René Barjavel - La nuit des temps

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La nuit des temps: краткое содержание, описание и аннотация

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C’était un grand garçon mince, plutôt blond, de manières délicates. Il donnait l’impression, par son élégance naturelle, d’avoir fait tailler sa tenue polaire chez Lanvin. Les anciens ne pouvaient pas s’empêcher de sourire en le regardant. Eloi l’avait surnommé Cornexquis, ce qui lui convenait parfaitement.

Il descendit du snodog en silence, écoutant d’un air réservé les appréciations de Grey sur son « ustensile ». De l’avis du glaciologue, le nouveau sondeur déraillait complètement. Il n’avait jamais vu même la plus antique ferraille tracer un profil pareil.

— Tu as fini d’être surpris, dit Brivaux, qui attendait près du snodog-labo.

— C’est toi qui as appelé ?

— C’est moi, papa...

— Qu’est-ce qui se passe ?

— Entre, tu verras... Et ils virent...

ILS virent les quatre relevés, les quatre profils, tous différents et tous semblables. Celui du nouveau sondeur était inscrit sur un film de 3 mm. Grey l’avait suivi sur l’écran de contrôle. Les autres membres de la mission le découvrirent sur l’écran du labo.

Ce que les trois autres sondeurs avaient laissé supposer, le nouvel appareil en démontrait l’évidence. Il faisait défiler sur l’écran, avec une netteté qui ne laissait aucune place au doute, des profils d’escaliers renversés, de murs cassés, de dômes éventrés, de rampes hélicoïdales tordues, tous les détails d’une architecture qu’une main gigantesque semblait avoir disloquée et broyée.

— Des ruines !... dit Brivaux.

— Ce n’est pas possible... dit Grey d’une voix qui osait à peine se faire entendre.

— Et pourquoi ? dit Brivaux, tranquillement.

Brivaux était le fils d’un petit paysan-montagnard de Haute-Savoie, le dernier de son village à continuer d’élever des vaches au lieu de traire les Parisiens entassés à dix par mètre carré de neige ou d’herbe pelée. Le père Brivaux avait entouré son morceau de montagne de barbelés et de poteaux « Défense d’entrer », et dans cette prison vivait en liberté.

Son fils avait hérité de lui ses yeux bleu clair, ses cheveux noirs et sa barbe rousse, son égalité d’humeur et son équilibre. Il voyait des ruines, comme tous ceux qui étaient là et qui savaient interpréter un profil. Et qui n’y croyaient pas. Lui y croyait parce qu’il les voyait. S’il avait vu son propre père sous la glace, il se serait étonné une seconde, puis il aurait dit « Tiens, papa... »

Mais les membres de la mission ne pouvaient refuser de se rendre à l’évidence. Les quatre relevés se recoupaient et se confirmaient les uns les autres.

Le dessinateur Bernard fut chargé d’en faire la synthèse. Une heure plus tard, il présentait sa première esquisse. Cela ne ressemblait à rien de connu. C’était énorme, étrange, bouleversé. C’était une architecture titanesque, brisée par quelque chose de plus grand encore.

— C’est à quelle profondeur ces trucs ? demanda Eloi.

— Entre 900 et 1000 mètres ! dit Grey d’un air furieux, comme s’il eût été responsable de l’énormité du renseignement.

— Ça veut dire qu’ils sont là depuis combien de temps ?

— On peut pas savoir... Nous n’avons jamais percé si profond.

— Mais les Américains l’ont fait, dit paisiblement Brivaux.

— Oui... Les Russes aussi...

— Ils ont pu dater leurs échantillons ? demanda Simon.

— On peut toujours... Ça ne veut pas dire que c’est exact.

— Exact ou pas, ils ont trouvé combien ? Grey haussa les épaules d’avance devant l’absurdité de ce qu’il allait dire.

— Autour de 900 000 ans, à quelques siècles près...

Il y eut des exclamations, puis un silence stupéfait.

Les hommes réunis dans le camion regardaient successivement l’esquisse de Bernard et les dernières lignes du profil, immobiles sur l’écran. Ils venaient de prendre conscience tout à coup de l’immensité de leur ignorance.

— Ça tient pas debout, dit Eloi... C’est des hommes, qui ont fabriqué ça. Y a 900 000 ans, y avait pas d’hommes, y avait que des singes.

— Qui t’a dit ça, ton petit doigt ? dit Brivaux.

— Ce que nous savons de l’histoire des hommes et de l’évolution de la vie sur la terre, dit Simon, n’est pas plus gros qu’une crotte de puce sur la place de la Concorde...

— Hé ben ? dit Eloi.

— Monsieur Lancieux, je fais mes excuses à votre appareil, dit Grey.

Lancieux. Cornexquis. Personne n’avait plus envie de le dénommer ainsi, même mentalement. Il n’y avait plus de place dans la tête de ces hommes pour les plaisanteries de collégiens qui les aidaient d’habitude à supporter le froid et la longueur du temps. Lancieux lui-même ne ressemblait plus à son sobriquet. Il avait les yeux battus, les joues râpeuses, il tirait sur une cigarette éteinte et tordue, il écoutait Grey en hochant la tête d’un air absent.

— C’est une mécanique sensationnelle, disait le glaciologue. Mais il y a autre chose... Ils n’y ont pas fait attention. Montrez-le-leur... Et dites-leur ce que vous en pensez...

Lancieux appuya sur un bouton de rembobinage, puis sur le bouton rouge, et l’écran s’éclaira, montrant de nouveau le lent défilé du profil des ruines.

— C’est qu’il faut regarder, dit Grey.

Son doigt montrait, en haut de l’écran, au-dessus du tracé tourmenté du sous-sol, une ligne rectiligne à peine visible, finement ondulée, d’une régularité parfaite.

Effectivement, personne n’y avait prêté attention, pensant que c’était peut-être une ligne de référence, un repère ou n’importe quoi, mais rien de significatif.

— Dites-leur... répéta Grey. Dite-leur ce que vous m’avez dit ! Au point où nous en sommes...

— Je préférerais, dit Lancieux d’une voix gênée, faire d’abord une contre-épreuve. Aucun des autres sondeurs n’a enregistré...

Grey lui coupa la parole :

— Ils ne sont pas assez sensibles !

— Peut-être, dit Lancieux de sa voix douce. Mais ce n’est pas sûr... C’est peut-être seulement parce qu’ils ne sont pas réglés, sur la bonne fréquence...

Il se lança avec Brivaux dans une discussion à laquelle se mêlèrent bientôt les autres techniciens du groupe, chacun suggérant quelles modifications il convenait, à son avis, d’apporter aux sondeurs.

Le Dr Simon bourra sa pipe et sortit.

Je ne suis pas un technicien. Je ne mesure pas mes malades. Le moins possible. J’essaie plutôt de les comprendre. Mais il faut pouvoir. Je suis un privilégié...

Mon père, qui était médecin à Puteaux, voyait défiler plus de cinquante clients par jour dans son cabinet. Comment savoir ce qu’ils sont, ce qu’ils ont ? Cinq minutes d’examen, la pince à perforer, la carte, la machine à diagnostic, l’ordonnance imprimée, la feuille S.S., le timbre payant, coups de tampon, c’est fini, allez vous rhabiller, au suivant. Il haïssait sa profession telle que lui et ses confrères étaient obligés de l’exercer. Quand l’occasion s’est présentée pour moi de venir ici, il m’a poussé dans le dos de toutes ses forces. « Vas-y ! Vas-y ! Tu auras une poignée d’hommes à soigner. Un village ! Tu pourras les connaître... »

Il est mort l’année dernière, épuisé. Son cour l’a laissé tomber. Je n’ai pas même eu le temps d’être là. Il n’avait sans doute jamais pensé à se perforer sa petite carte personnelle et à la glisser dans la fente de son médecin électronique. Mais il avait pensé à m’apprendre certaines choses que lui avait apprises son père, médecin en Auvergne. Par exemple, à tâter le pouls, à regarder une langue et le blanc d’un œil. C’est prodigieux ce que le pouls peut apprendre sur l’intérieur d’un homme. Non seulement sur l’état momentané de sa santé, mais sur ses tendances habituelles, son tempérament, et même sur son caractère, selon qu’il est superficiel ou enfoncé, agressif ou introuvable, unique ou doublé, étalé ou pointu, soyeux ou râpeux, selon qu’il passe tout droit ou qu’il fait le dos rond. Il y a le pouls du bien portant et celui du malade, il y a aussi le pouls du sanglier et celui du lapin.

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