Eco - Le pendule de Foucault
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Nous touchions à la fin de l'année 1975. Je décidai d'oublier les ressemblances et de consacrer toute mon énergie à mon travail. En fin de compte il me fallait enseigner la culture italienne, pas les Rose-Croix.
Je me consacrai à la philosophie de l'Humanisme et découvris que, tout juste sortis des ténèbres du Moyen Age, les hommes de la modernité laïque n'avaient rien trouvé de mieux que de s'adonner à la Kabbale et à la magie.
Après deux années de fréquentation d'humanistes qui récitaient des formules pour convaincre la nature de faire des choses qu'elle n'avait pas l'intention de faire, je reçus des nouvelles d'Italie. Mes anciens camarades, ou du moins certains d'entre eux, tiraient dans la nuque de ceux qui ne partageaient pas leurs opinions, pour convaincre les gens de faire des choses qu'ils n'avaient pas l'intention de faire.
Je ne comprenais pas. Je décidai que désormais je faisais partie du Tiers Monde, et je me résolus à visiter Bahia. J'emportai sous le bras une histoire de la culture à l'époque de la Renaissance et le livre sur les Rose-Croix, qui était resté sur une étagère, non coupé.
– 26 –
Toutes les traditions de la Terre ne peuvent se regarder que comme les traditions d'une nation-mère et fondamentale qui, dès l'origine, avait été confiée à l'homme coupable et à ses premiers rejetons.
Louis-Claude de SAINT-MARTIN, De l'esprit des choses, Paris, Laran, 1800, II, « De l'esprit des traditions en général ».
Et je vis Salvador, Salvador da Bahia de Todos os Santos, la « Rome nègre » et ses trois cent soixante-cinq églises qui se profilent sur la ligne des collines, se carrent le long de la baie, et où on honore les dieux du panthéon africain.
Amparo connaissait un artiste naïf, qui peignait de grands tableaux sur bois envahis de visions bibliques et apocalyptiques, éclatants comme les miniatures médiévales, avec des éléments coptes et byzantins. Il était naturellement marxiste, il parlait de la révolution imminente, passait ses journées à rêver dans les sacristies du sanctuaire de Nosso Senhor do Bomfim, triomphe de l'horror vacui, écailleuses d'ex-voto qui pendaient du plafond et incrustaient les murs, un assemblage mystique de coeurs en argent, prothèses de bois, jambes, bras, images de téméraires sauvetages au gros de rutilantes tempêtes, trombes marines, maelströms. Il nous conduisit dans la sacristie d'une autre église, pleine de grands meubles tout odorants de jacaranda. « Ce tableau représente qui, demanda Amparo au sacristain, saint Georges ? »
Le sacristain nous regarda avec complicité : « On l'appelle saint Georges, et il vaut mieux l'appeler comme ça, sinon le curé pique une colère, mais c'est Oxossi. »
Le peintre nous fit visiter deux jours durant des nefs et des cloîtres, à l'abri de façades décorées comme des plats en argent désormais noircis et usés. Nous étions accompagnés par des serviteurs mal dégrossis et claudicants, les sacristies étaient malades d'or et d'étain, de lourds caissons, de cadres précieux. Dans des châsses de cristal trônaient le long des murs des images de saints grandeur nature, ruisselants de sang, avec leurs plaies ouvertes semées de gouttes de rubis, des Christ tordus de souffrance avec leurs jambes rouges d'hémorragie. Dans l'éclair d'or d'un baroque tardif, je vis des anges au visage étrusque, des griffons romans et des sirènes orientales qui faisaient des apparitions sur les chapiteaux.
J'allais par des rues anciennes, sous le charme de leurs noms qui semblaient des chansons, Rua da Agonia, Avenida dos Amores, Travessa de Chico Diabo... J'étais tombé à Salvador à l'époque où le gouvernement, ou qui en faisait office, assainissait la vieille ville pour en expulser les milliers de bordels, mais on était encore à mi-chemin. Au pied de ces églises désertes et lépreuses, empêtrées dans leur faste, s'étendaient encore des ruelles malodorantes où grouillaient des prostituées nègres de quinze ans, de vieilles marchandes de sucreries africaines, accroupies le long des trottoirs avec leurs casseroles sur le feu, des bancs de maquereaux qui dansaient entre les rigoles des eaux usées au son des transistors du bar voisin. Les anciens palais des colonisateurs, surmontés d'armoiries maintenant illisibles, étaient devenus des maisons de tolérance.
Le troisième jour, nous accompagnâmes notre guide au bar d'un hôtel de la ville haute, dans la partie déjà restructurée, au milieu d'une rue pleine d'antiquaires de luxe. Il devait rencontrer un monsieur italien, nous avait-il dit, qui allait acheter, et sans discuter le prix, un de ses tableaux de trois mètres sur deux, où de pullulantes troupes angéliques s'apprêtaient à livrer une bataille finale contre les autres légions.
Ce fut ainsi que nous connûmes monsieur Agliè. Impeccablement vêtu d'un costume trois pièces bleu à fines raies blanches, malgré la chaleur, lunettes à monture d'or sur un visage au teint rosé, cheveux argentés. Il baisa la main d'Amparo, comme qui ne connaîtrait pas d'autre manière de saluer une dame, et commanda du champagne. Le peintre devait s'en aller, Agliè lui remit une liasse de traveller's cheques, dit de lui envoyer l'œuvre à l'hôtel. Nous restâmes à converser, Agliè parlait correctement le portugais, mais comme quelqu'un qui l'aurait appris à Lisbonne, ce qui lui donnait encore plus l'allure d'un gentilhomme d'autrefois. Il s'enquit de nous, fit quelques réflexions sur la possible origine genevoise de mon nom, se montra curieux de l'histoire familiale d'Amparo mais, qui sait comment, il avait déjà déduit que ses origines étaient de Recife. Quant à la sienne, d'origine, il demeura dans le vague. « Je suis comme un d'ici, dit-il, d'innombrables races se sont accumulées dans mes gènes... Mon nom est italien, d'une vieille propriété d'un ancêtre. Oui, sans doute noble, mais qui y prête attention au jour d'aujourd'hui. Je suis au Brésil par curiosité. Toutes les formes de la Tradition me passionnent. »
Il avait une belle bibliothèque de sciences religieuses, me dit-il, à Milan, où il vivait depuis quelques années. « Venez me trouver à votre retour, j'ai beaucoup de choses intéressantes, depuis les rites afro-brésiliens jusqu'aux cultes d'Isis dans le Bas-Empire.
– J'adore les cultes d'Isis, dit Amparo, qui souvent, par orgueil, aimait à jouer les poseuses. Vous savez tout sur les cultes d'Isis, j'imagine. »
Agliè répondit avec modestie : « Seulement le peu que j'en ai vu. »
Amparo chercha à regagner du terrain : « N'était-ce pas il y a deux mille ans ?
– Je ne suis pas jeune comme vous, sourit Agliè.
– Comme Cagliostro, plaisantai-je. N'est-ce pas lui que, passant une fois devant un crucifix, on entendit s'adresser en murmurant à son valet : " Je le lui avais bien dit à ce Juif d'être sur ses gardes, ce soir-là, mais il n'a pas voulu me prêter attention " ? »
Agliè se raidit, je craignis que la plaisanterie ne fût lourde. Je fis mine de m'excuser, mais notre hôte m'interrompit d'un sourire conciliant : « Cagliostro était un mystificateur, parce qu'on sait fort bien quand et où il était né, et il n'a même pas été capable de vivre longtemps. Il se vantait.
– Je le crois sans mal.
– Cagliostro était un mystificateur, répéta Agliè, mais cela ne veut pas dire que des personnages privilégiés ayant pu traverser de nombreuses vies n'aient pas existé et n'existent pas. La science moderne en sait si peu sur les processus de sénescence, qu'il n'est pas impensable que la mortalité soit un simple effet d'une mauvaise éducation. Cagliostro était un mystificateur, mais pas le comte de Saint-Germain, et quand il disait avoir appris certains de ses secrets chimiques auprès des anciens Égyptiens, il ne se vantait peut-être pas. Mais lorsqu'il citait ces épisodes, personne ne le croyait, alors, par courtoisie envers ses interlocuteurs, il faisait semblant de plaisanter.
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