Noah Gordon - Le Médecin d'Ispahan

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Karim seul leur rendait visite, et elle le vit plusieurs fois courir à travers les rues, s'entraînant pour le chatir. La course aurait lieu le premier jour du bairam , la grande fête qui concluait le mois du jeûne.

« J'ai promis, dit Rob, de l'assister pendant l'épreuve et Mirdin viendra aussi ; nous ne serons pas trop de deux. »

Il expliqua à Mary qu'on pouvait suivre le chatir même pendant un deuil et, après avoir réfléchi, elle décida d'y aller elle aussi.

Le matin, un épais brouillard fit espérer à Karim un temps favorable à la course. Il avait bien dormi, comme les autres concurrents sans doute, en oubliant ce qui l'attendait. Il se leva et prépara un grand pilah de riz et de pois, avec des graines de céleri soigneusement dosées ; il en mangea largement avant de retourner s'allonger pour laisser agir le céleri. L'esprit libre et serein, il priait :

« Allah, fais-moi aujourd'hui le corps agile et le pied sûr, une poitrine au souffle sans défaillance, des jambes fortes et souples comme de jeunes arbres. Garde mon esprit clair, mes sens aiguisés, et mes yeux sans cesse sur Toi. » Il ne demandait pas la victoire. Zaki-Omar le lui avait dit quand il était enfant : « Tout le monde veut la victoire ! Comment Allah s'y retrouverait-il ? Demande plutôt la vitesse, l'endurance, et uses-en de manière à être responsable de ta victoire ou de ta défaite. »

Le besoin s'en faisant sentir, il se leva pour libérer son intestin ; les graines, bien mesurées, le laissaient dispos mais non affaibli, et à l'abri de toute gêne pendant le circuit. Il fît chauffer de l'eau, se lava et se sécha rapidement, puis se frotta d'huile d'olive contre le soleil, en insistant sur les points vulnérables : les seins, les aisselles, les reins, le sexe et le pli des fesses, enfin les pieds et particulièrement les orteils. Il mit un pagne et une chemise de lin, des chaussures légères de valet de pied et une toque à plume de couleur vive. Autour de son cou, il passa un carquois et une amulette, jeta un manteau sur ses épaules et sortit.

Il y avait encore peu de monde dans les rues, mais quand il arriva au palais du Paradis, la foule y était déjà dense. Ses amis le rejoignirent bientôt et il remarqua, sans vouloir s'y attarder, la froideur de Mirdin vis-à-vis de Jesse. Celui-ci l'interrogea en riant sur le petit sac qu'il portait au cou.

« C'est de ma maîtresse... pour me porter chance », dit Karim. Puis il se tut et ferma les yeux, tâchant de se concentrer.

Le brouillard se dissipait et le disque parfait d'un soleil rouge montait dans l'air déjà lourd. « Une journée brûlante », pensa-t-il en ôtant son manteau pour le remettre à Jesse.

« Allah soit avec toi, dit Mirdin tout pâle.

– Que Dieu t'accompagne », ajouta Jesse à son tour.

Les yeux fixés sur le minaret de la mosquée du Vendredi, on attendait en silence et, à l'appel de la première prière, tous se prosternèrent dans la direction de La Mecque. Puis ce fut la ruée, au milieu des cris des spectateurs : les coureurs se disputaient les premières places. Karim, au contraire, attendait avec une patience dédaigneuse et, quand il démarra, il était à la queue d'un long serpent humain.

Il courait sans hâte, décidé à ménager ses forces pendant les cinq premiers milles. Après les portes du Paradis, on prenait à gauche l'avenue des Mille-Jardins ; elle montait d'abord avant une descente abrupte qui serait dure au retour. Le parcours empruntait ensuite, à droite, la rue des Apôtres sur un quart de mille, avec une brusque plongée et un nouveau tournant à gauche, dans la rue Ali-et-Fatima, jusqu'à la madrassa.

Il y avait de tout dans cette meute encore désordonnée : des jeunes nobles qui s'arrêteraient au bout d'un demi-tour, des tuniques de soie et des haillons. Mieux valait rester en arrière et s'échauffer peu à peu. Etait-elle déjà là, cette femme dont il portait autour du cou une boucle de cheveux ? Son époux avait permis, disait-elle, qu'elle assiste au chatir sur le long toit du maristan. Deux infirmiers criaient « Hakim ! hakim ! », déçus sans doute de le voir au dernier rang.

On avait dressé deux grandes tentes sur la place centrale : l'une pour les courtisans, avec tapis, brocarts, mets et vins de choix, l'autre offrant aux gens de peu du pain gratuit, du pilah et du sherbet. La course y perdit la moitié de ses concurrents, qui se jetèrent sur la nourriture avec des cris de joie. Les autres, comme Karim, arrivés à la moitié du premier tour, repartirent en sens inverse vers le palais du Paradis.

Zaki-Omar disait toujours que, pour tenir sur une longue distance, un coureur devait adopter un pas et s'y tenir jusqu'au bout. Le mille romain comptait mille pas de cinq pieds et Karim en faisait douze cents d'un peu plus de quatre pieds ; il se tenait parfaitement droit, la tête haute. Le rythme régulier de son pas sur le sol lui semblait la voix d'un vieil ami. On lui donna aux portes du palais sa première flèche, qu'il mit dans son carquois. Mirdin lui proposa un baume contre le soleil ; il le refusa mais accepta avec plaisir un peu d'eau.

« Tu es le quarante-deuxième », dit Jesse.

Le soleil était déjà fort. La plupart des chatirs devenaient des supplices dans la chaleur torride de la Perse ; Karim se rappelait le visage rouge et épuisé de Zaki, ses yeux exorbités quand il était arrivé second à la fin de cette course, une fois quand il avait douze ans, puis encore l'année de ses quatorze ans. Il chassa ce souvenir d'enfant, et gravit les collines sans presque s'en apercevoir.

La foule devenait plus dense ; beaucoup de commerces étaient fermés et les gens profitaient de ce beau matin d'été, regroupés par affinités : Arméniens, Indiens, Juifs, lettrés ou organisations religieuses. Devant l'hôpital, il chercha en vain la femme qui avait promis de venir. Peut-être son mari le lui avait-il interdit ? Il fut très applaudi et encouragé en passant près de l'école. Le maidan, animé comme un jeudi soir, offrait aux spectateurs ses musiciens et ses danseurs, ses jongleurs et ses acrobates.

En prenant sa seconde flèche, Karim refusa encore l'onguent de Mirdin, craignant de s'enlaidir aux yeux de sa belle. Il était convenu que désormais Jesse le suivrait sur le cheval brun, car il éprouvait toujours des difficultés après le vingt-cinquième mille. En effet, à mi-côte dans l'avenue des Mille-Jardins, il s'aperçut qu'il avait un talon à vif, puis une douleur au côté le saisissait chaque fois que son pied frappait le sol. Jesse portait une outre derrière sa selle, mais l'eau en était tiède et sentait la peau de chèvre ; elle ne fut pas d'un grand secours.

Enfin, non loin de la madrassa, Karim aperçut soudain, sur le toit de l'hôpital, la femme qu'il avait tant attendue. Tous ses soucis s'envolèrent.

Chevauchant à sa suite comme un écuyer derrière son chevalier, Rob vit Mary près du maristan et ils se sourirent. Sa robe de deuil serait passée inaperçue, mais non son visage ; toutes les femmes étaient lourdement voilées de noir, et chacun sur le toit se tenait à distance de peur d'être corrompu par ces mœurs européennes. Parmi les esclaves, l'eunuque Wasif accompagnait une petite silhouette perdue dans sa robe noire sans forme. Le visage aussi disparaissait sous le voile, mais Rob remarqua les yeux de Despina et vers qui ils étaient tournés.

Ainsi, Karim l'avait vue, il la tenait sous son regard et, passant devant elle, il porta sa main au petit sac qui pendait à son cou. C'était un défi éclatant, aux yeux de tous ! Pourtant rien ne changea dans le ton des acclamations et Rob chercha en vain Ibn Sina dans la foule : il n'était pas parmi les spectateurs devant la madrassa.

Karim parvint à dominer sa douleur au côté et celle de son pied. La fatigue gagnait les concurrents et des chariots à ânes recueillaient tout le long du chemin ceux qui abandonnaient. En prenant la troisième flèche, il laissa Mirdin le frotter d'un onguent fait d'huile de roses, de muscade et de cinnamome, qui le protégerait du soleil. Jesse lui massa les jambes et le fit boire plus qu'il ne voulait.

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