John Varley - Titan

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Titan: краткое содержание, описание и аннотация

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Une roue géante orbitant au large de Saturne, voilà ce que découvre l'équipage du vaisseau spatial américain, le « Seigneur des Anneaux ». Son caractère artificiel ne fait aucun doute… pourtant… Création ou créature extra-terrestre, la chose phagocyte littéralement le vaisseau et ses sept astronautes. Et Cirocco Jones, la jeune femme qui dirige la mission, se retrouve à l'intérieur d'un monde creux, un gigantesque Disneyland peuplé d'anges cruels et de centaures bavards, de baleines-zeppelins et de vers des sables…
Pour Cirocco et ses compagnons, c'est le début d'une incroyable odyssée pour découvrir qui est Gaïa, la divinité créatrice de cet univers trop hollywoodien pour être vrai, et pour recouvrer, peut-être, la liberté.
Premier volet d'une trilogie,
marie avec un rare bonheur la science et le mythe, le merveilleux et la technologie dans une épopée palpitante et truffée de clins d'oeil.

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« Toutes ces choses sont pour nous monstrueuses. Je sens que nous avons été trompés et que nous méritons une explication. On nous a maltraités et nous demandons justice. »

Elle tituba, soulagée d’en avoir terminé. Ce qui pouvait advenir n’était plus de son ressort. Elle avait cessé de se leurrer ; elle n’était pas de taille à lutter contre une telle créature.

Le front de Gaïa s’assombrit.

« Je ne suis pas signataire des Accords de Genève. »

Cirocco en resta bouche bée. Elle ne savait pas à quoi elle s’était attendue mais en tout cas certainement pas à ça.

« Mais qu’êtes-vous donc, à la fin ? » Elle n’avait pu se retenir de lui poser la question.

« Je suis Gaïa, la grande et la sage. Je suis le monde, je suis la vérité, je suis la loi, je suis…

— Vous êtes donc toute la planète ? April disait vrai ? »

Peut-être n’était-il pas convenable d’interrompre une déesse mais Cirocco se sentait comme Oliver Twist quémandant un supplément de brouet. Il fallait qu’elle se contrôle d’une façon ou d’une autre.

« Je n’avais pas terminé, grommela Gaïa. Mais effectivement, je le suis. Je suis la Terre Mère, bien que n’étant pas de votre Terre. Toute vie jaillit de moi. Je fais partie d’un panthéon qui s’étend jusqu’aux étoiles. Appelez-moi Titan.

— Alors c’était vous qui…

— Suffit. Je n’écoute que les héros. Tu as parlé d’actions d’éclat tout à l’heure lorsque tu chantais. Conte-les-moi à présent, ou bien disparais à jamais. Chante-moi tes aventures.

— Mais je…

— Chante ! » tonna Gaïa.

Elle chanta. Le récit lui prit plusieurs heures car, tandis que Cirocco voulait le condenser, Gaïa insistait de son côté sur les détails. Cirocco finit par prendre goût à la tâche. Le langage des Titanides y convenait admirablement ; tant qu’elle restait dans un mode déclamatoire il était impossible de chanter avec maladresse. Quand elle eut terminé elle se sentait pleine de fierté et légèrement plus sûre d’elle.

Gaïa paraissait songeuse. Cirocco se dandinait nerveusement. Elle avait mal aux pieds ce qui prouve bien, songea-t-elle, qu’on peut finir par se lasser de tout.

Finalement, Gaïa se décida à parler.

« C’était un bon récit, dit-elle. Le meilleur que j’aie entendu depuis bien des siècles. Vous êtes vraiment héroïques. Je m’entretiendrai avec vous deux dans mes appartements. »

Sur ce, elle disparut. Seule ne subsista qu’une flamme qui dansa quelques minutes avant de s’éteindre.

Elles regardèrent autour d’elles. Elles se trouvaient dans une vaste salle surmontée d’un dôme. Derrière elles l’escalier, obscur maintenant, descendait vers les ténèbres de l’intérieur du moyeu.

Des buses rouillées en longeaient les degrés ; elles fumaient irrégulièrement en émettant un cliquetis de métal qui se refroidit. Une odeur de caoutchouc brûlé traînait dans l’air.

Le sol de marbre était fissuré, décoloré, recouvert d’une couche de poussière sur laquelle se dessinaient nettement l’empreinte de leurs pieds. L’endroit ressemblait à une salle d’opéra miteuse lorsque les lumières rallumées chassent l’illusion.

« J’ai vu pas mal de choses tordues depuis qu’on est arrivées ici, dit Gaby, mais celle-ci remporte la palme. Où va-t-on maintenant ? »

Cirocco lui indiqua sans un mot une petite porte qui s’ouvrait dans le mur sur leur gauche. Elle était entrouverte et laissait passer la lumière.

Cirocco la poussa, regarda les lieux avec une sensation croissante de familiarité, puis entra.

Elles avaient pénétré dans une vaste pièce de quatre mètres de plafond. Le sol était formé de rectangles de verre dépoli éclairés par en dessous. Les murs, couverts de boiseries beiges étaient décorés de toiles dans des cadres dorés. Le mobilier était de style Louis XVI.

« Déjà vu, hein ? » lança une voix depuis le fond de la pièce. Elle provenait d’une vieille femme boulotte vêtue d’une robe-sac informe. Elle ressemblait autant à Gaïa qu’un pain de savon sculpté peut ressembler à la Pieta de Michel-Ange.

« Asseyez-vous, asseyez-vous, leur dit-elle avec jovialité. On ne fait pas de cérémonie ici. Vous avez vu le grand bazar ; voici l’amère réalité.

« Puis-je vous offrir un verre ? »

Chapitre 24.

Cirocco avait renoncé à avoir toute opinion.

« Vous savez quoi ? » dit-elle. Elle se sentait plus que partie. « Si l’on m’annonçait tout de go que le Seigneur des Anneaux n’a jamais quitté son orbite terrestre et que tout ceci sort des coulisses d’un studio d’Hollywood, je crois que je ne cillerais pas.

— Une réaction parfaitement naturelle », l’apaisa Gaïa.

Elle se dandinait à travers la pièce, allant chercher un verre de vin pour Gaby, un double Scotch on the rocks pour Cirocco, redressant ici un tableau, époussetant là une table du revers de sa robe élimée.

Gaïa était petite et trapue, bâtie comme un tonneau. Elle avait une peau brune et ridée. Un nez comme une patate. Mais il y avait des rides rieuses au coin de ses yeux et de sa bouche sensuelle.

Cirocco essaya de situer ce visage, pour s’occuper l’esprit et studieusement éviter de bâtir toute théorie. W.C. Fields ? Non, seul le nez correspondait au personnage. Enfin elle trouva : Gaïa ressemblait énormément à Charles Laughton dans La Vie privée d’Henry VIII.

Cirocco et Gaby étaient assises chacune à un bout d’un divan passablement fatigué. Gaïa déposa un verre sur la tablette près de chacune d’elles, puis se traîna jusqu’à l’autre bout de la pièce pour aller s’avachir dans une chaise à haut dossier. Elle souffla puis croisa les doigts sur son ventre.

« Posez-moi toutes les questions que vous voulez », dit-elle en se penchant en avant, attentive.

Cirocco et Gaby s’entre-regardèrent puis reportèrent leur attention sur Gaïa. Il y eut un bref silence.

« Vous parlez anglais, dit Cirocco.

— Ce n’est pas une question.

— Comment se fait-il que vous parliez anglais ? Où l’avez-vous appris ?

— Je regarde la télé. »

Cirocco savait quelle était sa prochaine question mais elle hésitait à la poser. Et si cette créature était l’ultime survivante des bâtisseurs de Gaïa ? Elle n’avait aucune preuve que Gaïa fût effectivement un organisme unique, comme l’avait soutenu April, mais il restait possible que cette personne se prît vraiment pour une déesse.

« Et tout ce… ce spectacle, dehors ? » l’interrogea Gaby.

Gaïa écarta la question d’un signe de main.

« Réalisé entièrement avec des miroirs, ma chère. Simple tour de passe-passe. » Elle baissa les yeux, puis prit un air penaud. « Je voulais vous flanquer la trouille au cas où vous n’auriez pas la fibre héroïque. Je me suis donnée à fond. J’ai pensé qu’à ce stade il serait plus facile de nous retrouver ici : environnement confortable, nourriture et boisson… Voulez-vous manger quelque chose ? Voulez-vous un café ? De la cocaïne ?

— Non, je… avez-vous dit…

— Avez-vous dit du café ?

— … de la cocaïne ? »

Cirocco avait le nez qui la démangeait mais elle se sentait plus alerte, moins effrayée que jamais depuis son entrée dans le moyeu. Elle se carra dans le divan et regarda dans les yeux la créature qui se faisait appeler Gaïa.

« Des miroirs, disiez-vous. Qu’êtes-vous donc réellement ? »

Le sourire de Gaïa s’élargit.

« Dans le vif du sujet, hein ? Bon. J’aime la franchise. » Elle pinça les lèvres et sembla considérer la question.

« Voulez-vous parler de tout ceci ou bien de ce que je suis ? » Les mains posées sur ses seins énormes, elle n’attendit même pas leur réponse. « Je suis trois sortes de vie : d’abord mon corps proprement dit qui est l’environnement au sein duquel vous vous êtes déplacées. Ensuite mes créatures, telles que les Titanides qui font partie de moi mais que je ne contrôle pas. Enfin mes instruments, distincts de moi, mais qui sont partie intégrante de moi-même. Je dispose de certains pouvoirs mentaux – d’ailleurs fort pratiques pour réaliser les illusions dont vous avez été les victimes – appelez ça de l’hypnotisme et de la télépathie bien que cela ne soit ni l’un ni l’autre.

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