Alexandre Dumas - ANGE PITOU - Tome II

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Dix visites pareilles à la première firent de Pitou un parfait grenadier.

Malheureusement, le père Clouïs n’était pas si fort sur la manœuvre que sur l’exercice : lorsqu’il eut expliqué le tour, le demi-tour et les conversions, il se trouva au bout de sa science.

Pitou eut alors recours au Praticien français et au Manuel du garde national , qui venait de paraître, et auquel il consacra la somme d’un écu.

Grâce au généreux sacrifice de son commandant, le bataillon d’Haramont apprit à se mouvoir assez agréablement sur un terrain de manœuvres.

Puis, lorsque Pitou sentit que les mouvements se compli-quaient, il fit un voyage à Soissons, ville de garnison militaire ; il vit alors manœuvrer de vrais bataillons, conduits par de vrais officiers, et il en apprit là en un jour plus qu’il n’eût fait en deux mois avec les théories.

Deux mois avaient passé ainsi ; deux mois de travail, de fatigue et de fièvre.

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Pitou ambitieux, Pitou amoureux, Pitou malheureux en amour ; et cependant, faible compensation ! saturé de gloire, Pitou avait rudement secoué ce que certains physiologistes appellent spirituellement la bête .

La bête, chez Pitou, avait été impitoyablement sacrifiée à l’âme. Cet homme avait tant couru, il avait tant remué ses membres, tant aiguisé sa pensée, que l’on s’étonnait qu’il eût songé encore à satisfaire ou à consoler son cœur.

Il en était ainsi cependant.

Combien de fois, après l’exercice, et l’exercice presque toujours venait lui-même à la suite du travail nocturne, combien de fois Pitou ne s’était-il pas laissé aller à traverser les plaines de Largny et de Noue dans toute leur longueur, puis la forêt dans toute son épaisseur, pour aller sur la lisière des terres de Boursonne guetter Catherine toujours fidèle à ses rendez-vous.

Catherine qui, dérobant une ou deux heures par jour aux travaux de la maison, allait joindre à un petit pavillon situé au milieu d’une garenne dépendant du château de Boursonne, le bien-aimé Isidor, cet heureux mortel, toujours plus fier, toujours plus beau, quand tout souffrait et s’abaissait autour de lui.

Que d’angoisses il dévora, le pauvre Pitou, quelles tristes réflexions il fut réduit à faire sur l’inégalité des hommes en ma-tière de félicité !

Lui que recherchaient les filles d’Haramont, de Taillefontaine et de Vivières, lui qui eût aussi trouvé ses rendez-vous dans la forêt, et qui, au lieu de se pavaner, comme un amant heureux, aimait mieux venir pleurer comme un enfant battu, devant cette porte fermée du pavillon de M. Isidor.

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C’est que Pitou aimait Catherine, qu’il l’aimait passionné-

ment, qu’il l’aimait d’autant plus qu’il la trouvait supérieure à lui.

Il ne réfléchissait même plus à cela qu’elle en aimait un autre. Non, pour lui, Isidor avait cessé d’être un objet de jalousie.

Isidor était un seigneur, Isidor était beau, Isidor était digne d’être aimé ; mais Catherine, une fille du peuple, aurait dû peut-

être ne pas déshonorer sa famille, ou tout au moins elle eût dû ne pas désespérer Pitou.

C’est que lorsqu’il réfléchissait, la réflexion avait des pointes bien aiguës, des lancinations bien cruelles.

– Eh quoi ! se disait Pitou, elle a manqué de cœur au point de me laisser partir. Et depuis que je suis parti, elle n’a pas même daigné s’informer si j’étais mort de faim. Que dirait le père Billot, s’il savait qu’on abandonne ainsi ses amis, qu’on néglige ainsi ses affaires ? Que dirait-il s’il savait qu’au lieu d’aller veiller au travail des ouvriers, l’intendante de la maison s’en va faire l’amour avec M. de Charny, un aristocrate ? Le père Billot ne dirait rien. Il tuerait Catherine.

« C’est pourtant bien quelque chose, songeait en lui-même Pitou, que d’avoir entre les mains la facilité d’une pareille vengeance. »

Oui, mais c’était beau de ne pas s’en servir.

Toutefois, Pitou l’avait éprouvé déjà, les belles actions mé-

connues ne bénéficient pas à ceux qui les ont faites.

Ne serait-il donc pas possible de faire savoir à Catherine que l’on faisait de si belles actions ?

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Eh ! mon Dieu ! rien n’était plus aisé : il ne s’agissait que d’aborder Catherine un jour de dimanche, à la danse, et de lui dire comme par hasard un de ces mots terribles qui révèlent aux coupables qu’un tiers a pénétré leur secret.

Ne fût-ce que pour voir souffrir un peu cette orgueilleuse, la chose n’était-elle pas à faire ?

Mais pour aller à la danse, il fallait encore se montrer en parallèle avec ce beau seigneur, et ce n’est pas une position acceptable pour un rival que ce parallèle avec un homme si bien mis.

Pitou, inventif comme tous ceux qui savent concentrer leurs chagrins, trouva mieux que la conversation à la danse.

Le pavillon dans lequel avait lieu le rendez-vous de Catherine avec le vicomte de Charny, était entouré d’un épais taillis attenant à la forêt de Villers-Cotterêts.

Un simple fossé indiquait la limite existant entre la propriété du comte et la propriété du simple particulier.

Catherine, qui était appelée à chaque instant pour les affaires de la ferme dans les villages environnants, Catherine, qui, pour arriver à ces villages, devait nécessairement traverser la forêt, Catherine, à laquelle on n’avait rien à dire tant qu’elle était dans cette forêt, n’avait donc qu’à franchir le fossé pour être dans les bois de son amant.

Ce point était certainement choisi comme le plus avanta-geux aux dénégations.

Le pavillon dominait si bien le taillis, que par les percées obliques garnies de verres de couleur, on pouvait distinguer chaque chose à l’entour, et la sortie de ce pavillon était si bien

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cachée par le taillis, qu’une personne qui en sortait à cheval pouvait en trois élans de son cheval se trouver dans la forêt, c’est-à-dire sur un terrain neutre.

Mais Pitou était venu si souvent de jour et de nuit, Pitou avait si bien étudié le terrain, qu’il savait l’endroit par où débouchait Catherine, comme le braconnier sait la passée par où bondit la biche qu’il veut tuer à l’affût.

Jamais Catherine ne rentrait dans la forêt suivie d’Isidor.

Isidor demeurait quelque temps après elle dans le pavillon, pour veiller à ce qu’il ne lui arrivât rien en sortant, puis il s’en allait du côté opposé, et tout était dit.

Le jour que Pitou choisit pour sa démonstration, il alla s’embusquer à la passée de Catherine. Il monta sur un hêtre énorme qui dominait de ses trois cents ans le pavillon et le taillis.

Une heure ne se passa point sans qu’il vît passer Catherine.

Elle attacha son cheval dans un ravin de la forêt, et d’un bond, comme une biche effarouchée, traversa le fossé et s’enfonça dans le taillis qui menait au pavillon.

C’était juste au-dessous du hêtre où était branché Pitou que Catherine avait passé.

Pitou n’eut qu’à descendre de sa branche et à s’adosser au tronc de l’arbre. Arrivé là, il tira un livre de sa poche, qu’il savait par cœur et fit semblant de lire, Le Parfait garde national .

Une heure après, le bruit d’une porte qu’on referme, parvint à l’oreille de Pitou. Le froissement d’une robe dans le feuil-lage se fit entendre. La tête de Catherine apparut hors des ra-

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mées, regardant d’un air effrayé autour d’elle si personne ne pouvait la voir.

Elle était à dix pas de Pitou.

Pitou, immobile et impassible, tenait son livre sur ses genoux.

Seulement il ne faisait plus semblant de lire, et il regardait Catherine avec l’intention que Catherine vît bien qu’il la regardait. Catherine poussa un petit cri étouffé, reconnut Pitou, devint pâle comme si la mort eût passé près d’elle et l’eût touchée, et, après une courte indécision qui se trahit dans le tremblement de ses mains et le demi-élan de ses épaules, elle se jeta à corps perdu dans la forêt, et retrouva dans la forêt son cheval, sur lequel elle s’enfuit.

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