Iegor Gran - Ipso facto

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Un médiocre et plutôt antipathique paléontologue coule des jours à peu près tranquilles même si bien peu gratifiants dans l'institut qui l'emploie. Vie sans histoires et sans excès. Mais, à la faveur d'une promotion inespérée on s'aperçoit qu'il a égaré le diplôme de son baccalauréat. Catastrophe! Le voici rapidement mis au ban d'une société toute entière dédiée à l'archivisme
, à l'archivisme comme moteur, justification et fin de toute action. Un
monde fou avec sa bureaucratie, ses profiteurs et ses parias, un
monde dont un dérèglement mystérieux a changé les bases et tout bouleversé, jusqu'à la sexualité.

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Vers la fin de l'après-midi, une fois que l'on s'était bien excités à jouer aux Robins des Bois, on finissait par s'accoupler dans une espèce d'orgie sadomaso. Le signal, c'était moi qui le donnais, je piochais au hasard un de mes papiers et sans le regarder pour n'avoir aucun regret je le brandissais en criant: qu'en fait-on mes jumeaux? quel sort réserve-t-on à ce bout de papier, hein, dites-le-moi, j'attends votre verdict! Et l'on me répondait avec un bruit sourd comme une vague qui s'écrase sur les récifs: brûlons-le. Comment? fais-je semblant de mal entendre, que dites-vous mes jumeaux? Brûlons! crient-ils. Encore! j'ordonne, je veux le son de vos tripes! Qu'on le brûle! qu'ils hurlent. Ils sont déchaînés, du plasma en fusion ils sont, si je ne soulage pas leur pression dans la minute ils vont me brûler moi, mon papier et mon appartement, ça va être un brasier pire que le Hindenburg, je suis moi-même en transe, je choisis dans l'assistance une fille genre Harley, bardée de chaînes sur du cuir en piercing, elle a un joint au bec et un air de fausse sauvageonne, je l'appelle de l'index, viens je lui dis, monte avec moi sur la table, tu as sur toi un briquet je suppose, pendant qu'elle cherche je la déshabille en me piquant sur ses épingles, son tatouage sur la poitrine me fait une crispation au bas-ventre, en un mot je ne me contrôle plus, et tandis que le papier brûle en criant, on s'allonge l'un contre l'autre sur la table dans une ambiance de messe noire, elle me reçoit en écarquillant les yeux, je la croirais presque effarouchée, je sens une bien étrange résistance, j'y mets la main et je la découvre pleine de sang, surprise! comme quoi il ne faut pas juger l'arbre par l'écorce, jamais je n'aurais cru qu'elle pût être vierge, mais il est trop tard pour protester ma puce, je suis trop raide pour épargner ton petit capital, c'est avant qu'il fallait y penser, d'autant que l'assistance m'encourage par ses hurlements, elle a depuis longtemps basculé sur ma moquette, elle se donne du plaisir l'assistance, ça lui détend les nerfs à l'assistance, n'attends aucune aide de sa part mon chat.

La fête se termine à six heures, je mets les parasites dehors, à demain ils me font, c'est ça je réponds cassez-vous, laissez-moi seul, je les vire à grands coups de pied dans le derrière, précipitamment ils dévalent l'escalier, la Harley en oublie son blouson, l'orgie m'a épuisé, je me sens sale, j'ai un dégoût qui se renforce, la gueule de bois, vous savez quand on a envie de vomir sans raison particulière, plus l'impression d'avoir commis un blasphème.

Vous croyez que je vais me coucher avec une bonne aspirine? eh bien non, le diable me pousse vers la fenêtre, toujours cette pulsion d'insecte à vouloir me rapprocher de la lumière. Je regarde la journée grise qui tire sur sa fin, dans quelques heures elle mourra définitivement dans un dernier reflet morne du soleil, elle a bien de la chance, que je me dis, alors que nous autres nous en avons une qui nous attend le lendemain, une nouvelle journée grise qui nous sautera à la gorge, et puis une autre le surlendemain, et une autre à l'infini, c'est à se mutiler, comment font-ils les autres frères sapiens pour pas craquer? Le collectionneur je comprends encore, il a une passion qui le maintient en vie dans du formol, mais les autres? Prenez le nœud papillon, tiens ça fait longtemps que je ne l'ai pas observé, j'avais des occupations autrement plus vitales, alors je prends mes jumelles, sur la bonne distance je les règle, je chasse le flou de mes yeux, l'armoire chromée est toujours tirée à quatre épingles, le nœud papillon est affalé dans un fauteuil, il lit le journal sans se soucier de rien. A côté de sa main, il s'est préparé un cocktail qu'il remue, puis il se lève le nœud papillon, vers sa porte il se déplace, on a dû sonner, c'est le facteur qui lui apporte une lettre recommandée, il la réceptionne avec le sourire comme s'il s'agissait d'un prospectus, c'est étonnant à quel point il se maîtrise, une lettre recommandée ce n'est pas rien tout de même. Eh bien lui, il en a cure, il tourne la lettre dans ses mains, il porte le cocktail à la bouche, le liquide circule entre ses joues, puis il hésite un instant et jette l'enveloppe à la poubelle sans même l'ouvrir. J'ai manqué de laisser tomber les jumelles: une telle désinvolture! Quand je vous disais qu'il est irresponsable! Son forfait accompli, il est venu à la fenêtre lui aussi, se noyer sans doute dans la journée grise comme j'ai fait moi-même tout à l'heure, ça doit être dur à assumer une lettre recommandée que l'on jette, mais non, pensez-vous! il fourre ses mains dans les poches, il ricane comme si rien de particulier ne venait de se produire, son nœud papillon s'envole fièrement en haut de sa poitrine, il a l'air en pleine forme. Ce calme force mon admiration, cette dignité dans l'horreur, comment fait-il pour paraître aussi détaché du quotidien?

À force de l'observer, ai-je senti une communauté d'âme entre lui et moi, je ne saurais le dire, en tout cas je constatai que j'avais envie de lui parler, il fallait que je sache son mystère, comment faisait-il pour être aussi détaché vis-à-vis des papiers alors que moi j'étais bouffé par l'inquiétude, ça m'échappait. Je cherchai son numéro dans l'annuaire, immeuble en face, sixième étage, porte gauche, oui le voilà, je fais les dix chiffres, dans la jumelle je le vois qui s'arrache de la fenêtre, en diagonale il traverse la pièce, allô? j'entends sa voix posée, même pas émue! allô, je fais, excusez-moi de vous déranger, je suis votre voisin d'en face. Ah! s'exclame-t-il comme s'il s'y attendait, c'est vous le monsieur qui avez perdu votre Baccalauréat? j'ai lu votre histoire dans le journal. Figurez-vous que j'ai failli vous appeler, j'étais mort de curiosité, puis j'ai vu que vous aviez de la visite, alors j'ai préféré m'abstenir. Dites-moi, quel effet cela fait-il un Baccalauréat que l'on perd?

Un peu décontenancé, je bredouille des explications, comme quoi ma situation ne me réjouit absolument pas, non, je m'en serais bien passé de cette gloire stupide, oh que oui, les vagues de malades mentaux qui assiègent mon appartement ne guérissent pas ma mélancolie, alors je sens qu'il est un poil déçu à l'autre bout du fil. Vous avez tort de vous sentir fautif, qu'il proclame dans le combiné, certes ce qui vous arrive est regrettable, on peut même dire dérangeant, mais sachez que vous n'êtes pas seul dans votre cas, tenez moi par exemple… et le voilà parti pour me raconter sa biographie, remarquez je ne lui avais rien demandé au nœud papillon, surtout pas de me saper le moral en me disant que j'étais comme lui, aussi désorganisé dans le rangement. Vous parlez d'un modèle à suivre! Ses turpitudes me faisaient claquer des dents, entre les factures qu'il ne payait pas parce qu'il les égarait et les redressements d'impôts qu'il déchirait par caprice, sa vie ressemblait à une chute libre que même le sol ne pouvait arrêter, quant à la lettre recommandée de tout à l'heure, tenez-vous bien, c'était le contrat d'assurance de son logement. Ses diplômes en revanche il ne les avait jamais perdus, alors il me questionnait, il hésitait à se lancer dans l'aventure, j'essayais de le dissuader de toute mon éloquence, ne vous laissez pas happer par l'attrait du fruit défendu, le suppliais-je, il est suffisant qu'un seul ait vécu cette expérience douloureuse, laissez-moi l'amertume d'avoir goûté, à quoi bon perdre votre âme? Ma détresse a dû le toucher: je comprends vos arguments dit-il pour finir, et je ne vous envie pas votre parcours. Ouf! je soufflai, merci mon Dieu de l'avoir épargné, seulement méfiance, le nœud était du genre dégénéré, je n'avais aucune certitude qu'il ne me suivrait dans la déchéance, d'ailleurs il l'avait déjà fait, à une petite échelle certes mais impressionnant tout de même quand on sait que cela faisait vingt ans au moins qu'il n'avait rangé ses quittances de loyer, c'était à se demander comment il avait fait pour survivre jusqu'à ce jour. Attendez ce n'est pas tout. Quand il m'apprit que son armoire chromée lui servait aussi à ranger ses chaussures, j'ai eu comme un haut-le-coeur. On ne pouvait que le plaindre, le pauvre homme n'avait plus toute sa tête, c'était flagrant. J'avais terriblement pitié, surtout de voir sa santé mentale à ce point altérée, il y avait chez lui cette sorte de tranquillité qui chez les incurables ne présage rien de bon, son indifférence aux papiers sentait la mort. Il ne s'en rendait pas compte, au contraire il prétendait qu'il avait réussi à vivre libéré des soucis, il paradait devant la fenêtre en tripotant son nœud papillon, il me haranguait pour que je fasse comme lui. Vous verrez, disait-il calmement, votre vie deviendra passionnante, vous découvrirez d'autres horizons, la liberté. Cause toujours.

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