Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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LXXIV
Car je les ai vus pétrir leur glaise. Leur femme vient, les touche à l'épaule, c'est l'heure du repas. Mais ils la renvoient aux écuelles, attachés qu'ils sont à leur œuvre. Puis vient la nuit et, dans la pâleur des lampes à huile, tu les retrouves qui cherchent dans la pâte une forme qu'ils ne sauraient dire. Et peu s'éloignent s'ils sont fervents car elle tient à eux comme un fruit à l'arbre. Ils sont tronc de sève pour la nourrir. Ils ne lâcheront point leur œuvre qu'elle ne se détache d'elle-même comme un fruit qui est devenu. Où as-tu vu, à l'instant qu'ils s'épuisent, que compte pour eux l'argent gagné ou les honneurs ou le destin final de leur objet? Ils ne travaillent jamais dans l'instant du travail, ni pour les marchands ni pour eux-mêmes, mais pour l'urne de terre et la courbure de son anse. C'est pour une figure qu'ils veillent, laquelle lentement satisfait leur cœur, de même que vient à la femme l'amour maternel dans la mesure où l'enfant pétri lui remue au ventre.
Mais si je vous rassemble pour tous ensemble vous soumettre à la grande urne que je bâtis au cœur des cités pour qu'elles soient, au grenier de silence du temple, alors il est bon que dans son ascension il tire de vous quelque chose et que vous le puissiez aimer. Il est bon que je vous contraigne de bâtir, d'un voilier qui ira sur la mer, la coque, les ponts et la mâture, puis que dans un beau jour, comme un jour de mariage, je vous le fasse habiller de voiles et offrir à la mer.
Alors le bruit de vos marteaux sera cantique, votre sueur et vos ahans! seront ferveur. Et votre lancée du navire sera geste miraculeux car vous aurez fleuri les eaux.
LXXV
C'est pourquoi l'unité de l'amour je la développe en colonnes diverses et en coupoles et en sculptures pathétiques. Car l'unité, si je l'exprime, à l'infini je la diversifie. Et tu n'as point le droit de te scandaliser.
Seul compte l'absolu qui provient de la foi, de la ferveur ou du désir. Car une est la marche en avant du navire, mais il se trouve qu'il collabore, celui-là qui affûte un ciseau, lave à eau de mousse les planches du pont, grimpe dans le mât ou huile l'éclisse.
Or, ce désordre vous tourmente car il vous semble que si les hommes se soumettaient aux mêmes gestes et tiraient dans le même sens ils y gagneraient en puissance. Mais je réponds: la clef de voûte, s'il est question de l'homme, ne réside point dans les traces visibles. Il faut s'élever pour la découvrir. Et de même qu'à mon sculpteur tu ne reproches point d'avoir, pour atteindre et saisir l'essence, simplifié jusqu'à l'extrême, mais usé de signes divers tels que des lèvres, des yeux, des rides et de la chevelure, car il lui fallait structure d'un filet pour saisir sa proie — filet grâce à quoi, si tu ne demeures pas myope et le nez contre, rentrera en toi telle mélancolie qui est une et te fera autrement devenir — de même ne me reproche point de ne point m'inquiéter de tel désordre dans mon empire. Car cette communauté des hommes, ce nœud du tronc qui pousse des branches diverses, cette unité que je désire d'abord atteindre et qui est sens de mon empire, il faut, quand tu te perds dans l'observation des équipes qui tirent autrement leurs cordages, t'éloi-gner un peu pour la découvrir. Et tu ne verras plus que navire en marche sur la mer.
Et par contre, si je communique à mes hommes l'amour de la marche sur la mer, et que chacun d'eux soit ainsi en pente à cause d'un poids dans le cœur, alors tu les verras bientôt se diversifier selon leurs mille qualités particulières. Celui-là tissera des toiles, l'autre dans la forêt par l'éclair de sa hache couchera l'arbre. L'autre, encore, forgera des clous, et il en sera quelque part qui observeront les étoiles afin d'apprendre à gouverner. Et tous cependant ne seront qu'un. Créer le navire ce n'est point tisser les toiles, forger les clous, lire les astres, mais bien donner le goût de la mer qui est un, et à la lumière duquel il n'est plus rien qui soit contradictoire mais communauté dans l'amour.
C'est pourquoi toujours je collabore, ouvrant les bras à mes ennemis pour qu'ils m'augmentent, sachant qu'il est une altitude d'où le combat me ressemblerait à l'amour.
Créer le navire, ce n'est point le prévoir en détail. Car si je bâtis les plans du navire, à moi tout seul, dans sa diversité, je ne saisirai rien qui vaille la peine. Tout se modifiera en venant au jour et d'autres que moi peuvent s'employer à ces inventions. Je n'ai point à connaître chaque clou du navire. Mais je dois apporter aux hommes la pente vers la mer.
Et plus je grandis à la façon de l'arbre, plus je me noue en profondeur. Et ma cathédrale, qui est une, est issue de ce que celui-là qui est plein de scrupules sculpte un visage de remords, de ce que cet autre qui sait se réjouir se réjouit et sculpte un sourire. De ce que celui-là qui est résistant me résiste, de ce que celui-là qui est fidèle demeure fidèle. Et n'allez point me reprocher d'avoir accepté le désordre et l'indiscipline, car la seule discipline que je reconnaisse est celle du cœur qui domine, et quand vous entrerez dans mon temple vous serez saisi par son unité et la majesté de son silence, et quand vous y verrez côte à côte se prosterner le fidèle et le réfractaire, le sculpteur et le polisseur de colonnes, le savant et le simple, le joyeux et le triste, n'allez point me dire qu'ils sont exemples d'incohérence car ils sont un par la racine, et le temple, à travers eux, est devenu, ayant trouvé à travers eux toutes les voies qui lui furent nécessaires.
Mais celui-là se trompe qui crée un ordre de surface, ne sachant dominer d'assez haut pour découvrir le temple, le navire ou l'amour et, en place d'un ordre véritable, fonde une discipline de gendarmes où chacun tire dans le même sens et allonge le même pas. Car si chacun de tes sujets ressemble à l'autre tu n'as point atteint l'unité, car mille colonnes identiques ne créent qu'un stupide effet de miroirs et non un temple. Et la perfection de ta démarche serait, de ces mille sujets, de les massacrer tous sauf un seul.
L'ordre véritable c'est le temple. Mouvement du cœur de l'architecte qui noue comme une racine la diversité des matériaux et qui exige pour être un, durable et puissant, cette diversité même.
Il ne s'agit point de t'offusquer de ce que l'un diffère de l'autre, de ce que les aspirations de l'un s'opposent aux aspirations de l'autre, de ce que le langage de l'un ne soit point le langage de l'autre, il s'agit de t'en réjouir, car si te voilà créateur tu bâtiras un temple de portée plus haute qui sera leur commune mesure.
Mais je dis aveugle celui-là qui s'imagine créer s'il démonte la cathédrale et aligne dans l'ordre par rang de taille les pierres l'une après l'autre.
LXXVI
Ne t'inquiète donc point des cris que soulèvera ta parole car une vérité nouvelle est une structure nouvelle offerte d'emblée (et non une proposition évidente dont l'on puisse progresser de conséquence en conséquence) et chaque fois que tu signifieras un élément de ton visage on t'objectera que dans l'autre visage cet élément jouait un rôle différent et d'abord l'on ne comprendra point que tu paraisses et te contredire et contredire.
Mais tu diras: «Voulez-vous accepter de mourir à vous-mêmes, d'oublier et d'assister sans résister à ma création nouvelle? Ainsi seulement pourrez-vous muer, vous étant fermés en chrysalides. Et vous me direz, expérience faite, si vous n'êtes point plus clairs, plus paisibles et plus vastes.»
Car il n'est point de proche en proche, plus que de la statue que je taille, de vérité qui se démontre. Mais elle est une, et ne se voit qu'une fois faite. Et même ne se remarque point car on s'y trouve. Et la vérité de ma vérité c'est l'homme qui en sort.
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