Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

Здесь есть возможность читать онлайн «Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

CITADELLE: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «CITADELLE»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

CITADELLE — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «CITADELLE», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

«On découvrit une fois les traces d'un homme qui, ayant à l'aube quitté sa tente en direction de la mer, marcha jusqu'à la falaise qui était verticale et se laissa choir. Il était là des logiciens qui se penchèrent sur les signes et connurent la vérité. Car aucun chaînon ne manquait à la chaîne des événements. Les pas se succédaient les uns aux autres, il n'en était aucun que le précédent n'autorisât. En remontant les pas de conséquence à cause on ramenait le mort vers sa tente. En descendant les pas de cause à conséquence on le renforçait dans sa mort.

— Nous avons tout compris», s'écrièrent les logiciens qui, les uns les autres, se congratulèrent.

Et moi j'estimais que comprendre c'eût été connaître, comme il se trouvait que je connusse, un certain sourire plus fragile qu'une eau dormante puisqu'il eût suffi d'une simple pensée pour le ternir, et qui peut-être en cet instant n'existait point puisque d'un visage endormi, et qui justement n'était point d'ici mais de la tente d'un étranger située à cent jours de marche.

Car la création est d'une autre essence que l'objet créé, s'évade des marques qu'elle laisse derrière elle, et ne se lit jamais dans aucun signe. Toujours ces marques, toujours ces traces et toujours ces signes tu les découvriras qui découlent les uns des autres. Car l'ombre de toute création sur le mur des réalités est logique pure. Mais cette découverte évidente n'empêchera point que tu sois stupide.

Comme ils n'étaient point convaincus je poursuivis dans ma bonté pour les instruire:

«Il était une fois un alchimiste qui étudiait les mystères de la vie. Il se fit que de ses cornues, de ses alambics, de ses drogues il retira un minuscule fragment de pâte vivante. Les logiciens donc accoururent. Ils recommencèrent l'expérience, mêlèrent les drogues, soufflèrent le feu sous les cornues et dégagèrent une autre cellule de chair. Et ils s'en furent en proclamant qu'il n'était plus de mystère de la vie. La vie n'était que conséquence naturelle de cause en effet et d'effet en cause, de l'action du feu sur les drogues et des drogues les unes sur les autres, lesquelles ne sont point d'abord vivantes. Les logiciens comme toujours avaient parfaitement compris. Car la création est d'une autre essence que l'objet créé qu'elle domine, ne laisse point de traces dans les signes. Et le créateur s'évade toujours de sa création. Et la trace qu'il laisse est logique pure. Et moi, plus humblement, je fus m'instruire auprès du géomètre mon ami: «Que vois-tu là, dit-il, de neuf sinon que la vie ensemence la vie?» La vie ne fût point apparue sans la conscience de l'alchimiste, lequel, à ma connaissance, vivait. On l'oublie car, comme toujours, il s'est retiré de sa création. Ainsi toi-même quand tu as conduit l'autre sur le sommet de ta montagne d'où sont ordonnés les problèmes, cette montagne devient vérité en dehors de toi qui le laisses seul. Et nul ne se demande d'où vient que tu aies choisi cette montagne puisque simplement on s'y trouve et qu'il faut bien que l'on soit quelque part.»

Mais comme ils murmuraient, car les logiciens ne sont point logiques:

«Prétentieux que vous êtes, leur dis-je, qui suivez la danse des ombres sur les murs avec l'illusion de connaître, qui lisez pas à pas les propositions de géométrie sans concevoir qu'il fut quelqu'un qui marcha pour les établir, qui lisez les traces dans le sable sans découvrir qu'il fut quelqu'un ailleurs qui refusa d'aimer, qui lisez l'ascension de la vie à partir des matériaux sans connaître qu'il fut quelqu'un qui réfuta et qui choisit, ne venez pas auprès de moi, vous les esclaves, armés de votre marteau à clous, feindre d'avoir conçu et lancé le navire.

«Celui-là qui était seul de son espèce et qui est mort, je l'eusse certes assis à mes côtés s'il l'eût souhaité afin qu'auprès de moi il gouvernât les hommes. Car celui-là venait de Dieu. Et son langage savait me découvrir cette bien-aimée lointaine qui, n'étant point de l'essence du sable, n'y était point d'emblée possible à lire.

«De mélanges possibles en nombre infini il savait élire celui-là que nulle réussite ne distinguait encore et qui cependant seul conduisait quelque part. Quand, faute de fil conducteur dans le labyrinthe des montagnes, nul ne peut progresser par déduction, car ton chemin tu connais qu'il échoue à l'instant seulement où se montre l'abîme, et qu'ainsi le versant opposé est encore ignoré des hommes, alors parfois se propose ce guide qui, comme s'il revenait de là-bas, te trace la route. Mais une fois parcourue, cette route demeure tracée et t'apparaît comme évidente. Et tu oublies le miracle d'une démarche qui fut semblable à un retour.»

LXXIX

Vint celui-là qui contredit mon père: «Le bonheur des hommes…», disait-il. Mon père lui coupa la parole:

«Ne prononce point ce mot chez moi. Je goûte les mots qui portent en eux leur poids d'entrailles, mais rejette les écorces vides.

— Cependant, lui dit l'autre, si toi, chef d'un empire, tu ne te préoccupes point le premier du bonheur des hommes…

— Je ne me préoccupe point, répondit mon père, de courir après le vent pour en faire des provisions, car, si je le tiens immobile, le vent n'est plus.

— Mais, dit l'autre, si j'étais le chef d'un empire, je souhaiterais que les hommes fussent heureux…

— Ah! dit mon père, ici je t'entends mieux. Ce mot-là n'est point creux. J'ai connu, en effet, des hommes malheureux et des hommes heureux. J'ai connu aussi des hommes gras ou maigres, malades ou sains, vivants ou morts. Et moi aussi je souhaite que les hommes soient heureux, de même que je les souhaite vivants plutôt que morts. Encore qu'il faut bien que les générations s'en aillent.

— Nous sommes donc d'accord, s'écria l'autre.

— Non», dit mon père. Il songea, puis:

«Car quand tu parles de bonheur, ou bien tu parles d'un état de l'homme qui est d'être heureux comme d'être sain, et je n'ai point d'action sur cette ferveur des sens, ou bien tu parles d'un objet saisissable que je puis souhaiter de conquérir. Et où donc est-il?

«Tel homme est heureux dans la paix, tel autre est heureux dans la guerre, tel souhaite la solitude où il s'exalte, tel autre a besoin pour s'en exalter des cohues de fête, tel demande ses joies aux méditations de la science, laquelle est réponse aux questions posées, l'autre, sa joie, la trouve en Dieu en qui nulle question n'a plus de sens.

«Si je voulais paraphraser le bonheur je te dirais peut-être qu'il est pour le forgeron de forger, pour le marin de naviguer, pour le riche de s'enrichir, et ainsi je n'aurais rien dit qui t'apprît quelque chose. Et d'ailleurs le bonheur parfois serait pour le riche de naviguer, pour le forgeron de s'enrichir et pour le marin de ne rien faire. Ainsi t'échappe ce fantôme sans entrailles que vainement tu prétendais saisir.

«Si tu veux comprendre le mot, il faut l'entendre comme récompense et non comme but, car alors il n'a point de signification. Pareillement je sais qu'une chose est belle, mais je refuse la beauté comme un but. As-tu entendu le sculpteur te dire: «De cette pierre je dégagerai la beauté?» Ceux-là se dupent de lyrisme creux qui sont sculpteurs de pacotille. L'autre, le véritable, tu l'entendras te dire: «Je cherche à tirer de la pierre quelque chose qui ressemble à ce qui pèse en moi. Je ne sais point le délivrer autrement qu'en taillant.» Et, que le visage devenu soit lourd et vieux, ou qu'il montre un masque difforme, ou qu'il soit jeunesse endormie, si le sculpteur est grand tu diras de même que l'œuvre est belle. Car la beauté non plus n'est point un but mais une récompense.

«Et lorsque je t'ai dit plus haut que le bonheur serait pour le riche de s'enrichir, je t'ai menti. Car il s'agit du feu de joie qui couronnera quelque conquête, ce seront ses efforts et sa peine qui se trouveront récompensés. Et si la vie qui s'étale devant lui apparaît pour un instant comme enivrante, c'est au titre où t'emplit de joie le paysage entrevu du haut des montagnes quand il est construction de tes efforts.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «CITADELLE»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «CITADELLE» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Antoine de Saint-Exupéry - Terre Des Hommes
Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry - Courrier Sud
Antoine de Saint-Exupéry
libcat.ru: книга без обложки
Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry - Le Petit Prince
Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupery - The Little Prince
Antoine de Saint-Exupery
Antoine Saint-Exupéry - El Principito
Antoine Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry - Pilote de guerre
Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry - Der kleine Prinz
Antoine de Saint-Exupéry
Отзывы о книге «CITADELLE»

Обсуждение, отзывы о книге «CITADELLE» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.