Eco - Le pendule de Foucault

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– Mais vous, vous faites semblant de plaisanter pour nous prouver que vous dites la vérité, dit Amparo.

– Non seulement vous êtes belle, vous êtes extraordinairement perceptive, dit Agliè. Mais je vous conjure de ne pas me croire. Si je vous apparaissais dans l'éclat poussiéreux de mes siècles, votre beauté en fanerait tout d'un coup, et je ne pourrais me le pardonner. »

Amparo était conquise, et moi j'éprouvai une pointe de jalousie. J'amenai la conversation sur les églises, et sur le saint Georges-Oxossi que nous avions vu. Agliè dit que nous devions absolument assister à un candomblé. « N'allez pas où on vous demande de l'argent. Les lieux vrais sont ceux où on vous accueille sans rien vous demander, pas même de croire. D'assister avec respect, ça oui, avec la même tolérance de toutes les croyances qui leur fait aussi accepter votre mécréance. Certains pai ou māe-de-santo, à les voir semblent à peine sortis de la cabane de l'oncle Tom, mais ils ont la culture d'un théologien de la Gregoriana. »

Amparo posa une main sur la sienne. « Vous nous y emmenez ! dit-elle, j'y suis allée une fois, il y a des années, dans une tente de umbanda, mais j'ai des souvenirs confus, je me rappelle seulement un grand trouble... »

Agliè parut gêné par le contact, mais il ne s'y déroba pas. Seulement, comme je le vis faire par la suite dans ses moments de réflexion, de l'autre main il tira de son gilet une boîte en or et argent, peut-être une tabatière ou une boîte à pilules, au couvercle orné d'une agate. Sur la table du bar brûlait une petite chandelle de cire, et Agliè, comme par hasard, en approcha la boîte. Je vis qu'à la chaleur l'agate ne se discernait plus, et à sa place apparaissait une miniature, très fine, vert bleu et or, qui représentait une bergère avec une corbeille de fleurs. Il la retourna entre ses doigts avec une dévotion distraite, comme s'il égrenait un rosaire. Il s'aperçut de mon intérêt, sourit, et reposa l'objet.

« Trouble ? Je ne voudrais pas, ma douce dame, qu'en plus de réceptive vous fussiez exagérément sensible. Qualité exquise, lorsqu'elle s'associe à la grâce et à l'intelligence, mais dangereuse, pour qui va en de certains lieux sans savoir quoi chercher et ce qu'il trouvera... Et, par ailleurs, ne me confondez pas l'umbanda et le candomblé. Celui-ci est complètement autochtone, afro-brésilien, comme on dit d'habitude, tandis que celui-là est une fleur très tardive, née de la greffe des rites indigènes sur la culture ésotérique européenne, sur une mystique que je dirais templière... »

Les Templiers m'avaient de nouveau retrouvé. Je dis à Agliè que j'avais travaillé sur eux. Il me regarda avec intérêt. « Curieuse conjoncture, mon jeune ami. Ici, sous la Croix du Sud, trouver un jeune Templier...

– Je ne voudrais pas que vous me considériez comme un adepte...

– Par pitié, monsieur Casaubon. Si vous saviez quelle canaillerie il y a dans ce domaine.

– Je sais, je sais.

– Et alors. Mais il faut nous revoir, avant que vous ne repartiez. » Nous nous donnâmes rendez-vous pour le lendemain : nous voulions tous les trois explorer le petit marché couvert le long du port.

Là-bas nous nous retrouvâmes en effet le matin suivant, et c'était un marché aux poissons, un souk arabe, une fête patronale qui aurait proliféré avec la virulence d'un cancer, une Lourdes envahie par les forces du mal, où les magiciens de la pluie pouvaient faire bon ménage avec des capucins extatiques et stigmatisés, au milieu de sachets propitiatoires avec prières cousues dans la doublure, menottes en pierre dure qui faisaient la figue, cornes de corail, crucifix, étoiles de David, symboles sexuels de religions pré-judaïques, hamacs, tapis, sacs, sphinx, sacrés-cœurs, carquois bororo, colliers de coquillages. La mystique dégénérée des conquérants européens se fondait avec la science qualitative des esclaves, de même que la peau de chaque personne présente racontait une histoire de généalogies perdues.

« Voilà, dit Agliè, une image de ce que les manuels d'ethnologie nomment le syncrétisme brésilien. Mot laid, selon la science officielle. Mais dans son sens le plus haut, le syncrétisme est la reconnaissance d'une unique Tradition, qui traverse et nourrit toutes les religions, tous les savoirs, toutes les philosophies. Le sage n'est pas celui qui discrimine, c'est celui qui réunit les lambeaux de lumière d'où qu'ils proviennent... Et donc ils sont plus sages ces esclaves, ou descendants d'esclaves, que ne le sont les ethnologues de la Sorbonne. Vous me comprenez, au moins vous, ma belle dame ?

– Pas avec l'esprit, dit Amparo. Avec l'utérus. Je m'excuse, j'imagine que le comte de Saint-Germain ne s'exprimait pas de cette façon. Je veux dire que je suis née dans ce pays, et même ce que je ne sais pas me parle quelque part, ici, je crois... » Elle se toucha le sein.

« Comment dit-il, ce soir-là, le cardinal Lambertini à la dame parée d'une splendide croix de diamants sur son décolleté ? Quelle joie de mourir sur ce calvaire. Et ainsi aimerais-je écouter ces voix. A présent, il faut que vous m'excusiez, et tous les deux. Je viens d'une époque où l'on se serait damné pour rendre hommage aux charmes. Vous voudrez rester seuls. Nous garderons contact. »

« Il pourrait être ton père, dis-je à Amparo alors que je l'entraînais au milieu des étalages de marchandises.

– Et même mon bisaïeul. Il nous a fait comprendre qu'il avait au moins mille ans. Tu es jaloux de la momie du pharaon ?

– Je suis jaloux de qui te fait allumer une petite lampe dans ta tête.

– Que c'est beau, ça c'est de l'amour. »

– 27 –

Racontant un jour qu'il avait beaucoup connu Ponce Pilate à Jérusalem, il décrivait minutieusement la maison de ce gouverneur romain, et il disait les plats qu'on avait servis sur sa table un soir qu'il avait soupé chez lui. Le cardinal de Rohan, croyant n'entendre là que des rêveries, s'adressa au valet de chambre du comte de Saint-Germain, vieillard aux cheveux blancs, à la figure honnête : « Mon ami, lui dit-il, j'ai de la peine à croire ce que dit votre maître. Qu'il soit ventriloque, passe; qu'il fasse de l'or, j'y consens; mais qu'il ait deux mille ans et qu'il ait vu Ponce Pilate, c'est trop fort. Étiez-vous là ? – Oh non, monseigneur, répondit ingénument le valet de chambre, il n'y a guère que quatre cents ans que je suis au service de M. le comte. »

Collin de PLANCY, Dictionnaire infernal, Paris, Mellier, 1844, p. 434.

Dans les jours qui suivirent, je fus pris par Salvador. Je passai peu de temps à l'hôtel. En feuilletant l'index du livre sur les Rose-Croix, je trouvai une référence au comte de Saint-Germain. Voyez-vous ça, me dis-je, tout se tient.

De lui, Voltaire écrivait « c'est un homme qui ne meurt jamais et qui sait tout », mais Frédéric de Prusse lui répondait que « c'est un comte pour rire ». Horace Walpole en parlait comme d'un Italien, ou Espagnol, ou Polonais, qui avait fait une grande fortune au Mexique et qui ensuite s'était réfugié à Constantinople, avec les bijoux de sa femme. Les choses les plus sûres à son sujet, on les apprend dans les mémoires de madame de Hausset, dame de chambre de la Pompadour (la belle référence, disait Amparo, intolérante). Circulant sous différents noms, il s'était fait passer pour Surmont à Bruxelles, Welldone à Leipzig, marquis d'Aymar, de Bedmar, ou de Belmar, comte Soltikoff. Arrêté à Londres, en 1745, où il brillait comme musicien en jouant du violon et du clavecin dans les salons ; trois ans après, à Paris, il offre ses services à Louis XV comme expert en teintures, en échange d'une résidence dans le château de Chambord. Le roi l'emploie pour des missions diplomatiques en Hollande, où il s'attire quelques ennuis et s'enfuit de nouveau à Londres. En 1762, nous le trouvons en Russie, puis de nouveau en Belgique. Là, Casanova le rencontre, qui relate comment il avait changé une monnaie en or. En 1776, il est à la cour de Frédéric II à qui il présente différents projets chimiques, huit ans après il meurt dans le Schleswig, chez le landgrave de Hesse, où il mettait au point une fabrique de couleurs.

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