Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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«Certes, ces moisissures tristes d'un marais, les voilà heureuses, me dit-il. Et propres et calmes et rassurées…»

Et cependant l'une après l'autre disparut et revint au cloaque.

«Car, me dit mon père, c'est leur misère qu'elles ont pleurée. Non par goût stupide de la misère contre le bonheur, mais parce que l'homme va d'abord vers sa propre densité. Et il se trouve que la maison dorée et la dentelle et les fruits frais sont récréation et jeu et loisir. Mais qu'elles n'en pouvaient faire leur existence, et qu'elles s'ennuyaient. Car long est l'apprentissage de la lumière, de la propreté et de la dentelle, s'il doit cesser d'être spectacle rafraîchissant pour se transformer en réseau de liens et en obligation et en exigence. Elles recevaient mais ne donnaient rien. Et voilà qu'elles ont regretté, non parce qu'amères, mais quoique amères, les heures lourdes de leurs attentes et le regard posé sur le carré noir de la porte où d'heure en heure s'encadre un cadeau de la nuit, têtu et plein de haine. Elles ont regretté le léger vertige qui les remplissait d'un poison vague, quand le soldat ayant poussé la porte, les regardait, comme on regarde la bête marquée, fixant des yeux la gorge… Car il arrivait que l'un d'eux trouait l'une d'elles comme une outre d'un poignard qui fait le silence, afin de déterrer, sous quelques briques, ou quelques tuiles, les pièces d'argent de leur capital.

«Voici qu'elles regrettaient le bouge sordide où elles se retrouvaient entre elles, à l'heure où le quartier réservé se ferme enfin selon l'ordre des ordonnances et où, buvant leur thé ou calculant leur gain, elles s'injuriaient l'une l'autre et se faisaient prédire l'avenir dans le creux de leurs mains obscènes. Et peut-être leur prédisait-on cette même maison et ces fleurs grimpantes habitées alors par plus dignes qu'elles. Et le merveilleux d'une telle maison construite en rêve est qu'elle abrite, au lieu de soi, un soi-même transfiguré. Ainsi du voyage qui te doit changer. Mais si je t'enferme dans ce palais, c'est toi qui y traînes tes vieux désirs, tes vieilles rancœurs, tes vieux dégoûts, c'est toi qui y boites si tu boitais, car il n'est point pour te transfigurer de formule magique. Je ne puis que lentement, à force de contraintes et de souffrances, t'obliger de muer pour te faire devenir. Mais celle-là n'a point mué qui se réveille dans ce cadre simple et pur et qui y bâille et qui, n'étant plus menacée par les coups, rentre sans objet désormais la tête dans les épaules quand on frappe à la porte, et qui, si l'on frappe encore, espère également sans objet car il n'est plus de cadeaux de la nuit. N'étant plus lasses de leurs nuits fétides elles ne goûtent plus la délivrance du petit jour. Leur destinée peut être désormais souhaitable mais elles y ont perdu de posséder au gré de prédictions changeantes une destinée pour chaque soir, vivant ainsi dans l'avenir une vie plus merveilleuse qu'il n'y en eut jamais. Et voici qu'elles ne savent plus quoi faire de leurs brusques colères, fruits d'une vie sordide et malsaine, mais qui leur reviennent malgré elles, comme à ces animaux retirés des rivages ces contractions qui les ferment longtemps encore sur eux-mêmes à l'heure des marées. Quand ces colères leur viennent il n'est plus d'injustice contre quoi crier et les voilà tout à coup semblables à ces mères d'un enfant mort en qui remonte un lait qui ne servira point.

«Car l'homme, je te le dis, cherche sa propre densité et non pas son bonheur.»

LXIX

Me vint encore l'image du temps gagné, car je demande: «Au nom de quoi?» Et voici que l'autre me répond: «Au nom de sa culture.» Comme si elle pouvait être exercice vide. Et voici que celle-là qui allaite ses enfants, nettoie sa maison et coud son linge, on la délivre de ces servitudes et désormais sans qu'elle s'en mêle, ses enfants sont allaités, sa maison lustrée, son linge cousu. Voilà maintenant que ce temps gagné il faut le remplir de quelque chose. Et je lui fais entendre la chanson de l'allaitement et l'allaitement devient cantique, et le poème de la maison qui fait peser la maison sur le cœur. Mais voici qu'elle bâille à l'entendre car elle n'y a point collaboré. Et de même que la montagne pour toi c'est ton expérience des ronces, des pierres qui boulent et du vent sur les crêtes, et que je ne transporte rien en toi en prononçant le mot «montagne», si tu n'as jamais quitté ta litière, je ne dis rien pour elle en lui parlant maison car la maison n'est point faite de son temps ni de sa ferveur. Elle n'en a point goûté le jeu de la poussière, quand on ouvre la porte au soleil pour en balayer au jour levant la poudre de l'usure des choses, elle n'a point régné sur le désordre qu'a fait la vie, quand vient le soir, la trace des tendres passages et les écuelles sur le plateau et la braise éteinte dans l'âtre, jusqu'aux langes souillés de l'enfant endormi, car la vie est humble et merveilleuse. Elle ne s'est point levée avec le soleil pour elle-même chaque jour se rebâtir une maison neuve, comme les oiseaux que tu as observés dans l'arbre, et qui se refont d'un bec agile des plumes lustrées, elle n'a point de nouveau disposé les objets dans leur perfection fragile afin que de nouveau la vie de la journée et les repas et les allaitements et les jeux des enfants et le retour de l'homme y laissent une empreinte dans la cire. Elle ne sait point qu'une maison est pâte dans l'aube pour devenir le soir livre de souvenirs. Elle n'a jamais préparé la page blanche. Et que lui diras-tu quand tu lui parleras maison qui ait un sens pour elle?

Si tu veux la créer vivante, tu l'emploieras à lustrer une aiguière de cuivre terni afin que quelque chose d'elle luise le long du jour dans la pénombre, et, pour faire de la femme un cantique, tu inventeras peu à peu pour elle une maison à rebâtir dans l'aube…

Sinon, le temps que tu gagneras n'aura point de sens.

Fou celui-là qui prétend distinguer la culture d'avec le travail. Car l'homme d'abord se dégoûtera d'un travail qui sera part morte de sa vie, puis d'une culture qui ne sera plus que jeu sans caution, comme* la niaiserie des dés que tu jettes, s'ils ne signifient plus ta fortune et ne roulent plus tes espérances. Car il n'est point de jeu de dés mais jeu de tes troupeaux, de tes pâturages, ou de ton or. Ainsi de l'enfant qui bâtit son pâté de sable. Il n'est point ici poignée de terre, mais citadelle, montagne ou navire.

Certes, j'ai vu l'homme prendre avec plaisir du délassement. J'ai vu le poète dormir sous les palmes. J'ai vu le guerrier boire son thé chez les courtisanes. J'ai vu le charpentier goûter sur son porche la tendresse du soir. Et certes, ils semblaient pleins de joie. Mais je te l'ai dit: précisément parce qu'ils étaient las des hommes. C'est un guerrier qui écoutait les chants et regardait les danses. Un poète qui rêvait sur l'herbe. Un charpentier qui respirait l'odeur du soir. C'est ailleurs qu'ils étaient devenus. La part importante de la vie de chacun d'entre eux restait bien la part de travail. Car ce qui est vrai de l'architecte, qui est un homme et qui s'exalte et prend sa pleine signification quand il gouverne l'ascension de son temple et non quand il se délasse à jouer aux dés, est vrai de tous. Le temps gagné sur le travail, s'il n'est point simple loisir, détente des muscles après l'effort ou sommeil de l'esprit après l'invention, n'est que temps mort. Et tu fais de la vie deux parts inacceptables: un travail qui n'est qu'une corvée à quoi l'on refuse le don de soi-même, un loisir qui n'est qu'une absence.

Bien fous ceux qui prétendent arracher les ciseleurs à la religion de la ciselure et, les parquant dans un métier qui n'est plus nourriture pour leur cœur, prétendant les faire accéder à l'état d'homme en leur fournissant ciselures fabriquées ailleurs, comme si l'on s'habillait d'une culture comme d'un manteau. Comme s'il était des ciseleurs et des fabricants de culture.

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