Alexandre Dumas - ANGE PITOU - Tome II

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Et déjà les rires et les insultes se croisaient autour de lui, quand tout à coup il se trouva hors de la voûte sombre, au haut des escaliers donnant sur la place ; l’air et le soleil vinrent lui frapper le visage.

Aussitôt un seul cri, cri de rage, hurlement de menace, rugissement de haine, s’élança de vingt mille poitrines. À cette explosion, les gardes sont soulevés de terre, rompus, dispersés, mille bras saisissent Foullon, l’enlèvent et le portent dans l’angle fatal, sous le réverbère, ignoble et brutal gibet des colères que le peuple appelait ses justices.

Billot, de sa fenêtre, voyait et criait ; les électeurs stimu-laient aussi la garde, qui ne pouvait faire plus.

La Fayette, désespéré, se précipita hors de l’Hôtel de Ville, mais il ne put même entamer les premiers rangs de cette foule, qui s’étendait pareille à un lac immense entre lui et le réverbère.

Montant sur les bornes pour mieux voir, s’accrochant aux fenêtres, aux saillies des édifices, à toutes les aspérités qui leur

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étaient offertes, les simples spectateurs encourageaient par leurs cris terribles cette effroyable effervescence des acteurs.

Ceux-ci se jouaient de leur victime, comme ferait une troupe de tigres d’une proie inoffensive.

Tous se disputaient Foullon. On comprit enfin, si l’on voulait jouir de son agonie, qu’il fallait se distribuer les rôles.

Sans cela il allait être mis en morceaux.

Les uns enlevèrent Foullon, qui déjà n’avait plus la force de crier.

Les autres, qui lui avaient ôté sa cravate et déchiré son habit, lui passèrent au cou une corde.

D’autres enfin, montés sur le réverbère, descendaient cette corde que leurs compagnons passaient au cou de l’ex-ministre.

Un instant, on éleva Foullon à la force des bras, et on le montra ainsi à la foule, la corde au cou et les mains liées derrière le dos.

Puis, quand la foule eut bien contemplé le patient, bien battu des mains, le signal fut donné, et Foullon, pâle, sanglant, fut hissé à la hauteur du bras de fer de la lanterne, au milieu d’une huée plus terrible que la mort.

Tous ceux qui jusque-là n’avaient rien pu voir, aperçurent alors l’ennemi public planant au-dessus de la foule.

De nouveaux cris retentirent ; ceux-là, c’était contre les bourreaux qu’ils étaient poussés. Foullon allait-il donc mourir si vite ?

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Les bourreaux haussèrent les épaules et se contentèrent de montrer la corde.

La corde était vieille : on pouvait la voir s’effiler brin à brin.

Les mouvements désespérés que Foullon faisait dans son agonie achevèrent de briser le fil qui le retenait ; enfin la corde cassa, et Foullon, à demi étranglé, retomba sur le pavé.

Il n’était qu’à la préface du supplice, il n’avait pénétré que dans le vestibule de la mort.

Chacun se précipita vers le patient ; on était tranquille, il ne pouvait plus fuir ; il venait, en tombant, de se rompre la jambe au dessus du genou.

Et cependant, quelques imprécations s’élevèrent, imprécations inintelligentes et calomnieuses : on accusait les exécuteurs, on les prenait pour des gens maladroits, eux si ingénieux au contraire, eux qui avaient choisi la corde ainsi vieille et usée, dans l’espérance que la corde casserait.

Espérance que l’événement, comme on voit, avait justifiée.

On fit un nœud à la corde et on la passa de nouveau au col du malheureux, qui, à moitié mort, les yeux hagards, la voix étranglée, cherchait autour de lui si, dans cette ville qu’on appelle le centre de l’univers civilisé, quelqu’un lui viendrait en aide ou si une des baïonnettes de ce roi dont il a été ministre, et qui en possédait cent mille, ferait un trou dans cette horde de cannibales.

Mais rien autour de lui, rien que de la haine, rien que l’insulte, rien que la mort.

– Au moins, tuez moi sans me faire souffrir si atrocement, cria Foullon désespéré.

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– Tiens, répondit une voix, pourquoi donc abrégerions-nous ton supplice, tu as assez fait durer le nôtre.

– Et puis, dit une autre, tu n’as pas encore eu le temps de digérer tes orties.

– Attendez ! attendez ! cria une troisième, on va lui amener son gendre, Bertier ; il y a place au réverbère en face.

– Nous verrons un peu la mine que se feront le beau-père et le gendre, ajouta un autre.

– Achevez-moi ! achevez-moi ! murmurait le malheureux.

Pendant ce temps-là, Bailly et La Fayette priaient, sup-pliaient, s’écriaient, cherchant à enfoncer la foule ; tout à coup, Foullon s’élève de nouveau au bout de la corde, qui de nouveau se brise, et leur prière, leur supplication, leur agonie non moins douloureuse que celle du patient, se perd, s’éteint, se confond dans le rire universel qui accueille cette seconde chute.

Bailly et La Fayette, ces souverains arbitres trois jours auparavant de la volonté de six cent mille Parisiens – aujourd’hui, l’enfant même ne les écoute plus. On murmure ; ils gênent, ils interrompent le spectacle.

Billot leur a inutilement prêté le concours de sa vigueur ; le robuste athlète a renversé vingt hommes, mais pour pénétrer jusqu’à Foullon il lui faudrait en renverser cinquante, cent, deux cents, et il est au bout de ses forces, et lorsqu’il s’arrête pour essuyer la sueur et le sang qui coulent de son front, Foullon s’élève une troisième fois jusqu’à la poulie du réverbère.

Cette fois on a eu pitié de lui, on a trouvé une corde neuve.

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Enfin, le condamné est mort. La victime ne souffre plus.

Une demi-minute a suffi à la foule pour constater que l’étincelle de vie était éteinte. Maintenant le tigre a tué, il peut dévorer.

Le cadavre, précipité du haut de la lanterne, ne toucha même pas à la terre. Il fut mis en pièces auparavant.

La tête fut séparée du tronc en une seconde, et élevée en une seconde au bout d’une pique. C’était fort la mode à cette époque de porter ainsi la tête de ses ennemis.

À ce spectacle, Bailly fut épouvanté. Cette tête, c’était pour lui la Méduse antique.

La Fayette, pâle, l’épée à la main, écartait de lui avec dé-

goût les gardes, qui essayaient de s’excuser d’avoir été les moins forts.

Billot, trépignant de colère et ruant à droite et à gauche, comme un de ses fougueux chevaux du Perche, rentra à l’Hôtel de Ville pour ne plus rien voir de ce qui se passait sur cette place ensanglantée.

Quant à Pitou, sa fougue de vengeance populaire s’était changée en un mouvement convulsif, et il avait gagné la berge de la rivière, où il fermait les yeux et se bouchait les oreilles pour ne plus voir et ne plus entendre.

La consternation régnait à l’Hôtel de Ville, les électeurs commençaient à comprendre qu’ils ne dirigeraient jamais les mouvements du peuple que dans le sens qui conviendrait au peuple.

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Tout à coup, pendant que les furieux s’amusent à traîner dans le ruisseau le corps décapité de Foullon, un nouveau cri, un nouveau tonnerre roule par delà les ponts.

Un courrier se précipite. La nouvelle qu’il apporte, la foule la sait déjà. Elle l’a devinée sur l’indication de ses plus habiles meneurs, comme la meute qui prend la trace d’après l’inspiration du plus exercé des limiers.

La foule s’empresse autour du courrier, qu’elle enveloppe ; elle sent qu’il a touché une nouvelle proie ; elle flaire qu’il vient parler de M. Bertier.

C’était vrai.

Interrogé par dix mille bouches à la fois, le courrier est forcé de répondre :

– M. Bertier de Sauvigny a été arrêté à Compiègne.

Puis il pénètre dans l’Hôtel de Ville, où il annonce la même chose à La Fayette et à Bailly.

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