Romain Gary - La vie devant soi

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Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu'il n'est « pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d'eux-mêmes » qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

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Inversement il y a des moments où le jeune héros se sent trop nombreux pour une seule peau. Quand il est trop malheureux, il fait des crises de violence qu’il explique avec une clarté à rendre inutiles tous les psychanalystes. « C’est comme si j’avais un habitant en moi. Je suis pris de hurlements, je me jette par terre, je me cogne la tête pour sortir, mais c’est pas possible, ça n’a pas de jambes, on n’a jamais de jambes à l’intérieur ». Ce sentiment d’être le lieu d’un autre, d’un dibbuk, double persécuteur, remonte à loin dans l’œuvre. De même que l’incertitude identitaire, l’angoisse qui serre la gorge et empêche de respirer, la claustrophobie du simple fait d’être enfermé en soi-même, tous les personnages d’Ajar en sont atteints. Comme Gary.

Désormais, l’incertitude et le soupçon minent toute réalité. Ainsi Nadine fait du doublage pour des films traduits en français : l’acteur bouge les lèvres sur l’écran, comme s’il parlait, et c’est quelqu’un d’autre qui parle à sa place avec une autre voix et d’autres paroles dans une autre langue. Momo, lui, est surtout frappé par le constat que le doublage permet de remonter le temps, ce qui le fait rêver du retour au paradis terrestre, c’est-à-dire au ventre maternel, avec l’espoir que cette fois il pourrait ne pas naître.

Enfin, si à la fin de Gros-Câlin , Cousin livré à ses terreurs intérieures est de plus en plus proche de la folie, au point qu’on peut se demander si son python a bien existé, on peut se demander aussi ce qu’il en est de Momo après trois semaines passées aux côtés d’une morte en décomposition. Que penser de cette adoption miraculeuse, de cette famille accueillante blonde et rose, de ce psychologue intelligent ? Certains détails inquiètent. Momo parfois rêve. Apparaissent alors des couleurs claires, clown bleu, clown blanc. Et le geste affectueux d’un bras autour de ses épaules. La maternelle Nadine a le même geste. Mais peut-être faut-il se ranger à l’avis de la plupart des lecteurs : le papier dans la poche, l’adresse. Soit. On peut du moins voir dans ce doute possible sur la fin des trois romans (en ajoutant L’Angoisse du roi Salomon à venir) un exemple des techniques d’ambiguïté qui, de Gary à Ajar, gagnent du terrain.

Gary cherchait depuis le début de son œuvre, le moyen d’associer rire et pleurs. Il a expérimenté au cours du temps et des œuvres de multiples solutions. Il a trouvé ici une nouvelle voie et sans doute la plus efficace grâce à la liberté d’Ajar qui est un autre. Car c’est seulement dans les livres d’Ajar que l’on trouve une telle tension entre tragique et comique. Le fond, sujet et déroulement de l’histoire, est désormais d’une noirceur absolue tandis que la langue est d’une invention et d’une gaieté sans répit. Comme si le désespoir, la révolte engendraient une énergie ininterrompue de la parole, du verbe. Sa trouvaille vient de ce qu’il a su inventer, en dehors même des épisodes comiques, cette cohabitation constante du désespoir et de la gaieté, qui est une forme d’énergie vitale, au sein de la phrase, de chaque phrase. Désormais, chaque phrase distille à la fois son malheur et son éclat de rire.

par Mireille SACOTTE [2] Mireille Sacotte est professeur émérite de littérature à l’université nouvelle de la Sorbonne — Paris III. Elle a dirigé deux colloques sur Romain Gary : l’un à Paris III en 2000, « Géographies de Romain Gary », et les Actes publiés sous le titre « Romain Gary ou la pluralité des mondes », PUF, 2002 ;l’autre au ministère des Affaires Étrangères en 2002, « Romain Gary, écrivain-diplomate » publié sous ce titre à l’ADPF. Elle est aussi l’auteur de nombreux articles, d’un commentaire de La Promesse de l’Aube , « Foliothèque », Gallimard. Elle est enfin l’éditrice de Légendes du Je , les récits et roman de Romain Gary et d’Émile Ajar en « Quarto », Gallimard, 2009.

Ils ont dit : « Tu es devenu fou à cause de Celui que tu aimes. »

J’ai dit : « La saveur de la vie n’est que pour les fous. »

Yâfi’i, Raoudh al rayâhin.

La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines. Elle nous le rappelait chaque fois qu’elle ne se plaignait pas d’autre part, car elle était également juive. Sa santé n’était pas bonne non plus et je peux vous dire aussi dès le début que c’était une femme qui aurait mérité un ascenseur.

Je devais avoir trois ans quand j’ai vu Madame Rosa pour la première fois. Avant, on n’a pas de mémoire et on vit dans l’ignorance. J’ai cessé d’ignorer à l’âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque.

Il y avait beaucoup d’autres Juifs, Arabes et Noirs à Belleville, mais Madame Rosa était obligée de grimper les six étages seule. Elle disait qu’un jour elle allait mourir dans l’escalier, et tous les mômes se mettaient à pleurer parce que c’est ce qu’on fait toujours quand quelqu’un meurt. On était tantôt six ou sept tantôt même plus là-dedans.

Au début, je ne savais pas que Madame Rosa s’occupait de moi seulement pour toucher un mandat à la fin du mois. Quand je l’ai appris, j’avais déjà six ou sept ans et ça m’a fait un coup de savoir que j’étais payé. Je croyais que Madame Rosa m’aimait pour rien et qu’on était quelqu’un l’un pour l’autre. J’en ai pleuré toute une nuit et c’était mon premier grand chagrin.

Madame Rosa a bien vu que j’étais triste et elle m’a expliqué que la famille ça ne veut rien dire et qu’il y en a même qui partent en vacances en abandonnant leurs chiens attachés à des arbres et que chaque année il y a trois mille chiens qui meurent ainsi privés de l’affection des siens. Elle m’a pris sur ses genoux et elle m’a juré que j’étais ce qu’elle avait de plus cher au monde mais j’ai tout de suite pensé au mandat et je suis parti en pleurant.

Je suis descendu au café de Monsieur Driss en bas et je m’assis en face de Monsieur Hamil qui était marchand de tapis ambulant en France et qui a tout vu. Monsieur Hamil a de beaux yeux qui font du bien autour de lui. Il était déjà très vieux quand je l’ai connu et depuis il n’a fait que vieillir.

— Monsieur Hamil, pourquoi vous avez toujours le sourire ?

— Je remercie ainsi Dieu chaque jour pour ma bonne mémoire, mon petit Momo.

Je m’appelle Mohammed mais tout le monde m’appelle Momo pour faire plus petit.

— Il y a soixante ans, quand j’étais jeune, j’ai rencontré une jeune femme qui m’a aimé et que j’ai aimée aussi. Ça a duré huit mois, après, elle a changé de maison, et je m’en souviens encore, soixante ans après. Je lui disais : je ne t’oublierai pas. Les années passaient, je ne l’oubliais pas. J’avais parfois peur car j’avais encore beaucoup de vie devant moi et quelle parole pouvais-je donner à moi-même, moi, pauvre homme, alors que c’est Dieu qui tient la gomme à effacer ? Mais maintenant, je suis tranquille. Je ne vais pas oublier Djamila. Il me reste très peu de temps, je vais mourir avant.

J’ai pensé à Madame Rosa, j’ai hésité un peu et puis j’ai demandé :

— Monsieur Hamil, est-ce qu’on peut vivre sans amour ?

Il n’a pas répondu. Il but un peu de thé de menthe qui est bon pour la santé. Monsieur Hamil portait toujours une djellaba grise, depuis quelque temps, pour ne pas être surpris en veston s’il était appelé. Il m’a regardé et a observé le silence. Il devait penser que j’étais encore interdit aux mineurs et qu’il y avait des choses que je ne devais pas savoir. En ce moment je devais avoir sept ans ou peut-être huit, je ne peux pas vous dire juste parce que je n’ai pas été daté, comme vous allez voir quand on se connaîtra mieux, si vous trouvez que ça vaut la peine.

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