Albert Сamus - L’etranger

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Etranger sur la terre, etranger a lui-meme, Meursault le bien nomme pose les questions qui deviendront un leitmotiv dans l'oeuvre de Camus. De La Peste a La Chute, mais aussi dans ses pieces et dans ses essais, celui qui allait devenir Prix Nobel de litterature en 1957 ne cessera de s'interroger sur le sens de l'existence. Sa mort violente en 1960 contribua quelque peu a rendre mythique ce maitre a penser de toute une generation. --Karla Manuele

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C'est a l'aube qu'ils venaient, je le savais. En somme, j'ai occupe mes nuits a attendre cette aube. Je n'ai jamais aime etre surpris. Quand il m'arrive quelque chose, je prefere etre la. C'est pourquoi j'ai fini par ne plus dormir qu'un peu dans mes journees et, tout le long de mes nuits, j'ai attendu patiemment que la lumiere naisse sur la vitre du ciel. Le plus difficile, c'etait l'heure douteuse ou je savais qu'ils operaient d'habitude. Passe minuit, j'attendais et je guettais. Jamais mon oreille n'avait percu tant de bruits, distingue de sons si tenus. Je peux dire, d'ailleurs, que d'une certaine facon j'ai eu de la chance pendant toute cette periode, puisque je n'ai jamais entendu de pas. Maman disait souvent qu'on n'est jamais tout a fait malheureux. Je l'approuvais dans ma prison, quand le ciel se colorait et qu'un nouveau jour glissait dans ma cellule. Parce qu'aussi bien, j'aurais pu entendre des pas et mon c?ur aurait pu eclater. Meme si le moindre glissement me jetait a la porte, meme si, l'oreille collee au bois, j'attendais eperdument jusqu'a ce que j'entende ma propre respiration, effraye de la trouver rauque et si pareille au rale d'un chien, au bout du compte mon c?ur n'eclatait pas et j'avais encore gagne vingt-quatre heures.

Pendant tout le jour, il y avait mon pourvoi. Je crois que j'ai tire le meilleur parti de cette idee. Je calculais mes effets et j'obtenais de mes reflexions le meilleur rendement. Je prenais toujours la plus mauvaise supposition : mon pourvoi etait rejete. «Eh bien, je mourrai donc.» Plus tot que d'autres, c'etait evident. Mais tout le monde sait que la vie ne vaut pas la peine d'etre vecue. Dans le fond, je n'ignorais pas que mourir a trente ans ou a soixante-dix ans importe peu puisque, naturellement, dans les deux cas, d'autres hommes et d'autres femmes vivront, et cela pendant des milliers d'annees. Rien n'etait plus clair, en somme. C'etait toujours moi qui mourrais, que ce soit maintenant ou dans vingt ans. A ce moment, ce qui me genait un peu dans mon raisonnement, c'etait ce bond terrible que je sentais en moi a la pensee de vingt ans de vie a venir. Mais je n'avais qu'a l'etouffer en imaginant ce que seraient mes pensees dans vingt ans quand il me faudrait quand meme en venir la. Du moment qu'on meurt, comment et quand, cela n'importe pas, c'etait evident. Donc (et le difficile c'etait de ne pas perdre de vue tout ce que ce «donc» representait de raisonnements), donc, je devais accepter le rejet de mon pourvoi.

A ce moment, a ce moment seulement, j'avais pour ainsi dire le droit, je me donnais en quelque sorte la permission d'aborder la deuxieme hypothese: j'etais gracie. L'ennuyeux, c'est qu'il fallait rendre moins fougueux cet elan du sang et du corps qui me piquait les yeux d'une joie insensee. Il fallait que je m'applique a reduire ce cri, a le raisonner. Il fallait que je sois naturel meme dans cette hypothese, pour rendre plus plausible ma resignation dans la premiere. Quand j'avais reussi, j'avais gagne une heure de calme. Cela, tout de meme, etait a considerer.

C'est a un semblable moment que j'ai refuse une fois de plus de recevoir l'aumonier. J'etais etendu et je devinais l'approche du soir d'ete a une certaine blondeur du ciel. Je venais de rejeter mon pourvoi et je pouvais sentir les ondes de mon sang circuler regulierement en moi. Je n'avais pas besoin de voir l'aumonier. Pour la premiere fois depuis bien longtemps, j'ai pense a Marie. Il y avait de longs jours qu'elle ne m'ecrivait plus. Ce soir-la, j'ai reflechi et je me suis dit qu'elle s'etait peut-etre fatiguee d'etre la maitresse d'un condamne a mort. L'idee m'est venue aussi qu'elle etait peut-etre malade ou morte. C'etait dans l'ordre des choses. Comment l'aurais-je su puisqu'en dehors de nos deux corps maintenant separes, rien ne nous liait et ne nous rappelait l'un a l'autre. A partir de ce moment, d'ailleurs, le souvenir de Marie m'aurait ete indifferent. Morte, elle ne m'interessait plus. Je trouvais cela normal comme je comprenais tres bien que les gens m'oublient apres ma mort. Ils n'avaient plus rien a faire avec moi. Je ne pouvais meme pas dire que cela etait dur a penser.

C'est a ce moment precis que l'aumonier est entre. Quand je l'ai vu, j'ai eu un petit tremblement. Il s'en est apercu et m'a dit de ne pas avoir peur. Je lui ai dit qu'il venait d'habitude a un autre moment. Il m'a repondu que c'etait une visite tout amicale qui n'avait rien a voir avec mon pourvoi dont il ne savait rien. Il s'est assis sur ma couchette et m'a invite a me mettre pres de lui. J'ai refuse. Je lui trouvais tout de meme un air tres doux.

Il est reste un moment assis, les avant-bras sur les genoux, la tete baissee, a regarder ses mains. Elles etaient fines et musclees, elles me faisaient penser a deux betes agiles. Il les a frottees lentement l'une contre l'autre. Puis il est reste ainsi, la tete toujours baissee, pendant si longtemps que j'ai eu l'impression, un instant, que je l'avais oublie.

Mais il a releve brusquement la tete et m'a regarde en face: «Pourquoi, m'a-t-il dit, refusez-vous mes visites?» J'ai repondu que je ne croyais pas en Dieu. Il a voulu savoir si j'en etais bien sur et j'ai dit que je n'avais pas a me le demander: cela me paraissait une question sans importance. Il s'est alors renverse en arriere et s'est adosse au mur, les mains a plat sur les cuisses. Presque sans avoir l'air de me parler, il a observe qu'on se croyait sur, quelquefois, et, en realite, on ne l'etait pas. Je ne disais rien. Il m'a regarde et m'a interroge: «Qu'en pensez-vous?» J'ai repondu que c'etait possible. En tout cas, je n'etais peut-etre pas sur de ce qui m'interessait reellement, mais j'etais tout a fait sur de ce qui ne m'interessait pas. Et justement, ce dont il me parlait ne m'interessait pas.

Il a detourne les yeux et, toujours sans changer de position, m'a demande si je ne parlais pas ainsi par exces de desespoir. Je lui ai explique que je n'etais pas desespere. J'avais seulement peur, c'etait bien naturel. «Dieu vous aiderait alors, a-t-il remarque. Tous ceux que j'ai connus dans votre cas se retournaient vers lui.» J'ai reconnu que c'etait leur droit. Cela prouvait aussi qu'ils en avaient le temps. Quant a moi, je ne voulais pas qu'on m'aidat et justement le temps me manquait pour m'interesser a ce qui ne m'interessait pas.

A ce moment, ses mains ont eu un geste d'agacement, mais il s'est redresse et a arrange les plis de sa robe. Quand il a eu fini, il s'est adresse a moi en m'appelant «mon ami»: s'il me parlait ainsi ce n'etait pas parce que j'etais condamne a mort; a son avis, nous etions tous condamnes a mort. Mais je l'ai interrompu en lui disant que ce n'etait pas la meme chose et que, d'ailleurs, ce ne pouvait etre, en aucun cas, une consolation. «Certes, a-t-il approuve. Mais vous mourrez plus tard si vous ne mourez pas aujourd'hui. La meme question se posera alors. Comment aborderez-vous cette terrible epreuve?» J'ai repondu que je l'aborderais exactement comme je l'abordais en ce moment.

Il s'est leve a ce mot et m'a regarde droit dans les yeux. C'est un jeu que je connaissais bien. Je m'en amusais souvent avec Emmanuel ou Celeste et, en general, ils detournaient leurs yeux. L'aumonier aussi connaissait bien ce jeu, je l'ai tout de suite compris: son regard ne tremblait pas. Et sa voix non plus n'a pas tremble quand il m'a dit: «N'avez-vous donc aucun espoir et vivez-vous avec la pensee que vous allez mourir tout entier? – Oui», ai-je repondu.

Alors, il a baisse la tete et s'est rassis. Il m'a dit qu'il me plaignait. Il jugeait cela impossible a supporter pour un homme. Moi, j'ai seulement senti qu'il commencait a m'ennuyer. Je me suis detourne a mon tour et je suis alle sous la lucarne. Je m'appuyais de l'epaule contre le mur. Sans bien le suivre, j'ai entendu qu'il recommencait a m'interroger. Il parlait d'une voix inquiete et pressante. J'ai compris qu'il etait emu et je l'ai mieux ecoute.

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