Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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«Ainsi, je vous le dis, vous bâtirez parce que la forêt profonde est bonne à l'homme et la Voie Lactée et la plaine bleue dominée du haut des montagnes. Mais qu'est-ce que l'étendue de la Voie Lactée et des plaines bleues et de la mer à côté de celle qu'offre la nuit au cœur des pierres quand l'architecte a su les remplir de silence? Et vous-mêmes, vous les architectes, vous grandirez de perdre le goût de l'usuel. Vous ne naîtrez que de l'œuvre véritable à réaliser, car celle-là vous drainera puisqu'elle ne vous servira plus et vous contraindra de la servir. Et vous tirera hors de vous-mêmes. Car, comment naîtrait-il de grands architectes à l'occasion d'ouvrages sans grandeur?
«Vous ne deviendrez grands que si les pierres que vous prétendez charger de pouvoir ne sont point objets de concours, abris pour la commodité ou de destin usuel et vérifiable, mais piédestaux et escaliers et navires qui portent vers Dieu.»
XX
Mes généraux, dans leur solide stupidité, me fatiguaient de leurs démonstrations. Car, réunis comme en congrès, ils se disputaient sur l'avenir. Et c'est ainsi qu'ils désiraient se faire habiles. Car à mes généraux on avait d'abord enseigné l'histoire et ils connaissaient une par une toutes les dates de mes conquêtes et toutes celles de mes défaites et celles des naissances et celles des morts. Ainsi leur paraissait-il évident que les événements se déduisent les uns des autres. Et ils voyaient l'histoire de l'homme sous l'image d'une longue chaîne de causes et de conséquences qui prenait sa racine dans la première ligne du livre d'histoire et se prolongeait jusqu'au chapitre où l'on notait pour les générations futures que la création ainsi avait heureusement abouti à cette constellation de généraux. Ainsi, ayant pris trop d'élan, de conséquence en conséquence démontraient-ils l'avenir. Ou bien, ils me venaient, chargés de leurs lourdes démonstrations: «Ainsi dois-tu agir pour le bonheur des hommes ou pour la paix, ou pour la prospérité de l'empire. Nous sommes des savants, disaient-ils, nous avons étudié l'histoire…»
Mais je savais qu'il n'est de science que de ce qui se répète. Celui-là qui plante une graine de cèdre prévoit l'ascension de l'arbre, de même que celui-là qui lâche une pierre prévoit qu'elle choira, car le cèdre répète le cèdre et la chute de la pierre répète la chute de la pierre, bien que cette pierre qu'il va lâcher ou que cette semence qu'il enterre n'ait encore jamais servi. Mais qui prétend prévoir la destinée du cèdre qui, de graine en arbre et d'arbre en graine, de chrysalide en chrysalide se transfigure? Il s'agit là d'une genèse dont je n'ai point encore connu d'exemple. Et le cèdre est espèce neuve qui s'élabore sans rien répéter que je connaisse. Et j'ignore où elle va. Et j'ignore de même où vont les hommes.
Ils exercent certes leur logique, mes généraux, quand ils cherchent et découvrent une cause à l'effet qui leur est montré. Car, me disent-ils, tout effet a une cause et toute cause a un effet. Et de cause à effet, ils s'en vont, redondants, vers l'erreur. Car autre chose est de remonter des effets aux causes ou de descendre des causes aux effets.
Moi aussi, dans le sable vierge et répandu à la façon d'un talc, j'ai relu, après coup, l'histoire de mon ennemi. Sachant qu'un pas est toujours précédé d'un autre pas qui l'autorise et que la chaîne va de chaînon en chaînon sans qu'aucun chaînon puisse jamais manquer. Si le vent ne s'est point levé et, tourmentant le sable, n'en a point essuyé la page d'écriture, superbement, comme d'une ardoise d'écolier, je puis remonter d'empreinte en empreinte jusqu'à l'origine des choses ou, poursuivant la caravane, la surprendre dans le ravin où elle a cru bon de s'attarder. Mais au cours de cette lecture je n'ai point reçu d'enseignement qui me permît de la précéder dans sa marche. Car la vérité qui la domine est d'une autre essence que le sable dont je dispose. Et la connaissance des empreintes n'est que connaissance d'un reflet stérile, lequel ne m'instruira ni sur la haine, ni sur la terreur, ni sur l'amour qui d'abord gouverne les hommes.
«Alors, me diront-ils, mes généraux, solidement plantés dans leur stupidité, tout se démontre encore. Si je connais la haine, l'amour ou la terreur qui les domine, je prévoirai leurs mouvements. L'avenir donc est contenu dans le présent…»
Mais je leur répondrai qu'il m'est toujours possible de prévoir la caravane un pas de plus qu'elle n'en a fait. Ce pas nouveau répétera sans doute l'autre dans sa direction et dans son ampleur. Il est science de ce qui se répète. Mais elle s'échappe bientôt hors du chemin que ma logique aura tracé car elle changera de désir…
Et, comme ils ne me comprenaient point, je leur racontai le grand exode.
C'était du côté des mines de sel. Et les hommes se sauvaient tant bien que mal de vivre parmi les minéraux car rien ici n'autorisait la vie. Le soleil pesait et brûlait, et les entrailles du sol, loin de livrer une eau limpide, ne livraient que des barres de sel qui eussent tué l'eau si les puits n'avaient été secs. Pris entre l'astre et le sel gemme, les hommes venus d'ailleurs avec leurs outres pleines se hâtaient au travail et détachaient à coups de pioche ces cristaux transparents qui figurent la vie et la mort. Puis ils s'en retournaient liés comme par un cordon ombilical aux terres heureuses et à leurs eaux fertiles.
Le soleil donc était ici âpre, dur et blanc comme la famine. Et les rochers crevaient le sable par endroits, flanquant les mines de sel de leurs assises d'ébène dur comme du diamant noir et dont les vents en vain mordaient les crêtes. Et celui-là qui eût assisté aux traditions séculaires de ce désert les eût prévues durables et fixées pour des siècles. La montagne continuerait de s'user avec lenteur comme sous la dent d'une lime trop faible, les hommes continueraient d'extraire le sel, les caravanes continueraient d'acheminer l'eau et les vivres et de relever ces forçats…
Mais il advint une aube où les hommes se tournèrent du côté de la montagne. Et ce qu'ils n'avaient point vu encore se montra.
Car le hasard des vents qui avaient mordu le roc depuis tant de siècles y avait sculpté un visage géant et qui exprimait la colère. Et le désert, et les salines souterraines, et les tribus, fixées sur une assise plus inhumaine que l'eau salée des océans, sur une assise de sel durcie, étaient dominés par un visage noir, sculpté dans le roc, furieux, sous la profondeur d'un ciel pur et ouvrant la bouche pour maudire. Et les hommes fuirent, pris d'épouvanté, quand ils le connurent. L'aventure se propagea au fond des puits et quand les ouvriers émergeaient de la gangue, ils se retournaient d'abord vers la montagne puis, le cœur saisi, se hâtaient vers la tente, empaquetaient tant bien que mal leurs ustensiles, injuriaient la femme, l'enfant et l'esclave et, poussant devant eux leur fortune condamnée sous le soleil inexorable, empruntaient les pistes du Nord. Et comme l'eau manquait, ils périssaient tous. Et vaines parurent les prédictions des logiciens qui voyaient s'user la montagne et se perpétuer les hommes. Comment eussent-ils prévu ce qui allait naître?
Quand je remonte vers le passé je divise le temple en pierres. Et l'opération est prévisible et simple. De même si je répands en os et viscères le corps démantelé, et en gravats le temple, ou en chèvres, moutons, demeures et montagnes le domaine… Mais si je marche vers l'avenir, il me faudra toujours compter avec la naissance d'êtres nouveaux qui s'ajouteront aux matériaux et ne seront point prévisibles puisque d'une autre essence. Ces êtres-là je les dis uns et simples puisqu'ils meurent et disparaissent d'être divisés. Car le silence est quelque chose qui s'ajoute aux pierres mais qui meurt si on les sépare. Car le visage est quelque chose qui s'ajoute au marbre ou aux éléments du visage mais qui meurt si on le brise ou si on les distingue. Car le domaine est quelque chose qui s'ajoute aux chèvres, aux demeures, aux moutons et aux montagnes…
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