Alexandre Dumas - ANGE PITOU - Tome II

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Il avait été blessé à Fontenoy, et, à la suite de cette blessure, il avait fallu lui couper la jambe. Voilà pourquoi, retraité de bonne heure, il avait obtenu du duc d’Orléans les privilèges dont nous venons de parler.

Le père Clouïs n’entrait jamais dans les villes, et ne venait qu’une fois par an à Villers-Cotterêts ; c’était pour acheter 365

charges de poudre et de plomb, 366 dans les années bissextiles.

Ce même jour-là il portait chez M. Cornu, chapelier, rue de Soissons, 365 ou 366 peaux, mi-parties de lapins, mi-parties de lièvres, dont le négociant en chapeaux lui donnait 75 livres tournois.

Et quand nous disons 365 peaux dans les années ordinaires, et 366 dans les années bissextiles, nous ne nous trompons pas d’une seule, car le père Clouïs ayant droit à un coup de fusil par jour, s’était arrangé de manière à tuer un lièvre ou un lapin chaque coup.

Et, comme il ne tirait jamais un coup de plus, jamais un coup de moins que les 365 coups accordés dans les années ordi-

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naires, et les 366 accordés dans les années bissextiles, le père Clouïs tuait juste 183 lièvres et 182 lapins dans les années ordinaires, et 183 lièvres et 183 lapins dans les années bissextiles.

De la chair des animaux il vivait, soit qu’il mangeât cette chair, soit qu’il la vendît.

De la peau, comme nous l’avons dit, il s’achetait de la poudre et du plomb, et se faisait un capital.

Puis, en outre, une fois par an, le père Clouïs se livrait à une petite spéculation.

La pierre à laquelle était adossée sa hutte offrait une place inclinée comme un toit.

Ce plan incliné pouvait présenter un espace de dix-huit pieds dans sa plus grande surface.

Un objet placé à l’extrémité supérieure descendait doucement jusqu’à l’extrémité inférieure.

Le père Clouïs répandit doucement dans les villages environnants, par l’intermédiaire des bonnes femmes qui venaient acheter ses lièvres ou ses lapins, que les jeunes filles qui, le jour de la Saint-Louis, se laisseraient glisser trois fois du haut en bas de sa pierre, seraient mariées dans l’année.

La première année, beaucoup de jeunes filles vinrent, mais pas une n’osa glisser.

L’année suivante, trois se hasardèrent : deux furent ma-riées dans l’année ; quant à la troisième, qui resta fille, le père Clouïs affirma hardiment que si un mari lui avait manqué, c’est qu’elle ne s’était pas laissé glisser avec la même foi que les autres.

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L’année d’ensuite, toutes les jeunes filles des environs ac-coururent et glissèrent.

Le père Clouïs déclara qu’il n’y aurait jamais assez de gar-

çons pour tant de filles ; que cependant un tiers des glisseuses, et ce seraient les plus croyantes, se marieraient.

Bon nombre en effet se maria. À partir de ce moment, la réputation matrimoniale de la pierre Clouïse fut établie, et tous les ans, Saint-Louis eut une double fête, fête dans la ville, fête dans la forêt.

Alors le père Clouïs demanda un privilège. Comme on ne pouvait pas glisser toute la journée sans manger et sans boire, ce fut d’avoir le monopole, pendant cette journée du 25 août, de vendre à boire et à manger aux glisseurs et aux glisseuses, car les jeunes gens étaient parvenus à persuader aux jeunes filles que, pour que la vertu du rocher fût infaillible, il fallait glisser ensemble, et surtout en même temps.

Depuis trente-cinq ans, le père Clouïs vivait ainsi. Le pays le traitait comme les Arabes traitent leurs marabouts. Il était passé à l’état de légende.

Mais, surtout, ce qui préoccupait les chasseurs et faisait crever les gardes de jalousie, c’est qu’il était avéré que le père Clouïs ne tirait par an que 365 coups de fusil, et que, sur ces 365

coups, il tuait 183 lièvres et 182 lapins.

Plus d’une fois des seigneurs de Paris, invités par le duc d’Orléans à venir passer quelques jours au château, ayant entendu raconter l’histoire du père Clouïs, étaient venus, selon leur générosité, déposer un louis ou un écu dans sa grosse main, et ils avaient essayé de surprendre ce secret bizarre d’un homme qui tue 365 fois sur 365 coups.

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Mais le père Clouïs n’avait pas su leur donner d’autre explication que celle-ci : c’est-à-dire qu’à l’armée il avait pris, avec ce même fusil, chargé à balle, l’habitude de tuer un homme à chaque coup. Or, ce qu’il avait fait à balle sur un homme, il avait trouvé que c’était encore plus facile à faire à plomb sur un lapin ou sur un lièvre.

Et à ceux qui souriaient en l’entendant parler ainsi, le père Clouïs demandait :

– Pourquoi tirez-vous, si vous n’êtes pas sûr de toucher ?

Mot qui eût été digne de figurer parmi ceux de M. de La Pa-lisse, si ce n’eût été la singulière infaillibilité du tireur.

– Mais, lui demandait-on, pourquoi M. le duc d’Orléans père, qui n’était point ladre, ne vous a-t-il accordé qu’un coup de fusil à tirer par jour ?

– Parce que plus eût été trop, et qu’il me connaissait bien.

La curiosité de ce spectacle et la singularité de cette théorie rapportaient, bon an, mal an, une dizaine de louis au vieil ana-chorète.

Or, comme il en gagnait autant avec ses peaux de lapin et le jour de fête qu’il avait institué lui-même, et qu’il ne dépensait qu’une paire de guêtres, ou plutôt qu’une guêtre tous les cinq ans, et un habit tous les dix, le père Clouïs n’était pas du tout malheureux.

Bien au contraire, le bruit courait qu’il avait un magot ca-ché, et que celui qui hériterait de lui ne ferait pas une mauvaise affaire.

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Tel est le singulier personnage que Pitou allait trouver au milieu de la nuit lorsque lui vint cette fameuse idée qui devait le tirer de son embarras mortel.

Mais, pour rencontrer le père Clouïs, il ne fallait pas être maladroit.

Tel que le vieux pasteur des troupeaux de Neptune, Clouïs ne se laissait pas saisir du premier bond. Il distinguait à merveille l’importun improductif du flâneur opulent, et comme il était déjà passablement dédaigneux avec ces derniers, que l’on juge de la férocité avec laquelle il expulsait la première classe de fâcheux.

Clouïs était couché sur son lit de bruyère, lit merveilleux et aromatique que lui donnait la forêt au mois de septembre, et qui n’avait besoin d’être renouvelé qu’au mois de septembre suivant.

Il était onze heures du soir environ ; il faisait un temps clair et frais.

Pour arriver à la cabane du père Clouïs, il fallait débusquer forcément d’une glandée tellement épaisse ou d’un roncier tellement opaque, que le bruit des déchirements annonçait toujours le visiteur au cénobite.

Pitou fit quatre fois plus de bruit qu’un simple personnage.

Le père Clouïs leva la tête et regarda, car il ne dormait point.

Le père Clouïs était ce jour-là d’une humeur farouche. Un accident terrible lui était arrivé, et le rendait inaccessible à ses plus affables concitoyens.

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L’accident était terrible en effet. Son fusil, qui lui avait servi cinq ans à balles, et trente-cinq ans à plomb, avait crevé en tirant sur un lapin.

C’était le premier qu’il eût manqué depuis trente-cinq ans.

Mais le lapin sain et sauf n’était point le pire désagrément qui fût arrivé au père Clouïs. Deux doigts de sa main gauche avaient été effiloqués par l’explosion. Clouïs avait raccommodé ses doigts avec des herbes mâchées et des ficelles, mais il n’avait pu raccommoder son fusil.

Or, pour se procurer un autre fusil, il fallait que le père Clouïs fouillât à son trésor, et encore, quelque sacrifice qu’il fît pour un nouveau, y mît-il la somme exorbitante de deux louis, qui sait si ce fusil tuerait à tous les coups, comme celui qui venait d’éclater si malheureusement ?

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