Marc Levy - Ou Es-Tu?
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Aux heures glaciales du premier matin, sur les pavés désertés de SoHo les bouteilles d'alcool qui dégorgent des poubelles éparses témoignent des délires de la nuit déjà consommée. Toute la ville dort, la gueule en bois. Seuls les bruits de quelques rares voitures viennent troubler le silence du quartier encore embrumé d'un voile d'ivresse. Mary pousse la porte de l'immeuble de Philip. Un vent froid la saisit au cou, elle frissonne, se blottit dans son manteau. Elle remonte la rue, lève le bras au carrefour. Un taxi jaune se range le long du trottoir. Il l'avale et disparaît sur Broadway. Le 2 janvier de cette année-là, Errol Garner a refermé le clavier de son piano pour toujours. Philip a repris les cours.
Début février, Susan vient de recevoir une lettre de Washington. Des mots de félicitations, des vœux tardifs de ses supérieurs qui l'invitent à étudier la possibilité de développer enfin ce nouveau campement de réfugiés, dans la montagne. Elle devra établir un budget et venir présenter la faisabilité de ce projet dès qu'elle le pourra. Les pluies n'ont pas encore cessé.
Assise sous l'auvent de sa maison, elle regarde l'eau qui file et ravine la terre.
Elle ne cesse de penser à ceux qui dans la montagne assistent impuissants, comme chaque hiver, aux violences d'une nature qui se joue du travail qu'ils ont achevé à la peine, aux prémices de l'été. Dans quelques semaines ils recommenceront sans renauder, un peu plus pauvres encore que les saisons d'avant.
Juan est silencieux, il allume une cigarette, elle la lui prend aussitôt des doigts et la porte à ses lèvres. L'incandescence éclaire le bas de son visage, elle exhale profondément.
— C'est un billet en première classe sur « Air Ganja », ce que tu fumes ?
Juan sourit malicieusement.
— Ce n'est qu'un mélange de tabac blond et brun, c'est ce qui donne ce goût.
— On dirait de l'ambre, dit-elle.
— Je ne sais pas ce que c'est.
— Quelque chose qui me rappelle mon enfance, l'odeur de ma mère, elle sentait l'ambre.
— Votre enfance vous manque ?
— Certains visages seulement, mes parents, Philip.
— Pourquoi n'êtes-vous pas restée avec lui ?
— Il t'a payé pour me poser cette question ?
— Je ne le connais pas et vous n'avez pas répondu.
— Parce que je n'en ai pas envie.
— Vous êtes étrange Dona Blanca, qu'est-ce que vous avez fui pour venir vous perdre chez nous ?
— C'est le contraire sipoté 4 , c'est ici que je me suis retrouvée, et puis tu m'emmerdes avec tes questions. Tu crois que l'orage va durer ?
Juan pointa du doigt la lumière si particulière qui naissait à l'horizon quand Yaguacero 5
s'éloignait. Dans une heure tout au plus la pluie aurait cessé. Une odeur de terre mouillée et de pins envahirait les moindres recoins de sa modeste cabane. Elle irait en ouvrir l'unique placard pour que son linge s'en imprègne. Quand elle enfilait une chemise de coton baignée de ce parfum, une onde sensuelle courait sur sa peau.
Elle lança le mégot de l'autre côté de la balustrade, bondit soudainement sur ses pieds et fit un grand sourire à Juan.
— Saute dans le camion, on y va !
— Où ça ?
— Arrête de poser tout le temps des questions !
Le Dodge toussa par deux fois avant de démarrer. Les gros pneus patinèrent dans la gadoue avant de pouvoir s'accrocher à quelques pierres, le train arrière godilla pour finir par s'aligner sur la piste. Des gerbes de boue vinrent maculer les flancs bâchés. Susan continuait d'accélérer. Le vent la frappait au visage, elle rayonnait de bonheur et poussa un long cri.
Juan se joignit à elle. Ils filaient vers les montagnes.
— Où va-t-on ?
— Voir la petite, elle me manque !
— La route est détrempée, on ne grimpera jamais.
— Tu sais ce que disait notre Président ? Il y a ceux qui voient les choses telles qu'elles sont et qui se demandent pourquoi. Moi je les vois telles qu'elles pourraient être et je me dis pourquoi pas ! Ce soir nous dînerons avec le Senor Rolando Alvarez.
Si Kennedy avait connu les routes honduriennes en hiver, il aurait probablement attendu le printemps pour énoncer son aphorisme. Six heures plus tard, alors qu'ils étaient arrivés à mi-chemin des cimes, les essieux embourbés ne trouvèrent plus la force de propulser le camion.
L'embrayage patinait et l'odeur acre qui se dégageait força Susan à se rendre à l'évidence.
Immobilisés sur la route du col, ils ne pourraient pas parcourir ce soir les dix derniers lacets qui les séparaient encore du village où vivait une petite fille qui avait pris beaucoup de place dans le cœur de Susan. Juan passa à l'arrière et sortit quatre couvertures d'un sac de jute.
— On va dormir ici, je pense, dit-il, laconique.
— Parfois je suis tellement tête de mule que je me supporte difficilement moi-même.
— Ne vous inquiétez pas, il n'y a pas que vous qui ayez un caractère difficile.
— N'exagère pas quand même. Ce n'est pas le jour de la Sainte-Susan, on va attendre un peu pour me faire ma fête.
— Pourquoi vouliez-vous voir la petite ?
— Qu'est-ce qu'on a comme vivres à l'arrière ? J'ai faim, pas toi ?
Juan fouilla un autre sac et en sortit une grosse boîte defrijoles6 . II aurait voulu lui préparer un casamiento 7 , mais il aurait fallu pouvoir faire cuire le riz et il pleuvait encore beaucoup trop pour allumer un feu. Susan trempa presque tout un paquet de biscuits dans un pot de lait concentré, les laissant fondre ensuite sur sa langue. L'eau ruisselait sur le pare-brise. Elle avait interrompu le ballet des essuie-glaces pour économiser la batterie. À quoi servait-il de regarder au-dehors !
— Vous avez l'air de tenir plus à elle qu'aux enfants de la vallée.
— C'est dégueulasse ce que tu dis. Ça n'a rien à voir, elle, je ne la vois pas tous les jours, c'est pour cela qu'elle me manque.
— Philip, il vous manque ?
— Tu me lâches avec Philip ! Qu'est-ce que tu as?
— Je n'ai rien, j'essaie de vous comprendre un peu.
— Mais il n'y a rien à comprendre. Oui, Philip me manque.
— Pourquoi n'êtes-vous pas avec lui ?
— Parce que j'ai choisi d'être là.
— La vie d'une Senora est auprès de l'homme qu'elle aime !
— Ta phrase est stupide.
— Je ne vois pas en quoi. Un homme aussi doit être près de la femme qu'il aime.
— Ce n'est pas toujours aussi facile.
— Pourquoi êtes-vous si compliqués, vous les gringos ?
— Parce qu'on a perdu les raisons de la simplicité, c'est ce qui me fait aussi aimer être chez vous. Ça ne suffit pas d'aimer, il faut aussi être compatible.
— Qu'est-ce que ça veut dire ?
— Qu'il faut aimer la vie que l'on va mener avec l'autre, partager les envies, les attentes, avoir les mêmes objectifs, les mêmes désirs.
— Comment pourrait-on savoir cela avant ? C'est impossible ! On ne peut pas connaître l'autre au début, il faut avoir de la patience pour aimer.
— Tu m'as menti sur ton âge, toi ?
— Chez nous se marier avec quelqu'un que nous aimons, c'est une raison d'être heureux.
— Chez nous aimer, ce n'est pas toujours suffisant, aussi absurde que cela puisse paraître. Je te le concède, nous sommes parfois bizarres, j'en suis le parfait exemple.
Un rai de lumière blanche déchira le ciel, une brutale explosion interrompit leur conversation.
L'orage revenait vers eux, il avait redoublé de puissance, intensifiant les précipitations qui s'abattaient sur les flancs fragiles du mont Caba-ceras de Naco. Très vite, les sols gorgés d'eau ne purent plus absorber les pluies torrentielles qui dévalaient le long des parois, entraînant avec elles des pans entiers de la montagne. Juan n'écoutait plus Susan et son visage finit par trahir une inquiétude croissante. Il tenta d'ouvrir sa fenêtre, mais une violente bourrasque le fit aussitôt renoncer. Il se mit alors à effectuer des petits mouvements saccadés de la tête, comme le ferait un prédateur à l'affût.
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