John Varley - Titan

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Titan: краткое содержание, описание и аннотация

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Une roue géante orbitant au large de Saturne, voilà ce que découvre l'équipage du vaisseau spatial américain, le « Seigneur des Anneaux ». Son caractère artificiel ne fait aucun doute… pourtant… Création ou créature extra-terrestre, la chose phagocyte littéralement le vaisseau et ses sept astronautes. Et Cirocco Jones, la jeune femme qui dirige la mission, se retrouve à l'intérieur d'un monde creux, un gigantesque Disneyland peuplé d'anges cruels et de centaures bavards, de baleines-zeppelins et de vers des sables…
Pour Cirocco et ses compagnons, c'est le début d'une incroyable odyssée pour découvrir qui est Gaïa, la divinité créatrice de cet univers trop hollywoodien pour être vrai, et pour recouvrer, peut-être, la liberté.
Premier volet d'une trilogie,
marie avec un rare bonheur la science et le mythe, le merveilleux et la technologie dans une épopée palpitante et truffée de clins d'oeil.

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« Je crois que Gaïa sera impressionnée, dit April. Allez la voir. Entrez dans le moyeu et criez. Ne rampez pas, n’implorez pas. Dites-lui que vous avez droit à quelques réponses, au nom de nous tous. Elle écoutera.

— Viens avec nous, April. »

La femme-ange fit un écart.

« Mon nom est Ariel-la-Vive. Je ne vais avec personne et nul ne vient avec moi. Je ne vous reverrai jamais. » Elle plongea pour la dernière fois et Cirocco sut qu’elle tiendrait parole.

Elle se tourna vers Gaby qui leva les yeux au ciel avec une petite grimace.

« On monte ?

— Fichtre oui.

Il y a quelques questions que j’aimerais bien poser. »

Chapitre 23.

« Je ne suis pas un héros, tu sais.

— D’accord, héroïne. »

Cirocco gloussa. Elles étaient couchées en ce dernier jour de leur quatorzième hiver ensemble, au huitième mois de leur séjour dans le rayon. Elles n’étaient plus maintenant qu’à dix kilomètres du moyeu. Une étape qu’elles pourraient avaler dès qu’aurait commencé le dégel.

« Pas même. S’il y a ici une héroïne, c’est bien toi. »

Gaby fit un signe de dénégation.

« Je t’ai donné un coup de main. Bien sûr, tu aurais eu beaucoup plus de mal si je n’avais pas été là. »

Cirocco lui étreignit la main.

« Mais je n’ai fait que te suivre. Je t’ai sortie de quelques mauvais pas, mais je n’ai rien d’un héros. Un héros n’aurait pas essayé de balancer Gene par-dessus bord sans parachute. Toi, tu aurais pu arriver ici toute seule. Pas moi. »

Elles restèrent silencieuses, perdues chacune dans ses pensées.

Cirocco n’était pas sûre que Gaby ait dit vrai. C’était en partie exact même si elle ne l’aurait pas admis ouvertement. Gaby n’aurait pas pu les conduire jusqu’ici. Elle n’avait rien d’une meneuse. Mais moi ? s’interrogea-t-elle. J’ai certes fait mon possible pour le devenir. Mais aurais-je réussi seule ? Elle en doutait.

« On s’en est payé une tranche, pas vrai ? » demanda Gaby, placidement.

Cirocco était sincèrement surprise. Pouvait-on qualifier ainsi leurs huit mois de lutte ?

« Je ne pense pas que l’expression soit parfaitement adéquate.

— Non, t’as raison. Mais on se comprend. »

Bizarrement, c’était vrai. Elle parvenait au moins à comprendre cette dépression qui l’avait envahie depuis quelques semaines. Leur voyage s’achèverait bientôt. Elles découvriraient ou non le moyen de regagner la Terre.

« Je n’ai pas envie de retourner sur Terre, dit Cirocco.

— Moi non plus.

— Mais on ne peut pas faire simplement demi-tour.

— Tu as une idée.

— Non, je suis simplement têtue. Mais nous devons continuer. Je le dois à April et à Gene – et à tous les autres aussi –, il faut que je découvre ce que l’on nous a fait et pourquoi.

« Sors-nous ces épées, veux-tu ?

— Tu crains des ennuis ?

— Rien dont une épée ne puisse venir à bout. Je me sens simplement mieux avec ça dans la main. Je suis censée être un héros, pas vrai ? »

Gaby ne discuta pas. Elle mit un genou en terre et fourragea dans le troisième sac pour en sortir les courtes épées. Elle en lança une à Cirocco.

Elles se tenaient près du sommet de ce qui devait être le dernier escalier. Tout comme celui qu’elles avaient monté au pied du rayon, il s’enroulait en spirale autour du câble qu’elles avaient retrouvé au bout du long plan incliné marquant la limite entre la forêt et la valve supérieure. Il leur avait fallu deux jours entiers pour franchir cette pente à l’aide des piolets, de la corde et des pitons.

Comme elles n’avaient plus d’huile elles avaient dû monter l’escalier dans l’obscurité totale, une marche après l’autre. L’ascension s’était effectuée sans incident jusqu’au moment où Cirocco avait discerné devant elle une faible lueur rougeâtre. Elle s’était soudain senti le besoin d’avoir une épée dans la main.

C’était une arme fine, malgré son pommeau trop large. Elle ne pesait rien à une telle altitude. Après avoir frotté une allumette, elle effleura la silhouette de Titanide gravée sur le plat de la lame.

« Tu ressembles à un tableau de Frazetta », remarqua Gaby.

Elle baissa les yeux pour se regarder. Elle était dépenaillée, enveloppée dans les lambeaux de ses beaux atours. Sa peau était pâle, du moins là où elle était visible sous la crasse. Elle avait perdu du poids ; ce qui lui restait n’était que muscles noueux. Ses pieds et ses mains étaient durs comme du cuir.

« Et moi qui ai toujours voulu ressembler à l’une de ces filles de Maxfield Parrish. Tellement plus grandes dames. »

Elle secoua l’allumette puis en alluma une autre. Gaby la regardait toujours. Son regard brillait dans la lumière jaunâtre. Brusquement, Cirocco se sentit bien. Elle sourit, puis rit doucement, tendit la main vers Gaby et la lui posa sur l’épaule. Gaby fit de même, avec un vague sourire sur ses traits.

« As-tu… la moindre idée de ce qui nous attend là-haut ? » Gaby indiquait de la pointe de l’épée le haut des marches.

« Peut-être bien. » Elle rit encore puis haussa les épaules. « Rien de bien précis. Mais il faudra marcher sur des œufs. »

Gaby ne répondit rien mais se contenta de s’essuyer la main sur la cuisse avant d’empoigner avec fermeté le pommeau de son épée. Puis elle se mit à rire.

« Je ne sais pas m’en servir.

— Tu n’as qu’à faire comme si. Une fois arrivées en haut des marches, on laisse tomber tout notre accoutrement.

— Tu crois ?

— Je ne veux pas m’encombrer.

— Le moyeu est vaste, Rocky. Cela va peut-être nous prendre du temps pour la trouver.

— J’ai comme l’impression que ce ne sera pas long. Pas long du tout. »

Elle souffla la seconde allumette. Elles attendirent que leurs yeux s’accoutument à l’obscurité. Puis lorsqu’elles distinguèrent à nouveau la pâle lueur au-dessus d’elles, elles se mirent en route pour gravir, côte à côte, les cent dernières marches.

Elles montaient au milieu d’une nuit ponctuée de pulsations rouges.

L’unique éclairage provenait d’une ligne, droite comme un faisceau laser, loin au-dessus. Le plafond restait noyé dans la pénombre. Sur la gauche, on distinguait vaguement un câble, ombre obscure parmi les ténèbres.

Les parois, le plancher et l’air même, résonnaient au rythme d’un lent battement de cœur. Une petite bise froide leur fouetta le visage, en provenance de la bouche invisible du rayon surmontant Océan.

« Ça risque d’être coton de fouiner dans le coin, murmura Gaby. On n’y voit pas à plus de vingt mètres. »

Cirocco ne répondit pas. Elle secoua la tête pour chasser la bizarre sensation de pesanteur qui l’avait assaillie, puis elle lutta contre un brusque accès de vertige. Elle avait envie de s’asseoir, de faire demi-tour. Elle avait peur et ne voulait pas céder à cette impulsion.

Elle dressa son épée et la vit scintiller comme un lac de sang. Elle fit un pas, puis un autre. Gaby la suivit et elles pénétrèrent dans l’obscurité.

Ses dents lui faisaient mal. Elle s’aperçut qu’elle avait la mâchoire serrée, douloureusement crispée. Elle s’arrêta et cria :

« Je suis ici ! »

Au bout de longues secondes, l’écho lui répondit, puis se répéta en décroissant à l’infini.

Elle leva l’arme au-dessus de sa tête et cria encore.

« Je suis ici ! Je suis le capitaine Cirocco Jones, Commandant du VES Seigneur des Anneaux, déléguée par les Etats-Unis d’Amérique, l’Administration nationale pour l’aéronautique et l’espace et les Nations unies de la Terre. Je désire te parler ! »

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