Alexandre Dumas - ANGE PITOU - Tome II

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À l’instant même, officiers et gardes s’élancèrent hors de la salle ; le roi leva la tête, regarda Gilbert, mais voyant que Gilbert souriait, il se remit tranquillement à manger.

La reine pâlit, se pencha vers M. de Beauvau pour le prier de s’informer.

M. de Beauvau courut précipitamment dehors.

La reine s’avança vers la fenêtre.

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Cinq minutes après, M. de Beauvau rentra.

– Sire, dit-il en rentrant, ce sont les gardes nationaux de Paris qui, sur le bruit qui s’est répandu hier dans la capitale du dessein qu’aurait Votre Majesté d’aller voir les Parisiens, se sont réunis au nombre d’une dizaine de mille pour venir au-devant de vous ; et, tout en venant au-devant de vous, voyant que vous tardiez, ont poussé jusqu’à Versailles.

– Quelles intentions paraissent-ils avoir ? demanda le roi.

– Les meilleures du monde, répondit M. de Beauvau.

– N’importe ! dit la reine, fermez les grilles.

– Gardez-vous-en bien, dit le roi ; c’est bien assez que les portes du palais restent fermées.

La reine fronça le sourcil et lança un coup d’œil à Gilbert.

Celui-ci attendait ce regard de la reine, car la moitié de sa prédiction était réalisée déjà. Il avait promis l’arrivée de vingt mille hommes ; il y en avait déjà dix mille.

Le roi se retourna vers M. de Beauvau.

– Veillez à ce que l’on donne des rafraîchissements à ces braves gens, dit-il.

M. de Beauvau descendit une seconde fois et transmit aux sommeliers les ordres du roi.

Puis il remonta.

– Eh bien ? demanda le roi.

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– Eh bien ! Sire, nos Parisiens sont en grande discussion avec MM. les gardes.

– Comment ! fit le roi, il y a discussion ?

– Oh ! de pure courtoisie. Comme ils ont appris que le roi part dans deux heures, ils veulent attendre le départ du roi et marcher derrière le carrosse de Sa Majesté.

– Mais, demanda à son tour la reine, ils sont à pied, je suppose ?

– Oui, madame.

– Eh bien ! mais le roi a des chevaux à sa voiture, et le roi va vite, très vite. Vous savez, monsieur de Beauvau, que le roi a l’habitude d’aller très vite.

Ces mots ainsi accentués signifiaient : « Attachez des ailes à la voiture de Sa Majesté. »

Le roi fit de la main signe d’arrêter le colloque.

– J’irai au pas, dit-il.

La reine poussa un soupir qui ressemblait presque à un cri de colère.

– Il n’est pas juste, ajouta tranquillement Louis XVI, que je fasse courir ces braves gens qui se sont dérangés pour me faire honneur. J’irai au pas, et même au petit pas, afin que tout le monde puisse me suivre.

L’assemblée témoigna son admiration par un murmure ap-probatif ; mais en même temps on vit sur plusieurs visages le reflet de cette improbation qui éclatait manifestement dans les

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traits de la reine pour tant de bonté d’âme qu’elle traitait de faiblesse.

Une fenêtre s’ouvrit.

La reine se retourna, étonnée : c’était Gilbert, qui, en sa qualité de médecin, usait de son droit de faire ouvrir pour renouveler l’air de la salle à manger épaissi par l’odeur des mets et la respiration de plus de cent personnes.

Le docteur se plaça derrière les rideaux de cette fenêtre ouverte, et, par la fenêtre ouverte, montèrent les voix de la foule assemblée dans les cours.

– Qu’est-ce que cela ? demanda le roi.

– Sire, répondit Gilbert, ce sont les gardes nationaux qui sont sur le pavé, au grand soleil, et qui doivent avoir bien chaud.

– Pourquoi ne pas les inviter à venir déjeuner avec le roi ?

dit tout bas à la reine un de ses officiers favoris.

– Il faudrait les conduire à l’ombre, les mettre dans la cour de marbre, sous les vestibules, partout où il y aura un peu de fraîcheur, dit le roi.

– Dix mille hommes dans les vestibules ! s’écria la reine.

– Répartis partout, ils tiendront, dit le roi.

– Répartis partout ! dit Marie-Antoinette ; mais, monsieur, vous allez leur apprendre le chemin de votre chambre à coucher.

Prophétie de l’effroi, qui devait se réaliser à Versailles même, avant qu’il fût trois mois.

– 22 –

– Ils ont beaucoup d’enfants avec eux, madame, dit doucement Gilbert.

– Des enfants ? fit la reine.

Oui, madame, un grand nombre ont amené leurs enfants comme pour une promenade. Les enfants sont habillés en petits gardes nationaux, tant l’enthousiasme est grand pour la nouvelle institution.

La reine ouvrit la bouche, mais presque aussitôt elle baissa la tête.

Elle avait eu envie de dire une bonne parole, l’orgueil et la haine l’avaient arrêtée.

Gilbert la regarda attentivement.

– Eh ! s’écria le roi, ces pauvres enfants ! Quand on em-mène des enfants avec soi, c’est qu’on n’a pas envie de mal faire à un père de famille ; raison de plus pour les mettre à l’ombre, ces pauvres petits. Faites entrer, faites entrer.

Gilbert, secouant alors doucement la tête, parut dire à la reine, qui avait gardé le silence :

– Voilà, madame, voilà ce que vous auriez du dire, je vous en fournissais l’occasion. Le mot eût été répété, et vous y ga-gniez deux ans de popularité.

La reine comprit ce langage muet de Gilbert, et la rougeur lui monta au front.

Elle sentit sa faute et s’excusa aussitôt par un sentiment d’orgueil et de résistance qu’elle renvoya comme réponse à Gil-

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bert. Pendant ce temps-là, M. de Beauvau s’acquittait auprès des gardes nationaux de la commission du roi.

Alors on entendit des cris de joie, et les bénédictions de cette foule armée admise, d’après les ordres du roi, dans l’inté-

rieur du palais.

Les acclamations, les vœux, les vivats montèrent en tourbillons épais jusqu’aux deux époux, qu’ils rassurèrent sur les dispositions de ce Paris tant redouté.

– Sire, dit M. de Beauvau, quel ordre Votre Majesté fixe-telle à son cortège ?

– Et cette discussion de la garde nationale avec mes officiers ? demanda le roi.

– Oh ! Sire, évaporée, évanouie, les braves gens sont tellement heureux, qu’ils disent maintenant : « Nous irons où l’on nous mettra. Le roi est à nous aussi bien qu’aux autres ; partout où il ira, il sera à nous. »

Le roi regarda Marie-Antoinette crispée par un sourire ironique, sa lèvre dédaigneuse.

– Dites aux gardes nationaux, dit Louis XVI, qu’ils se mettent où ils voudront.

– Votre Majesté, dit la reine, n’oubliera pas que c’est un droit inaliénable de ses gardes du corps d’entourer le carrosse.

Les officiers, voyant le roi un peu incertain, s’approchèrent pour appuyer la reine.

– C’est juste, au fond, dit le roi. Eh bien ! on verra.

– 24 –

M. de Beauvau et M. de Villeroy partirent pour prendre leurs rangs et donner les ordres.

Dix heures sonnaient à Versailles.

– Allons, dit le roi, je travaillerai demain. Ces braves gens ne doivent pas attendre.

Le roi se leva.

Marie-Antoinette ouvrit les bras et vint embrasser le roi.

Les enfants se pendirent en pleurant au cou de leur père ; Louis XVI, attendri, s’efforça de se soustraire doucement à leurs étreintes : il voulait cacher l’émotion qui n’aurait pas tardé à déborder.

La reine arrêtait tous les officiers, saisissait celui-ci par le bras, celui-là par son épée.

– Messieurs ! messieurs ! disait-elle.

Et cette éloquente exclamation leur recommandait le roi qui venait de descendre.

Tous mirent la main à leur cœur et à leur épée.

La reine sourit pour remercier.

Gilbert demeurait parmi les derniers.

– Monsieur, lui dit la reine, c’est vous qui avez conseillé ce départ au roi ; c’est vous qui avez décidé le roi, malgré mes supplications. Songez, monsieur, que vous avez pris une effrayante responsabilité devant l’épouse et devant la mère !

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