Muriel Barbery - L'élégance du hérisson

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L'élégance du hérisson: краткое содержание, описание и аннотация

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« Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

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Or celle-ci, sans hésitation non plus, est indubitablement un Pieter Claesz.

— C’est une copie, dit derrière moi un M. Ozu que j’ai complètement oublié.

Faut-il que cet homme me fasse encore sursauter.

Je sursaute.

Je m’apprête, me ressaisissant, à dire quelque chose comme :

— C’est très joli, qui est à l’Art ce que pallier à est à la beauté de la langue.

Je m’apprête, dans la maîtrise retrouvée de mes moyens, à reprendre mon rôle de gardienne obtuse en poursuivant avec un :

— Qu’est-ce qu’on n’est pas capable de faire aujourd’hui (en réponse au : c’est une copie).

Et je m’apprête également à assener le coup fatal, dont les soupçons de M. Ozu ne se relèveront pas et qui assiéra pour toujours l’évidence de mon indignité :

— Ils sont bizarres, les verres.

Je me retourne.

Les mots :

— Une copie de quoi ? que je décide soudain être les plus appropriés se coincent dans ma gorge.

Au lieu de ça, je dis :

— Comme c’est beau.

10

Quelle congruence ?

D’où vient l’émerveillement que nous ressentons devant certaines œuvres ? L’admiration y naît au premier regard et si nous découvrons ensuite, dans la patiente obstination que nous mettons à en débusquer les causes, que toute cette beauté est le fruit d’une virtuosité qui ne se décèle qu’à scruter le travail d’un pinceau qui a su dompter l’ombre et la lumière et restituer en les magnifiant les formes et les textures — joyau transparent du verre, grain tumultueux des coquilles, velouté clair du citron —, cela ne dissipe ni n’explique le mystère de l’éblouissement premier.

C’est une énigme toujours renouvelée : les grandes œuvres sont des formes visuelles qui atteignent en nous à la certitude d’une intemporelle adéquation. L’évidence que certaines formes, sous l’aspect particulier que leur donnent leurs créateurs, traversent l’histoire de l’Art et, en filigrane du génie individuel, constituent autant de facettes du génie universel, a quelque chose de profondément troublant. Quelle congruence entre un Claesz, un Raphaël, un Rubens et un Hopper ? En dépit de la diversité des sujets, des supports et des techniques, en dépit de l’insignifiance et de l’éphémère d’existences toujours vouées à n’être que d’un seul temps et d’une seule culture, en dépit encore de l’unicité de tout regard, qui ne voit jamais que ce que sa constitution lui permet et souffre de la pauvreté de son individualité, le génie des grands peintres a percé jusqu’au cœur du mystère et a exhumé, sous diverses apparences, la même forme sublime que nous cherchons en toute production artistique. Quelle congruence entre un Claesz, un Raphaël, un Rubens et un Hopper ? L’œil y trouve sans avoir à la chercher une forme qui déclenche la sensation de l’adéquation, parce qu’elle apparaît à chacun comme l’essence même du Beau, sans variations ni réserve, sans contexte ni effort. Or, dans la nature morte au citron, irréductible à la maestria de l’exécution, faisant jaillir le sentiment de l’adéquation, le sentiment que c’est ainsi que cela devait être disposé , permettant de sentir la puissance des objets et de leurs interactions, de tenir dans son regard leur solidarité et les champs magnétiques qui les attirent ou les repoussent, le lien ineffable qui les tisse et engendre une force , cette onde secrète et inexpliquée qui naît des états de tension et d’équilibre de la configuration — faisant jaillir, donc, le sentiment de l’adéquation, la disposition des objets et des mets atteignait à cet universel dans la singularité : à l’intemporel de la forme adéquate.

11

Une existence sans durée

À quoi sert l’Art ? À nous donner la brève mais fulgurante illusion du camélia, en ouvrant dans le temps une brèche émotionnelle qui semble irréductible à la logique animale. Comment naît l’Art ? Il s’accouche de la capacité qu’a l’esprit à sculpter le domaine sensoriel. Que fait l’Art pour nous ? Il met en forme et rend visibles nos émotions et, ce faisant, leur appose ce cachet d’éternité que portent toutes les œuvres qui, au travers d’une forme particulière, savent incarner l’universalité des affects humains.

Le cachet de l’éternité... Quelle vie absente ces mets, ces coupes, ces tapis et ces verres suggèrent-ils à notre cœur ? Au-delà des bords du tableau, sans doute, le tumulte et l’ennui de la vie, cette incessante et vaine course harassée de projets — mais au-dedans, la plénitude d’un moment suspendu arraché au temps de la convoitise humaine. La convoitise humaine ! Nous ne pouvons cesser de désirer et cela même nous magnifie et nous tue. Le désir ! Il nous porte et nous crucifie, en nous conduisant chaque jour au champ de bataille où nous avons perdu la veille mais qui, dans le soleil, nous semble à nouveau un terrain de conquêtes, nous fait bâtir, alors que nous mourrons demain, des empires voués à devenir poussière, comme si le savoir que nous avons de leur chute prochaine n’importait pas à la soif de les édifier maintenant, nous insuffle la ressource de vouloir encore ce que nous ne pouvons posséder et nous jette au petit matin sur l’herbe jonchée de cadavres, nous pourvoyant jusqu’à notre mort en projets sitôt accomplis et sitôt renaissants. Mais il est si exténuant de désirer sans cesse... Nous aspirons bientôt à un plaisir sans quête, nous rêvons d’un état bienheureux qui ne commencerait ni ne finirait et où la beauté ne serait plus fin ni projet mais deviendrait l’évidence même de notre nature. Or, cet état, c’est l’Art. Car cette table, ai-je dû la dresser ? Ces mets, dois-je les convoiter pour les voir ? Quelque part, ailleurs , quelqu’un a voulu ce repas, a aspiré à cette transparence minérale et poursuivi la jouissance de caresser de sa langue le soyeux salé d’une huître au citron. Il a fallu ce projet, enchâssé dans cent autres, en faisant jaillir mille, cette intention de préparer et de savourer une agape de coquillages — ce projet de l’autre, au vrai, pour que le tableau prenne forme.

Mais lorsque nous regardons une nature morte, lorsque nous nous délectons sans l’avoir poursuivie de cette beauté qu’emporte avec elle la figuration magnifiée et immobile des choses, nous jouissons de ce que nous n’avons pas eu à convoiter, nous contemplons ce que nous n’avons pas eu à vouloir, nous chérissons ce que nous n’avons pas dû désirer. Alors la nature morte, parce qu’elle figure une beauté qui parle à notre désir mais est accouchée de celui d’un autre, parce qu’elle convient à notre plaisir sans entrer dans aucun de nos plans, parce qu’elle se donne à nous sans l’effort que nous la désirions, incarne-t-elle la quintessence de l’Art, cette certitude de l’intemporel. Dans la scène muette, sans vie ni mouvement, s’incarne un temps excepté de projets, une perfection arrachée à la durée et à sa lasse avidité — un plaisir sans désir, une existence sans durée, une beauté sans volonté.

Car l’Art, c’est l’émotion sans le désir.

Journal du mouvement du monde n° 5

Bougera bougera pas

Aujourd’hui, maman m’a emmenée chez son psy. Motif : je me cache. Voilà ce que m’a dit maman : « Ma chérie, tu sais bien que ça nous rend fous que tu te caches comme ça. Je pense que ce serait une bonne idée que tu viennes en discuter avec le docteur Theid, surtout après ce que tu as dit l’autre fois. » Et d’une, le docteur Theid n’est docteur que dans le petit cerveau perturbé de ma mère. Il n’est pas plus médecin ou titulaire d’une thèse que moi mais ça provoque manifestement chez maman une très grande satisfaction de dire « docteur », rapport à l’ambition qu’il a apparemment de la soigner mais en prenant son temps (dix ans). C’est juste un ancien gauchiste reconverti à la psychanalyse après quelques années d’études pas violentes à Nanterre et une rencontre providentielle avec un ponte de la Cause freudienne. Et de deux, je ne vois pas où est le problème. « Je me cache » n’est d’ailleurs pas vrai : je m’isole là où on ne peut pas me trouver. Je veux juste pouvoir écrire mes Pensées profondes et mon Journal du mouvement du monde en paix et, avant, je voulais seulement pouvoir penser tranquillement dans ma tête sans être perturbée par les débilités que ma sœur dit ou écoute à la radio ou sur sa chaîne, ou sans être dérangée par maman qui vient me susurrer : « Mamie est là, ma chérie, viens lui faire un bisou », ce qui est une phrase parmi les moins captivantes que je connaisse.

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