Guy de Maupassant - Yvette (1884)

Здесь есть возможность читать онлайн «Guy de Maupassant - Yvette (1884)» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Классическая проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Yvette (1884): краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Yvette (1884)»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Yvette est une nouvelle de Guy de Maupassant, publiée en 1884.
Yvette, nouvelle ayant pour cadre le monde des courtisanes, constitue une réécriture du récit Yveline Samoris, parue en 1882. La nouvelle paraît pour la première fois dans le recueil homonyme en 1884.
L’héroïne, jeune fille naïve, tente de se suicider quand elle prend conscience qu’elle risque de devenir une demi-mondaine comme sa mère, la pseudo-marquise Obardi. Contrairement à Yveline (dans la nouvelle Yveline Samoris), Yvette survivra pour tomber sans doute dans les bras du viveur Servigny qui la convoitait depuis longtemps.

Yvette (1884) — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Yvette (1884)», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Mais Saval ne se laissait point convaincre.

— Toi, tu es noble, ça peut aller. Pour moi, non, je resterai le seul roturier du salon. Tant pis, ou tant mieux. Ce sera mon signe de distinction… et… ma supériorité.

Servigny s’entêtait.

— Je t’assure que ce n’est pas possible, mais pas possible, entends-tu ? Cela paraîtrait presque monstrueux. Tu ferais l’effet d’un chiffonnier dans une réunion d’empereurs. Laisse-moi faire, je te présenterai comme le vice-roi du Haut-Mississipi et personne ne s’étonnera. Quand on prend des grandeurs, on n’en saurait trop prendre.

— Non, encore une fois, je ne veux pas.

— Soit. Mais, en vérité, je suis bien sot de vouloir te convaincre. Je te défie d’entrer là-dedans sans qu’on te décore d’un titre comme on donne aux dames un bouquet de violettes au seuil de certains magasins.

Ils tournèrent à droite dans la rue de Berri, montèrent au premier étage d’un bel hôtel moderne, et laissèrent aux mains de quatre domestiques en culotte courte leurs pardessus et leurs cannes. Une odeur chaude de fête, une odeur de fleurs, de parfums, de femmes, alourdissait l’air ; et un grand murmure confus et continu venait des pièces voisines qu’on sentait pleines de monde.

Une sorte de maître des cérémonies, haut, droit, ventru, sérieux, la face encadrée de favoris blancs, s’approcha du nouveau venu en demandant avec un court et fier salut :

— Qui dois-je annoncer ?

Servigny répondit : Monsieur Saval.

Alors, d’une voix sonore, l’homme, ouvrant la porte, cria dans la foule des invités :

— Monsieur le duc de Servigny.

— Monsieur le baron Saval.

Le premier salon était peuplé de femmes. Ce qu’on apercevait d’abord, c’était un étalage de seins nus, au-dessus d’un flot d’étoffes éclatantes.

La maîtresse de maison, debout, causant avec trois amies, se retourna et s’en vint d’un pas majestueux, avec une grâce dans la démarche et un sourire sur les lèvres.

Son front étroit, très bas, était couvert d’une masse de cheveux d’un noir luisant, pressés comme une toison, mangeant même un peu des tempes.

Elle était grande, un peu trop forte, un peu trop grasse, un peu mûre, mais très belle, d’une beauté lourde, chaude, puissante. Sous ce casque de cheveux, qui faisait rêver, qui faisait sourire, qui la rendait mystérieusement désirable, s’ouvraient des yeux énormes, noirs aussi. Le nez était un peu mince, la bouche grande, infiniment séduisante, faite pour parler et pour conquérir.

Son charme le plus vif était d’ailleurs dans sa voix. Elle sortait de cette bouche comme l’eau sort d’une source, si naturelle, si légère, si bien timbrée, si claire, qu’on éprouvait une jouissance physique à l’entendre. C’était une joie pour l’oreille d’écouter les paroles souples couler de là avec une grâce de ruisseau qui s’échappe, et c’était une joie pour le regard de voir s’ouvrir, pour leur donner passage, ces belles lèvres un peu trop rouges.

Elle tendit une main à Servigny, qui la baisa, et laissant tomber son éventail au bout d’une chaînette d’or travaillé, elle donna l’autre à Saval, en lui disant :

— Soyez le bienvenu, baron, tous les amis du duc sont chez eux ici.

Puis, elle fixa son regard brillant sur le colosse qu’on lui présentait. Elle avait sur la lèvre supérieure un petit duvet noir, un soupçon de moustache, plus sombre quand elle parlait. Elle sentait bon, une odeur forte, grisante, quelque parfum d’Amérique ou des Indes.

D’autres personnes entraient, marquis, comtes ou princes.

Elle dit à Servigny, avec une gracieuseté de mère :

— Vous trouverez ma fille dans l’autre salon. Amusez-vous, Messieurs, la maison vous appartient.

Et elle les quitta pour aller aux derniers venus, en jetant à Saval ce coup d’œil souriant et fuyant qu’ont les femmes pour faire comprendre qu’on leur a plu.

Servigny saisit le bras de son ami.

— Je vais te piloter, dit-il. Ici, dans le salon où nous sommes, les femmes, c’est le temple de la chair, fraîche ou non. Objets d’occasion valant le neuf, et même mieux, cotés cher, à prendre à bail. À gauche, le jeu. C’est le temple de l’Argent. Tu connais ça. Au fond, on danse, c’est le temple de l’Innocence, le sanctuaire, le marché aux jeunes filles. C’est là qu’on expose, sous tous les rapports, les produits de ces dames. On consentirait même à des unions légitimes ! C’est l’avenir, l’espérance… de nos nuits. Et c’est aussi ce qu’il y a de plus curieux dans ce musée des maladies morales, ces fillettes dont l’âme est disloquée comme les membres des petits clowns issus de saltimbanques. Allons les voir.

Il saluait à droite, à gauche, galant, un compliment aux lèvres, couvrant d’un regard vif d’amateur chaque femme décolletée qu’il connaissait.

Un orchestre, au fond du second salon, jouait une valse ; et ils s’arrêtèrent sur la porte pour regarder. Une quinzaine de couples tournaient ; les hommes graves, les danseuses avec un sourire figé sur les lèvres. Elles montraient beaucoup de peau, comme leurs mères ; et le corsage de quelques-unes n’étant soutenu que par un mince ruban qui contournait la naissance du bras, on croyait apercevoir, par moments, une tache sombre sous les aisselles.

Soudain, du fond de l’appartement, une grande fille s’élança, traversant tout, heurtant les danseurs, et relevant de sa main gauche la queue démesurée de sa robe. Elle courait à petits pas rapides comme courent les femmes dans les foules, et elle cria :

— Ah ! Voilà Muscade. Bonjour, Muscade !

Elle avait sur les traits un épanouissement de vie, une illumination de bonheur. Sa chair blanche, dorée, une chair de rousse, semblait rayonner. Et l’amas de ses cheveux, tordus sur sa tête, des cheveux cuits au feu, des cheveux flambants, pesait sur son front, chargeait son cou flexible encore un peu mince.

Elle paraissait faite pour se mouvoir comme sa mère était faite pour parler, tant ses gestes étaient naturels, nobles et simples. Il semblait qu’on éprouvait une joie morale et un bien-être physique à la voir marcher, remuer, pencher la tête, lever le bras.

Elle répétait :

— Ah ! Muscade, bonjour, Muscade.

Servigny lui secoua la main violemment, comme à un homme, et il lui présenta :

— Mam’zelle Yvette, mon ami le baron Saval.

Elle salua l’inconnu, puis le dévisagea :

— Bonjour, Monsieur. Êtes-vous tous les jours aussi grand que ça ?

Servigny répondit de ce ton gouailleur qu’il avait avec elle, pour cacher ses méfiances et ses incertitudes :

— Non, mam’zelle. Il a pris ses plus fortes dimensions pour plaire à votre maman qui aime les masses.

Et la jeune fille prononça avec un sérieux comique :

— Très bien alors ! Mais quand vous viendrez pour moi, vous diminuerez un peu, s’il vous plaît ; je préfère les entre-deux. Tenez, Muscade est bien dans mes proportions.

Et elle tendit au dernier venu sa petite main grande ouverte.

Puis, elle demanda :

— Est-ce que vous dansez, Muscade ? Voyons, un tour de valse.

Sans répondre, d’un mouvement rapide, emporté, Servigny lui enlaça la taille, et ils disparurent aussitôt avec une furie de tourbillon.

Ils allaient plus vite que tous, tournaient, tournaient, couraient en pivotant éperdument, liés à ne plus faire qu’un, et le corps droit, les jambes presque immobiles, comme si une mécanique invisible, cachée sous leurs pieds, les eût fait voltiger ainsi.

Ils paraissaient infatigables. Les autres danseurs s’arrêtaient peu à peu. Ils restèrent seuls, valsant indéfiniment. Ils avaient l’air de ne plus savoir où ils étaient, ni ce qu’ils faisaient, d’être partis bien loin du bal, dans l’extase. Et les musiciens de l’orchestre allaient toujours, les regards fixés sur ce couple forcené ; et tout le monde le contemplait, et quand il s’arrêta enfin, on applaudit.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Yvette (1884)»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Yvette (1884)» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Yvette (1884)»

Обсуждение, отзывы о книге «Yvette (1884)» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x