Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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C'est pourquoi je ne m'intéressais point aux problèmes de mes généraux qui venaient me prier de chercher dans les actes des hommes les causes de leurs dissensions afin que j'y misse ordre par ma justice. Mais, dans le silence de mon amour, je traversais le campement et les regardais se haïr. Puis je me retirais pour faire part à Dieu de ma prière.

«Seigneur, les voilà qui se divisent de ne plus bâtir l'empire. Car l'erreur est de croire qu'ils cessent de bâtir pour la raison qu'ils seraient divisés. Éclaire-moi sur la tour à leur faire bâtir qui leur permettra de s'échanger en elle dans leurs aspirations diverses. Qui appellera tout en eux et comblera chacun de le solliciter tout entier dans toute sa grandeur. Mon manteau est trop court et je suis un mauvais berger qui ne sait point les ranger sous son aile. Et ils se haïssent parce qu'ils ont froid. Car la haine n'est jamais qu'insatisfaction. Toute haine a un sens profond mais qui la domine. Et les herbes diverses se haïssent et se mangent entre elles, mais non l'arbre unique dont chaque branche s'accroît de la prospérité des autres. Prête-moi une coupure de ton manteau que j'y rassemble mes guerriers et mes laboureurs et mes savants et mes époux et mes épouses et jusqu'aux enfants qui pleurent…»

XVI

Ainsi de la vertu. Mes généraux, dans leur solide stupidité, me venaient parler de la vertu:

«Voilà, me disaient-ils, que leurs mœurs se corrompent. Et c'est pourquoi l'empire se décompose. Il importe de durcir les lois et d'inventer des sanctions plus cruelles. Et de trancher les tètes de ceux-là qui auront failli.»

Moi, je songeais:

«Il importe peut-être en effet de trancher des têtes. Mais la vertu est d'abord conséquence. La pourriture de mes hommes est avant tout pourriture de l'empire qui fonde les hommes. Car s'il était vivant et sain il exalterait leur noblesse.»

Et je me souvenais des paroles de mon père: «La vertu c'est la perfection dans l'état d'homme et non l'absence de défauts. Si je veux bâtir une cité je prends la pègre et la racaille et je l'ennoblis par le pouvoir. Je lui offre d'autres ivresses que l'ivresse médiocre de la rapine, de l'usure ou du viol. Les voilà, de leurs bras noueux, qui bâtissent. Leur orgueil devient tour et temple et rempart. Leur cruauté devient grandeur et rigueur dans la discipline. Et voilà qu'ils servent une ville née d'eux-mêmes et contre laquelle ils se sont échangés dans leur cœur. Et ils mourront, pour la sauver, sur ses remparts. Et tu ne découvriras plus chez eux que vertus les plus éclatantes.

«Mais toi qui fais le dégoûté devant la puissance de la terre, devant la grossièreté de l'humus et de sa pourriture et de ses vers, tu demandes d'abord à l'homme de n'être pas et de ne point montrer d'odeur. Tu blâmes en eux l'expression de leur force. Et tu installes des émasculés à la tête de ton empire. Et ils pourchassent le vice qui n'est que puissance sans emploi. C'est la puissance et la vie qu'ils pourchassent. Et à leur tour ils deviennent gardiens de musée et veillent un empire mort.»

«Le cèdre, disait mon père, se nourrit de la boue du sol, mais la change en épais feuillage qui se nourrit, lui, de soleil.

«Le cèdre, disait encore parfois mon père, c'est la perfection de la boue. C'est la boue devenue vertu. Si tu veux sauver ton empire crée-lui sa ferveur. Il drainera les mouvements des hommes. Et les mêmes actes, les mêmes mouvements, les mêmes aspirations, les mêmes efforts, bâtiront ta cité au lieu de la détruire.

«Et maintenant je te le dis:

«Ta cité mourra d'être achevée. Car ils vivaient non de ce qu'ils recevaient mais de ce qu'ils donnaient. Pour se disputer les provisions faites ils redeviendront loups dans leurs tanières. Et si ta cruauté parvient à les réduire ils deviendront au lieu bétail dans l'étable. Car une cité ne s'achève point. Je dis qu'est achevée mon œuvre simplement quand manque ma ferveur. Ils meurent alors parce qu'ils sont déjà morts. Mais la perfection n'est point un but que l'on atteigne. C'est l'échange en Dieu. Et je n'ai jamais achevé ma ville…»

C'est pourquoi je doutais qu'il suffît de trancher des têtes. Car si, évidemment, celui-là s'est gâté, il importe de le trancher de peur qu'il ne corrompe les autres, comme on jette le fruit blet hors du cellier ou hors de l'étable l'animal malade. Mais mieux vaut changer de cellier ou d'étable car ce sont eux d'abord les responsables.

Pourquoi châtier celui que l'on peut convertir? C'est pourquoi j'adressai à Dieu cette prière: «Seigneur, prêtez-moi une coupure de votre manteau pour y abriter tous les hommes avec leurs bagages de grands souhaits. Je suis las d'étrangler, de peur qu'ils ne ruinent mon œuvre, ceux que je ne sais point couvrir. Sachant qu'ils menacent les autres et les discutables bienfaits de ma vérité provisoire, mais les sachant nobles aussi et porteurs aussi de vérité.»

XVII

C'est pourquoi j'ai toujours méprisé comme vain le vent des paroles. Et je me suis défié des artifices du langage. Et quand mes généraux, dans leur solide stupidité, me venaient dire: «Le peuple se révolte, nous te proposons d'être habile…» je renvoyais mes généraux. Car l'habileté n'est qu'un vain mot. Et il n'est point de détour possible dans la création. On fonde ce que l'on fait et rien de plus. Et si tu prétends, poursuivant un but, tendre vers un autre, et qui diffère du premier, celui-là seul qui est dupe des mots te croira habile. Car ce que tu fondes, en fin de compte, c'est ce vers quoi tu vas d'abord et rien de plus. Tu fondes ce dont tu t'occupes et rien de plus. Même si tu t'en occupes pour lutter contre. Je fonde mon ennemi si je lui fais la guerre. Je le forge et je le durcis. Et si je prétends vainement au nom des libertés futures renforcer ma contrainte, c'est la contrainte que je fonde. Car on ne biaise point avec la vie. On ne trompe point l'arbre: on le fait pousser comme on le dirige. Le reste n'est que vent de paroles. Et si je prétends sacrifier ma génération pour le bonheur des générations futures ce sont les hommes que je sacrifie. Non ceux-ci ou d'autres mais tous. Je les enferme tous tout simplement dans le malheur. Le reste n'est que vent de paroles. Et si je fais la guerre pour obtenir la paix, je fonde la guerre. La paix n'est point un état que l'on atteigne à travers la guerre. Si je crois à la paix conquise par les armes et si je désarme, je meurs. Car la paix, je ne puis l'établir que si je fonde la paix. C'est-à-dire si je reçois ou j'absorbe et si chaque homme trouve dans mon empire l'expression de ses souhaits particuliers. Car l'image peut être la même que chacun aime à sa façon. Seul un langage insuffisant oppose les hommes les uns aux autres, car ce qu'ils souhaitent ne varie point. Je n'ai jamais rencontré celui-là qui souhaitât ou le désordre, ou la bassesse, ou la ruine. L'image qui les tourmente et qu'ils aimeraient fonder se ressemble d'un bout à l'autre de l'univers, mais les voies par lesquelles ils cherchent à l'atteindre diffèrent. Celui-là croit que la liberté permettra à l'homme de s'épanouir, l'autre que la contrainte le bâtira grand, et tous deux souhaitent sa grandeur. Celui-là croit que la charité les unira, l'autre méprise la bonté qui n'est que respect de l'ulcère et il oblige l'homme de bâtir une tour en quoi ils se fondent l'un dans l'autre. Et tous deux travaillent pour l'amour. Celui-là croit que la prospérité domine tous les problèmes car l'homme délivré de ses charges trouve le temps de cultiver son cœur, son âme et son intelligence. Mais l'autre estime que la qualité de leurs cœurs, de leurs intelligences et de leurs âmes n'est point liée aux aliments qu'on leur fournit ni aux facilités qu'on leur accorde mais aux dons qu'on sollicite d'eux. Il croit que seuls sont beaux les temples nés des exigences de Dieu, et remis en rançon. Mais tous deux souhaitaient d'embellir l'âme, l'intelligence et le cœur. Et tous deux ont raison, car qui peut grandir dans l'esclavage, la cruauté et l'abrutissement d'un lourd travail? Mais qui peut grandir dans la licence, le respect de la pourriture et l'œuvre vaine qui n'est plus que passe-temps d'oisifs?

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