Amélie Nothomb - Stupeur et tremblements

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Grand prix du roman de l'Académie française
Amélie, une jeune femme belge, vient de terminer ses études universitaires. Sa connaissance parfaite du japonais, langue qu'elle maîtrise pour y avoir vécu dans son enfance, lui permet de décrocher un contrat d'un an dans une prestigieuse entreprise de l'empire du soleil levant, la compagnie Yumimoto. Amélie espère réussir dans ce pays qui la fascine tant. Fascinée par la hiérarchie d'entreprise japonaise, précise et méthodique, la jeune femme l'est d'autant plus par sa supérieure directe, l'intrigante et fière Mademoiselle Mori. Ses débuts sont déconcertants. Monsieur Saito lui fait rédiger une lettre, réponse à une invitation pour une partie de golf. A peine le courrier est-il terminé que Saito le déchire et ordonne à Amélie de recommencer. La jeune fille va rapidement déchanter à la découverte d'une culture qu'elle ne connaît absolument pas. Ses fréquentes initiatives sont régulièrement sujettes aux réprobations de ses supérieurs. Les humiliations et les vexations se succèdent et la soumission s'installe. Face à cet acharnement, la jeune femme se plie à leurs exigences. Amélie pensait être traductrice, elle finira dame pipi dans les toilettes de l'entreprise.
«Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n'étais la supérieure de personne. On pourrait dire les choses autrement. J'étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques. Donc, dans la compagnie Yumimoto, j'étais aux ordres de tout le monde.»

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Ponce Pilate ne savait pas non plus qu'il œuvrait pour le triomphe du Christ. Il y a eu le Christ aux oliviers, moi je suis le Christ aux ordinateurs. Dans l'obscurité qui m'entoure se hérisse la forêt des ordinateurs de haute futaie.

Je regarde ton ordinateur, Fubuki. Il est grand et magnifique. Les ténèbres lui donnent l'apparence d'une statue de l'île de Pâques. Minuit est passé: c'est aujourd'hui vendredi, mon vendredi saint, jour de Vénus en français, jour de l'or en japonais, et je vois mal quelle cohérence je pourrais trouver entre cette souffrance judéo-chrétienne, cette volupté latine et cette adoration nippone du métal incorruptible.

Depuis que j'ai quitté le monde séculier pour entrer dans les ordres, le temps a perdu toute consistance et s'est mué en une calculette sur laquelle je pianote des nombres bourrés d'erreurs. Je crois que c'est Pâques. Du haut de ma tour de Babel, je regarde vers le parc d'Ueno et je vois des arbres enneigés: des cerisiers en fleur – oui, ce doit être Pâques.

Autant Noël me déprime, autant Pâques me réjouit. Un Dieu qui devient un bébé, c'est consternant. Un pauvre type qui devient Dieu, c'est quand même autre chose. J'enlace l'ordinateur de Fubuki et le couvre de baisers. Moi aussi, je suis une pauvre crucifiée. Ce que j'aime, dans la crucifixion, c'est que c'est la fin. Je vais enfin cesser de souffrir. Ils m'ont martelé le corps de tant de nombres qu'il n'y a plus place pour la moindre décimale. Ils me trancheront la tête avec un sabre et je ne sentirai plus rien.

C'est une grande chose que de savoir quand on va mourir. On peut s'organiser et faire de son dernier jour une œuvre d'art. Au matin, mes bourreaux arriveront et je leur dirai: «J'ai failli! Tuez-moi. Accomplissez mon ultime volonté: que ce soit Fubuki qui me donne la mort. Qu'elle me dévisse le crâne comme à un poivrier. Mon sang coulera et ce sera du poivre noir. Prenez et mangez, car ceci est mon poivre qui sera versé pour vous et pour la multitude, le poivre de l'alliance nouvelle et éternelle. Vous éternuerez en mémoire de moi.»

Soudain, le froid s'empare de moi. J'ai beau serrer l'ordinateur dans mes bras, ça ne réchauffe pas. Je remets mes vêtements. Comme je claque toujours des dents, je me couche par terre et je renverse sur moi le contenu de la poubelle. Je perds connaissance.

On me crie dessus. J'ouvre les yeux et je vois des détritus. Je les referme.

Je retombe dans l'abîme.

J'entends la douce voix de Fubuki:

– Je la reconnais bien là. Elle s'est recouverte d'ordures pour qu'on n'ose pas la secouer. Elle s'est rendue intouchable. C'est dans sa manière. Elle n'a aucune dignité. Quand je lui dis qu'elle est bête, elle me répond que c'est plus grave, qu'elle est une handicapée mentale. Il faut toujours qu'elle s'abaisse. Elle croit que cela la met hors de portée. Elle se trompe.

J'ai envie d'expliquer que c'était pour me protéger du froid. Je n'ai pas la force de parler. Je suis au chaud sous les saletés de Yumimoto. Je sombre encore.

J'émergeai. A travers une couche de paperasse chiffonnée, de canettes, de mégots mouillés de Coca, j'aperçus l'horloge qui indiquait dix heures du matin.

Je me relevai. Personne n'osa me regarder, à part Fubuki qui me dit avec froideur:

– La prochaine fois que vous déciderez de vous déguisér en clocharde, ne le faites plus dans notre entreprise. Il y a des stations de métro pour ça.

Malade de honte, je pris mon sac à dos et filai aux toilettes où je me changeai et me lavai la tête sous le robinet. Quand je revins, une femme d'ouvrage avait déjà nettoyé les traces de ma folie.

– J'aurais voulu faire ça moi-même, dis-je, gênée.

– Oui, commenta Fubuki. Ça, au moins, vous en auriez peut-être été capable.

– J'imagine que vous pensez aux vérifications de frais. Vous avez raison: c'est au-dessus de mes capacités. Je vous l'annonce solennellement: je renonce à cette tâche.

– Vous y avez mis le temps, observa-t-elle, narquoise.

«C'était donc ça, pensai-je. Elle voulait que ce soit moi qui le dise. Évidemment: c'est beaucoup plus humiliant.»

– L'échéance tombe ce soir, repris-je.

– Donnez-moi le classeur.

En vingt minutes, elle avait fini.

Je passai la journée comme un zombie. J'avais la gueule de bois. Mon bureau était recouvert de liasses de papiers couverts d'erreurs de calcul. Je les jetai un à un.

Quand je voyais Fubuki travailler à son ordinateur, j'avais du mal à m'empêcher de rire. Je me revoyais la veille, nue, assise sur le clavier, enlaçant la machine avec mes bras et mes jambes. Et à présent, la jeune femme posait ses doigts sur les touches. C'était la première fois que je m'intéressais à l'informatique.

Les quelques heures de sommeil sous les détritus n'avaient pas suffi à m'extraire de la bouillie que l'excès de chiffres avait fait de mon cerveau. Je pataugeais, je cherchais sous les décombres les cadavres de mes repères mentaux. Cependant, je savourais déjà un répit miraculeux: pour la première fois depuis des semaines interminables, je n'étais pas en train de tapoter sur la calculette.

Je redécouvrais le monde sans nombres. Puisqu'il y a l'analphabéitisme, il devrait y avoir l'anarythmétisme pour parler du drame particulier aux gens de mon espèce.

Je rentrai dans le siècle. Il peut paraître étrange que, après ma nuit de folie, les choses aient repris comme si rien de grave n'était arrivé. Certes, personne ne m'avait vue parcourir les bureaux toute nue, en marchant sur les mains, ni rouler un patin à un honnête ordinateur. Mais on m'avait quand même retrouvée endormie sous le contenu de la poubelle. Dans d'autres pays, on m'eût peut-être mise à la porte pour ce genre de comportement.

Singulièrement, il y a une logique à cela: les systèmes les plus autoritaires suscitent, dans les nations où ils sont d'application, les cas les plus hallucinants de déviance – et, par ce fait même, une relative tolérance à l'égard des bizarreries humaines les plus sidérantes. On ne sait ce qu'est un excentrique si l'on n'a pas rencontré un excentrique nippon. J'avais dormi sous les ordures? On en avait vu d'autres. Le Japon est un pays qui sait ce que «craquer» veut dire.

Je recommençai à jouer les utilités. Il me serait difficile d'exprimer la volupté avec laquelle je préparais le thé et le café: ces gestes simples qui ne présentaient aucun obstacle à ma pauvre cervelle me recousaient l'esprit.

Le plus discrètement possible, je me remis à avancer les calendriers. Je m'efforçais d'avoir l'air affairée tout le temps, si grande était ma peur qu'on me recolle aux chiffres.

Mine de rien, eut lieu un événement: je rencontrai Dieu. L'ignoble vice-président m'avait commandé une bière, trouvant sans doute qu'il n'était pas assez gros comme ça. J'étais venue la lui apporter avec un dégoût poli. Je quittais l'antre de l'obèse quand s'ouvrit la porte du bureau voisin: je tombai nez à nez avec le président.

Nous nous regardâmes l'un l'autre avec stupéfaction. De ma part, c'était compréhensible: il m'était enfin donné de voir le dieu de Yumimoto. De la sienne, c'était moins facile à expliquer: savait-il même que j'existais? Il sembla que ce fut le cas car il s'exclama, avec une voix d'une beauté et d'une délicatesse insensées:

– Vous êtes sûrement Amélie-san!

Il sourit et me tendit la main. J'étais tellement ahurie que je ne pus émettre un son. Monsieur Haneda était un homme d'une cinquantaine d'années, au corps mince et au visage d'une élégance exceptionnelle. Il se dégageait de lui une impression de profonde bonté et d'harmonie. Il eut pour moi un regard d'une amabilité si vraie que je perdis le peu de contenance qui me restait.

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