus. Elle faisait toujours confiance à sa fille aînée.
Que d’événements en près d’un an ! En quelques mois, ma vie a été bouleversée. J’étais seule, abandonnée par mon mari, maltraitée par ma mère, poursuivie par mon banquier, assaillie par les dettes, je venais de finir d’écrire un roman pour ma sœur, pour que ma chère sœur, Iris Dupin, signe le livre et puisse briller en société.
Et aujourd’hui…
Aujourd’hui, les droits de mon roman ont été achetés par Scorsese et on parle de Nicole Kidman pour incarner Florine, mon héroïne. On ne compte plus les traductions étrangères et je viens de recevoir mon premier contrat en chinois.
Aujourd’hui, Philippe vit à Londres avec Alexandre. Iris dort dans une clinique de la région parisienne, soignée pour une dépression.
Aujourd’hui, je cherche un sujet pour mon deuxième roman car l’éditeur m’a convaincue d’en écrire un autre. Je cherche, je cherche et je ne trouve pas.
Aujourd’hui, je suis veuve. Le décès d’Antoine a été établi par la police locale, déclaré à l’ambassade de France de Nairobi et reporté au ministère des Affaires étrangères en France. Je suis Joséphine Plissonnier, veuve Cortès. Je peux, sans pleurer, penser à Antoine, à sa mort affreuse.
Aujourd’hui, j’ai refait ma vie : j’attends Luca pour aller au cinéma. Luca aura acheté Pariscope et on choisira ensemble un film. C’est toujours Luca qui choisissait, mais il faisait semblant de lui laisser l’initiative. Elle mettrait sa tête sur son épaule, sa main dans sa poche et elle dirait : « Choisissez, vous. » Il dirait : « D’accord, je choisis, mais vous ne vous plaindrez pas ensuite ! »
Elle ne se plaignait jamais. Elle s’étonnait toujours qu’il prenne du plaisir à être avec elle. Quand elle dormait chez lui, qu’elle le sentait assoupi contre elle, elle s’amusait à fermer les yeux longuement puis à les rouvrir pour découvrir, comme si elle ne l’avait jamais vu, le décor austère de son studio, la lumière blanche qui filtrait à travers les lamelles des stores, les piles de livres entassés à même le sol. Au-dessus de chaque pile, une main distraite avait posé une assiette, un verre, un couvercle de casserole, un journal qui menaçait de glisser. Un appartement de vieux garçon. Elle savourait son état de maîtresse des lieux. C’est chez lui, et c’est moi qui dors dans son lit. Elle se serrait contre lui, embrassait furtivement la main, une main sèche comme un sarment de vigne noir, passée sous sa taille. J’ai un amant. Moi, Joséphine Plissonnier, veuve Cortès, j’ai un amant. Ses oreilles rougirent et elle glissa un regard circulaire dans le café pour vérifier que personne ne l’observait. Pourvu qu’il aime mon chapeau ! S’il fronce le nez, je l’écrase et j’en fais un béret. Ou je le roule dans ma poche et ne le remets plus jamais.
Son regard revint sur le paquet. Elle défit la ficelle grossière et relut l’adresse. MADAME JOSÉPHINE CORTÈS. Ils n’avaient pas eu le temps de divorcer. En auraient-ils eu le courage ? Mari et femme. On ne se marie pas que pour le meilleur, on se marie pour les erreurs, les faiblesses, les mensonges, les dérobades. Elle n’était plus amoureuse d’Antoine, mais il restait son mari, le père d’Hortense et de Zoé.
Elle ôta délicatement le papier, regarda encore une fois les timbres – irait-elle les donner à l’employée de la poste ? –, entrouvrit la boîte à chaussures. Une lettre était posée sur le dessus.
Madame,
Voici ce que nous avons retrouvé d’Antoine Cortès, votre mari, après ce malencontreux accident qui lui coûta la vie. Soyez certaine que nous compatissons tous et que nous gardons un chaleureux souvenir de ce compagnon et collègue toujours prêt à rendre service et à payer une tournée. La vie ne sera plus jamais la même sans lui et sa place au bar restera vide en gage de fidélité.
Ses amis et collègues du Crocodile Café à Monbasa.
Suivaient les signatures, toutes illisibles, d’anciennes connaissances d’Antoine. Même si elle avait pu les déchiffrer, cela ne l’aurait guère avancée : elle n’en connaissait aucune.
Joséphine replia la lettre et écarta le papier journal qui enveloppait les effets d’Antoine. Elle retira une montre de plongée, une belle montre au large cadran noir entouré d’une rosace de chiffres romains et arabes, une chaussure de sport orange taille 39 – il souffrait d’avoir de petits pieds –, une médaille de baptême qui représentait un angelot de profil, posant son menton sur le dos de sa main ; au dos de la médaille était gravé son prénom suivi de sa date de naissance, le 26 mai 1963. Enfin, scotchée sur un morceau de carton jauni, une longue mèche de cheveux châtains accompagnée d’une légende gribouillée à la main : « Cheveux d’Antoine Cortès, homme d’affaires français. » Ce fut cette mèche de cheveux qui bouleversa Joséphine. Le contraste entre ces cheveux fins, soyeux, et l’allure que voulait se donner Antoine. Il n’aimait pas son prénom, il préférait Tonio. Tonio Cortès. Ça avait de l’allure. Une allure de matamore, de grand chasseur de fauves, d’homme qui ne craint rien alors qu’il était habité par la peur de ne pas y arriver, de ne pas être à la hauteur.
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