François Mauriac - Le Nœud de vipères

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Dans sa propriété de Calèse, en Gironde, Louis, un vieil avocat avare et anticlérical, attend la mort. Il espère vivre asse longtemps pour achever de rédiger la confession qu'il destine à sa femme, Isa. Isa, avec qui il a vécu plus de quarante ans. Quatre décennies d'indifférence, de brouilles, de rancunes, de haine. Trois enfants sont nés de cette union. Un rêve maintient le vieil homme en vie : frustrer les siens de l'héritage qu'ils attendent, telle une meute au moment de la curée. La mort d'Isa va bouleverser tous ses plans. Entre l'affaire Dreyfus et le krach de 1929, c'est « l'histoire d'un homme aveuglé par ses passions, qui croit haïr sa femme et ses enfants et n'aimer que l'argent, alors que sa nature, s'il l'avait suivie, l'aurait conduit à l'amour de Dieu », disait François Mauriac de son chef-d'œuvre.

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— Est-ce qu’il s’intéresse à moi ? Pourquoi m’intéresserais-je à lui ?

— Il t’admire beaucoup…

Cet impudent mensonge m’a servi à placer ce que j’avais en réserve :

— N’empêche, ma fille, que ton Phili ne m’appelle que « le vieux crocodile ». Ne proteste pas, je l’ai entendu dans mon dos, bien des fois… Je ne le démentirai pas : crocodile je suis, crocodile je resterai. Il n’y a rien à attendre d’un vieux crocodile, rien, que sa mort. Et même mort, ai-je eu l’imprudence d’ajouter, même mort, il peut encore faire des siennes. (Que je regrette d’avoir dit cela, de lui avoir mis la puce à l’oreille !)

Geneviève était atterrée, protestait, s’imaginant que j’attachais de l’importance à l’injure de ce surnom. C’est la jeunesse de Phili qui m’est odieuse. Comment eût-elle imaginé ce que représente, aux yeux d’un vieillard haï et désespéré, ce garçon triomphant, qui a été saoulé, dès l’adolescence, de ce dont je n’aurai pas goûté une seule fois en un demi-siècle de vie ? Je déteste, je hais les jeunes gens. Mais celui-ci, plutôt qu’un autre. Comme un chat entre silencieusement par la fenêtre, il a pénétré à pas de velours dans ma maison, attiré par l’odeur. Ma petite-fille n’apportait pas une très belle dot, mais elle avait, en revanche, de magnifiques « espérances ». Les espérances de nos enfants ! Pour les cueillir, ils doivent nous passer sur le corps.

Comme Geneviève reniflait, s’essuyait les yeux, je lui dis d’un ton insinuant :

— Mais enfin, tu as un mari, un mari qui est dans les rhums. Ce brave Alfred n’a qu’à faire une position à son gendre. Pourquoi serais-je plus généreux que vous ne l’êtes vous-mêmes ?

Elle changea de ton pour me parler du pauvre Alfred : quel dédain ! quel dégoût ! À l’entendre, c’était un timoré qui réduisait, chaque jour davantage, ses affaires. Dans cette maison, naguère si importante, il n’y avait plus, aujourd’hui, place pour deux.

Je la félicitai d’avoir un mari de cette espèce : quand la tempête approche, il faut carguer ses toiles. L’avenir était à ceux qui, comme Alfred, voyaient petit. Aujourd’hui, le manque d’envergure est la première qualité dans les affaires. Elle crut que je me moquais, bien que ce soit ma pensée profonde, moi qui tiens mon argent sous clef et qui ne courrais même pas le risque de la Caisse d’Épargne.

Nous remontions vers la maison. Geneviève n’osait plus rien dire. Je ne m’appuyais plus à son bras. La famille, assise en rond, nous regardait venir et déjà, sans doute, interprétait les signes néfastes. Notre retour interrompait évidemment une discussion entre la famille d’Hubert et celle de Geneviève. Oh ! la belle bataille autour de mon magot si jamais je consentais à m’en dessaisir ! Seul, Phili était debout. Le vent agitait ses cheveux rebelles. Il portait une chemise ouverte, aux manches courtes. J’ai horreur de ces garçons de maintenant, de ces filles athlétiques. Ses joues d’enfant se sont empourprées lorsqu’à la sotte question de Janine : « Eh bien ! Vous avez bavardé ? », je répondis doucement : « Nous avons parlé d’un vieux crocodile… »

Encore une fois, ce n’est pas pour cette injure que je le hais. Ils ne savent pas ce qu’est la vieillesse. Vous ne pouvez imaginer ce supplice : ne rien avoir eu de la vie et ne rien attendre de la mort. Qu’il n’y ait rien au delà du monde, qu’il n’existe pas d’explication, que le mot de l’énigme ne nous soit jamais donné… Mais toi, tu n’as pas souffert ce que j’ai souffert, tu ne souffriras pas ce que je souffre. Les enfants n’attendent pas ta mort. Ils t’aiment à leur manière ; ils te chérissent. Tout de suite ils ont pris ton parti. Je les aimais. Geneviève, cette grosse femme de quarante ans qui, tout à l’heure, essayait de m’extorquer quatre cents billets de mille pour sa gouape de gendre, je me la rappelle petite fille sur mes genoux. Dès que tu la voyais dans mes bras, tu l’appelais… Mais je n’arriverai jamais au bout de cette confession si je continue de mêler ainsi le présent au passé. Je vais m’efforcer d’y introduire un peu d’ordre.

VI

Il ne me semble pas que je t’aie haïe dès la première année qui suivit la nuit désastreuse. Ma haine est née, peu à peu, à mesure que je me rendais mieux compte de ton indifférence à mon égard, et que rien n’existait à tes yeux hors ces petits êtres vagissants, hurleurs et avides. Tu ne t’apercevais même pas qu’à moins de trente ans, j’étais devenu un avocat d’affaires surmené et salué déjà comme un jeune maître dans ce barreau, le plus illustre de France après celui de Paris. À partir de l’affaire Villenave (1893) je me révélai en outre comme un grand avocat d’assises (il est très rare d’exceller dans les deux genres) et tu fus la seule à ne pas te rendre compte du retentissement universel de ma plaidoirie. Ce fut aussi l’année où notre mésentente devint une guerre ouverte.

Cette fameuse affaire Villenave, si elle consacra mon triomphe, resserra l’étau qui m’étouffait : peut-être m’était-il resté quelque espoir ; elle m’apporta la preuve que je n’existais pas à tes yeux.

Ces Villenave, — te rappelles-tu seulement leur histoire ? — après vingt ans de mariage, s’aimaient d’un amour qui était passé en proverbe. On disait « unis comme les Villenave ». Ils vivaient avec un fils unique, âgé d’une quinzaine d’années, dans leur château d’Ornon, aux portes de la ville, recevaient peu, se suffisaient l’un à l’autre : « Un amour comme on en voit dans les livres », disait ta mère, dans une de ces phrases toutes faites dont sa petite-fille Geneviève a hérité le secret. Je jurerais que tu as tout oublié de ce drame. Si je te le raconte, tu vas te moquer de moi, comme lorsque je rappelais, à table, le souvenir de mes examens et de mes concours… mais tant pis ! Un matin, le domestique qui faisait les pièces du bas, entend un coup de revolver au premier étage, un cri d’angoisse ; il se précipite ; la chambre de ses maîtres est fermée. Il surprend des voix basses, un sourd remue-ménage, des pas précipités dans le cabinet de toilette. Au bout d’un instant, comme il agitait toujours le loquet, la porte s’ouvrit. Villenave était étendu sur le lit, en chemise, couvert de sang. M mede Villenave, les cheveux défaits, vêtue d’une robe de chambre, se tenait debout au pied du lit, un revolver à la main. Elle dit : « J’ai blessé monsieur de Villenave, appelez en hâte le médecin, le chirurgien et le commissaire de police. Je ne bouge pas d’ici. » On ne put rien obtenir d’elle que cet aveu : « J’ai blessé mon mari », ce qui fut confirmé par M. de Villenave, dès qu’il fut en état de parler. Lui-même se refusa à tout autre renseignement.

L’accusée ne voulut pas choisir d’avocat. Gendre d’un de leurs amis, je fus commis d’office pour sa défense, mais dans mes quotidiennes visites à la prison, je ne tirai rien de cette obstinée. Les histoires les plus absurdes couraient la ville à son sujet ; pour moi, dès le premier jour, je ne doutai pas de son innocence : elle se chargeait elle-même, et le mari qui la chérissait acceptait qu’elle s’accusât. Ah ! le flair des hommes qui ne sont pas aimés pour dépister la passion chez autrui ! L’amour conjugal possédait entièrement cette femme. Elle n’avait pas tiré sur son mari. Lui avait-elle fait un rempart de son corps, pour le défendre contre quelque amoureux éconduit ? Personne n’était entré dans la maison depuis la veille. Il n’y avait aucun habitué qui fréquentât chez eux… enfin, je ne vais tout de même pas te rapporter cette vieille histoire.

Jusqu’au matin du jour où je devais plaider, j’avais décidé de m’en tenir à une attitude négative et de montrer seulement que M mede Villenave ne pouvait pas avoir commis le crime dont elle s’accusait. Ce fut, à la dernière minute, la déposition du jeune Yves, son fils, ou plutôt (car elle fut insignifiante et n’apporta aucune lumière) le regard-suppliant et impérieux dont le couvait sa mère, jusqu’à ce qu’il eût quitté la barre des témoins, et l’espèce de soulagement qu’elle manifesta alors, voilà ce qui déchira soudain le voile : je dénonçai le fils, cet adolescent malade, jaloux de son père trop aimé. Je me jetai, avec une logique passionnée, dans cette improvisation aujourd’hui fameuse où le professeur F. a, de son propre aveu, trouvé en germe l’essentiel de son système, et qui a renouvelé à la fois la psychologie de l’adolescence et la thérapeutique de ses névroses.

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