Alexandre Dumas - ANGE PITOU - Tome II
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Mais il sentit en même temps que c’était fait de lui s’il parlait ; il sentit qu’il mourrait de douleur le jour où Catherine lui annoncerait ce qu’il ne faisait que soupçonner.
Cette appréhension le rendit muet comme un Romain.
Il salua mademoiselle Catherine avec un respect qui perça le cœur de la jeune fille ; il salua madame Billot avec un gracieux sourire, et disparut dans l’épaisseur du bois.
Catherine, malgré elle, fit un bond comme pour le suivre.
La mère Billot dit à sa fille :
– Ce garçon a du bon ; il est savant et il a du cœur.
Demeuré seul, Pitou commença un long monologue sur ce thème :
– 433 –
– Est-ce cela qu’on appelle l’amour ? C’est bien doux à de certains moments, et bien amer dans d’autres.
Le pauvre garçon était si naïf et si bon qu’il ne réfléchissait pas qu’en amour il y a le miel et l’absinthe, et que M. Isidor avait pris pour lui le miel.
Catherine, à partir de ce moment où elle avait horriblement souffert, prit pour Pitou une sorte de crainte respectueuse qu’elle était bien loin d’avoir, quelques jours auparavant, pour cet inoffensif et grotesque personnage.
Quand on n’inspire pas d’amour, il n’est pas désobligeant d’inspirer un peu de crainte, et Pitou, qui avait de grands appé-
tits de dignité personnelle, n’eût pas été médiocrement flatté en découvrant ce genre de sentiment chez Catherine.
Mais comme il n’était point assez fort physiologiste pour deviner les idées d’une femme à une lieue et demie de distance, il se contenta de pleurer beaucoup et de se rabâcher à lui-même une foule de chansons villageoises lugubres sur les airs les plus mélancoliques.
Son armée eût été bien désappointée, en voyant son géné-
ral livré à des jérémiades aussi élégiaques.
Quand Pitou eut beaucoup chanté, beaucoup pleuré, beaucoup marché, il rentra dans sa chambre, devant laquelle il trouva que les Haramontois idolâtres avaient placé une sentinelle, l’arme au bras, pour lui faire honneur.
La sentinelle n’avait plus l’arme au bras, tant elle était ivre ; elle dormait sur le banc de pierre, son fusil entre les jambes.
Pitou, étonné, la réveilla.
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Il apprit alors que les trente bonshommes avaient commandé un festin chez le père Tellier, le Vatel d’Haramont ; que douze des plus délurées commères du canton y couronnaient les vainqueurs, et qu’on avait gardé la place d’honneur pour le Turenne qui avait battu le Condé des cantons voisins.
Le cœur avait trop fatigué chez Pitou pour que l’estomac n’en eût pas souffert. « On s’est étonné, dit Chateaubriand, de la quantité de larmes que contient l’œil d’un roi, mais on n’a jamais pu mesurer le vide que les larmes font dans un estomac d’adulte. »
Pitou, traîné par son factionnaire à la salle du festin, fut re-
çu avec des acclamations à secouer les murailles.
Il salua en silence, s’assit de même, et, avec ce calme qu’on lui connaît, il attaqua les tranches de veau et la salade.
Cela dura tout le temps que mit son cœur à se dégonfler et son estomac à s’emplir.
– 435 –
Chapitre LXX
Dénouement imprévu
Un festin par-dessus une douleur, c’est une douleur plus vive ou une consolation absolue.
Pitou s’aperçut, au bout de deux heures, que ce n’était pas un surcroît de souffrance.
Il se leva, quand tous ses compagnons ne pouvaient plus se lever.
Il leur fit un discours sur la sobriété des Spartiates, quand tous étaient ivres-morts.
Et il se dit qu’il serait bon d’aller promener alors que tous étaient ronflants sous la table.
Quant aux jeunes filles d’Haramont, nous devons à leur honneur de déclarer qu’avant le dessert elles s’étaient éclipsées, sans que leur tête, leurs jambes et leur cœur eussent parlé significativement.
Pitou, le brave des braves, ne put s’empêcher de faire quelques réflexions.
De tous ces amours, de toutes ces beautés, de toutes ces richesses, rien ne lui restait dans l’âme et dans la mémoire, que les derniers regards et les dernières paroles de Catherine.
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Il se rappelait, dans la demi-teinte qui couvrait sa mé-
moire, que plusieurs fois la main de Catherine avait touché la sienne, que l’épaule de Catherine avait familièrement frôlé son épaule, que même, dans les heures de la discussion, certaines privautés de la jeune fille lui avaient révélé tous ses avantages et toutes ses suavités.
Alors, ivre à son tour de ce qu’il avait négligé dans le sang-froid, il cherchait autour de lui comme fait un homme qui se réveille.
Il demandait aux ombres pourquoi tant de sévérité envers une jeune femme toute confite en amour, en douceur, en grâ-
ces ; envers une femme qui, au début de la vie, pouvait bien avoir eu une chimère. Hélas ! qui donc n’avait pas la sienne ?
Pitou se demandait aussi pourquoi lui, un ours, un laid, un pauvre, il aurait réussi tout d’abord à inspirer des sentiments amoureux à la plus jolie fille du pays, quand là, près d’elle, un beau seigneur, le paon de ce pays, se donnait la peine de faire la roue.
Pitou ensuite se flattait d’avoir son mérite ; il se comparait à la violette, qui exhale sournoisement et invisiblement ses parfums.
Invisiblement quant aux parfums, c’était un peu trop vrai ; mais la vérité est dans le vin, fût-ce dans le vin d’Haramont.
Pitou, ainsi réconforté contre ses mauvais penchants par la philosophie, s’avoua qu’il avait tenu envers cette jeune fille une conduite déplacée, sinon condamnable.
Il se dit que c’était le moyen de se faire exécrer, que le calcul était des plus mauvais ; que, éblouie par M. de Charny, Catherine prendrait le prétexte de ne pas reconnaître les brillantes
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et solides qualités de Pitou, si Pitou annonçait mauvais caractère.
Il fallait donc faire preuve d’un bon caractère envers Catherine. Et comment ?
Un lovelace eût dit : « Cette fille me trompe et me joue, je la jouerai et me moquerai d’elle. »
Un lovelace eût dit : « Je la mépriserai, je lui ferai honte de ses amours comme d’autant de turpitudes. Je la rendrai peureuse, je la déshonorerai, je lui ferai trouver épineux les sentiers du rendez vous. »
Pitou, cette bonne âme, cette belle âme, chauffée à blanc par le vin et le bonheur, se dit qu’il rendrait Catherine tellement honteuse de ne pas aimer un garçon tel que lui, qu’un jour il se confesserait d’avoir eu d’autres idées.
Et puis, faut-il le dire, les chastes idées de Pitou ne pouvaient admettre que la belle, la chaste, la fière Catherine fût autre chose pour M. Isidor qu’une jolie coquette, souriant aux jabots de dentelle et aux culottes de peau dans les bottes à éperons.
Or, quelle peine cela pouvait-il faire à Pitou ivre, que Catherine se fût éprise d’un jabot et d’un éperon ?
Quelque jour M. Isidor irait à la ville, épouserait une comtesse, ne regarderait plus Catherine, et le roman finirait.
Toutes ces réflexions dignes d’un vieillard, le vin – qui ra-jeunit les vieux – les inspirait à notre brave chef des gardes nationaux d’Haramont.
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Or, pour bien prouver à Catherine qu’il était homme de bon caractère, il résolut de rattraper une à une toutes les mauvaises paroles de la soirée.
Pour cela faire, il fallait d’abord rattraper Catherine.
Les heures n’existent pas pour un homme ivre qui n’a pas de montre.
Pitou n’avait pas de montre, et il n’eut pas fait dix pas hors de la maison qu’il fut ivre comme Bacchus ou son fils bien-aimé Thespis.
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