Robert Silverberg - L'oreille interne

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David Selig. Né en 1935 à New York. Juif.
Calvitie précoce. Ex-étudiant en lettres, ex-courtier en valeurs mobilières.
Célibataire. Sans ressources bien définies.
Signes particuliers : néant.
Bref, raté sur toute la ligne.
Et télépathe.
Bientôt ex-télépathe.
Car, en ces beaux jours de 1976, le pouvoir de David Selig décline. Ou plutôt disparaît, revient, semble jouer à cache-cache.
Mais David est sans illusion. Il sait que meurt en lui, irrévocablement, ce pouvoir étrange de lire dans l'esprit des autres, ce pouvoir qui a fait de lui un étranger sur la terre.

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« Je n’ai perçu aucun symbole, Miss Mueller. J’ai essayé de deviner, et je me suis trompé partout. »

« Fais-moi voir ça. »

Comme s’il marchait à l’échafaud, il lui porta sa feuille de copie. Elle la plaça à côté de sa propre liste et essaya de la réaligner, de la placer différemment en recherchant une corrélation, une séquence de déplacement. Mais le caractère arbitraire de ses réponses délibérément mauvaises le protégea. Un déplacement en avant d’une carte lui donna deux touchés ; un déplacement en arrière d’une carte lui en donna trois. Rien de bien significatif. Néanmoins, Miss Mueller ne s’avouait pas vaincue. « J’aimerais te tester encore », dit-elle. « Nous ferons plusieurs sortes d’essais. Un score nul, c’est fascinant. » Elle commença à remuer les cartes. Seigneur, Seigneur, où es-tu donc ? Ah… La cloche ! Sauvé par la cloche. « Pourrais-tu rester après la classe ? » demanda-t-elle. Il secoua la tête d’un air navré : « Il faut que j’aille au cours de géométrie, Miss. » Elle se calma : demain, alors. On fera d’autres tests demain. Bon dieu ! Il n’arriva pas à dormir de toute la nuit. Il se sentait pris dans un tourbillon de peur, de sueur, d’horribles frissons. Vers quatre heures du matin, il se leva pour vomir. Il espérait que sa mère ne l’enverrait pas à l’école le lendemain matin, mais pas de chance : à sept heures et demie, il était dans le bus. Miss Mueller aurait-elle oublié, pour les tests ? Mais non. Miss Mueller n’avait pas oublié. Les cartes fatidiques étaient sur son bureau. Il n’y avait rien à faire pour y échapper. Il se trouva une fois de plus le point de mire de toute la classe. O.K., Duv. Cette fois-ci, ne te fais pas avoir. « Es-tu prêt ? » demanda Miss Mueller en retournant la première carte. Il lut une croix dans son esprit. « Carré », dit-il.

Il vit un cercle. « Lignes ondulées. »

Un autre cercle. « Croix. »

Une étoile. « Cercle. »

Un carré. « Carré », dit-il. Ça fait un.

Il garda soigneusement le compte. Quatre réponses mauvaises, ensuite une bonne. Trois réponses mauvaises, une bonne. En les espaçant avec une apparence de hasard, il s’accorda cinq bonnes réponses en tout au premier test. Pour le second, il en mit quatre. Au troisième, six. Au quatrième, quatre. Est-ce que c’est trop moyen ? se demandait-il. Si je ne lui donnais qu’une seule réponse, maintenant ? Mais elle commençait à perdre son intérêt. « Je ne comprends toujours pas ce score nul, David », lui dit-elle. « Mais il me semble que tu n’as aucune faculté de P.E.S. » Il s’efforça de prendre un air déçu. Navré, même. Désolé, M’dame, j’ai pas d’P.E.S. Humblement, l’élève déficient regagne son banc.

En un flamboyant instant de communion et de révélation, j’aurais pu, Miss Mueller, justifier votre longue quête de l’improbable et de l’irrationnel. Du miraculeux. Mais je n’ai pas eu le courage de le faire. Il fallait avant tout que je préserve ma propre sécurité. Que je passe inaperçu. Me pardonnerez-vous jamais ? Au lieu de vous dire la vérité, j’ai triché avec vous, Miss Mueller, et je vous ai lancée tourbillonnante, un bandeau sur les yeux, vers les tarots, les signes du zodiaque, les soucoupes volantes, vers un million de vibrations surréelles, de mondes astraux apocalyptiques, alors que le toucher de mon esprit sur le vôtre aurait pu vous guérir de votre folie. Un seul toucher de moi. En un instant. Un simple clin d’œil.

XXI

Ce sont les journées de la passion de David, où il se tord sur son lit de pointes. Allons-y par petits coups. Ça fait moins mal ainsi.

Mardi. Jour des élections nationales. Depuis des mois, le vacarme de la campagne électorale pollue l’atmosphère. Le monde libre se choisit un nouveau super-leader. Les camions munis de haut-parleurs sillonnent Broadway, vomissant leurs slogans. Notre prochain Président ! Un homme pour toute l’Amérique ! Votez ! Votez ! Votez ! Votez pour X ! Votez pour Y ! Les mots creux s’agglomèrent et fusionnent et dégoulinent. Républocrate. Démoricain. Boum. Pourquoi voterais-je ? Je n’irai pas voter. Je ne vote jamais. Je ne fais pas partie du circuit. Le vote, c’est pour eux. Une fois, c’était à la fin de l’automne 68, je crois, j’étais devant Carnegie Hall, avec l’intention de traverser jusqu’à la librairie en face, quand soudain toute la circulation fut arrêtée sur la 57 e Rue, et des dizaines de flics surgirent de la chaussée comme les guerriers de Cadmos naissant des dents de dragon. Un cortège de voitures officielles arrivait de l’est à toute vitesse, et merveille ! Dans une limousine d’un noir étincelant était Richard M. Nixon, Président-élu des États-Unis d’Amérique, saluant jovialement des deux mains la populace assemblée. Voilà enfin ma chance, pensai-je. Je vais sonder son esprit et connaître tous les grands secrets d’État. Je vais découvrir ce qu’il y a chez nos dirigeants qui les met à part des autres mortels. Et je m’insinuai dans ses pensées. Ce que j’y trouvai, je ne vous le dirai pas, à part que c’était plus ou moins ce que j’aurais dû m’attendre à y trouver. Et depuis ce jour-là, je n’ai plus jamais eu rien à faire avec la politique ni avec les politiciens. Aujourd’hui, je me tiens à l’écart des votes. Que les autres élisent leur prochain Président sans moi.

Mercredi. Je bricole la dissertation à moitié achevée de Yahya Lumumba et autres travaux du même genre. Quelques lignes futiles sur chaque. Je n’arrive nulle part.

Le téléphone sonne. C’est Judith. « Une soirée », dit-elle. « Tu es invité. Tout le monde y sera. »

« Une soirée ? Qui ? Où ça ? Quand ? »

« Samedi soir. Près de Columbia. C’est Claude Guermantes qui invite. Tu connais ? Professeur de littérature française. » Non, le nom n’est pas Guermantes. J’ai changé son patronyme pour protéger le coupable. « C’est un de ces nouveaux profs emplis de charisme. Jeune, dynamique, beau. Un ami de Simone de Beauvoir et de Genêt. Nous y allons, Karl et moi. Et beaucoup d’autres. Il invite toujours les gens les plus intéressants. »

« Genêt ? Simone de Beauvoir ? Ils y seront ? »

« Non, idiot, pas eux. Mais ça vaut le déplacement, tu verras. Claude organise les meilleures réceptions qui soient. Les combinaisons de personnes les plus brillantes. »

« Il me fait l’effet d’un vampire. »

« Il sait donner en même temps qu’il prend, Duv. Il m’a demandé spécialement de t’inviter. »

« Comment sait-il que j’existe ? »

« Par moi, Duv. Je lui ai parlé de toi. Il meurt, d’envie de faire ta connaissance. »

« Je n’aime pas les réceptions. »

« Duv… »

Je reconnais l’avertissement contenu dans sa voix. Je n’ai pas le goût de discuter en ce moment. « D’accord », lui dis-je en soupirant. « Samedi soir. Donne-moi l’adresse. » Pourquoi suis-je si influençable ? Pourquoi est-ce que je laisse Judith me manipuler ainsi ? Est-ce là-dessus que j’édifie mon amour pour elle ? Sur ces renoncements ?

Mardi. Je fais deux paragraphes, le matin, pour Yahya Lumumba. Beaucoup d’appréhension quant à sa réaction devant ce que je suis en train d’écrire. Il va peut-être honnir cela. Si jamais je le termine. Mais il faut que je le termine. Encore jamais raté une échéance. Pas le courage. L’après-midi, je descends à pied jusqu’à la librairie de la 230 e Rue, histoire de respirer un peu et de voir s’il y a des nouveautés intéressantes depuis ma dernière visite, il y a trois jours. J’achète machinalement quelques livres de poche – une anthologie de poètes métaphysiques mineurs, le Rabbit Redux de John Updike, et une épaisse étude anthropologique Lévi-straussienne sur les mœurs d’une tribu d’Amazonie. Ça, je sais que je ne le lirai jamais. Il y a une nouvelle employée à la caisse : une blonde pâle, dix-neuf, vingt ans, chemisier en soie blanche, jupe-plaid, sourire impersonnel. Séduisante malgré son regard vague. Elle ne m’intéresse pas, ni sexuellement ni autrement, et au moment où je pense cela, je me reproche de faire si peu cas d’elle – que rien d’humain ne me soit étranger – et je décide, comme ça, d’envahir son esprit tout en payant mes livres, de sorte que je ne la jugerai pas sur de simples apparences. Je m’enfonce aisément, profondément, dans les strates successives, sans rencontrer de résistance. J’arrive au cœur des choses. Ah ! Quelle illumination soudaine, quelle communion d’âme à âme ! Elle resplendit. Elle lance des flammes. Elle vient à moi avec une clarté et une plénitude qui m’éblouissent, tant ce genre d’expérience m’est devenu inconnu. Ce n’est plus un mannequin pâle et muet. Je la vois pleine et entière, avec ses rêves, ses fantasmes, ses ambitions, ses amours, ses extases éminentes (la copulation haletante d’hier soir, et la honte et la culpabilité qui en résultèrent), tout le bouillonnement d’une âme humaine. Une fois seulement au cours des six derniers mois j’ai pu atteindre à un contact aussi étroit. Une fois seulement, ce jour affreux, avec Yahya Lumumba sur les marches de la bibliothèque universitaire. Et tandis que le souvenir cuisant, douloureux, me revient, quelque chose se déclenche en moi et la même chose se produit. Un rideau noir retombe. Le contact est rompu. Mon emprise sur sa conscience est réduite à néant. Le silence, ce terrible silence mental, se rue sur moi pour m’engloutir. Je reste planté là, bouche bée, abasourdi, seul à nouveau et empli de terreur. Je me mets à trembler et je perds ma monnaie. Elle me dit, inquiète : « Monsieur ? Monsieur ? » de sa voix flûtée de petite fille.

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