Max Gallo - Le Peuple et le Roi

Здесь есть возможность читать онлайн «Max Gallo - Le Peuple et le Roi» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Старинная литература, fra. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Le Peuple et le Roi: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Le Peuple et le Roi»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Le Peuple et le Roi — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Le Peuple et le Roi», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

« À bas le veto, rappelez les ministres. »

On interpelle Louis : « Tout votre cœur, toutes vos affections sont pour les émigrés à Coblence. »

Le boucher Legendre hurle :

« Monsieur, écoutez-nous, vous êtes fait pour nous écouter, vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore. Mais prenez garde à vous, la mesure est à son comble et le peuple est las de se voir votre jouet. »

On menace le roi.

On élève à hauteur de son visage ce cœur de veau sanglant, cette culotte pleine d’excréments.

Louis ne tremble pas.

« Je suis votre roi, dit-il, je ne me suis jamais écarté de la Constitution. »

Il coiffe un bonnet rouge muni de la cocarde tricolore.

La chaleur est étouffante.

« Foutre il a bien fait de prendre le bonnet, foutre, s’il ne sanctionne pas les décrets nous reviendrons tous les jours ! »

La pièce est pleine d’une foule grouillante. On propose une bouteille de vin à Louis. Il boit au goulot, dit :

« Peuple de Paris, je bois à ta santé et à celle de la nation française. »

Un grand jeune homme qui se tient proche du roi clame d’une voix forte : « La sanction des décrets ou vous périrez. »

Le maire de Paris, qui est présent depuis quelques instants, hésite puis, pressé par son entourage, dit : « Citoyens, vous ne pouvez rien exiger de plus. »

Il hausse la voix :

« Le peuple a fait ce qu’il devait faire, dit-il. Vous avez agi avec la fierté et la dignité des hommes libres. Mais en voilà assez, que chacun se retire. »

On interpelle encore le roi, puis la foule commence à refluer, traversant la chambre du roi.

« Est-ce là le lit du Gras Veto ? Monsieur Veto a un plus beau lit que nous ! » dit-on.

On passe dans le cabinet où se tiennent la reine, le dauphin, sa sœur Madame Royale, et Madame Élisabeth la sœur du roi. On tend à la reine un bonnet rouge pour son fils. Elle l’en coiffe.

Santerre se tient à ses côtés.

« Ôtez le bonnet à cet enfant, il a trop chaud », dit-il.

Puis il croise les bras, et de temps à autre désigne d’un mouvement de tête Marie-Antoinette, lance comme un bateleur :

« Regardez la reine et le dauphin. »

Il est près de huit heures du soir. La foule a défilé durant près de six heures, et la garde nationale ne fera évacuer le palais des Tuileries qu’à dix heures.

« On nous a amenés pour rien, dit un sans-culotte. Mais nous reviendrons et nous aurons ce que nous voudrons. »

Dans les faubourgs, les sans-culottes, au cours de la nuit chaude, répètent que c’est bien plus facile d’entrer aux Tuileries ou à l’Assemblée que de prendre la Bastille !

Ils y retourneront quand ils voudront !

Qui peut résister aux sans-culottes des faubourgs Saint-Marcel et Saint-Antoine ?

« Le peuple s’est mis en branle, aujourd’hui 20 juin

1792, écrit à son frère, curé à Évreux, le libraire Ruault. Le pouvoir exécutif a perdu tout crédit, toute considération. Un grenadier a enfoncé sur la tête du roi un bonnet rouge gras et usé d’un savetier de la rue d’Auxerre… Cette journée du 20, dit-on déjà, doit être suivie d’une autre qui sera plus sérieuse. »

Et le procureur-syndic du département de la Seine, Pierre Louis Rœderer, note : « Le trône est encore debout, mais le peuple s’y est assis et en a pris la mesure. »

29

Louis ne peut oublier ce cœur de veau ensanglanté, enfoncé au bout d’une pique et que les sans-culottes ont agité devant son visage, et puis il y eut au cours de cette dizaine d’heures, ce mercredi 20 juin 1792, cette culotte pleine d’excréments, et ces pancartes : « Tremble, tyran, ton heure est venue » ; ces potences tenues à bout de bras, comme des jouets, auxquelles on avait suspendu une poupée « Madame Veto » et d’autres qui portaient l’inscription « Gare à la lanterne ». Et il y eut ceux qui brandissaient de petites guillotines.

Louis s’étonne. À aucun moment il n’a eu peur de cette foule haineuse. Et pourtant il sait qu’un jour elle le tuera.

Il a accepté de porter, depuis ce 20 juin, un gilet de quinze épaisseurs de tissu que la reine lui a fait confectionner car elle craint qu’on ne le poignarde.

— Ils ne m’assassineront pas, ils me feront mourir autrement, a dit Louis.

Il se souvient de l’avertissement de Turgot, c’était il y a seize ans, au début du règne, en 1776 : « N’oubliez jamais, Sire, avait dit Turgot, que c’est la faiblesse qui a mis la tête de Charles I ersur un billot. »

Louis n’a pas cédé aux sans-culottes qui criaient : « La sanction ou la mort. »

Il n’a pas renoncé à son droit de veto. Et il ne cédera plus. Mais peut-être, en effet, sa tête sera-t-elle tranchée comme celle du roi d’Angleterre. Et l’on aura fait son procès. On l’accusera devant le peuple de trahison. On l’empêchera de se justifier, afin qu’il n’apparaisse pas comme un martyr.

Mais il faut qu’il se prépare à ce moment qu’il pressent proche.

Il entend, souvent en ces derniers jours de juin, les tambours battre.

On lui a annoncé qu’une nouvelle manifestation était prévue pour le 25 juin. Le tocsin a sonné, mais les cortèges se sont dispersés faute de troupes.

Et on écrit au roi, de plusieurs départements, pour s’indigner du traitement qui lui a été infligé, de l’humiliation subie, des menaces proférées.

Et à l’Assemblée, les Girondins sont inquiets de cette « journée révolutionnaire », de ces pétitionnaires armés qui sont entrés dans la salle des séances, avant d’envahir les Tuileries. Et les députés votent une résolution interdisant que l’on soit sous les armes quand on se présente afin de déposer une pétition à l’Assemblée.

Les députés vont même jusqu’à suspendre le maire de Paris, Pétion, de ses fonctions. On le poursuit en l’accusant d’avoir toléré, organisé même, la journée du 20 juin.

Louis a le sentiment que sa fermeté face aux sans-culottes a suscité un mouvement de courage de la part des modérés, de ceux qui craignent pour leurs biens, qui refusent le désordre.

Il faut les conforter, leur dire qu’il ne capitulera pas, utiliser ce moment d’incertitude devant le nouveau saut à accomplir qui conduira à la fin de la monarchie.

La municipalité de Marseille, qui a constitué un bataillon de volontaires, de près de sept cents hommes, pour rejoindre Paris, exige déjà « que le pouvoir exécutif soit nommé et renouvelé par le peuple. Que peut être cette race régnante dans un temps où tout doit être régénéré ? ».

Et à Paris un placard est affiché, dès le 23 juin :

« Nous nous levons une seconde fois pour le plus saint des devoirs, y lit-on. Les habitants des faubourgs de Paris, les hommes du 14 juillet, dénoncent un roi faussaire, coupable de haute trahison, indigne plus longtemps d’occuper le trône. »

Cela s’appelle la République.

Il faut répondre. Louis corrige les projets de déclaration qu’on lui soumet. Il dicte, relit :

« Le roi n’a opposé aux menaces et aux insultes des factieux que sa conscience et son amour du bien public. Le roi ignore quel sera le terme où ils voudront s’arrêter, mais il a besoin de dire à la Nation française que la violence, à quelque excès qu’on veuille la porter, ne lui arrachera jamais un consentement à tout ce qu’il croit contraire à l’intérêt public. Comme représentant héréditaire de la Nation française, il a des devoirs sévères à remplir ; et s’il peut faire le sacrifice de son repos, il ne fera pas le sacrifice de son devoir… »

Est-ce qu’il sera entendu ?

Les sections sans-culottes des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marcel, derrière Santerre et Alexandre, sont toujours sous les armes, délibèrent en permanence, nuit et jour. Elles s’ouvrent aux citoyens passifs. Elles réclament la déchéance du roi. Elles s’indignent des poursuites engagées contre Pétion. Elles acclament leur maire : « La vierge Pétion », ce grand homme blond d’une beauté fade et d’un air doucereux, lâche et fourbe, un vaniteux surtout, qui s’est imaginé lorsqu’il était assis, au retour de Varennes, à côté de Madame Élisabeth, que la sœur du roi était troublée, séduite, prête à succomber à son charme.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Le Peuple et le Roi»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Le Peuple et le Roi» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Le Peuple et le Roi»

Обсуждение, отзывы о книге «Le Peuple et le Roi» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.