Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Et c'est pourquoi je cherchais dans mon cœur un enseignement nouveau qui les pût saisir, puis, ayant bien compris qu'il n'est point de raisonnement ni de sagesse qui y conduise, car il s'agit de fonder un visage comme le sculpteur qui impose à la pierre le poids de son arbitraire, je priais Dieu qu'il m'éclairât.
Et toute la nuit je veillais mes hommes sous le grésillement du sable qui montait et courait de travers sur les dunes pour les débobiner et les reformer un peu plus loin. Dans cette nuit sans âge, où la lune apparaissait et disparaissait dans la fumée rougeâtre que traînaient les vents. Et j'écoutais les sentinelles s'appeler encore l'une l'autre aux trois sommets du campement triangulaire — mais leurs voix n'étaient plus que de longs cris sans croyance, tellement pathétiques d'être déserts.
Et je disais à Dieu: «Il n'est rien pour les accueillir… Leur vieux langage s'est usé. Les prisonniers de mon père étaient des mécréants mais flanqués d'un empire fort. Mon père leur a envoyé un chanteur de qui répondait cet empire. C'est pourquoi en une seule nuit par la toute-puissance de son verbe il les convertit. Mais cette puissance n'était point de lui, mais de l'empire.
«Mais je manque de chanteur et je n'ai point de vérité et je n'ai point de manteau pour me faire berger. Alors faut-il qu'ils s'entre-tuent et commencent de pourrir la nuit de ces coups de couteau qui frappent au ventre et sont inutiles comme la lèpre? En quel nom les rassemblerai-je?»
Et çà et là il se levait de faux prophètes qui en réunissaient quelques-uns. Et les fidèles, bien que rares, se trouvaient animés et prêts à mourir pour leurs croyances. Mais leurs croyances ne valaient rien pour les autres. Et toutes les croyances s'opposaient les unes aux autres. Et de petites églises se bâtissaient ainsi, qui se haïssaient, ayant coutume de tout diviser en erreur et en vérité. Et ce qui n'est point vérité est erreur, et ce qui n'est point erreur est vérité. Mais moi, qui sais bien que l'erreur n'est point le contraire de la vérité mais un autre arrangement, un autre temple bâti des mêmes pierres, ni plus vrai ni plus faux mais autre, les découvrant prêts à mourir pour des vérités illusoires, je saignais dans mon cœur. Et je disais à Dieu: «Ne peux-tu m'enseigner une vérité qui domine leurs vérités particulières et les accueille toutes en son sein? Car si, de ces herbes qui s'entre-dévorent, je fais un arbre qu'une âme unique anime, alors cette branche s'accroîtra de la prospérité de l'autre branche, et tout l'arbre ne sera plus que collaboration merveilleuse et épanouissement dans le soleil.
«N'aurai-je point le cœur assez vaste pour les contenir?»
C'était aussi ridicule des vertueux et triomphe des marchands. On vendait. On louait les vierges. On pillait les provisions d'orge que j'avais réservées en vue des famines. On assassinait. Mais je n'étais point assez naïf pour croire que la fin de l'empire était due à cette faillite de la vertu, sachant avec trop de clarté que cette faillite de la vertu était due à la fin de l'empire.
«Seigneur, disais-je, donne-moi cette image contre laquelle ils s'échangeront dans leur cœur. Et tous, à travers chacun, croîtront en puissance. Et la vertu sera signe de ce qu'ils sont.»
XIV
Dans le silence de mon amour j'en fis exécuter un grand nombre. Mais chaque mort alimentait la lave souterraine de la rébellion. Car on accepte l'évidence. Mais il n'en était point. On découvrait mal au nom de quelle vérité claire celui-là de nouveau était mort. C'est alors que je reçus de la sagesse de Dieu des enseignements sur le pouvoir.
Car le pouvoir ne s'explique point par la rigueur. Mais par la seule simplicité du langage. Et certes est nécessaire la rigueur pour imposer le langage nouveau, car rien ne le démontre et il n'est ni plus vrai ni plus faux mais autre. Mais comment la rigueur imposerait-elle un langage qui par lui-même diviserait les hommes en les laissant se contredire? Car imposer un tel langage c'est imposer la division et démanteler la rigueur.
Je le puis dans mon arbitraire quand je simplifie. Alors j'impose à l'homme de devenir autre et plus détendu et plus clair et plus généreux et plus fervent, enfin uni à lui-même dans ses aspirations, et, une fois devenu, comme il renie la larve qu'il découvre avoir été, comme il s'étonne de sa propre splendeur, il s'émerveille, et se fait mon allié et le soldat de ma rigueur. Et ma rigueur n'a d'autre assise que son rôle. Elle est porte monumentale à travers laquelle les coups de fouet peut-être obligent le troupeau à passer pour qu'il mue et se transfigure. Mais tous ceux-là ne sont point contraints: ils sont convertis.
Mais il n'est point de rigueur efficace si, une fois le porche franchi, les hommes dépouillés d'eux-mêmes et sortis de leurs chrysalides ne sentent point s'ouvrir en eux des ailes et, loin de célébrer la souffrance qui les a fondés, se découvrent amputés et tristes, et se retournent vers l'autre rive qu'ils ont laissée.
Alors, tristement inutile, remplit les fleuves le sang des hommes.
Ceux que j'exécutais, me signifiant que je n'avais pu les convertir, me démontraient mon erreur. Alors j'inventai cette prière:
«Seigneur, mon manteau est trop court et je suis un mauvais berger qui ne sait abriter son peuple. Je réponds aux besoins de ceux-ci et je lèse ceux-là dans les leurs.
«Seigneur, je sais que toute aspiration est belle. Celle de la liberté et celle de la discipline. Celle du pain pour les enfants et celle du sacrifice du pain. Celle de la science qui examine et celle du respect qui accepte et fonde. Celle des hiérarchies qui divinise et celle du partage qui distribue. Celle du temps qui permet la méditation et celle du travail qui remplit le temps. Celle de l'amour par l'esprit qui châtie la chair et grandit l'homme, et celle de la pitié qui panse la chair. Celle de l'avenir à construire et celle du passé à sauver. Celle de la guerre qui plante les graines, et celle de la paix qui les récolte.
«Mais je sais aussi que ces litiges ne sont que litiges de langage et que chaque fois que l'homme s'élève, il les observe d'un peu plus haut. Et les litiges ne sont plus.
«Seigneur, je veux fonder la noblesse de mes guerriers et la beauté des temples contre quoi les hommes s'échangent et qui donne un sens à leur vie. Mais, ce soir, en me promenant dans le désert de mon amour, j'ai rencontré une petite fille en larmes. J'ai renversé sa tête pour lire dans ses yeux. Et son chagrin m'a ébloui.
Si je refuse, Seigneur, de le connaître, je refuse une part du monde et n'ai point achevé mon œuvre. Ce n'est pas que je me détourne de mes grands buts, mais que cette petite fille soit consolée! Car alors seulement le monde va bien. Elle est aussi signe du monde.»
XV
La guerre est chose difficile quand elle n'est plus pente naturelle ni expression d'un désir. Mes généraux, dans leur solide stupidité, étudiaient des tactiques habiles et discutaient et cherchaient la perfection avant d'agir. Car ils n'étaient point animés par Dieu, mais honnêtes et travailleurs. Ils échouaient donc. Et je les réunis pour les prêcher:
«Vous ne vaincrez point car vous cherchez la perfection. Mais elle est objet de musée. Vous interdisez les erreurs et vous attendez pour agir de connaître si le geste à oser est d'une efficacité bien démontrée. Mais où avez-vous lu démonstration de l'avenir? De même que vous empêcheriez ainsi dans votre territoire l'éclosion de peintres, de sculpteurs et de tout inventeur fertile, vous empêcherez ainsi la victoire. Car je vous le dis, moi: la tour, la cité ou l'empire grandissent comme l'arbre. Elles sont manifestations de la vie puisqu'il faut l'homme pour qu'elles naissent. Et l'homme croit calculer. Il croit que la raison gouverne l'érection de ses pierres, quand l'ascension de ces pierres est née d'abord de son désir. Et la cité est contenue en lui, dans l'image qu'il porte dans son cœur, comme l'arbre est contenu dans sa graine. Et ses calculs ne font qu'habiller son désir. Et l'illustrer. Car vous n'expliquez point l'arbre si vous montrez l'eau qu'il a bue, les sucs minéraux qu'il a puisés et le soleil qui lui prêta sa force. Et vous n'expliquez point la ville si vous dites: «Voici pourquoi cette voûte ne croule pas… voilà les calculs des architectes…» Car si la ville doit naître on trouvera toujours des calculateurs qui calculent juste. Mais ceux-là ne sont que serviteurs. Et si vous le poussez au premier rang, croyant que les villes sortent de ses mains, aucune ville ne surgira du sable. Il sait comment naissent les villes mais il ne sait point pourquoi. Mais le conquérant ignorant, jetez-le avec son peuple sur la terre âpre et la rocaille, vous reviendrez plus tard et brillera dans le soleil la cité aux trente coupoles… Et les coupoles tiendront debout comme les branches du cèdre. Car le désir du conquérant sera devenu cité aux coupoles, et il aura trouvé, comme des moyens, comme des voies et comme des routes tous les calculateurs qu'il désirait.
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