Alexandre Dumas - ANGE PITOU - Tome II
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Mais Pitou était devenu homme de réflexion, et, depuis qu’il réfléchissait, il avait remarqué que si un fusil est un expédient pour la défense d’un homme, dix fusils ne le sont guère.
Nos trois héros, chargés de ces dépouilles opimes, traversè-
rent donc le parc en courant, et gagnèrent un rond-point où ils durent s’arrêter, épuisés, ruisselants de sueur ; enfin, écrasés d’une glorieuse fatigue, ils amenèrent chez Pitou le précieux dépôt que la patrie venait de leur confier, peut-être un peu bien aveuglément.
Il y eut assemblée de la garde nationale le même soir, et le commandant Pitou remit un fusil à chaque soldat, en leur disant, comme les mères spartiates à leurs fils, à propos du bouclier :
– Avec ou dessus.
Ce fut alors, dans cette petite commune, ainsi transformée par le génie de Pitou, une effervescence pareille à celle de la fourmilière un jour de tremblement de terre.
– 396 –
La joie de posséder un fusil, chez ces peuples éminemment braconniers, à qui la longue oppression des gardes avait donné la rage de la chasse, fit que pour eux Pitou devint un dieu sur la terre. On oublia ses longues jambes, on oublia ses longs bras, on oublia ses gros genoux et sa grosse tête, on oublia enfin ses grotesques antécédents, et il fut et demeura le génie tutélaire du pays pendant tout le temps que le blond Phœbus mit à rendre sa visite à la belle Amphitrite.
La journée du lendemain fut occupée par les enthousiastes à manier, à remanier et à fourbir leur armes en connaisseurs instinctifs : les uns, joyeux si la batterie était bonne, les autres songeant à réparer l’inégalité du sort, s’il leur était échu une arme de qualité inférieure.
Pendant ce temps Pitou, retiré dans sa chambre comme le grand Agamemnon sous sa tente, songeait, tandis que les autres fourbissaient, se creusant, lui, le cerveau, tandis que ses hommes s’écorchaient les mains.
À quoi songeait Pitou ? demandera le lecteur sympathique à ce génie naissant.
Pitou, devenu pasteur des peuples, songeait à la creuse inanité des grandeurs de ce monde.
En effet, le moment arrivait où, de tout cet édifice à grand-peine élevé, rien n’allait rester debout.
Les fusils étaient livrés depuis la veille. La journée était employée à les mettre en état. Demain il faudrait montrer l’exercice à ses soldats, et Pitou ne connaissait pas le premier commandement de la charge en douze temps.
– 397 –
Pitou avait toujours chargé son fusil sans compter les temps, et comme il avait pu.
Quant à la manœuvre, c’était bien pis encore.
Or, qu’était-ce qu’un commandant de la garde nationale qui ne sait pas faire la charge en douze temps, et qui ne sait pas commander la manœuvre ?
Celui qui écrit ces lignes n’en a connu qu’un seul : il est vrai qu’il était compatriote de Pitou.
Donc, la tête plongée dans les mains, l’œil hébété, le corps immobile, Pitou songeait.
Jamais César, dans les broussailles de la Gaule sauvage, jamais Annibal perdu dans les Alpes neigeuses, jamais Colomb égaré sur un océan ignoré, ne réfléchirent plus solennellement en face de l’inconnu, et ne vouèrent plus profondément leur pensée aux Dîs ignotis , ces terribles divinités qui sont le secret de la vie et de la mort, que ne le fit Pitou pendant cette longue journée.
– Oh ! disait Pitou, le temps marche, demain s’avance, et demain apparaîtra dans tout son néant ce rien que je suis.
« Demain, le foudre de guerre qui a pris la Bastille sera traité de crétin par l’assemblée entière des Haramontois, comme le fut… je ne sais plus qui, par l’assemblée entière des Grecs.
« Demain hué !… quand aujourd’hui je suis un triompha-teur !
– 398 –
« Cela ne sera pas ; cela ne peut pas être. Catherine le saurait, et je serais déshonoré.
Pitou reprit un instant haleine.
– Qui peut me tirer de là ? se demanda-t-il. L’audace ?
Non, non : l’audace dure une minute, et l’exercice à la prussienne a douze temps.
« Quelle singulière idée, aussi, d’apprendre l’exercice à la prussienne à des Français !
« Si je disais que je suis trop bon patriote pour apprendre à des Français l’exercice à la prussienne, et que j’invente un autre exercice plus national ?
« Non, je m’embrouillerais.
« J’ai bien vu un singe à la foire de Villers-Cotterêts. Ce singe faisait l’exercice ; mais il le faisait probablement comme un singe, sans régularité.
« Ah ! s’écria-t-il tout à coup, une idée ! »
Et, sur-le-champ, ouvrant le compas de ses longues jambes, il allait commencer de franchir l’espace, quand une ré-
flexion l’arrêta.
– Ma disparition étonnerait, dit-il ; prévenons mes gens.
Alors, ouvrant la porte, et ayant mandé Claude et Désiré, il leur tint ce langage :
– Indiquez après-demain pour le premier jour d’exercice.
– 399 –
– Mais pourquoi pas demain ? demandèrent les deux officiers inférieurs.
– Parce que vous êtes fatigués, vous et le sergent, répliqua Pitou, et qu’avant d’instruire les soldats, je veux d’abord instruire les chefs. Et puis accoutumez-vous, je vous prie, ajouta Pitou d’une voix sévère, à toujours obéir dans le service sans faire d’observations.
Les inférieurs s’inclinèrent.
– C’est bien, dit Pitou, affichez l’exercice pour après-demain, quatre heures du matin.
Les deux officiers s’inclinèrent de nouveau, sortirent, et, comme il était neuf heures du soir, ils allèrent se coucher.
Pitou les laissa partir. Puis, lorsqu’ils eurent tourné l’angle, il prit sa course dans la direction opposée, et gagna en cinq minutes la futaie la plus sombre et la plus épaisse de la forêt.
Voyons quelle était l’idée libératrice de Pitou.
– 400 –
Chapitre LXVII
Le père Clouïs et la pierre Clouïse, ou comment Pitou devint tacticien et eut l’air noble
Pitou courut ainsi pendant une demi-heure à peu près, s’enfonçant de plus en plus dans la partie la plus sauvage et la plus profonde de la forêt.
Il y avait là, parmi ces hautes futaies trois fois séculaires, adossée à un rocher immense et au milieu de ronciers formidables, une cabane bâtie trente-cinq ou quarante ans auparavant, et qui renfermait un personnage qui avait su, dans son propre intérêt, s’entourer d’un certain mystère.
Cette cabane, moitié creusée dans la terre, moitié tressée au dehors avec des branchages et du bois grumeux, ne prenait de jour et d’air que par un trou obliquement pratiqué dans la toiture.
Cette cabane, assez semblable aux huttes des Bohémiens de l’Albaycin, se trahissait parfois aux regards par les fumées bleues qui s’échappaient de son faîte.
Autrement, nul, excepté les gardes de la forêt, les chasseurs, les braconniers et les paysans des environs, n’eût deviné que cette hutte servait de demeure à un homme.
Et cependant, là, depuis quarante ans, demeurait un vieux garde mis à la retraite, mais à qui M. le duc d’Orléans, père de
– 401 –
Louis-Philippe, avait accordé la permission de demeurer dans la forêt, de garder un habit, et de faire un coup de fusil tous les jours sur lièvre ou lapin.
La plume et la grosse bête étaient exceptées.
Le bonhomme avait, à l’époque où nous sommes arrivés, soixante-neuf ans ; il s’était d’abord appelé Clouïs tout simplement, puis le père Clouïs, au fur et à mesure que l’âge l’avait gagné.
De son nom, l’immense rocher auquel sa hutte était adossée avait reçu son baptême ; on l’appelait la pierre Clouïse.
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