Eco - Le pendule de Foucault
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– Aujourd'hui ce monsieur, ce comte, ce margrave Agliè ou qui il peut bien être, a prononcé une expression clef, dit Belbo. Chevalerie spirituelle. Il les méprise mais se sent uni à eux par un lien de chevalerie spirituelle. Je crois le comprendre.
– Dans quel sens ? » demandâmes-nous.
Belbo en était à son troisième martini-gin (whisky le soir, soutenait-il, parce que ça calme et incline à la rêverie ; martini-gin en fin d'après-midi parce que ça excite et raffermit). Il commença à parler de son enfance à ***, ainsi qu'il l'avait déjà fait une fois avec moi.
« Nous étions entre l'année 1943 et l'année 1945, je veux dire dans la période de passage du fascisme à la démocratie, puis de nouveau à la dictature de la République de Salò, mais avec la guerre des partisans dans les montagnes. Au début de cette histoire, j'avais onze ans, et je vivais dans la maison de mon oncle Carlo. Nous habitions en ville, mais en 1943 les bombardements s'étaient faits plus denses et ma mère avait décidé que nous devions évacuer, comme on disait alors. A *** habitaient mon oncle Carlo et ma tante Caterina. Mon oncle Carlo venait d'une famille de cultivateurs, et il avait hérité de la maison de ***, avec des terres, données en métayage à un certain Adelino Canepa. Le métayer travaillait, moissonnait le blé, faisait du vin, et versait la moitié des gains au propriétaire. Situation de tension, évidemment : le métayer se considérait exploité, et tout autant le propriétaire parce qu'il ne percevait que la moitié des revenus de ses terres. Les propriétaires haïssaient les métayers et les métayers haïssaient les propriétaires. Mais ils cohabitaient, dans le cas de mon oncle Carlo. En 14, mon oncle Carlo s'était enrôlé volontaire dans les chasseurs alpins. Rude trempe de Piémontais, tout devoir et patrie, il était devenu d'abord lieutenant et puis capitaine. Bref, dans une bataille sur le Carso, il s'était trouvé à côté d'un soldat idiot qui s'était fait sauter une grenade entre les mains – autrement pourquoi les aurait-on appelées grenades à main ? En somme, on allait le jeter dans la fosse commune quand un infirmier s'était aperçu qu'il était encore en vie. On le transporta dans un hôpital de campagne, on lui enleva un œil, qui désormais pendouillait hors de l'orbite, on lui coupa un bras, et, selon les dires de ma tante Caterina, on lui inséra aussi une plaque de métal sous le cuir chevelu, parce qu'il avait perdu un morceau de boîte crânienne. En somme, un chef-d'œuvre de chirurgie, d'un côté, et un héros, de l'autre. Médaille d'argent, croix de chevalier de la Couronne d'Italie, et, après la guerre, une place assurée dans l'administration publique. Mon oncle Carlo finit directeur des impôts à ***, où il avait hérité de la propriété des siens, et il était allé habiter dans la maison ancestrale, à côté d'Adelino Canepa et de sa famille.
« Mon oncle Carlo, en tant que directeur des impôts, était un notable local. Et en tant que mutilé de guerre et chevalier de la Couronne d'Italie, il ne pouvait que sympathiser avec le gouvernement en place, qui, le hasard l'avait voulu, était la dictature fasciste. Il était fasciste, mon oncle Carlo ?
« Dans la mesure où, comme on disait en 68, le fascisme avait revalorisé les ex-combattants et les gratifiait de décorations et avancements de carrière, disons que mon oncle Carlo était modérément fasciste. Suffisamment pour se faire haïr par Adelino Canepa qui, en revanche, était antifasciste, pour des raisons très claires. Il devait se rendre chez lui chaque année pour se mettre d'accord sur sa déclaration de revenus. Il arrivait dans le bureau avec un air complice et plein d'assurance, après avoir essayé de séduire ma tante Caterina à l'aide de quelques douzaines d'œufs. Et il trouvait en face de lui mon oncle Carlo, qui non seulement en sa qualité de héros était incorruptible, mais qui connaissait mieux que quiconque combien Canepa lui avait volé au cours de l'année, et il ne lui pardonnait pas un centime. Adelino Canepa se jugea victime de la dictature, et il se mit à répandre des bruits calomnieux sur mon oncle Carlo. Ils logeaient l'un à l'étage noble et l'autre au rez-de-chaussée, ils se rencontraient matin et soir, mais ils ne se saluaient plus. Les contacts, c'était ma tante Caterina qui les gardait, et, après notre arrivée, ma mère – à laquelle Adelino Canepa exprimait toute sa sympathie et sa compréhension pour le fait qu'elle était la belle-sœur d'un monstre. Mon oncle rentrait, tous les soirs à six heures, avec son inévitable costume croisé gris, son chapeau mou et le journal La Stampa encore à lire. Il marchait droit, en chasseur alpin, l'œil gris fixant le sommet à conquérir. Il passait devant Adelino Canepa qui, à cette heure, prenait le frais sur un banc du jardin, et c'était comme s'il ne l'avait pas vu. Puis il croisait madame Canepa sur la porte, au rez-de-chaussée, et il ôtait cérémonieusement son chapeau. Ainsi tous les soirs, année après année. »
Il était huit heures, Lorenza ne revenait pas comme elle l'avait promis, Belbo en était à son cinquième martini-gm.
« Vint l'année 1943. Un matin, mon oncle Carlo entra chez nous, me réveilla avec un grand baiser et dit mon garçon tu veux savoir la nouvelle la plus considérable de l'année ? Ils ont balancé Mussolini. Je n'ai jamais compris si mon oncle Carlo en souffrait. C'était un citoyen très intègre et un serviteur de l'État. S'il souffrit, il n'en parla pas, et il continua à diriger les impôts pour le gouvernement Badoglio. Vint ensuite le 8 septembre, la zone où nous vivions tomba sous le contrôle de la République sociale d'un Mussolini libéré par les Allemands, et mon oncle Carlo s'aligna. Adelino Canepa, pendant ce temps, faisait parade de ses contacts avec les premières formations de partisans, là dans les montagnes, et il promettait des vengeances exemplaires. Nous, les gamins, nous ne savions pas encore qui étaient les partisans. Un tas d'histoires circulaient sur eux, mais personne ne les avait encore vus. On parlait d'un chef des monarchistes badogliens, un certain Terzi (un surnom, naturellement, comme il arrivait alors, et beaucoup disaient qu'il l'avait emprunté au Terzi des bandes dessinées, l'ami de Dick Fulmine), ex-adjudant des carabiniers, qui, dans les premiers combats contre les fascistes et les SS, avait perdu une jambe, et commandait toutes les brigades sur les collines autour de ***. Alors la sale affaire eut lieu. Un jour, les partisans se montrèrent dans le bourg. Ils étaient descendus des collines et ils parcouraient les rues de long en large, encore sans uniforme défini, avec des foulards bleus, tirant des rafales de mitraillette vers le ciel, pour dire qu'ils étaient là. La nouvelle se répandit, tout le monde s'enferma chez soi, on ne savait pas encore quelle espèce de gens ils étaient. Ma tante Caterina exprima quelques faibles préoccupations, au fond ils se disaient les amis d'Adelino Canepa, ou du moins Adelino Canepa se disait leur ami, ils ne feraient tout de même pas de mal à mon oncle ? Ils en firent. Nous avons été informés qu'autour de onze heures une bande de partisans, mitraillettes pointées, étaient entrés dans le bureau des impôts et avaient arrêté mon oncle, l'emmenant vers une destination inconnue. Ma tante Caterina s'allongea sur son lit, commença à sécréter une écume blanchâtre par la bouche et déclara qu'on allait tuer mon oncle Carlo. Il suffisait d'un coup de crosse de mousquet, et, à cause de la plaque sous-cutanée, il mourrait sans faire ouf. Attiré par les cris de la tante, arriva Adelino Canepa suivi de sa femme et de ses enfants. Ma tante lui hurla qu'il était un Judas, que c'était lui qui avait dénoncé l'oncle aux partisans parce qu'il avait encaissé les contributions pour la République sociale ; Adelino Canepa jura sur ce qu'il avait de plus sacré que ce n'était pas vrai, mais on voyait qu'il se sentait responsable pour avoir trop parlé autour de lui. Ma tante le chassa. Adelino Canepa pleura, en appela à ma mère, rappela toutes les fois qu'il avait cédé un lapin ou un poulet pour un prix dérisoire, ma mère s'enferma dans un silence plein de dignité, ma tante Caterina continua d'émettre une écume blanchâtre. Moi je pleurais. Enfin, après deux heures de calvaire, nous entendîmes des cris, et mon oncle Carlo apparut sur une bicyclette, qu'il conduisait d'un seul bras : il semblait revenir d'une promenade. Il se rendit aussitôt compte du remue-ménage dans le jardin et il eut le culot de demander ce qui s'était passé. Il haïssait les drames, comme tous les gens de nos régions. Il monta, s'approcha du lit de douleur de ma tante Caterina, qui ruait encore de ses jambes amaigries, et il lui demanda pourquoi elle était si agitée.
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