Robert Silverberg - L'oreille interne

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David Selig. Né en 1935 à New York. Juif.
Calvitie précoce. Ex-étudiant en lettres, ex-courtier en valeurs mobilières.
Célibataire. Sans ressources bien définies.
Signes particuliers : néant.
Bref, raté sur toute la ligne.
Et télépathe.
Bientôt ex-télépathe.
Car, en ces beaux jours de 1976, le pouvoir de David Selig décline. Ou plutôt disparaît, revient, semble jouer à cache-cache.
Mais David est sans illusion. Il sait que meurt en lui, irrévocablement, ce pouvoir étrange de lire dans l'esprit des autres, ce pouvoir qui a fait de lui un étranger sur la terre.

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C’était la seule autre personne que Selig connût qui possédait le pouvoir. Et pas seulement cela, sa possession ne le handicapait en rien. Il l’utilisait aussi simplement qu’il utilisait ses yeux, ou ses jambes, pour son bénéfice personnel, sans excuses et sans remords. Peut-être était-ce la personne la moins névrosée que Selig eût jamais connue. De profession, c’était un prédateur. Il pillait l’esprit des autres pour assurer sa subsistance. Mais comme n’importe quel fauve de la jungle, il n’attaquait que lorsqu’il avait faim, jamais pour le plaisir d’attaquer. Il prenait ce dont il avait besoin, sans jamais se poser de questions sur la providence qui l’avait superbement équipé pour ses rapines ; et cependant, il ne prenait jamais plus que ce qu’il lui fallait, et il lui fallait peu de chose. Il n’avait pas de métier, et apparemment n’en avait jamais eu. Chaque fois qu’il voulait de l’argent, il prenait le subway jusqu’à Wall Street, déambulait au fond des obscurs défilés du quartier financier et fouillait sans vergogne l’esprit des spécialistes cloîtrés dans les salles de réunion des conseils d’administration en haut des gratte-ciel. N’importe quel jour, il y avait toujours quelque chose d’important en préparation, qui aurait un impact plus ou moins grand sur le marché. Une fusion, un fractionnement d’actions, la découverte d’un filon, une déclaration de bilan favorable. Nyquist n’avait aucune difficulté à apprendre les détails essentiels. Il vendait ensuite ces informations pour un prix confortable mais raisonnable à une douzaine ou une quinzaine d’investisseurs privés qui s’étaient convaincus de la manière la plus heureuse possible que Nyquist était un tuyauteur de toute confiance. Bien des fuites inexplicables sur lesquelles des fortunes rapides s’étaient constituées lors de la hausse du marché dans les années 50 avaient eu Nyquist pour origine. Il gagnait confortablement sa vie de cette manière, suffisamment pour lui permettre de maintenir un style agréable. Son appartement était petit et bien meublé : sièges de Naugahyde, lampes de Tiffany, papiers peints de Picasso. La cave était fournie, et une chaîne haute-fidélité sans reproche émettait en permanence un flot de Monteverdi, Palestrina, Bartok et Stravinski. Il menait une vie aisée de célibataire, sortait souvent, faisait la tournée de ses restaurants favoris, tous exotiques et spécialisés : japonais, pakistanais, syrien, grec. Le cercle de ses amis était limité mais fort distingué : des peintres, des écrivains, des musiciens et des poètes surtout. Il couchait avec beaucoup de femmes, mais Selig l’avait rarement vu deux fois avec la même.

Comme Selig, Nyquist recevait mais ne pouvait émettre. Il était cependant capable de dire si son esprit était sondé. C’est ainsi qu’ils s’étaient connus. Selig, nouveau venu dans l’immeuble, s’était livré à son occupation favorite, laisser librement errer sa conscience d’étage en étage histoire de faire connaissance avec ses voisins. Explorant une tête après l’autre, sans rien trouver de bien intéressant, puis soudain :

DITES-MOI OÙ VOUS ÊTES.

Un chapelet cristallin de mots scintillant à la périphérie d’un esprit ferme et sûr de soi. La phrase avait été transmise avec la limpidité d’un message explicite. Pourtant, Selig se rendit compte qu’aucune transmission active n’avait réellement eu lieu. Il avait seulement trouvé les mots qui l’attendaient là, passivement. Il répondit sans réfléchir :

35, PIERREPONT STREET.

NON, ÇA JE LE SAIS. OÙ ÊTES-VOUS DANS CET IMMEUBLE ?

QUATRIÈME ÉTAGE.

JE SUIS AU HUITIÈME. COMMENT VOUS APPELEZ-VOUS ?

SELIG.

NYQUIST.

Le contact mental donnait une impression d’intimité frappante. C’était presque quelque chose de sexuel, comme s’il se frayait un chemin dans un corps et non dans un esprit. Il était décontenancé par les résonances masculines de l’âme où il était entré, et il avait le sentiment qu’une telle union avec un autre homme était quelque chose d’indécent. Mais il ne se retira pas. Le rapide échange verbal à travers un gouffre d’obscurité était une expérience délicieuse, trop intéressante pour être rejetée. Selig eut l’illusion momentanée que son pouvoir s’était accru, qu’il avait appris à émettre aussi bien qu’à puiser dans le contenu des autres esprits. Mais il n’ignorait pas que ce n’était qu’une illusion. Il n’émettait rien du tout, et Nyquist non plus. Ils ne faisaient que puiser les informations chacun dans l’esprit de l’autre. Chacun imprimait des phrases dans sa tête pour que l’autre les trouve, et ce n’était pas tout à fait la même chose, d’un point de vue dynamique, que s’ils s’étaient transmis réciproquement des messages. La distinction était subtile et peut-être sans objet, cependant. La juxtaposition des deux récepteurs grands ouverts constituait un circuit émetteur-récepteur aussi sûr et efficace que le téléphone. L’union de deux esprits entiers, sans restriction aucune. Précautionneusement, un peu gêné, Selig lança un tentacule vers les couches profondes de la conscience de Nyquist, à la recherche de l’homme en même temps que du message. De son côté, il sentait un trouble vague au plus profond de son esprit, ce qui indiquait probablement que Nyquist faisait la même chose avec lui. Pendant de longues minutes, ils s’explorèrent tels deux amants entrelacés dans les premières caresses. Il n’y avait rien de particulièrement affectueux dans le contact de Nyquist, qui était glacé et impersonnel. Pourtant, Selig frissonnait. Il avait l’impression de se trouver au bord d’un abîme. À la fin, il se retira délicatement, et Nyquist fit de même. Puis ce dernier suggéra :

MONTEZ. JE VOUS ATTENDS À LA PORTE DE L’ASCENSEUR.

Il était plus costaud que Selig ne l’avait imaginé. Il aurait fait un bon arrière dans une équipe de rugby. Ses yeux bleus avaient un regard sans aménité, et son sourire était purement formel. Il était distant sans être vraiment froid. Ils entrèrent dans son appartement : lumière tamisée, musique inconnue, atmosphère d’élégance non ostentatoire. Nyquist lui offrit un verre et ils discutèrent, en évitant respectivement de lire leurs pensées. Ce fut une rencontre sans effusions, sans larmes de joie à l’idée d’être enfin réunis. Nyquist se montra affable, accessible, heureux d’avoir trouvé Selig mais pas délirant d’excitation à l’idée de s’être découvert un cousin phénomène. Sans doute parce que ce n’était pas la première fois que l’aventure lui arrivait.

« Il y en a d’autres », dit-il. « Tu es le cinquième que j’ai rencontré depuis mon arrivée aux États-Unis. Voyons : un à Chicago, un à San Francisco, un à Miami, un à Minneapolis. Avec toi, ça fait cinq. Il y avait deux femmes et trois hommes. »

« As-tu gardé le contact avec eux ? »

« Non. »

« Que s’est-il passé ? »

« Nous nous sommes perdus de vue », dit Nyquist. « Qu’est-ce que tu voudrais ? Qu’on forme un clan ? Écoute, on bavardait, on jouait à des jeux avec nos esprits, on apprenait à se connaître, et au bout d’un moment on finissait par s’ennuyer. Je crois qu’il y en a deux qui sont morts. Ça m’est égal d’être isolé du reste de mes semblables. Je n’aime pas penser que je fais partie d’une tribu. »

« Je n’en avais jamais rencontré d’autres », dit Selig. « Jusqu’à aujourd’hui. »

« C’est sans importance. La seule chose qui compte, c’est de vivre ta vie. Quel âge avais-tu quand tu t’es aperçu que tu pouvais faire ça ? »

« Je ne sais pas. Cinq ou six ans, peut-être. Et toi ? »

« Je n’ai compris que je possédais quelque chose de spécial que quand j’ai eu onze ans. Je croyais que tout le monde pouvait faire la même chose. Ce n’est que quand je suis arrivé en Amérique et que j’ai entendu les gens penser dans une langue étrangère que je me suis rendu compte que j’avais un talent qui sortait de l’ordinaire. »

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