Robert Silverberg - L'oreille interne

Здесь есть возможность читать онлайн «Robert Silverberg - L'oreille interne» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1975, Издательство: Robert Laffont, Жанр: Фантастика и фэнтези, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

L'oreille interne: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «L'oreille interne»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

David Selig. Né en 1935 à New York. Juif.
Calvitie précoce. Ex-étudiant en lettres, ex-courtier en valeurs mobilières.
Célibataire. Sans ressources bien définies.
Signes particuliers : néant.
Bref, raté sur toute la ligne.
Et télépathe.
Bientôt ex-télépathe.
Car, en ces beaux jours de 1976, le pouvoir de David Selig décline. Ou plutôt disparaît, revient, semble jouer à cache-cache.
Mais David est sans illusion. Il sait que meurt en lui, irrévocablement, ce pouvoir étrange de lire dans l'esprit des autres, ce pouvoir qui a fait de lui un étranger sur la terre.

L'oreille interne — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «L'oreille interne», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Accepte dans la joie chaque déconvenue
Qui rend amère la douceur de la terre,
Chaque coup d’aiguillon qui dit, ni debout ni assis, mais marche !
Que nos joies contiennent trois parts de douleur !
Endure, et ne fais pas cas de l’effort.\

Oui. Évidemment. Et que nos douleurs contiennent trois parts de joie, aurait-il pu ajouter. C’est vraiment la joie ce matin. Et il me quitte toujours. Il reflue. Je me vide par tous mes pores.

Le silence descend sur moi. Je ne parlerai plus à personne quand il sera parti. Et personne ne me parlera plus.

Je suis là penché sur la cuvette, pissant patiemment mon pouvoir. Évidemment, je ressens un peu de chagrin pour ce qui se produit. Je ressens des regrets, je ressens – pourquoi tourner autour du pot – de la colère et de la frustration et du désespoir, mais aussi, curieusement, de la honte. Mes joues sont en feu, mes yeux n’acceptent pas de rencontrer d’autres yeux, j’ai tellement honte que je ne puis faire face à mes mortels semblables, comme si quelque chose de précieux m’avait été confié et que je n’avais pas réussi à le garder. Il faut que je le dise au monde. J’ai gaspillé mon capital, j’ai dilapidé mon patrimoine, je l’ai laissé filer, partir, partir. J’ai fait banqueroute. J’ai déposé mon bilan. Peut-être que ça tient de famille, cet embarras au moment du désastre. Nous autres les Selig nous aimons proclamer au monde que nous sommes des gens ordonnés, capitaines de nos âmes, et quand quelque chose d’extérieur nous terrasse nous perdons contenance. Je me souviens de la fois où mes parents gardèrent peu de temps une voiture, une Chevrolet vert foncé, modèle 1948, achetée à un prix ridiculement bas en 1950. Nous roulions quelque part dans les faubourgs de Queens, peut-être pour accomplir notre pèlerinage annuel sur la tombe de ma grand-mère, lorsqu’une autre voiture émergea d’une impasse et nous heurta. Il y avait un schvartze au volant, visiblement ivre. Personne ne fut blessé, mais nous eûmes une aile salement amochée et la grille du radiateur tordue, avec le motif en T caractéristique du modèle 1948 complètement arraché. Bien que la collision ne fût aucunement de sa faute, mon père s’empourpra autant qu’il put, émettant un signal d’embarras fébrile, comme s’il voulait s’excuser devant l’univers d’avoir commis une faute aussi impardonnable que de laisser tamponner sa voiture. Et comme il s’excusa auprès de l’autre conducteur aussi, mon triste père. Ça va bien, ça va bien, les accidents ça arrive, il ne faut pas vous mettre dans tous vos états pour ça, regardez, personne n’a rien ! Rega’dez ma bagnole, rega’dez ma bagnole, ne cessait de répéter l’autre, qui avait visiblement repéré le pigeon, et je craignais que mon père ne lui refile de l’argent pour les réparations, mais ma mère, qui avait eu la même idée, prit les devants en l’en empêchant. Une semaine plus tard, l’affaire le tarabustait toujours. Je fis une incursion dans son esprit pendant qu’il discutait avec un de ses amis, et je l’entendis prétendre que c’était ma mère qui conduisait, ce qui était absurde, car elle n’avait pas son permis. Je me sentis alors gêné pour lui. Et Judith également, plus tard, quand son mariage se brisa et qu’elle s’extirpa d’une situation impossible, ressentit une énorme peine devant le fait honteux que quelqu’un d’aussi efficace et résolu dans la vie que Judith Selig se fût fourvoyé dans un mariage boiteux destiné à finir misérablement devant le tribunal des divorces. Ego, ego, quand tu nous tiens. Et moi, le miraculeux télépathe, frappé d’un mystérieux déclin, je voulais me faire excuser pour ma négligence. J’ai mal placé mon pouvoir quelque part. Me pardonnerez-vous ?

Pardonner, c’est bien ;
Oublier, c’est mieux !
Vivants, nous nous tracassons ;
Morts, nous vivons.

Prenez une lettre imaginaire, Mr. Selig. Hum ! Miss Kitty Holstein, Quelque part Soixantième Rue et Quelque, New York City. Vous chercherez l’adresse plus tard. Ne vous occupez pas du code postal.

Chère Kitty,

Je sais que tu n’as pas reçu de mes nouvelles depuis une éternité, mais je crois que le moment est venu pour moi de reprendre contact avec toi.

Treize ans ont passé, et nous avons dû acquérir depuis une certaine maturité, capable je pense de guérir les anciennes blessures et de rendre possible la communication. Malgré tout le ressentiment qui a pu jadis exister entre nous, je n’ai jamais perdu mon affection pour toi et ton souvenir reste vivace dans mon esprit.

À propos de mon esprit, il y a une chose qu’il faut que je te dise. Je ne vois plus très bien les choses avec. Par « choses », j’entends la chose mentale, le truc télépathique, que bien sûr je ne pouvais exercer sur toi de toute façon, mais qui définissait et établissait mes relations envers le reste du monde. Ce pouvoir semble en train de me quitter graduellement à présent. Il nous a causé tellement de tort, tu te souviens ? C’est ce qui a finalement contribué le plus à nous séparer, comme j’essayais de l’expliquer dans la dernière lettre que je t’ai écrite, celle à laquelle tu n’as jamais répondu. D’ici un an environ – qui sait, peut-être six mois, un mois, une semaine ? – il ne m’en restera plus rien, et je ne serai plus qu’un être humain comme les autres, comme toi. Je ne serai plus un monstre. Peut-être qu’à ce moment-là il y aurait une possibilité de reprendre les relations interrompues en 1963, et de les rétablir sur des bases plus réalistes ?

Je sais que je me suis conduit de façon stupide à l’époque. Je t’ai poussée à bout sans pitié. J’ai refusé de t’accepter pour ce que tu étais. Je voulais faire de toi quelque chose de différent, quelque chose de monstrueux, quelque chose comme moi, en fait. J’avais de bonnes raisons en théorie pour essayer de faire ce que je faisais, c’est du moins ce que je pensais, mais elles étaient toutes mauvaises, elles étaient nécessairement mauvaises, et cela, je ne l’ai compris que lorsqu’il était trop tard. Je te paraissais dominateur, opprimant, dictatorial – moi si timide, si effacé ! – parce que j’essayais de te transformer. Et j’ai fini par t’excéder. Naturellement, tu étais jeune alors, tu étais – te le dirai-je ? – superficielle, sans personnalité. Et tu m’as résisté. Mais maintenant que nous sommes tous deux adultes, nous devrions être capables d’essayer pour de bon.

Je ne sais pas au juste ce que sera ma vie en tant qu’être humain ordinaire incapable de lire dans la pensée des autres. En ce moment, je suis embarrassé, je suis à la recherche de définitions pour moi, de nouvelles structures. J’envisage sérieusement de me tourner vers l’Église Catholique Romaine (Seigneur Dieu, c’est vrai, ça ? Première nouvelle ! L’odeur infecte de l’encens, les marmonnements des prêtres, c’est vraiment cela que je veux ?). Ou peut-être l’Épiscopale, je ne sais pas encore. Ce sera pour moi une façon de m’affilier au genre humain. Et je veux également connaître l’amour à nouveau. Je veux faire partie de quelqu’un d’autre. J’ai déjà commencé, timidement, progressivement, à rétablir des liens avec ma sœur Judith, après toute une existence de guerre larvée. Nous avons pour la première fois une signification l’un pour l’autre, et c’est encourageant pour moi. Mais j’ai besoin de davantage : une femme à aimer, pas seulement sexuellement, mais de toutes les manières à la fois. Je n’ai connu cela que deux fois dans ma vie jusqu’à présent, une fois avec toi, et une fois cinq ans plus tard environ, avec une fille appelée Toni, qui ne te ressemblait pas beaucoup. Et les deux fois, c’est ce fichu pouvoir qui a tout gâché, soit parce qu’il m’éloignait, soit parce qu’il me faisait approcher de trop près. Maintenant que le pouvoir est en train de me glisser des doigts, maintenant qu’il est en train de mourir, il y a peut-être une chance pour que des relations humaines normales s’établissent enfin entre nous, telles que les gens ordinaires en ont tout le temps. Car je serai une personne ordinaire. Une personne très, très ordinaire.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «L'oreille interne»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «L'oreille interne» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Robert Silverberg - He aquí el camino
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Rządy terroru
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Poznając smoka
Robert Silverberg
Robert Silverberg - The Old Man
Robert Silverberg
Robert Silverberg - The Nature of the Place
Robert Silverberg
Robert Silverberg - The Reality Trip
Robert Silverberg
Robert Silverberg - The Songs of Summer
Robert Silverberg
Robert Silverberg - The Secret Sharer
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Good News from the Vatican
Robert Silverberg
Robert Silverberg - The Pope of the Chimps
Robert Silverberg
Отзывы о книге «L'oreille interne»

Обсуждение, отзывы о книге «L'oreille interne» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.