Alexandre Dumas - ANGE PITOU - Tome II
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– Dites donc, monsieur Gilbert, dit Billot à demi voix, je l’ai joliment regardé le roi, je l’ai joliment écouté. Eh bien ! mon avis est que le roi est un brave homme.
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Et l’enthousiasme qui amenait Billot fit qu’il accentua ces derniers mots de telle façon que le roi et l’état-major les enten-dirent.
L’état-major se mit à rire.
Le roi sourit ; puis, avec un mouvement de tête :
– Voilà un éloge qui me plaît, dit-il.
Ces mots furent prononcés assez haut pour que Billot les entendît.
– Oh ! vous avez raison, Sire, car je ne le donne pas à tout le monde, répliqua Billot, entrant de plain-pied dans la conversation avec son roi, comme Michaud avec Henri IV.
– Ce qui me flatte d’autant plus, dit le roi fort embarrassé et ne sachant comment faire pour garder la dignité de roi en parlant gracieusement comme bon patriote.
Hélas ! le pauvre prince, il n’était pas encore accoutumé à s’appeler le roi des Français.
Il croyait s’appeler encore le roi de France.
Billot, transporté d’aise, ne se donna pas la peine de réflé-
chir si Louis, au point de vue philosophique, venait d’abdiquer le titre de roi pour prendre le titre d’homme, Billot, qui sentait combien ce langage se rapprochait de la bonhomie rustique, Billot s’applaudissait de comprendre un roi et d’en être compris.
Aussi, à partir de ce moment, Billot ne cessa pas de s’enthousiasmer de plus en plus : il buvait dans les traits du roi, selon l’expression virgilienne, un long amour de la royauté consti-tutionnelle, et le communiquait à Pitou, lequel, trop plein de
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son propre amour et du superflu de l’amour de Billot, répandait le tout au dehors, en cris puissants d’abord, puis glapissants, puis rauques de :
– Vive le roi ! Vive le père du peuple !
Cette modification dans la voix de Pitou s’opérait au fur et à mesure qu’il s’enrouait.
Pitou était complètement enroué lorsque le cortège arriva au Point-du-Jour, où M. de La Fayette, à cheval sur le fameux coursier blanc, tenait en haleine les cohortes indisciplinées et frémissantes de la garde nationale, échelonnées depuis cinq heures du matin sur le terrain pour faire cortège au roi.
Or, il était près de deux heures.
L’entrevue du roi et du nouveau chef de la France armée se passa d’une manière satisfaisante pour les assistants.
Cependant, le roi commençait à se fatiguer ; il ne parlait plus et se contentait de sourire.
Le général en chef des milices parisiennes, de son côté, ne commandait plus, il gesticulait.
Le roi eut la satisfaction de voir que l’on criait presque autant « Vive le roi » que « Vive La Fayette ! » Malheureusement, ce plaisir d’amour-propre, c’était la dernière fois qu’il était destiné à le goûter.
Du reste, Gilbert était toujours placé à la portière du roi, Billot près de Gilbert, Pitou près de Billot.
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Gilbert, fidèle à sa promesse, avait trouvé moyen depuis qu’il avait quitté Versailles, d’expédier quatre courriers à la reine.
Ces courriers n’avaient porté que de bonnes nouvelles, car partout sur son passage le roi voyait les bonnets sauter en l’air ; seulement, à tous ces bonnets brillait une cocarde aux couleurs de la nation, sorte de reproche adressé aux cocardes blanches que les gardes du roi et le roi lui-même portaient à leur chapeau.
Au milieu de sa joie et de son enthousiasme, cette diver-gence des cocardes était la seule chose qui contrariât Billot.
Billot avait à son tricorne une énorme cocarde tricolore.
Le roi avait une cocarde blanche à son chapeau ; le sujet et le roi n’avaient donc pas des goûts absolument semblables.
Cette idée le préoccupait tellement qu’il s’en ouvrit à Gilbert, au moment où celui-ci ne causait plus avec Sa Majesté.
– Monsieur Gilbert, lui demanda-t-il, pourquoi le roi n’a-t-il pas pris la cocarde nationale ?
– Parce que, mon cher Billot, ou le roi ne sait pas qu’il y a une nouvelle cocarde, ou le roi estime que sa cocarde à lui doit être la cocarde de la nation.
– Non pas, non pas, puisque sa cocarde à lui est blanche et que notre cocarde à nous est tricolore.
– Un moment ! fit Gilbert, arrêtant Billot à l’instant où celui-ci allait se lancer à corps perdu dans les phrases de journaux, la cocarde du roi est blanche comme le drapeau de la France est blanc. Ce n’est pas la faute du roi, cela. Cocarde et
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drapeau étaient blancs bien avant qu’il ne vînt au monde ; au reste, mon cher Billot, le drapeau a fait ses preuves, et aussi la cocarde blanche. Il y avait une cocarde blanche au chapeau du bailly de Suffren lorsqu’il rétablit notre pavillon dans la presqu’île de l’Inde. Il y avait une cocarde blanche au chapeau d’Assas, et c’est à cela que les Allemands le reconnurent, la nuit, quand il se fit tuer plutôt que de laisser surprendre ses soldats.
Il y avait une cocarde blanche au chapeau du maréchal de Saxe, lorsqu’il battit les Anglais à Fontenoy. Il y avait enfin, une cocarde blanche au chapeau de M. de Condé, lorsqu’il battit les impériaux à Rocroy, à Fribourg et à Lens. Voilà ce qu’a fait la cocarde blanche, et bien d’autres choses encore, mon cher Billot ; tandis que la cocarde nationale, qui fera peut-être le tour du monde, comme l’a prédit La Fayette, n’a encore eu le temps de rien faire, attendu qu’elle existe depuis trois jours. Je ne dis pas qu’elle restera oisive, comprenez-vous ; mais enfin, n’ayant encore rien fait, elle donne au roi le droit d’attendre qu’elle fasse.
– Comment, la cocarde nationale n’a rien fait encore, dit Billot, est-ce qu’elle n’a pas pris la Bastille ?
– Si fait, dit tristement Gilbert, vous avez raison, Billot.
– Voilà pourquoi, repartit triomphalement le fermier, voilà pourquoi le roi devrait la prendre.
Gilbert donna un grand coup de coude dans les côtes de Billot, car il s’était aperçu que le roi écoutait. Puis, tout bas :
– Êtes-vous fou, Billot ? lui dit-il ; et contre qui donc a été prise la Bastille ? contre la royauté, ce me semble. Et voilà que vous voulez faire porter au roi les trophées de votre triomphe et les insignes de sa défaite ? Insensé ! le roi est plein de cœur, de bonté, de franchise, et voilà que vous en voulez faire un hypocrite !
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– Mais, dit Billot plus humblement, mais cependant sans s’être rendu tout à fait, ce n’est pas précisément contre le roi que la Bastille a été prise, c’est contre le despotisme.
Gilbert haussa les épaules, mais avec cette délicatesse de l’homme supérieur qui ne veut pas mettre le pied sur son infé-
rieur, de peur de l’écraser.
– Non, continua Billot en s’animant, ce n’est pas contre notre bon roi que nous avons combattu, c’est contre ses satellites.
En cette époque, on disait, en politique, satellites au lieu de soldats, comme on disait, au théâtre, coursier au lieu de cheval.
– D’ailleurs, continua Billot avec une apparence de raison, il les désapprouve, puisqu’il vient au milieu de nous ; et s’il les désapprouve, il nous approuve ! C’est pour notre bonheur et pour son honneur que nous avons travaillé, nous autres, vainqueurs de la Bastille.
– Hélas ! hélas ! murmura Gilbert, qui ne savait trop lui-même comment concilier ce qui se passait sur le visage du roi avec ce qui se passait dans son cœur.
Quant au roi, il commençait, au milieu du murmure confus de la marche, à percevoir quelques mots de la discussion engagée à ses côtés.
Gilbert, qui s’apercevait de l’attention que le roi prêtait à la discussion, faisait tous ses efforts pour conduire Billot sur un terrain moins glissant que celui sur lequel il s’était engagé.
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