André Gide - André Gide - Oeuvres majeures

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André Gide est un des plus grands auteurs français et lauréat du prix Nobel de littérature. Cette collection comporte:
Romans et Nouvelles:
Les Cahiers d'André Walter
Le Voyage d'Urien
Paludes
Le Prométhée mal enchaîné
L'Immoraliste
Le Retour de l'enfant prodigue
La Porte étroite
Isabelle
Les Caves du Vatican
La Symphonie Pastorale
Les Faux-monnayeurs
L'École des femmes
Robert
Geneviève
Ouvres Poétiques et Lyriques:
Les Poésies d'André Walter
Les Nourritures terrestres
Les Nouvelles nourritures
Écrits de Voyage:
Amyntas
Voyage au Congo
Le Retour de Tchad
Retour de l'U. R. S. S.
Retouches â mon retour de l'U. R. S. S.
Essais Littéraires:
Prétextes; Réflexions sur quelques points de littérature et de morale
Nouveaux Prétextes
Le Journal des Faux-monnayeurs
Dostoïevski (Articles et Causeries)
Notes sur Chopin
Ouvres Autobiographiques:
Si le Grain ne Meurt
Journal 1939–1949

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Le lendemain, dès l’aube, la diligence nous emmène, Moktir est avec nous. Moktir est heureux comme un roi.

Chegga ; Kefeldorh’ ; M’reyer... mornes étapes sur la route plus morne encore, interminable. J’aurais cru pourtant, je l’avoue, plus riantes ces oasis. Mais plus rien que la pierre et le sable ; puis quelques buissons nains bizarrement fleuris ; parfois quelque essai de palmiers qu’alimente une source cachée... À l’oasis je préfère à présent le désert... ce pays de mortelle gloire et d’intolérable splendeur. L’effort de l’homme y paraît laid et misérable. Maintenant toute autre terre m’ennuie.

— Vous aimez l’inhumain, dit Marceline. Mais comme elle regarde elle-même ! et avec quelle avidité !

Le temps se gâte un peu, le second jour ; c’est-à-dire que le vent s’élève et que l’horizon se ternit. Marceline souffre ; le sable qu’on respire, brûle, irrite sa gorge ; la surabondante lumière fatigue son regard ; ce paysage hostile la meurtrit. — Mais à présent il est trop tard pour revenir. Dans quelques heures nous serons à Touggourt.

C’est de cette dernière partie du voyage, pourtant si proche encore, que je me souviens le moins bien. Impossible, à présent, de revoir les paysages du second jour et ce que je fis d’abord à Touggourt. Mais ce que je me rappelle encore, c’est quelles étaient mon impatience et ma précipitation.

Il avait fait très froid le matin. Vers le soir, un simoun ardent s’élève. — Marceline, exténuée par le voyage, s’est couchée sitôt arrivée. J’espérais trouver un hôtel un peu plus confortable ; notre chambre est affreuse ; le sable, le soleil et les mouches ont tout terni, tout sali, défraîchi. N’ayant presque rien mangé depuis l’aurore, je fais servir aussitôt le repas ; mais tout paraît mauvais à Marceline et je ne peux la décider à rien prendre. Nous avons emporté de quoi faire du thé. Je m’occupe à ces soins dérisoires. Nous nous contentons, pour dîner, de quelques gâteaux secs et de ce thé, auquel l’eau salée du pays a donné son goût détestable.

Par un dernier semblant de vertu, je reste jusqu’au soir près d’elle. Et soudain je me sens comme à bout de forces moi-même. Ô goût de cendres ! Ô lassitude ! Tristesse du surhumain effort ! J’ose à peine la regarder ; je sais trop que mes yeux, au lieu de chercher son regard, iront affreusement se fixer sur les trous noirs de ses narines ; l’expression de son visage souffrant est atroce. Elle non plus ne me regarde pas. Je sens, comme si je la touchais, son angoisse. Elle tousse beaucoup ; puis s’endort. Par moments un frisson brusque la secoue.

La nuit pourrait être mauvaise et, avant qu’il ne soit trop tard, je veux savoir à qui je pourrais m’adresser. Je sors. Devant la porte de l’hôtel, la place de Touggourt, les rues, l’atmosphère même sont étranges au point de me faire croire que ce n’est pas moi qui les vois. — Après quelques instants, je rentre. Marceline dort tranquillement. Je m’effrayais à tort ; sur cette terre bizarre, on suppose un péril partout ; c’est absurde. Et, suffisamment rassuré, je ressors.

Étrange animation nocturne sur la place ; circulation silencieuse ; glissement clandestin des burnous blancs. Le vent déchire par instant des lambeaux de musique étrange et les apporte je ne sais d’où. Quelqu’un vient à moi... C’est Moktir. Il m’attendait, dit-il, et pensait bien que je ressortirais. Il rit. Il connaît bien Touggourt, y vient souvent et sait où il m’emmène. Je me laisse entraîner par lui.

Nous marchons dans la nuit ; nous entrons dans un café maure ; c’est de là que venait la musique. Des femmes arabes y dansent — si l’on peut appeler une danse ce monotone glissement. — Une d’elles me prend par la main ; je la suis ; c’est la maîtresse de Moktir ; il accompagne... Nous entrons tous les trois dans l’étroite et profonde chambre où l’unique meuble est un lit... Un lit très bas, sur lequel on s’assied. Un lapin blanc, enfermé dans la chambre, s’effarouche d’abord puis s’apprivoise et vient manger dans la main de Moktir. On nous apporte du café. Puis, tandis que Moktir joue avec le lapin, cette femme m’attire à elle, et je me laisse aller à elle comme on se laisse aller au sommeil...

Ah ! je pourrais ici feindre ou me taire — mais que m’importe à moi ce récit, s’il cesse d’être véritable ?...

Je retourne seul à l’hôtel, Moktir restant là-bas pour la nuit. Il est tard. Il souffle un siroco aride ; c’est un vent tout chargé de sable, et torride malgré la nuit. Au bout de quatre pas, je suis en nage ; mais j’ai soudain trop hâte de rentrer, et c’est presque en courant que je reviens. — Elle s’est réveillée peut-être... peut-être elle a besoin de moi ?... Non ; la croisée de la chambre est sombre. J’attends un court répit du vent pour ouvrir ; j’entre très doucement dans le noir. — Quel est ce bruit ?... Je ne reconnais pas sa toux... J’allume.

Marceline est assise à demi sur son lit ; un de ses maigres bras se cramponne aux barreaux du lit, la tient dressée ; ses draps, ses mains, sa chemise, sont inondés d’un flot de sang ; son visage en est tout sali ; ses yeux sont hideusement agrandis ; et n’importe quel cri d’agonie m’épouvanterait moins que son silence. — Je cherche sur son visage transpirant une petite place où poser un affreux baiser ; le goût de sa sueur me reste aux lèvres. Je lave et rafraîchis son front, ses joues... Contre le lit, quelque chose de dur sous mon pied : je me baisse, et ramasse le petit chapelet qu’elle réclamait naguère à Paris, et qu’elle a laissé tomber ; je le passe à sa main ouverte, mais sa main aussitôt s’abaisse et le laisse tomber de nouveau. — Je ne sais que faire ; je voudrais demander du secours... Sa main s’accroche à moi désespérément, me retient ; ah ! croit-elle donc que je veux la quitter ? Elle me dit :

— Oh ! tu peux bien attendre encore. Elle voit que je veux parler : — Ne me dis rien, ajouta-t-elle ; tout va bien. — De nouveau je ramasse le chapelet ; je le lui remets dans la main, mais de nouveau elle le laisse — que dis-je ? elle le fait tomber. Je m’agenouille auprès d’elle et presse sa main contre moi.

Elle se laisse aller, moitié contre le traversin et moitié contre mon épaule, semble dormir un peu, mais ses yeux restent grands ouverts.

Une heure après elle se redresse ; sa main se dégage des miennes, se crispe à sa chemise et en déchire la dentelle. Elle étouffe. — Vers le petit matin, un nouveau vomissement de sang...

J’ai fini de vous raconter mon histoire. Qu’ajouterais-je de plus ? — Le cimetière français de Touggourt est hideux, à moitié dévoré par les sables... Le peu de volonté qui me restait, je l’ai tout employé à l’arracher de ces lieux de détresse. C’est à El Kantara qu’elle repose, dans l’ombre d’un jardin privé qu’elle aimait. Il y a de tout cela trois mois à peine. Ces trois mois ont éloigné cela de dix ans.

Michel resta longtemps silencieux. Nous nous taisions aussi, pris chacun d’un étrange malaise. Il nous semblait hélas ! qu’à nous la raconter, Michel avait rendu son action plus légitime. De ne savoir où la désapprouver, dans la lente explication qu’il en donna, nous en faisait presque complices. Nous y étions comme engagés. Il avait achevé ce récit sans un tremblement dans la voix, sans qu’une inflexion ni qu’un geste témoignât qu’une émotion quelconque le troublât, soit qu’il mît un cynique orgueil à ne pas nous paraître ému, soit qu’il craignît, par une sorte de pudeur, de provoquer notre émotion par ses larmes, soit enfin qu’il ne fût pas ému. Je ne distingue pas en lui, même à présent, la part d’orgueil, de force, de sécheresse ou de pudeur. — Au bout d’un instant, il reprit :

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