Bernard Minier - Glacé

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Glacé: краткое содержание, описание и аннотация

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Prix du meilleur roman francophone au Festival Polar de Cognac 2011
Prix de l’Embouchure 2012 Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée.
Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ?
Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

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Le sentier ne menait pas bien loin mais la solitude de ces montagnes l’oppressa. La lumière et le silence qui tombaient du haut des arbres avaient quelque chose de funèbre. Les hautes parois de roche qui encadraient la vallée ne disparaissaient jamais complètement de la vue — pas plus que les murs de sa prison ne disparaissent de la vue du prisonnier. Rien à voir avec les paysages si pleins de vie et aériens de sa Suisse natale, autour du Léman. Le chemin avait commencé à descendre selon une pente plus prononcée et elle dut prendre garde où elle mettait ses pas. Les bois s’étaient épaissis. Elle finit par émerger des frondaisons et se retrouva à la lisière de la forêt, devant une grande clairière au milieu de laquelle se dressaient plusieurs bâtiments. Elle les reconnut aussitôt : la colonie de vacances, un peu plus bas dans la vallée, devant laquelle elle était passée en se rendant à l’Institut. Les trois bâtiments avaient ce même air délabré et sinistre qu’elle leur avait trouvé la première fois. L’un d’eux, proche de la forêt, était presque colonisé par elle. Les deux autres n’étaient plus que crevasses, vitres brisées, béton verdi par la mousse et noirci par les intempéries et porches vides. Le vent s’engouffrait par les ouvertures et il mugissait, tantôt grave, tantôt aigu, en un lamento lugubre. Des feuilles mortes, racornies et détrempées, s’entassaient au pied des murs de béton, en partie enfouies sous la neige et dégageant une odeur de décomposition végétale.

Elle s’avança lentement par une ouverture. Les couloirs et les halls du rez-de-chaussée étaient couverts de la même lèpre qui fleurit sur les murs des quartiers pauvres : graffitis qui promettaient de « niquer la police », d’« enculer les keufs » et qui revendiquaient ce territoire que, pourtant, personne n’aurait songé à leur contester ; dessins primitifs et obscènes… Il y en avait partout. Elle en conclut que Saint-Martin aussi devait compter son lot d’artistes en herbe.

Ses pas résonnaient dans le vide sonore des halls. Des courants d’air glaciaux la caressaient et la faisaient grelotter. Son imagination était suffisamment grande pour qu’elle pût envisager des hordes de gamins courant et chahutant un peu partout et des monos bon enfant les encadrant comme des chiens de berger. Néanmoins, sans savoir pourquoi, elle ne pouvait se défaire de l’impression que ces lieux évoquaient plus la contrainte et la tristesse que les joies des vacances. Elle se souvint d’une expertise de crédibilité qu’elle avait effectuée sur un garçon de onze ans lors de son passage dans un cabinet privé de psychologie légale de Genève : cet enfant avait été violé par un animateur de colonies. Elle était bien placée pour savoir que le monde ne ressemblait pas à un roman de Johanna Spyri. Peut-être était-ce parce qu’elle se retrouvait seule dans un lieu qu’elle ne connaissait pas, peut-être était-ce à cause des derniers événements, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser au nombre incalculable de viols, de meurtres, de sévices et de brutalités physiques et morales qui étaient commis partout, tout le temps et en tous lieux, chaque jour que Dieu fait — une idée presque aussi insoutenable à contempler que le soleil lui-même — et des vers de Baudelaire lui revinrent en mémoire :

Parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices

Soudain, elle se figea. Un bruit de moteur à l’extérieur… Une voiture ralentit et s’arrêta devant la colonie. Des pneus crissèrent. Immobile dans le hall, elle prêta l’oreille. Et entendit distinctement une portière claquer. Quelqu’un venait… Elle se demanda si c’étaient les artistes en herbe qui revenaient terminer leur chapelle Sixtine. Dans ce cas, elle n’était pas sûre que se retrouver seule avec eux en ces lieux fût une bonne idée. Elle fit demi-tour et elle se dirigeait déjà vers l’arrière du bâtiment sans faire de bruit lorsqu’elle s’aperçut qu’elle s’était trompée d’embranchement et que le couloir qu’elle avait emprunté était un cul-de-sac… Merde ! Son pouls s’accéléra légèrement. Elle revenait déjà sur ses pas quand elle entendit ceux du visiteur, aussi furtifs que des feuilles poussées par le vent, s’avancer sur le béton de l’entrée. Elle sursauta. Il était déjà là ! Elle n’avait pas la moindre raison de se cacher mais cela ne suffit pas à la convaincre de se montrer. D’autant que la personne progressait prudemment et s’était même immobilisée à son tour. Elle ne faisait plus le moindre bruit. Diane s’appuya contre le béton froid, elle sentit l’inquiétude faire naître de petites gouttes de sueur à la racine de ses cheveux. Qui pouvait bien avoir envie de traîner dans un endroit pareil ? Instinctivement, les précautions prises par le visiteur la firent penser à une raison inavouable. Que se passerait-il si elle surgissait à ce moment-là et disait « salut » ?

La personne tourna sur elle-même puis se décida brusquement et marcha dans sa direction. La panique gagna Diane. Pas longtemps cependant : la personne s’était à nouveau arrêtée et Diane l’entendit faire demi-tour, repartant en sens inverse. Elle en profita pour risquer un regard au-delà de l’angle qui la dissimulait. Ce qu’elle vit ne la rassura pas : une longue cape noire avec une capuche, qui battait dans le dos du visiteur comme une aile de chauve-souris. Une cape de pluie — dont le tissu imperméable et rigide crissait à chaque pas.

Vue de dos, avec ce vêtement trop ample, Diane n’aurait pu dire s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme… Il y avait cependant dans la façon d’agir de la silhouette quelque chose de dissimulé, de sournois qui lui fit courir comme un doigt froid sur la nuque.

Elle profita de ce que la personne s’éloignait pour sortir de sa cachette mais la pointe de sa botte rencontra un objet métallique, lequel émit un raclement sonore contre le béton. Diane replongea dans l’ombre, le cœur battant. Elle entendit la personne s’immobiliser de nouveau.

— Il y a quelqu’un ?

Un homme… Une voix fluette, haut perchée, mais un homme…

Diane avait l’impression que son cou se gonflait et se dégonflait tant le sang pompé par son cœur affolé puisait dans ses carotides. Une minute passa.

— Il y a quelqu’un ???

La voix avait quelque chose de singulier. Il y avait une nuance de menace en elle, mais aussi une note plaintive, fragile, écorchée. Sans savoir pourquoi, Diane pensa à un chat qui a peur et qui, en même temps, fait le gros dos.

Ce n’était pas une voix qu’elle connaissait, en tout cas.

Le silence lui parut interminable. L’homme ne bougeait pas. Elle non plus. Tout près d’elle, de l’eau tombait goutte à goutte dans une flaque. Le moindre son prenait une résonance perturbante dans cette bulle de silence qu’entourait le bruissement assourdi des feuillages à l’extérieur. Une voiture passa sur la route, mais c’est à peine si elle y prêta attention. Et, tout à coup, elle tressaillit quand l’homme poussa une longue plainte aiguë et rauque qui se répercuta sur les murs comme une balle de squash.

— Salauds, salauds, salauuuuuds ! l’entendit-elle sangloter. Ordures ! Pourritures ! Vous pouvez crever ! Vous cramerez en enfer ! Ouahhhhhhhhhhh !

Diane osait à peine respirer. Elle avait la chair de poule. L’homme éclata en sanglots. Elle entendit le froissement de sa cape de pluie lorsqu’il tomba à genoux sur le sol. Il pleura et gémit un long moment et elle hasarda un nouveau coup d’œil, mais pas moyen de voir son visage sous la capuche. Puis, tout à coup, il se redressa et partit en courant. L’instant d’après, elle entendit la portière de la voiture, le moteur, et le véhicule s’éloigna sur la route. Elle sortit de sa cachette et s’efforça de respirer normalement. Elle ignorait ce qu’elle avait vu et entendu. Est-ce que cet homme venait souvent ici ? S’était-il passé quelque chose dans ces lieux qui expliquait son comportement ? Un comportement qu’elle se serait plutôt attendue à trouver à l’Institut.

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