Romain Gary - La vie devant soi

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Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu'il n'est « pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d'eux-mêmes » qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

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Entre vocabulaire, rire et question sociale, le roman entier se construit sur l’expression « enfant de pute ». Habituellement c’est une insulte grossière et misogyne, utilisée pour blesser quelqu’un à travers les mauvaises mœurs supposées de sa mère (on se souvient des moqueries proférées en ce sens à divers moments à l’égard de Nina dans La Promesse,), ce qui revient, par ricochet à traiter le fils de bâtard. Ici c’est l’enfant lui-même qui se désigne ainsi avec le plus grand naturel, l’auteur jouant sur l’effet comique du mot d’enfant, décalé et sans intention adulte. En fait, mots crus mis à part, il exprime l’exacte vérité. Le livre s’attaque, l’air de rire, à une situation humaine scandaleuse, le sort des enfants de prostituées et des prostituées elles-mêmes qui souvent sont des mères, dans une société qui, au lieu de les protéger, les accable. Transposée et modernisée, c’est toujours l’histoire de la pauvre Fantine et de sa fille Cosette, La langue en revanche n’est pas celle de Victor Hugo, car le narrateur, élevé dans le milieu très spécifique de la prostitution en adapte le vocabulaire, dans lequel il baigne depuis tout petit, à toutes les situations qu’il vit, sans mesurer la portée des termes qu’il emploie. Décalage comique. Ainsi les appartements des nourrices pour enfants plus ou moins orphelins que l’on veut soustraire à l’Assistance publique sont des « clandés » (lupanars clandestins), les « proxynètes » (souteneurs) correspondent à un rêve de père et mari aimant et puissant et deviennent l’équivalent du bon flic, fils de pute lui-même, perdant tout rapport avec les « protecteurs » exploitant les prostituées qui sont les « vrais maquereaux ». Ainsi encore Momo confond dans le même terme, « avortement », la suppression du fœtus indésirable, sujet de préoccupation des prostituées, et l’euthanasie terme inconnu mais solution désirée par Madame Rosa. Il n’a pas tort ; dans les deux cas il est question de soulager l’humanité souffrante, en la débarrassant du plus grand des fléaux, la vie humaine.

Quant au propos général du livre, il est triple. Le premier sujet est à la fois physique et sentimental, voire métaphysique, c’est l’amour (et son manque). Le mot final du livre, ironique ou pas est « aimer ». Le deuxième est l’injustice sociale et les dégâts humains qu’elle occasionne (accidents ; drogue, alcool et tranquillisants ; troubles psychologiques et maladies mentales générées par des conditions trop dures et l’insécurité quotidienne). L’action se passe à Belleville la mal nommée, quartier populaire très métissé de Paris où s’entassent les marginaux et les immigrés les plus pauvres, et même au sixième étage d’un immeuble qui, avec son échantillon des diversités humaines, est une sorte de laboratoire du bas de l’échelle sociologique. Le troisième est la mort et d’abord la vieillesse avec toutes leurs complications techniques, la mobilité réduite, les infirmités de toutes sortes, leurs palliatifs assez inefficaces quoique ingénieux, source de savoureux et multiples gags, les revenus insuffisants et le manque d’euthanasie.

Tous les problèmes humains de toujours, aussi bien psychologiques que sociaux ou purement matériels sont là, étroitement liés entre eux, avec toutes les interrogations morales (qu’est-ce que le bien et le mal ?) et métaphysiques y afférentes (que fait Dieu ?). Avec pour seul mais efficace remède, l’entraide, les ruses, le courage, la gaieté, la solidarité des humbles, des mal nés, des mal lotis, des malchanceux, en un mot des misérables.

Et en effet, on l’aura compris, l’auteur, Ajar aussi bien que Gary, écrit, comme d’habitude, Les Misérables de Victor Hugo, qui est l’autre Bible du sage Monsieur Hamil, la première étant naturellement le Coran. C’est du reste aussi le livre que Momo a l’intention d’écrire quand il sera grand, « car c’est ce qu’on écrit toujours quand on a quelque chose à dire ». La version d’Ajar écrite en 1975, en faisant intervenir, outre les nouveautés légales et médicales, immigration lointaine, Bois de Boulogne et conflit israélo-palestinien en supplément a simplement dépoussiéré l’« affaire homme », toujours à elle-même pareille.

Ce faisant, Ajar réécrit aussi La Promesse de l’aube (où apparaît l’expression précitée) avec tant de ressemblances qu’on s’étonne que personne ne les ait repérées à l’époque. En vrac, le couple central, femme âgée et jeune garçon, le secours qu’ils se donnent mutuellement, cette alliance des faiblesses qui est le début d’une force de résistance contre l’adversité. Le déclin de la mère, qui oblige le fils à grandir trop vite. Les escaliers que la mère n’arrive plus à monter. Le désir de voir un homme de leur âge se charger d’elles, ici M. Hamil, là Zaremba. Ou encore l’unique et même citation des Châtiments, déclamée là par Nina, ici par M. Hamil : « Waterloo, Waterloo, morne plaine ». Etc.

Manquent à Victor Hugo toutefois, sur le plan des thèmes, deux aspects majeurs du monde de Gary : la question juive, Hitler n’était pas encore passé par là, et la question identitaire, Freud non plus.

Être juif, ajoute à la misère une misère supplémentaire dont le souvenir pour ceux qui ont traversé la période hitlérienne reste plus présent, plus invasif et plus invalidant que tous les autres. Comme ailleurs chez Gary, comme dans La Promesse de l’aube, cette dimension est traitée à travers cette catégorie de l’humour noir qu’est l’humour juif, une façon de rire du malheur des Juifs passé, présent et à venir propre à ceux qui en ont été victimes. Cela affleure dans de simples jeux de mots. Ainsi « muet comme une carpe juive » ajoute mécaniquement au cliché du mutisme de l’animal, arbitraire du reste (en quoi un brochet ou une sardine, sans parler de maquereau, sont-ils plus bavards ?), un plat juif traditionnel et aussi, sans doute, la qualité particulière du silence des Juifs qui ont peur. Cela va jusqu’au gag du portrait d’Hitler qui devient un talisman miraculeux, capable de ressusciter de peur Madame Rosa en cas d’absence. Comprendre accident vasculaire. Sans cesse, un sens anodin peut recouvrir une allusion plus subtile. Ainsi, que l’on n’aille pas croire que l’unique Français de l’immeuble de Belleville est là par hasard ; chez Ajar on reste chez Gary. Est-il le survivant d’un temps où l’immeuble était aux Français ? Un alibi nécessaire, car tout de même on est en France, même à Belleville ? Sans doute, Gary ne dédaigne pas la provocation, comme on l’a vu dans Chien Blanc, mais ce qui importe le plus ici est, on en mettrait sa main au feu, qu’il est retraité de la SNCF. Car si, en dépit de toute sa bonne volonté, il terrifie Madame Rosa qui le prend pour l’ange de la mort, ce n’est pas sa faute, mais celle des trains, des wagons plombés convergeant vers les camps, Auschwitz, toujours ses souvenirs de jeunesse.

Quant aux problématiques identitaires déjà fréquentes dans les livres précédents elles se déploient et se démultiplient de plus en plus largement chez Ajar. Ce n’est pas un hasard non plus si Ramon (anagramme de Roman qui, lui, conteste les analyses de Freud), le mari de Nadine, est psychanalyste et si Momo se livre devant lui à une confession sauvage de toutes ses difficultés depuis son incompréhensible naissance. Son identité est sur tous les plans incertaine. Comme la plupart des autres enfants, il ne peut pas connaître son père, à cause de « la loi des grands nombres » et il a été privé tout petit de sa mère par la loi du rendement imposée aux prostituées. Il sait toutefois, racisme aidant, qu’il a une tête d’arabe, ce qui est vague, car rien qu’au Maghreb il y a quand même trois pays d’origine possibles. Son âge est fluctuant et à l’école on le refuse tantôt parce qu’il est trop jeune, tantôt parce qu’il est trop vieux. Ses habits, généralement volés, sont trop grands ou trop petits pour lui. Toute son identité repose sur un certificat de dépôt, comme il en est des objets dans les consignes des gares. Le reste dépend de la parole de Madame Rosa qui soit se tait (sur la mort de sa mère), soit dit la vérité qu’elle veut. Ainsi lors de la scène de non-reconnaissance paternelle, Momo est aussi bien Moïse que Mohammed, ce qui sur un plan général et de politique israélo-palestinienne est réconfortant, mais pas très structurant pour les enfants. De plus Madame Rosa, forte de l’histoire de l’Occupation et comme tout le monde à Belleville, possède tout un jeu de fausses cartes d’identité, pour elle et pour « ses » enfants. Entre silence et faux, Momo conclut : « C’est toujours la même chose avec moi. Rien ». Rien ni personne. Comme s’il y avait eu avortement.

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