Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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«Mais si dans ma démarche qui n'est ni vraie ni fausse — il n'est point de pas que tu puisses nier puisqu'ils sont — je t'entraîne là d'où la vérité est nouvelle, alors tu ne me remarques point comme créateur et je ne suis pour toi ni pittoresque ni brillant ni paradoxal, les pas étaient simples et se succédaient simplement et je ne suis point cause critiquable de ce que, vue d'ici, l'étendue augmente ton cœur, ou de ce que la femme soit plus belle, puisqu'il est vrai que vue d'ici cette femme est plus émouvante, comme l'étendue est plus vaste. Mon acte domine et ne s'inscrit point dans les traces, dans les reflets ni dans les signes, et, de ne les y point retrouver tu ne peux lutter contre moi. Alors seulement je suis créateur et vrai poète. Car le créateur ou le poète n'est point celui qui invente ou démontre, mais celui qui fait devenir.

«Et toujours il s'agit, si l'on crée, d'absorber des contradictions. Car rien n'est ni clair ni obscur, ni incohérent ni cohérent, ni complexe ni simple en dehors de l'homme. Tout est, tout simplement. Et quand tu veux t'y débrouiller avec ton maladroit langage et penser ton acte à venir, alors tu ne peux rien saisir qui ne te soit contradictoire. Mais je viens avec mon pouvoir qui n'est pas de te rien démontrer selon ton langage, car elles sont sans issue les contradictions qui te déchirent. Ni te montrer la fausseté de ton langage, car il n'est point faux mais incommode. Mais simplement de t'amener dans une promenade où les pas se suivent l'un l'autre, t'asseoir sur la montagne d'où sont résolus tes litiges et te laisser toi-même en faire ta vérité.»

LXXIII

Me vint donc le goût de la mort:

«Donnez-moi la paix des étables, disais-je à Dieu, des choses rangées, des moissons faites. Laissez-moi être, ayant achevé de devenir. Je suis fatigué des deuils de mon cœur. Je suis trop vieux pour recommencer toutes mes branches. J'ai perdu, l'un après l'autre, mes amis et mes ennemis et s'est faite une lumière sur ma route de loisir triste. Je me suis éloigné, je suis revenu, j'ai regardé: j'ai retrouvé les hommes autour du veau d'or non intéressés mais stupides. Et les enfants qui naissent aujourd'hui me sont plus étrangers que de jeunes barbares sans religion. Je suis lourd de trésors inutiles comme d'une musique qui jamais plus ne sera comprise.

«J'ai commencé mon œuvre avec ma hache de bûcheron dans la forêt et j'étais ivre du cantique des arbres. Ainsi faut-il s'enfermer dans une tour pour être juste. Mais maintenant que de trop près j'ai vu les hommes, je suis las.

«Apparais-moi, Seigneur, car tout est dur lorsque l'on perd le goût de Dieu.»

Me vint un songe après le grand enthousiasme.

Car j'étais entré vainqueur dans la ville, et la foule se répandit dans une saison d'oriflammes, criant et chantant à mon passage. Et les fleurs nous faisaient un lit pour notre gloire. Mais Dieu ne m'envahit que d'un seul sentiment amer. J'étais le prisonnier, me semblait-il, d'un peuple débile.

Car cette foule qui fait ta gloire te laisse d'abord tellement seul! Ce qui se donne à toi se sépare de toi car il n'est point de passerelle de toi en l'autre sinon par le chemin de Dieu. Et ceux-là seuls me sont compagnons véritables qui se prosternent avec moi dans la prière. Confondus dans la même mesure et grains du même épi en vue du pain. Mais ceux-là m'adoraient et faisaient en moi le désert, car je ne sais point respecter qui se trompe et je ne puis pas consentir à cette adoration de moi-même. Je n'en sais recevoir l'encens car je ne me jugerai point d'après les autres et je suis fatigué de moi qui suis lourd à porter et qui ai besoin, pour entrer en Dieu, de me dévêtir de moi-même. Alors ceux-là qui m'encensaient me faisaient triste et désert comme un puits vide quand le peuple a soif et se penche. N'ayant rien à donner qui valût la peine et, de ceux-là, puisqu'ils se prosternaient en moi, n'ayant plus rien à recevoir.

Car j'ai besoin de celui-là d'abord qui est fenêtre ouverte sur la mer et non miroir où je m'ennuie.

Et de cette foule-là, les morts seuls, qui ne s'agitaient plus pour des vanités, me paraissaient dignes.

Alors me vint ce songe, les acclamations m'ayant lassé comme un bruit vide qui ne pouvait plus m'instruire.

Un chemin escarpé et glissant surplombait la mer. L'orage avait crevé et la nuit coulait comme une outre pleine. Obstiné, je montais vers Dieu pour lui demander la raison des choses, et me faire expliquer où conduisait l'échange que l'on avait prétendu m'imposer.

Mais au sommet de la montagne je ne découvris qu'un bloc pesant de granit noir — lequel était Dieu.

«C'est bien Lui, me disais-je, immuable et incorruptible», car j'espérais encore ne point me renfoncer dans la solitude.

«Seigneur, Lui dis-je, instruisez-moi. Voici que mes amis, mes compagnons et mes sujets ne figurent plus pour moi que pantins sonores. Je les tiens dans la main et les meus à mon gré. Et ce n'est point qu'ils m'obéissent qui me tourmente, car il est bon que ma sagesse descende en eux. Mais qu'ils soient devenus ce reflet de miroir qui me fait plus seul qu'un lépreux. Si je ris, ils rient. Si je me tais, ils s'assombrissent. Et ma parole que je connais les emplit comme le vent les arbres. Et je suis seul à les emplir. Il n'est plus d'échange pour moi car dans cette audience démesurée je n'entends plus que ma propre voix qu'ils me renvoient comme les échos glacés d'un temple. Pourquoi l'amour m'épouvante-t-il et qu'ai-je à attendre de cet amour qui n'est que multiplication de moi-même?»

Mais le bloc de granit ruisselant d'une pluie luisante me demeurait impénétrable.

«Seigneur, lui dis-je, car il était sur une branche voisine un corbeau noir, je comprends bien qu'il soit de Ta majesté de Te taire. Cependant, j'ai besoin d'un signe. Quand je termine ma prière, Tu ordonnes à ce corbeau de s'envoler. Alors ce sera comme le clin d'œil d'un autre que moi et je ne serai plus seul au monde. Je serai noué à Toi par une confidence, même obscure. Je ne demande rien sinon qu'il me soit signifié qu'il est peut-être quelque chose à comprendre.»

Et j'observais le corbeau. Mais il se tint immobile. Alors je m'inclinai vers le mur.

«Seigneur, lui dis-je, Tu as certes raison. Il n'est point de Ta majesté de Te soumettre à mes consignes. Le corbeau s'étant envolé, je me fusse attristé plus fort. Car un seul signe je ne l'eusse reçu que d'un égal, donc encore de moi-même, reflet encore de mon désir. Et de nouveau je n'eusse rencontré que ma solitude.»

Donc, m'étant prosterné, je revins sur mes pas.

Mais il se trouva que mon désespoir faisait place à une sérénité inattendue et singulière. J'enfonçais dans la boue du chemin, je m'écorchais aux ronces, je luttais contre le fouet des rafales et cependant se faisait en moi une sorte de clarté égale. Car je ne savais rien mais il n'était rien que j'eusse pu connaître sans écœurement. Car je n'avais point touché Dieu, mais un dieu qui se laisse toucher n'est plus un dieu. Ni s'il obéit à la prière. Et pour la première fois, je devinais que la grandeur de la prière réside d'abord en ce qu'il n'y est point répondu et que n'entre point dans cet échange la laideur d'un commerce. Et que l'apprentissage de la prière est l'apprentissage du silence. Et que commence l'amour là seulement où il n'est plus de don à attendre. L'amour d'abord est exercice de la prière et la prière exercice du silence.

Et je revins parmi mon peuple, pour la première fois l'enfermant dans le silence de mon amour. Et provoquant ainsi ses dons jusqu'à la mort. Ivres qu'ils étaient de mes lèvres closes. J'étais berger, tabernacle de leur cantique et dépositaire de leurs destinées, maître de leurs biens et de leurs vies et cependant plus pauvre qu'eux et plus humble dans mon orgueil qui ne se laissait point fléchir. Sachant bien qu'il n'était rien là à recevoir. Simplement ils devenaient en moi et leur cantique se fondait dans mon silence. Et par moi, eux et moi, n'étions plus que prière qui se fondait dans le silence de Dieu.

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